L’Alsace, à l’instar d’autres régions, a donc manifesté hier à Strasbourg pour défendre sa région.
Combien étaient-ils ? 7000?…15.000?…
Peu importe!
Les manifestants sont repartis avec le sentiment d’avoir fait leur devoir.
Mais force est de reconnaître que ce matin on reste un peu sur sa faim.
Dans ce méli-mélo d’arguments « pro-Alsace », les commentateurs peinent à retrouver le fil conducteur de ce mécontentement qui veut qu’on rejette une réforme pourtant votée par la représentation nationale visant à accroître la taille de nos régions et à les rendre plus performantes dans le concert international.
On objectera que ce ne sera pas la première réforme abandonnée par le gouvernement après l’Ecotaxe des camionneurs!
« Touche pas à mon Alsace », « on ne mélange pas la choucroute avec les quiches », » nous sommes de culture germanique, qu’on ne nous mélange donc pas avec des gens qui ont une culture différente », autant de slogans que le Président de la Région, Philippe Richert, tente de résumer avec un « vous avez dit oui à l’Alsace! ».
Et maintenant?
Maintenant, on ne sait pas. On ne sait pas de quelle Alsace a parlé le Président de Région; est-ce celle du repli sur soi? est-ce celle qui tourne le dos à la France? on ne le sait pas…même si on a joué la Marseillaise en fin de manif!
Le seul espoir dans le cœur des manifestants, c’est évidemment que le gouvernement abandonne sa réforme territoriale « sine die », comme pour l’Ecotaxe avec les camionneurs.
Pour l’Alsace, la fracture avec Paris est patente.
On savait qu’il y avait derrière cette manifestation beaucoup de non-dits, des aigreurs du passé qui remontent lentement à la surface; pour l’Alsace l’occasion était donc de donner un grand coup de barre à droite face à Paris et de montrer sa différence.
Avec une France en perte de vitesse sur tous les fronts, on comprend que protégée derrière la ligne bleue des Vosges, l’Alsace préfère se tourner vers sa coopération trinationale avec la Suisse et l’Allemagne plutôt qu’avec la Lorraine et avec la Champagne, deux régions dont ne veulent pas entendre parler les Alsaciens et dont beaucoup en ignorent même les contours.
