Honni soit qui mal y pense


Mécontents!

C’est ce matin le qualificatif qui résume l’état d’esprit des cyclistes et des motards alsaciens.

Dans cette guerre larvée que se livrent les différentes catégories de citoyens pour défendre leur droit à circuler, il faut d’abord noter la victoire judiciaire que viennent de remporter les piétons strasbourgeois…vis à vis des cyclistes!

Non, les trottoirs ne sont pas faits pour les vélos.

C’est en substance ce que disent les juges administratifs qui condamnent la ville de Strasbourg pour avoir confondu les espaces piétons et vélos sans les délimiter.

Il faut dire que les cyclistes de la capitale alsacienne avaient tendance à ne plus trop prêter attention à ces autres adeptes des transports doux que sont les marcheurs…au point que les piétons se sont sentis justement agressés chez eux, sur les trottoirs.

Assaillis par les poubelles, le mobilier urbain, les chantiers, les stationnements sauvages de motos et de camionnettes, le piéton strasbourgeois a trouvé une victime expiatoire, un frère de sang, le cycliste.

J’aurais tendance à penser que les cyclistes strasbourgeois ne récoltent que ce qu’ils ont semé en se comportant de façon imbécile sans prendre attention aux enfants, aux personnes âgées et en slalomant entre les personnes là où il ne fallait pas.

Il ne reste plus aux piétons qu’à attaquer la circulation des vélos dans les rues piétonnes et le divorce des adeptes du transport doux sera total.

Un sacré revers pour les associations militantes!

J’entends aussi sourdre de façon lancinante ceux qui se plaignent dans nos forêts des vététistes qui gêneraient les chasseurs, la faune, les cueilleurs de champignons, les forestiers, dans les chemins de champ les cultivateurs et sur les sentiers de randonnée les randonneurs pédestres.

Encore des terrains minés en puissance que les tribunaux vont devoir connaître?

Les autres mécontents ce matin, ce sont les motards.

Ceux là n’auront pas de mal à faire rendre gorge au préfet du Haut-Rhin qui s’est risqué à vouloir interdire la circulation des motards sur la route des Crêtes vosgiennes le samedi et le dimanche.

Un casus belli pour les motards qui n’ont pas tardé à réagir ce matin dans la presse locale en parlant d’inconstitutionnalité et en menaçant de faire capoter le « oui » au prochain referendum du Conseil Unique d’Alsace le 7 avril prochain.

Rien que cela!

Il est vrai que le préfet ne manque pas d’arguments: les excès de vitesse, les accidents de motards qui n’ont pas fléchi au cours des dernières années… et aussi la pollution sonore dont se plaignent régulièrement les randonneurs « en mode doux » qui viennent chercher la quiétude en montagne.

Du coté des motards, la riposte sera suffisante pour dissuader les pouvoirs publics, on peut en être assuré.

Les motards se sont organisés en lobby puissant, notamment à travers leur Fédération des Motards en Colère, capable de faire plier tous les projets qui ne leur conviennent pas. Surtout ceux qui visent à rendre coercitif le respect des règles routières. On le sait, les motards, même s’ils s’en défendent, ont une fâcheuse propension à ne pas respecter les limitations de vitesse et à se jouer des réglementations qui s’imposent aux autres.

Le motard en est persuadé: il est respectueux de la nature. Mieux, il en est un acteur et un amoureux, dit-il!

Sa machine consomme peu, il ne fréquente que les fermes auberges et ne laisse aucun papier gras dans les sentiers.

Au pire, il se considère plus vertueux que l’automobiliste et que le camping-cariste au gros turbo survitaminé qui lâche ses micro particules sur les chaumes du Markstein.

Restent les cyclistes qui font l’effort de grimper les cimes vosgiennes à la force de leurs mollets et qui n’ont hélas pas cette capacité de contestation des motards. Des cyclistes qui dérangent un peu quand même. Ils empêchent les motards d’accomplir des trajectoires harmonieuses dans les montées et les descentes.

Les cyclos devront donc continuer à subir en 2013 cette agression sonore des gros cubes tout au long de leurs périples sur les cimes vosgiennes.

Cette incurie des différents usagers de nos routes et chemins n’est-elle pas aussi le reflet d’une société qui ne se tolère plus elle-même?

N’atteignons-nous pas dans notre hexagone la limite de l’acceptation dès lors que l’autre se comporte sans retenue à l’égard de ses semblables?

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