Les potins du lundi


La route des vins d’Alsace à VAE, un nouveau créneau touristique en plein essor

Take a new breath (prenez un nouveau souffle) titre le catalogue O2feel bikes

extrait d’un catalogue O2feel bikes périmé (2019) qui traine sur le comptoir de mon vélociste. Il s’agit de VAE

Moi aussi je me suis dit « tiens, je vais optimiser mon autonomie… » avant de grimper cette côte tenace qui me fait souffrir.Alors j’ai appuyé sur le bouton 5-6. Mon exosquelette 3.0 a tout de suite pigé qu’il fallait souquer ferme. Autrement dit actionner le micro-turbo contenu dans mes rotules, invisible à l’extérieur de ma personne.

C’est une fable bien entendu. Gérer son autonomie à vélo repose sur nombre de paramètres qui relèvent de l’entraînement, de l’expérience, de sa connaissance de soi, de son flair pour apprécier sa capacité à affronter les difficultés d’un itinéraire pentu ou venteux, des impondérables, des incidents, « des coups de mou » du jargon cycliste.

Finalement j’ai quitté le magasin avec mon câble de dérailleur à trois euros. Nos vélocistes ont perdu leur âme, le renouveau de leurs commerces avec le vélo électrique a plombé l’ambiance cyclo bon-enfant, mais la nouvelle clientèle a boosté les ventes.

Alors je ne fais plus que passer sans m’attarder pour ne pas entraver les négociations en cours. Je suis devenu le cyclo has-been adepte de produits en extinction. Plus de temps à perdre!

Il ne faut pas négliger le phénomène VAE et ses répercussions sur le vélo. Ne pas avoir un moteur à bord de son vélo va vite devenir l’exception. Les répercussions? elles seront sociales, économiques et sportives, oserais-je morales?

On sait déjà que la plupart des régions touristiques font assaut d’amabilité pour accueillir cette nouvelle clientèle qui va pouvoir explorer en profondeur toutes les richesses de son terroir. La route des vins d’Alsace par exemple avec ses bosses redoutables à Vœgtlinshoffen, à Schauenberg, au couvent Saint-Marc,…

voir le site Alsace à vélo

Moi je fais le dos rond. Je reste sourd aux sirènes mercantiles. Me mettre au vélo électrique à bientôt 70 ans? non, je n’y suis pas prêt. Quand je sentirai mes forces me lâcher, je me contenterai vraisemblablement de la marche comme beaucoup d’autres sans nier l’intérêt que beaucoup portent au VAE pour s’offrir une seconde jeunesse. J’ai par ailleurs un autre argument que celui des forces en diminution, c’est celui de la dangerosité de la route. On va me dire qu’apprécier le danger sur la route repose beaucoup sur le ressenti. Oui mon ressenti est négatif. D’ailleurs les statistiques l’attestent: les morts à vélo augmentent. Pourtant je frôle les bordures des départementales avec attention et malgré tout je m’attends toujours à être percuté par un pressé qui va me serrer de près, de trop près. C’est à n’en pas douter un ressenti lié à l’âge. Qu’importe!

Le VAE est-il un simple vélo?

On se le demande parfois. Faut-il ranger le vélo à assistance au rang des simples vélos ou alors des cyclomoteurs? Lorsque le Vélosolex est né, on s’est posé la question puisque le Solex peu puissant dans les côtes pouvait être soulagé par un pédalage synchronisé. Finalement le Solex a rejoint la réglementation des cyclomoteurs.

Même les clubs cyclos s’y laissent prendre. La polémique enfle au Club des Cent Cols qui s’interroge: faut-il accepter des grimpeurs de cols avec vélos électriques en son sein? Le débat n’est pas clos et l’on sent que le Club est prêt à transiger sur sa règle fondatrice qui est qu’un col doit être franchi soit sur son vélo soit en le poussant avec en tous cas sa seule force musculaire.

Le vélo électrique est assimilé à un vélo parce qu’il ne dépasse pas par construction 25 km/h et parce que sa puissance est limitée à 250 watts. Il peut donc utiliser les pistes cyclables.

Conséquences: pas d’assurance et pas de casque obligatoire. Prudence! nos amis suisses commercialisent des vélos capables de rouler à 45 km/h qu’on peut confondre facilement et qui posent nombre de questions sur la gestion des risques. Des automobilistes trompés par la vitesse de ces engins, des cyclistes qui perdent le contrôle de leurs machines,…

Sur le plan assurantiel, le site Benezra Avocats fait observer que de nombreux VAE (vélo à assistance électrique) ont été commercialisés et vendus par millier, et ce dernier produit est en réalité considéré à part entière comme un véhicule terrestre à moteur, donc en aucun cas comme un vélo simple (source)

Mon confrère Becancaneries lance son opération 2020 KGB. Les électrocyclettes y sont admises. Alors soit!

2 réponses sur « Les potins du lundi »

  1. « Nos vélocistes ont perdu leur âme, le renouveau de leurs commerces avec le vélo électrique a plombé l’ambiance cyclo bon-enfant, mais la nouvelle clientèle a boosté les ventes.
    Alors je ne fais plus que passer sans m’attarder pour ne pas entraver les négociations en cours. Je suis devenu le cyclo has-been adepte de produits en extinction. Plus de temps à perdre! »

    En quittant mon vélociste avec mes câbles, gaines, patins, pédales et en « écoutant » les récriminations d’un néo-électrocycliste dont je pourrais sans problème être le très grand frère, je me suis retrouvé un peu dans le même cas. Peut-être est-ce un (difficile) cap à passer pour gagner en nombre de pratiquant⋅e⋅s sur des équipements encore loin d’être à la hauteur.
    Je caresse ici l’espoir que le nombre va obliger les dirigeants à faire (c’est un petit peu ce qui est arrivé dans de nombreuses villes où le nombre croissant de cycliste a forcer les maires à laisser, ici un pont, ici une voie… Et je suis malgré tout heureux de voir perdurer un commerce.

    Sur les électrocyclettes dans l’opération de comptage, j’ai fait comme le font les autres villes qui organisent ce type de « comptage-émulation », ce d’autant plus que je ne veux pas les inscrire sur des « applis » ou « sites » qui vendraient les données collectées.
    Sur l’usage de la chose VAE, je ne parlerai pas ici que d’une amie d’un age certain, qui sans électrocyclette ne sortirait pas aussi souvent pour garder ses petits enfants, aller faire une course (la voiture n’est utilisée que les jours de pluie).
    Je ne parlerai également que d’un voisin, qui louait un des lourds vélos en libre-service et la batterie. Il vient de trouver un emploi, et avec la crise sanitaire, a fait les 5km de vélotaf avec un vélo de ville (élégant, beau, mais « fatigant » selon lui). L’inconvénient du libre-service, c’est qu’il n’y a pas de borne dans la zone. Donc, il me demande de lui prêter un vélo. ce que j’ai fait sans problème. Le voilà fier comme un pape sur un vélo urbain, Nexus7 avec le rétropédalage. Le voilà a aimer aller travailler en vélo.
    Depuis, il a acheté à l’atelier d’auto-réparation (avec la prime) un vélo de ville, avec vitesses, adapté à son usage. Son ancien lourd VTT est revenu à la campagne, le vélo de ville est revenu chez sa sœur, et dès qu’il sort des 5km, il reprend le vélo électrique en location, mais de moins en moins souvent, au profit de son « nouveau » vélo.
    Ce que je veux dire dans ce trop long message, c’est que pour beaucoup, le VAE, l’électrocyclette, est une étape (peut-être) nécessaire pour passer à un vélo plus simple, dans son cadre et dans sa pratique.

    Après, quand je vois des gamin⋅e⋅s de 10/20 ans sur des machins électriques, j’ai souvent un moue d’incompréhension.

    JPBertrand

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