Catégorie : les potins du lundi

Editorial

Les potins du lundi

Derrière le masque anti-covid se cache l’impuissance scientifique face à l’épidémie

C’est une mascarade.

Après la crise de Covid, la crise de masque!

La République est saisie d’une épidémie aiguë de masques. On en trouve dorénavant partout, des masques. Et la grande question qui se pose est de savoir si le Pays va offrir le masque aux plus nécessiteux de nos concitoyens. La France est une terre fraternelle, elle ne l’oublie pas. Elle est même socialiste jusqu’au bout du nez.

Soyons généreux avec nos masques depuis que nous croulons sous les arrivages. Les têtes de gondoles des grandes surfaces rivalisent d’audace depuis que le marché du masque est devenu une marque de salubrité publique.

  • Et vous ma chère, où achetez-vous vos masques?
  • A l’Aldi, pourquoi?

Le port du masque est devenu très tendance. Les quartiers chics en sont friands. Les marchés aussi. Les grandes villes commencent à édicter des règles très sélectives selon le quartier, la rue et aussi selon les heures…comme à Paris ou à Nice.

Égoutiers en colère

Les égoutiers sont en émoi et commencent à alerter leurs syndicats: si le masque jetable se généralise, on risque de boucher les égouts et même les stations d’épuration. Quelle chiotte si les WC se bouchent à cause des masques! Normal: un masque jetable et bientôt gratuit, comment s’en débarrasser autrement? De quoi rendre les Verts fous de rage!

Une appli pour smartphone va bientôt sortir. Couplée à votre géolocalisation, votre vibreur vous avertira quand le port du masque sera exigé…en attendant la sortie du masque automatique qui remontera tout seul sur votre nez grâce à un ingénieux système connecté.

Je me prépare à porter le masque pour mon jogging du soir et pour ma sortie VTT du dimanche matin, un genre de toro-piscine pour le nez et la bouche

Finalement je me demande si l’Etat n’a pas choisi de botter en touche avec le Covid. Comme plus personne parmi les sachants ne sait comment venir à bout de cette épidémie depuis que le professeur Raoult a choisi de se taire, alors on a finalement choisi le masque comme antidote. Une sorte de cautère sur une jambe de bois.

Et maintenant, lavez-vous les mains!

Les inconduites à risques

Le mal se diffuse à nouveau mais on se garde de nous dire où. Je veux parler encore une fois du Covid-19. Tout se passe comme si plus personne ne maitrisait rien dans la reprise de l’épidémie. Maintenant qu’on a ouvert les vannes en grand de la transhumance estivale, chacun fait comme il veut. Mes voisins turcs partis chez eux pour leurs vacances vont-ils pouvoir revenir sans encombre? Les règles évoluent de jour en jour…

On verra bien à la rentrée lorsqu’il va falloir affronter ensemble toutes les thromboses du virus maléfique, les surcharges de Pôle-Emploi…et la petite grippe saisonnière annuelle en prime.

Cycliste malgré tout

Je ne sais pas si le Tour de France aura lieu. Pour faire un peu de vélo, j’imagine tous les miasmes que rejette un cycliste de compétition lors d’un sprint. Pas seulement parmi le peloton mais aussi parmi les spectateurs avec les bidons projetés en l’air. Pour que le Tour reste inoffensif, il faudrait écarter les spectateurs ou les protéger derrière d’immenses plaques de plexiglas.

Le Tour commencera pas un prologue à Nice. Se tirer la bourre sur l’Esplanade, voila de quoi tester l’efficacité des masques par les Niçois! Réponse avant l’arrivée aux Champs…

Les Niçois sont invités à tester leurs masques lors de la première étape du TDF 2020

Sinon, il reste l’impensable: que le Tour se fasse avec lenteur, sans dépasser les 20 km/h, le maillot jaune devant fermer la marche

Ce ne sont pas les assemblées de cyclistes qui inquiètent dès lors qu’on ne se crache pas à la figure et qu’on évite « de toucher à tout » sans discernement. Si nous gardons nos distances tout ira bien. Mais plutôt éviter les pots de fin de journée où l’on se raconte des histoires.

En revanche, j’ai des craintes pour les assemblées rapprochées, celles des plages, des bars et des équipes de foot. On a vu que l’équipe du Racing de Strasbourg est à genoux et qu’elle est suspectée d’avoir contaminé Montpellier lors d’un jeu amical et sans troisième mi-temps, dit-on! Des joueurs qui coûtent bonbon sur le flanc, ça fait désordre et nul doute que les tribunaux vont avoir du mal à rétablir les scores des parties en présence.

Finalement je vais choisir l’inconduite intérieure. Beaucoup moins risquée!

Les potins du lundi

Berlin, manif anticorona

Anticorona. C’est nouveau comme mot. Les anticoronas, à ne pas confondre avec les anticorridas, sont ceux qui refusent les gestes-barrières pour se protéger contre l’épidémie de coronavirus.

C’était prévisible.

Ne pas avoir peur, s’exposer à la maladie, c’est tout à fait un réflexe de « trompe-la-mort » auquel sont tentées les jeunes générations. Estimer que le virus perd de sa vigueur, mettre en cause son existence même, refuser des mesures sanitaires jugées excessives, c’est le lot des objections entendues parmi ceux qui manifestent et qui ne veulent pas se laisser imposer un nouveau mode relationnel dans la vie courante.

C’est du même ordre que ceux qui s’opposent à la vaccination. On oublie que sa propre défiance puisse mettre les autres en danger. Un peu comme si l’on habitait une contrée déserte de la planète. Ce mouvement anticorona qui prend naissance inquiète en Allemagne, pays peu touché par l’épidémie jusqu’alors. La distanciation sociale imposée par les autorités passe mal. On comprend pourquoi puisque ces mesures ont pour corolaire d’empêcher un certain nombre de libertés de se pratiquer normalement. Comme par exemple le droit de se réunir ou de se croiser dans la rue sans être muni d’un masque.

Mais cette fronde indirectement contribue à marginaliser les populations fragiles au virus que sont les plus âgés. On pourrait y voir une forme de contestation générationnelle vis à vis des mesures sanitaires. Comment vont réagir les États face à ce nouveau grain de sable dans la lutte contre la pandémie?…

Le cycliste décroissant

Vieux vélo ou vélo de vieux?

Une évidence s’impose: la culture physique du sujet vieillissant est mise en question année après année. Il faut réduire le niveau. Ceux qui ne l’entendent pas préfèrent faire comme avant. C’est leur droit. C’est du même ordre que la défiance vis à vis du coronavirus. L’acceptation de moindres limites pour son corps est pourtant une fatalité avec laquelle il faut composer.

Mais le culte de la performance du monde moderne laisse peu de place au sportif « décroissant », je veux qui dire à celui qui prenant de l’âge doit choisir des modes doux.

Faire comme avant, c’est s’imposer à vélo des dénivelés vertigineux et des kilométrages qui vous tiennent jusqu’à la nuit tombante. Et puis, un jour, vient l’accident. L’accident cardiaque? non généralement pas car ces cyclos sont entraînés et surveillés. Mais l’accident articulaire, c’est à dire celui où sournoisement le squelette coince. C’est le corps qui refuse. Je me souviens de mon médecin traitant qui le lundi dans son cabinet recevait des jeunes sportifs que la compétition du dimanche usait prématurément et de façon irrémédiable.

Certes, on le voit venir le moment où il faut réduire le niveau, il y a des signes avant-coureurs, oserais-je dire. Des douleurs passagères, une frilosité à se mettre au guidon l’hiver, sous la pluie et tous les autre symptômes qu’on feint d’ignorer: de moindres réflexes à l’évitement des nids de poule, une moins bonne perception de son équilibre, une surdité progressive et une vue moins précise et quelques raideurs à enjamber sa bécane.

Tous ces symptômes doivent nous faire prendre conscience qu’il faut adapter ses pratiques…quand d’autres s’arrêtent tout simplement et parfois brutalement. Pour ceux-là le phénomène déclencheur, c’est la chute dont on gardera des séquelles, un mauvais souvenir ou un presqu’accident de la route évité de justesse.

Et puis il y a la gestion adaptée. Celle que je souhaite pour moi comme pour beaucoup de mes confrères qui prennent des postures mesurées. Le vélo le permet et c’est une chance.

C’est notre décroissance cycliste.

Faire moins de vélo, mais en mieux

La décroissance est un mot moderne. On l’entend beaucoup actuellement face aux dangers qui menacent la planète. On l’entend et pourtant très peu sont prêts à la mettre en œuvre tout simplement parce qu’elle met en question nos modes de vie dans les pays riches et qu’elle pèse sur nos choix politiques. Décroître, on le sait, passe par une remise en question de notre rapport à la consommation du bien commun.

Par exemple moins prendre sa voiture semble irréaliste à un péri-urbain dès lors qu’il n’a pas d’autre choix que d’aller chaque jour à son travail avec sa voiture. On voit bien que tout est lié. Pourtant la malédiction du Covid a fait jour de façon tout à fait inattendue à de nouveaux modes de rapport au travail avec le télétravail réduisant le recours à la voiture et aux transports en général.

La décroissance de ses moyens physiques est aussi inéluctable…et c’est parfois un crève-cœur que de l’admettre. C’est d’autant plus difficile que dans notre monde qu’on dit moderne, la place de senior est à assumer; il doit rester autonome le plus longtemps possible. C’est déjà une performance.

extraits de ma chronique de 2016

C’est un vrai boulet à traîner, tous ces vieux désœuvrés qui nous font chier avec leurs vélos sur le bord des routes.

Heureusement qu’il y en a un de temps à autre qui pète une durite dans le Boenlesgrab ou le Molkenrain!

Comme le dit Nathalie Kosciusko-Morizet chez Cohen ce matin, « ils ont en marre, les jeunes, de payer des retraites qu’ils n’auront pas quand on ne sera plus là… »

Comme on le voit l’image du vieux n’est pas toujours reluisante vis à vis des plus jeunes!

Adapter son vélo à l’âge

Je tente un vélo fugace, celui où je ne me fais pas trop remarquer par la génération active, celle qui produit des biens, comme si je devais m’excuser d’être mis réglementairement sur la touche.

Si le vélo maintient en forme, il faut aussi l’adapter à sa forme. C’est ainsi que je résume ma façon de voir les choses, je la traduis en quelques préceptes qui vont tous vers une adaptation ciblée de mes pratiques:

  • Pas de sorties cyclo-sportives du type « la tête dans le guidon » tant décrié dans les clubs
  • Des circuits plus courts et moins énergivores
  • Privilégier le vélo tout chemin à l’abri des itinéraires peu sécurisés
  • Opter pour le voyage itinérant doux
  • Recourir à l’assistance électrique si l’on est tenté par la découverte de la discipline

Conserver son autonomie

Ne rien s’interdire plutôt que tout arrêter, c’est un peu mon credo. Ma tentative de recourir à des activités annexes comme la marche, le jogging ou la natation est en partie assurée. Mais le jogging, je l’assume, après 350 premiers kilomètres depuis le confinement est un sport très impactant pour le squelette et le système cardio-vasculaire; je ne saurais donc trop le recommander. En revanche, la natation est un bon plan à condition d’aimer l’eau. Interrompue à cause du Covid, je n’ai pas encore repris la piscine.

Bref, en prenant de l’âge sachons prendre aussi les bonnes directions en terme de sport pour conserver le plus longtemps possible son autonomie.

Les potins du lundi

Dessin de Tomi Ungerer

Farniente estival. Non je ne sais pas rester sans rien faire. J’admire ceux qui s’abandonnent à la lecture pendant des heures sans se laisser distraire par l’environnement familial ou par un paysage de vacances tellement séduisant qu’on peine à rester le nez sur son bouquin.

La lecture, je ne la vis bien que confiné. Quelle révélation! Il me faut une autarcie comme le soir quand tout s’endort.

Je me suis attelé à la lecture du Château de Kafka. Comment appréhender la distanciation? C’est ténébreux. Pour amateur de suspense

Alors fatalement ne rien faire, je sais faire. Il me faut « vacancer » actif. Je me rends pourtant compte que la rouille du squelette m’handicape cette année. Alors fatalement, je mets une pédale douce sur le vélo si je veux le faire durer.

Durer? Oui, c’est ça que je veux dans l’instant présent, durer. Un peu comme une vieille chaussette que nos grands-mères reprisaient. A l’infini.

Alors je fais mon vélo en mode doux. Mon mode Doubs pourrais-je dire puisque j’ai passé quelques jours dans le Doubs. A deux enjambées de chez moi.

Vu à Besançon ce convoi exceptionnel. C’est fabuleux

Ce département mérite son nom: le Doubs l’envahit avec de grandes courbes sinueuses. Les amateurs de vélo le connaissent puisque l’Eurovéloroute 6 le longe en partie.

J’ai vu le Saut du Doubs. Mais il ne sautait pas, faute d’eau. C’est un phénomène étrange de voir cette rivière à sec et ses gros galets à découvert comme une mer qui se retire.

Le Doubs dans le dur

Le Doubs surprend par la vigueur de son élevage et ses belles « montbéliardes » aux poils roux.

Mais on sent encore la souffrance des industries disparues et notamment de l’horlogerie. Les Lip partis en1973 font déjà l’objet d’un étage au Musée du Temps à Besançon. Et l’on a récupéré comme un trophée la lourde enseigne des montres Kelton.

Même les statues se protègent de l’hystérie du déboulonnage

Ce qu’on sait moins, c’est que la famille Ungerer, celle de Tomi, est celle d’une dynastie d’horloger, la grosse horlogerie des églises.

Tout à coté, on expose les dessins de Tomi. Ceux où il défie la mort. Tomi était malade cardiaque sur la fin de sa vie, alors il dessine finement son électrocardiogramme dans lequel apparaît la silhouette de la cathédrale de Strasbourg.

Les commerces sont boudés, le monde a peur. Le virus rôde mais on ne le voit pas. On s’évite, on s’écarte pour visiter la ville.

La mobilité douce en vogue dans les Offices de Tourisme

Les corps publics font de gros efforts pour faire revenir le public dans ses espaces, jardins et musées. La distanciation est plutôt bien acceptée. Mais subitement des attroupements de jeunes nous interpellent comme si l’épidémie ne les concernaient pas.

18h porte fermée. Le châtelain de Belvoir respecte les consignes
J’aime ces grandes étendues d’altitude sillonnées à VTT à la chasse aux cols. Un Gravel aurait mieux fait l’affaire car j’ai fait davantage de route que de chemin.

Les potins du lundi

Faire 100 kilomètres de montagne à vélo est une épreuve largement récompensée par la beauté du paysage

La montagne prête à consommer

Le « Monsieur Motard » venu parlementer hier à la Schlucht chez les « anti-nuisances sonores » s’offusquait qu’on puisse mettre en danger l’économie des fermes-auberges en tentant de limiter les flux de véhicules sur la route des Crêtes. A quoi je lui ai répondu que les fermes-auberges, je m’en foutais. On peut très bien profiter de la montagne sans avoir besoin de venir s’y goinfrer d’un ragout de porc agrémenté de pomme de terre.

La gastronomie de montagne n’est pas spécialement diététique

Finalement le Parc Naturel Régional des Ballons n’a plus rien de naturel. Nous sommes arrivés au bout du bout de la logique d’une authenticité frelatée. Le Parc, j’y étais encore hier pour participer à ce pique-nique protestataire contre les nuisances sonores et je me suis aperçu une nouvelle fois combien ce vocable de naturel était usurpé.

Oui, il y a tromperie sur la marchandise!

De l’air pur sur la route des Crêtes? oui, mais en bagnole.

Beau dans le paysage!

Le massif vosgien est devenu certains jours un immense bazar où déferlent des foules avides de montagne prête à consommer. C’est triste de voir ces hordes de touristes venus à bord de leurs voitures pour finir empilées le long des crêtes à proximité des « fermes-auberges ». Des fermes-auberges devenues des entreprises commerciales de la bouffe à gogo. Car il faut l’admettre les fermes-auberges sont des alibis de la tradition, beaucoup d’auberge et peu de ferme. Au point qu’un cahier des charges strict impose un minima pour respecter le coté fermier de la chose…et bénéficier d’un statut fiscal avantageux. Une dizaine de vaches, cinq cochons…et le rateau-faneur attelé au tracteur qui trône au milieu du champ tout le week-end. Cette économie fermière, on le sait, est entièrement subventionnée pour faire beau dans le paysage.

La gestion du parc des Ballons et l’inaction des pouvoirs publics sont clairement en question depuis 30 ans. Et pourtant rien ne se passe.

Ce ne sont pas quelques trublions vociférants contre les nuisances sonores qui vont changer les choses, j’en suis conscient. Ce qui est en cause, c’est le modèle de gestion du Parc Régional et son insupportable inaction pour réguler les flux de visiteurs. Bien sûr, ce qui choque en premier, c’est l’esthétique des lieux envahis de voitures, ce ne sont pas les promeneurs qui surmarchent sur le chaume. Outre l’esthétique, sujet mineur, c’est la pollution sonore, le dérangement de la faune et la piétonisation à outrance des sentiers qui pose question. Au point qu’on en arrive à canaliser les randonneurs à l’aide de clôture électrique!

Malentendants

C’est donc ce matin que le port du masque obligatoire prend effet dans les lieux fermés publics. A quoi des malentendants trouvent le moyen de se faire préciser ce qu’est un lieu fermé public. Ça en dit long sur la connerie humaine.

Cela dit, l’imposition du port du masque n’est pas du goût de tout le monde puisque cet accessoire rentre peu à peu dans la norme vestimentaire en toutes occasions. Ne pas l’avoir sur soi et ne pas le porter pourra vous coûter jusqu’à 135 euros.

Il n’est pas du goût de ceux qui pensent que ça ne sert à rien de le porter puisque le contraire a été dit par les autorités lorsque le produit faisait défaut. Le malentendu est sérieux. Surtout dans une catégorie de la population, la plus jeune, pour laquelle les gestes-barrières ne concernent que les vieux puisque eux seuls sont vulnérables face à l’épidémie. Nos jeunes prennent délibérément le parti d’accepter la contamination puis de la colporter aux anciens à commencer par ceux de leur propre famille.

Reste une question non résolue: comment se comporter vis à vis des réfractaires? Allons-nous les interpeller au risque de se prendre une correction ou interpeller le commerçant derrière son comptoir ou tout simplement renoncer à aller faire ses courses? Il est manifeste qu’un conflit d’usage est en train de naître.

Une économie à la soviétique

31 janvier 1990, file d’attente pour l’ouverture du premier MacDo à Moscou

Ha! ha!ha!

Quand j’écris ha!ha!ha! ça veut dire que je rigole. Alors oui, je rigole. C’est exceptionnel que je rigole. On n’est plus là pour rigoler m’a dit l’autre. Depuis que la gauche plurielle, devenue caviar, s’est noyée dans les limbes du capitalisme libéral, je ne ris plus. Si je ris encore, mais jaune. Comme un Kirghize de kolkhoze. Depuis ce jour, je vis en ermite dans un igloo où sont conservés les derniers anticapitalistes du monde moderne comme un spécimen de Cro-Magnon dans du formol. Alors fatalement ça ne me fait pas rire, le formol anesthésiant.

Figurez-vous que le Covid a des effets inattendus sur notre consommation domestique. J’en veux pour exemple que depuis que les magasins comptent leurs clients, il y en a moins à la fois. Pas plus de trois chez mon vélociste.

C’est une restriction qui contrarie gravement l’économie libérale.

Avec l’affichette « 3 clients à la fois » en vitrine, fatalement les petits commerces trinquent. Même Décathlon où le vigile compte les entrées et régule la file. Idem pour acheter un bouquin à coté chez Cultura.

Le constat est là: des files se forment au moment des pointes. Je vous rassure tout de suite, dès qu’une file apparaît, j’évite d’y entrer et « je me passe » de mon achat. Je commande chez Amazon en bon consumériste connecté. Mais les irréductibles restent. Il faut du lait, du beurre…ou de la bière. Coûte que coûte dirait Macron.

Alors dans la file, il faut (se) passer le temps. Heureusement il y a le smartphone. Et celui qui n’a pas de smartphone n’a plus qu’à écouter devant ou derrière ce qui se raconte d’intéressant.

Ces files auxquelles il va falloir s’habituer en rappellent d’autres. Celles de l’Union Soviétique. Qui dit queue dit produit rare, pas cher, ou intéressant. Alors autant prendre la queue diront ceux qui n’ont rien d’autre à faire!

En URSS, c’est la pénurie de produits qui générait les files d’attente. Parfois nuit et jour. Et même pendant plusieurs mois s’il s’agissait d’obtenir un billet de train pour Cracovie ou Budapest. En économie libérale, c’est le Covid qui provoque les queues, plus exactement la distanciation physique qui nous est imposée par le virus redoutable. Mais alors me direz-vous, participer à une file c’est aussi s’exposer à la contamination si l’on n’a pas le compas dans l’œil capable de mesurer un mètre ou si l’autre derrière vous colle au train comme au feu vert pour échapper à l’orange?

Loueur de queue

Je ne plaisante pas, si le Covid persévère, les loueurs de queue, ces indigents sans boulot pourront prendre la queue à votre place le temps que vous puissiez aller boire un coup. Un euro le quart d’heure de queue!

Les mécanismes capitalistes de gestion de l’offre et de la demande vont fonctionner à merveille au cours de cet épisode Covid qui pourrait durer. Raréfier les produits pour susciter le besoin est une veille ficelle du marketing. Alors attendons-nous à voir les files prospérer et les coupons promotionnels réapparaître une fois l’attente terminée. Pour être sûr que vous ne partez pas en cours de queue.

Alors pourquoi ne pas engager des orchestres de rue, des saltimbanques, des danseuses à plumes en manque de contrat?

On a vu une forme de soviétisation des attentes lors du Covid avec les personnels soignants gratifiés de passages réservés aux caisses de magasins comme pouvaient l’être les officiels eu URSS ou comme le sont en France, les handicapés ou les femmes enceintes.

Dans les moments d’exacerbation prostatique il faut s’absenter momentanément et urgemment. Et donc négocier un compromis pour retrouver sa place une fois revenu. Pas facile. C’est là que le remplaçant bénévole aura toute sa place, moyennant rétribution, cela va de soi.

On imagine que le marché noir aura de beaux jours devant lui si cette gestion des files dues à la pandémie devait perdurer…à moins de se doter d’un coupon numéroté comme à la coupe du fromage dans les grands magasins.

Pour en savoir davantage sur la gestion des files en Russie soviétique

Pour se détendre un peu, rions avec 1917 une passion russe de Max Gallo. Rire jaune de rigueur!

Les potins du lundi

Le voyage à vélo, les vacances anti-Covid

C’est l’été, ce sont les vacances. On pourrait dire les vacances anti-Covid tellement l’impact économique de l’épidémie retentit partout. Surtout dans le secteur du tourisme.

Le malheur des uns fera le bonheur des autres. Les grands tour-operators font grise mine tandis que les promoteurs de voyages alternatifs se frottent les mains. Le tourisme français risque d’être le grand gagnant du « restez chez vous! » et le vélo aussi a tout à y gagner.

Des vacances à vélo dans l’hexagone, voila une idée toute simple pour rester confiné en voyage. Il suffit d’avoir son masque pour faire quelques emplettes de bouche et le tour est joué.

Ma consœur blogueuse Isabelle et le vélo fait le point sur les guides vélo.

Les bons et les moins bons. Ceux qui se glissent dans la pochette du guidon et les autres. Ceux qui font du baratin et ceux qui vous disent où passer sans se retrouver sur la rocade, ceux qui vous disent où trouver un vélociste ouvert l’été et ceux qui vous envoient chez Midas.

On ne s’en doute pas toujours, mais aller dans un hôtel bien situé en zone touristique peut nous permettre de constater que le voyage à vélo se démocratise. Surtout chez les CSP+ à la retraite avec vélo électrique qui font des bonds de quarante kilomètres de ville à ville, histoire d’abandonner bagnole, avion et ferry.

Retrouver ses racines autour de chez soi, après les avoir perdues pendant plusieurs décennies, quoi de plus tonifiant!

Reste les bourlingueurs, les rebelles à la norme, ceux qui comme moi préfèrent jouer les robocops à vélo, franchir les frontières les plus impénétrables à la recherche de contrées inconnues et improbables.

L’été est encore là, mieux vaut voyager loin du tohu-bohu frénétique qui ravivera l’épidémie.

A nous de choisir!

Les potins du lundi

Électrifier l’accès aux Diables Bleus, la dernière trouvaille pour effaroucher le promeneur

Le Grand Ballon sous tension

La clôture électrique décidée au Grand Ballon pour obliger les touristes à suivre les itinéraires est une honte.

Qui plus est cette clôture habituellement réservée aux bovins n’est nullement destinée à un tel usage: dissuader les badauds, comme des baudets, d’aller là où bon leur semble!

Qu’on en arrive à une telle extrémité est pour le moins révélatrice d’une fracture entre les représentants des parcs régionaux et les usagers de la montagne. Nous prend-on pour des animaux? des ânes? au point de nous destiner des itinéraires sous haute-tension (4000 volts) sur les chaumes des ballons dès qu’on vient à s’en écarter? Sans doute la mesure sera t-elle retoquée pour des motifs de sécurité publique et rapidement mise en échec par des vandales éclairés, mais ce qui est plus grave c’est que l’imagination des administrateurs du Parc puisse s’inspirer de celle du monde carcéral. On sent partout poindre dans le monde patenté des défenseurs de la montagne des tentatives d’interdits diverses qui s’apparentent à un monde réac-écolos comme par exemple Alsace Nature qui s’offusque qu’on projette un Bike-Park au Markstein. Avant de s’attaquer aux descendeurs de montagne à vélo, Alsace Nature n’a t-il pas autre chose à faire au niveau de ceux qui prennent la route des Crêtes pour un circuit de vitesse?

Non la montagne n’est pas une prison!

Mieux vaut en rire…

les clôtures électriques mal entretenues ou mal conçues peuvent sérieusement blesser voir tuer les animaux comme les Hommes.(lire l’article qui devrait faire réfléchir le PNBV avant de mettre sa clôture en service)

De la distance sociale

Oui, peu à peu la distanciation sociale s’installe. Mais ce n’est pas vraiment celle à laquelle s’attendait les pouvoirs publics.

En fait cette fameuse distance sociale devenue distance physique ne s’applique que de façon différenciée. Je veux parler de toutes ces habitudes communautaires qui reprennent ça et là. Les restaurants, les rassemblements sportifs improvisés, les fêtes de quartier, les fêtes familiales…et les entreprises dont les back-office sont comme avant: des habitudes de travail inchangées, des pauses à la machine à café ou cigarettes sans restrictions.

Alors si je comprends bien les gestes barrières tant recommandés sont déjà oubliés et dans de nombreuse situations on fait comme avant.

A bas bruit, je sens le virus revenir. Sans qu’on le dise. Le cluster est devenu un terme passe-partout commode pour désigner ce qui n’est rien d’autre qu’une résurgence de la maladie dans des milieux où les gestes barrières sont absents. La contamination qui guette chacun d’entre-nous risque donc à nouveau de se propager et la période de relâchement des vacances d’été n’est pas de bon augure.

Du vélo à gogo

Pascal Bride, fameux baroudeur à vélo, et non moins violoniste alto à l’Orchestre Symphonique de Mulhouse ne cesse de nous rendre admiratif. A la condition de concevoir le vélo en mode +++, c’est à dire comme une succession de défis permanents. C’est son truc à Pascal Bride, se lancer le défi qu’il est cap de le faire. Pourquoi pas, si c’est son art de vivre!

Sur son fil Facebook il écrit…

4 jours en mode sacoches » Ultra Dénivelé « .

😜 1014 km / 21 000 m…découpé comme ceci :

jour 1 / 374 km .8000 m

jour 2 / 217 km .4500 m

jour 3 / 184 km. 3200 m

jour 4 / 239 km. 5000 m

1014 kilomètres de vélo en quatre jours!…et 21000 mètres de dénivelés! soit 21 fois la montée du Grand Ballon.

Chapeau l’artiste!

Pascal Bride organise du 6 au 12 juillet « La route du diable », une épreuve en autonomie totale qui comporte deux niveaux de performances soit 739 km soit 1424 km à réaliser dans des temps impartis.

Pascal Bride est entouré d’un groupe de zélotes fanatiques de l’exploit. Ils se définissent volontiers comme des fous furieux de vélo. Soyons donc fous avec eux: qu’ils réussissent encore une dernière fois à vivre le vélo qu’ils aiment.

Les grandes villes en Vert

Le mouvement écolo continue de séduire dans les grandes villes au lendemain des Municipales. Avec de nombreuses poussées de la couleur verte, EELV le parti de Jadot fait la nique à la droite, à LREM et…à la gauche.

Derrière cette votation d’une population CSP+ attachée au bien-vivre urbain, on comprend que le Covid 19 a laissé des traces dans les esprits. Beaucoup de citadins ont compris que la ville est devenue outre ses problèmes endémiques d’environnement, un repaire à clusters dans nombre de situations. Alors il faut vite mettre les bouchées doubles pour changer la ville. S’attaquer aux pollutions diverses, aux bouchons, à la malbouffe, au mal-être,…que sais-je encore! La ville pour les Verts a toujours été un terrain d’expérimentations diverses pas toujours convaincantes.

Hélas, à Mulhouse malgré un bon score de son jeune écologiste Loïc Minery (ex Modem), c’est la remplaçante de Jean Rottner, Michèle Lutz, qui garde le pouvoir. Il ne faudra donc pas s’attendre à de grands changements en matière de pollution et de mobilités urbaines.

Idem à Colmar où Straumann prend le fauteuil laissé vacant par le maire sortant. A noter le bon score du Vert Frédéric Hilbert (cycliste affirmé et membre du Cadres Colmar) avec 36% des voix.

Les potins du lundi

Les gros cubes en vadrouille à Thann samedi

Qui se ressemble s’assemble.

Ce serait réducteur de n’imputer qu’une vision négative à des communautés qui partagent les mêmes passions, voire le même mode de vie.

L’effet motard est en lui-même exemplaire des besoins de notre société car à travers ce mimétisme des apparences, même moto, même habillement, même casque, cette anonymisation du motard le rend presque suspect à vouloir ressembler à son autre. Ceux-là ne semblaient pas en colère; au contraire, ils semblaient plutôt pacifiques.

Oui mais le problème demeure; je veux parler des itinéraires pris par ces gros cubes tous ensemble réunis. D’où viennent-ils? où vont-ils? je vous laisse deviner…Sur les routes des Crêtes vosgiennes. On comprendra donc que plus le phénomène se réitère, plus la réaction avec les autres usagers de la nature sera frontale. Le relâchement observé après l’épisode confinement est particulièrement marqué cette année. Tout le monde veut sa part de montagne. Comme on le comprend!

Les cyclos, eux, préfèrent les tenues chamarrées capables de les distinguer les uns des autres.

Ils ne fondent d’ailleurs pas une communauté comme celle des motards puisqu’il existe une grande variété de cyclistes dont la plus représentative en France est celle des coureurs cyclistes.

Heureusement, il y a tous les autres. Et j’en suis. Ceux-là sont souvent discrets. Ils prennent des chemins fous où personne ne va, des ruelles secrètes, évitent les sentiers battus et les grands axes urbains et se saluent silencieusement d’un bonjour complice de la main ou d’un hochement de tête.

Nulle communauté en vue! Et c’est tout le problème, on l’aura compris. Comment partager sa joie et son art de vivre le quotidien à vélo sans représentation affirmée?

Devrons-nous aussi inventer une mutuelle comme les motards? une mutuelle des cyclistes enchantés?

Cliché Pierre Brunner

Un dernier mot. Vous l’avez vu, le blog Vélomaxou a reçu un nouvel environnement graphique avec un fond coloré. J’espère qu’il plaira à mes lecteurs. J’ai également en projet une refonte de mes rubriques afin de mieux rassembler mes parcours à VTT et routiers.

Les potins du lundi

Un beau challenge commencé en 2006

La fin du blog Vélomaxou, j’y songe depuis plusieurs années.

S’arrêter est plus difficile que commencer. On a toutes sortes de scrupules à le faire car un blog n’a pas de raison sociale, il n’a qu’une raison d’être: on ne peut pas nommer un liquidateur et un tribunal ne peut pas procéder à sa dissolution faute d’actifs. C’est donc le titulaire qui est maître des lieux et de son destin.

ASM. Absent Sans Motif, je me souviens qu’on appelait ainsi ceux des troufions qui n’étaient pas à l’appel du matin. Ceux-là pouvaient s’attendre au trou lors du retour. Mais un blogueur ASM, c’est plus compliqué et difficile à mettre au trou. D’autant qu’une absence injustifiée va susciter toutes sortes de conjectures les plus folles et parfois malveillantes.

  • c’est bien fait pour lui, il a du se casser la gueule avec son vélo
  • il a cassé son ordi
  • il est fermé pour cause de covid
  • il n’a plus rien à dire, ouf! c’était un sale con
  • il est en tôle, pardon en taule galva
  • …je vous laisse deviner la suite…

Mais j’ai toujours quelques réticences au moment de mettre un terme à l’expérience commencée en octobre 2006.

Des sursauts d’estime, le sentiment d’avoir encore à dire, de ne pas avoir épuisé le champ des expériences, des controverses, ma capacité à résister. Et des lecteurs fidèles qui aiment me lire, suivre mes balades, partagent mes points de vue…quand d’autres y trouvent matière à être confortés dans leurs thèses.

Je me souviens qu’à l’origine, j’avais eu droit à un article de presse dans les pages locales. Mon cheminement de cycliste a été long. J’ai d’abord abordé le vélo sous l’angle du cyclotourisme dominical, puis je l’ai poursuivi avec une prise de conscience écologique, celle qu’on ne pouvait pas être écolo le dimanche et en bagnole tout le restant de la semaine en ville. En passant j’ai pris en marche le mouvement VTT adoptant le tournant un peu tard. Je n’ai pas quitté la route mais presque! Car la France n’a pas cette âme à favoriser le vélo outre mesure. Promouvoir le vélo, c’est un peu comme les danseuses de la République, on y croit pour s’amuser. Les clubs dont j’ai longtemps été membre se sont peu à peu délités et leurs fédérations discréditées lors de l’épisode Covid; nous en sommes tous à la fois les victimes et la cause. En cause le modèle de la sortie groupée qui ne convient plus; en cause aussi un vieillissement des équipes qui n’ont pas su se renouveler à temps, séduire de potentiels successeurs.C’est déjà de l’histoire.

Tout a une fin. Il faut savoir s’arrêter lorsqu’on a le sentiment d’avoir tout dit, même l’indicible, tout raconté et tout photographié.

Et puis, il faut accepter un déclin naturel de son enthousiasme, de sa force physique naturelle et de sa force de conviction.

Non ce n’est pas un coup de mou comme on dit dans les grimpées sévères. C’est une réalité, le vélo d’aujourd’hui n’est plus à ma mesure, conforme à celui du temps qui passe. J’ai achevé ma révolution. Le regard des plus jeunes n’est plus le même: ils ont leurs objectifs qui ne sont plus les miens, leur propre conception du vélo qui n’est plus la mienne.

Quand cette fiction prendra t-elle réalité? quand cette interrogation prendra fin? je temporise.

En ville?

Une image pauvre ou une pauvre image? les deux! C’est ainsi que va le vélo de ville en France. Ici une signalétique qui ne conduit…nulle part mais dont le coût est assumé par la collectivité et bien que cette dépense ne sert à rien.

J’ai illustré encore une fois l’incapacité des corps urbains à maitriser les infrastructures cyclables qu’ils diligentent. On a l’impression que le mal est endémique et qu’aucun concepteur d’ouvrages urbains ne comprend les impératifs à réaliser pour rendre le vélo facile en ville. Aujourd’hui je m’en prends à Vieux-Thann près de chez moi, c’est commode, qui vient de réaliser un aménagement de voirie complètement raté au centre de la commune. A un point tel que face à la mairie, on a du mettre en place une balise en plastique pour signaler le décrochement anguleux d’un trottoir dans lequel les autos buttent sans le voir.

Profitons de cet engouement pour le vélo post-covid puisque c’est presque devenu un slogan, vous avez peur du covid? après le « restez chez vous » on a à présent droit à « faites du vélo« . Curieux mélange des genres!

Étrange société!

Alors les municipalités se lancent dans d’improbables circonvolutions de leurs chaussées pour dérouler un tapis jaune au vélo. Ne soyons pas dupes, la France a plusieurs décennies de retard en terme de « mobilités douces » et à la rentrée prochaine, on verra les bornes de jalonnement en plastique disparaître puisqu’il faudra bien relancer le commerce atone de la bagnole et du SUV capable de faire fi des dos d’âne.

Les ouvrages cyclistes bâclés continuent de prospérer dans nos collectivités aux frais des contribuables. Ces réalisations attestent que le mouvement vélo dans son ensemble n’a pas su s’imposer, s’impliquer, prospérer dans nos modes de vie urbains et encore moins infuser dans les conseils municipaux.

Vieux-Thann vient de renouveler la rue Berger-André. La bande cyclable qui tient lieu de trait d’union avec la Voie Verte a disparu, elle a été remplacée par un parcours sinueux sur trottoir et pas à la hauteur de l’enjeu d’un itinéraire cyclable. Encore une fois, il manque un échelon de coordination entre les intercommunalités pour assurer un avenir aux Voies Vertes lorsqu’elles traversent une agglomération. Pour l’heure les élus font ce qu’ils veulent. C’est le cas à Cernay, à Vieux-Thann et à Thann.
Après travaux dans la rue Berger-André à Vieux-Thann, les cyclistes qui quittent la Voie Verte de la Thur tomberont toujours sur le même sac de nœud avant de savoir vers où se diriger pour rejoindre Cernay. Ce carrefour avec deux stop successifs est éminemment dangereux. La piste sur trottoir supposée bidirectionnelle à gauche n’est pas signalée. Bref tout est raté. Comme d’hab!

Les clubs?

Je leur ai déjà dit au revoir, successivement, comme beaucoup de ma génération l’ont déjà fait puisque l’objet d’un club cycliste n’est pas de gérer des cyclistes déclinants sur le plan physique et que les plus jeunes sont passés au club virtuel, celui des copains qui se tirent la bourre par Strava interposé.

Le plan physique, il faut l’adapter à soi-même et surtout ne plus le comparer à d’autres dans de dangereuses chevauchées le long des départementales anxiogènes.

Il faut tenir compte de tout. J’en tiens compte.

Comme un malheur

Comme un malheur n’arrive jamais seul, après le drame Covid dont la France sort plutôt groggy, voici qu’elle se prend en pleine figure l’affaire Traoré. En écho à l’affaire George Floyd aux States. Les Traoré sont d’habiles metteurs en scène, je n’en disconviens pas. Ils sont animés d’un discours racialiste qui prend le contre-pied de nos valeurs républicaines.

Un État faible comme l’est la France politiquement n’avait pas besoin de cela en même temps.

Les questions raciales américaines n’ont rien à voir avec celles de la France et de sa police. Mais elles existent de façon larvée. Le racisme porte en germe une idéologie de la violence qui se sanctuarise grâce aux forces néolibérales mondialistes.

En France le racisme est ordinaire. Il est en nous sans qu’on le sache.

Inutile de le nier. Notre histoire en est jalonnée d’exemples. Mais ce racisme est rentré en nous et il ressort de temps à autre dans des périodes critiques. On sait très bien que l’autre, celui qui est différent, illustre nos périodes douloureuses. Celles du colonialisme, de la collaboration…et celle actuelle de l’ouvrier Peugeot venu de Pologne épauler les travailleurs français ne fait qu’actualiser l’histoire du plombier polonais. Il ne manquait plus que celui-là pour déchaîner les passions d’une France soupçonneuse.

La période actuelle est critique car le pays est atteint sur le plan sanitaire et dans sa dynamique de croissance alors elle est un terrain favorable à l’expression de ceux qui s’estiment lésés. Les minorités de tous poils. Lésés d’une politique qui étouffe, pour ne pas dire qui étrangle les expressions, sous le boisseau de la République et de ses hommes de mains.

La police est l’instrument d’un pouvoir fragile et l’on voit la faiblesse de l’Etat qui n’arrive pas à la tenir. Période dangereuse qui se renouvelle après la foireuse affaire Benalla, l’épisode des Gilets jaunes, des yeux crevés, des mains arrachées sans que la classe politique ne s’en émeuve.

L’Etat a donc sombré, cédé à l’usage de la force, renoncé au débat démocratique.

On en voit le résultat et l’on ne sait pas comment en ces jours incertains on va pouvoir remettre le pays sur les rails d’un début de concorde.

Conduction par trou…la…la…itou

Ecole maternelle du Kattenbach à Thann. Les petits chérubins en rang par un

Sans peut-être s’en rendre compte, nos petites têtes blondes profitent de la distanciation physique à l’école pour s’initier à la conduction électronique par trou.

On ne progresse vers la classe que si la place devant soi se libère. C’est ainsi que progresse l’électron dans un semi-conducteur. On a donc affaire à des enfants qui, sans le savoir, progressent dans la file comme une paire d’électron déplaçable-trou.

Les maîtres seront ravis de l’apprendre, j’imagine.

Dans les magasins, c’est le relâchement. Des malotrus circulent sans masque et sans ménagement vis à vis des autres. Si le commerçant ne fait pas la police dans son échoppe alors je pars. C’est le cas chez mon marchand de cycles, aucune distanciation, un couloir étroit entre les vélos, des clients qui s’ébrouent revenant de Rammersmatt, je n’y vais plus. C’est invraisemblable qu’un magasin qui reçoit des cyclistes retraités pour la plupart ne prenne pas davantage de précautions.

Les potins du lundi

masques personnalisés

Le sociologue David le Breton (DNA 30 mai) nous aide à comprendre notre ressenti face au Covid et à ses conséquences que sont les gestes-barrières (on devrait dire à présent la Covid, parait-il). Le sociologue nous explique ainsi que le port du masque destiné à éviter la propagation du virus génère aussi une forme de défiguration de l’autre. Pas simple face à un masque de deviner ses sentiments!

A vélo, je reconnais Pierre, Jacques, Nadine lorsque je les croise car les cyclistes sont dispensés du masque dès lors qu’ils n’ont pas à s’approcher l’un de l’autre. Mais dans le monde du vélo, tout n’est pas clair pour autant. J’ai vu des cyclos attablés au comptoir du commerçant qui commerçait « comme avant ». Sans que lui-même ni les clients ne soient équipés d’un masque. On peut donc imaginer qu’en l’absence de barrière, notre vélociste prend beaucoup de risques puisqu’en une seule journée il verra défiler nombre de clients qui veulent reprendre la route et disposer d’une révision expresse ou d’un nouveau vélo qui tarde à arriver.

Les jeunes sont dans le « je sais bien mais quand même ». On tarde à recevoir les petits-enfants, puis on le fait. Mais eux sont innocents, ils ne comprennent pas qu’ils peuvent colporter le virus si agressif pour les moins jeunes. Mais avec les ados, c’est plus difficile, ils sont « fleur au fusil » entre-eux.

Faut-il pleurer Renault?

Non Renault n’est pas mort. Pas encore! Les écologistes, les alter-mondialistes de tous poils devraient se réjouir de voir un constructeur automobile mettre un genou à terre. Puisqu’on le sait le siècle de l’automobile devrait disparaître au profit d’autres mobilités plus respectueuses de l’environnement.

les autos devront attendre derrière le vélo. Changement de paradigme pour les enragés de la voiture en ville

La Covid n’est pas étrangère au phénomène d’effondrement de notre économie. Elle a déjà beaucoup aidé à la promotion du vélo en ville en lui faisant gagner dix ans dira Olivier Schneider de la FUB. Il était temps car derrière la Covid se cache toutes sortes de maladies pulmonaires qui déciment des millions de gens sans qu’on en parle autrement qu’à voix feutrée dans les ministères et les gazettes.

Renault meurt, tant mieux!

Vous le savez certainement, je n’ai aucune sympathie pour le véhicule électrique et en particulier la fameuse Zoé qu’on tente de nous imposer. Je ne développerai pas ici l’escroquerie intellectuelle de cette invention qu’on nous a présentée comme la panacée face aux pollutions. (voir mon billet de 2017)

Pour être simple et direct, réécoutons Jancovici en 2012 pour comprendre tout de la fausse route de l’automobile électrique

Soyons clair: il n’existe pas pour l’heure d’alternative à la voiture là où elle est encore irremplaçable. C’est à dire dans les transports inter-cités du monde rural. Aucun constructeur n’a osé actualiser le rêve de la 2CV adapté aux normes de 2020. C’est dommage.

Le pari de la 2CV en 1937

Avec quatre places assises, 50 kg de bagages transportables, 2 CV fiscaux, traction avant (comme les 11 et 15/Six), 60 km/h en vitesse de pointe, boîte à trois vitesses, facile d’entretien, possédant une suspension permettant de traverser un champ labouré avec un panier d’œufs sans en casser un seul, et ne consommant que 3 litres aux 100 kilomètres. (cahier des charges du projet TPV (toute petite voiture) de 1937)

…et pourtant Citroën a disparu, absorbé par Peugeot. De même pour Panhard et SIMCA.

Au lieu de la 2CV, les constructeurs se sont vautrés dans des palaces mobiles, chers, gloutons en énergie car trop lourds et qui pillent nos ressources rares.

La messe est dite et corrélativement, nous allons assister à un naufrage social catastrophique de nos usines de voitures….pour amortir la chute, on va donc voir les éternelles primes baladurettes et jupettes resurgir pour aider à acheter les fameuses bagnoles à électrons.

Immédiatement les syndicats s’insurgent. Je les comprends. Les travailleurs n’ont rien appris du capitalisme. Depuis Georges Marchais, ils continuent de rêver à l’interdiction des licenciements comme dans les systèmes soviétiques où produite était détaché du besoin, c’est à dire du marché. A quoi bon produire des voitures si elles ne se vendent pas?

Comprendre qu’un marché est arrivé à maturité puis sombre dans le déclin, les syndicats modernes ne l’ont toujours pas appris et comme ils ne sont nullement associés et préparés à la co-décision à l’allemande, le désastre sera total. Je me souviens de Peugeot qui manufacturait toutes sortes de produits, des voitures, des vélos, des motos, des outillages, des armements, …aujourd’hui point de salut pour Peugeot et Renault.

Laissez-moi parler Pujadas!

Le professeur Raoult n’est pas le zozo qu’on nous dépeint

Quand Raoult parle en se tirant les poils de la barbe, on se tait.

Cette fois je sais qui est le professeur Raoult. Dans l’interview qu’il a accordé sur LCI à David Pujadas pendant près d’une heure, Raoult a montré qu’il était un vrai professeur de médecine reconnu mondialement et pas le zozo qu’on n’a cessé de nous dépeindre dans les médias.

Laissez-moi parler Pujadas, vous n’y connaissez rien et c’est normal! Et Pujadas se tut.

Quand Raoult parle, on l’écoute. S’il déclare la publication du journal Lancet « foireuse » à propos de la chloroquine, il sait de quoi parler et ne recule nullement face aux experts de son rang. Foireuse, vraiment? un article commence à instiller le doute alors que le médicament vient d’être interdit dans les hôpitaux français… On n’a qu’à bien se tenir et c’est tout! Y compris le médecin et ministre Véran « de la génération d’après la mienne ». Le professeur, c’est lui, pas les ministres. Lui ne fait pas de politique, il fait de la médecine.

Et lorsqu’il évoque le nombre de morts du Grand Est et de l’Ile de France, il déclare « là il s’est passé quelque chose ». Il n’en dira pas plus. Mais son silence en dit long. Un silence en forme d’accusation.

Saura t-on un jour pourquoi Mulhouse a été débordé sous le flot de malades avec autant de morts? je ne le crois pas. Mais je garde en mémoire l’immense détresse des urgences de l’hôpital de Mulhouse qui a défrayé les chroniques des journaux locaux, la valse des urgentistes et tous les chasseurs de primes venus effectuer des vacations pendant des mois. Oui l’hôpital de Mulhouse était déjà en crise avant la pandémie. Il l’est encore.

Et la réputation de l’Alsace est définitivement entachée pour de longues années.

revoir l’interview de Raoult sur LCI (58 minutes)

Les potins du lundi

La planète des fous va t-elle comprendre qu’elle joue sa perte avec cette pandémie?

Mes lecteurs fidèles se sont habitués à cette chronique du lundi. Elle m’engage par un juste retour des choses à la tenir avec pugnacité et aussi avec courtoisie, deux valeurs qu’on oublie parfois dans nos rapports qu’on dit sociaux.

A ce sujet, force est de constater, avec regret, que les avis des uns et des autres lorsqu’ils s’expriment sont souvent dénués d’égards et rédigés en style expéditif, truffés de fautes et peu empreints de respect. J’ai cette tendance à les fuir. Fuir les listes de discussions stériles où chacun veut s’ériger en juge, fuir les groupes Facebook devenus encombrants et sans intérêt et retourner chez moi, c’est à dire sur mon blog (qui existe depuis 2006) où chacun est bienvenu à la condition de se conformer à la bienséance. Oui, je sais, ce vocabulaire pourra paraître précieux, voire suranné, mais n’est-ce pas aussi une forme d’élégance dans notre monde brutal?

Qu’est-ce que je vais bien pouvoir vous dire ce matin?

Oui, le vélo si vilipendé, si méprisé, si dénigré pour sa supposée ringardise devient tendance.

Je crois qu’il est temps dans cette accalmie relative de la pandémie de jeter un regard sur notre destin. Notre destin à tous.

Pas seulement celui du vélo qui est en vedette actuellement en tant que modérateur de l’épidémie dans les villes. Ce qu’on n’aurait jamais osé dire, ni faire il y a peu, nos grands décideurs l’ont fait: hisser le vélo au rang de moyen de transport vertueux et « outil-barrière » de l’épidémie!

Oui, le vélo si vilipendé, si méprisé, si dénigré pour sa supposée ringardise face au modernisme redevient tendance. Pas seulement chez les bobos, mais aussi chez ces nouveaux prolétaires en cols blancs des grandes cités.

On fait la queue chez les vélocistes pour s’approvisionner en « petites reines » et l’État, magnanime, vous offre jusqu’à cinquante euros pour changer les patins de freins ou la chaîne usée dans sa gangue de cambouis.(Isabelle n’en pense pas que du bien)

Mais revenons au reste…le retour à la vie normale dont on dit qu’elle ne sera plus aussi normale qu’avant.

A quoi pourrait-elle ressembler cette nouvelle vie?

Rien n’indique encore qu’on sortira à court terme de notre rapport à l’autre autrement qu’avec des gestes-barrières et une méfiance face à aux virus capables de nous exterminer.

Alors va t-on devoir arrêter ce capitalisme sauvage qui pille la planète, car c’est de cela qu’il s’agit, non?…ou alors je n’ai rien compris.

La destruction de notre éco-système, la pollution endémique de notre terre, de notre air, de nos eaux, l’agitation incessante et frénétique des humains qui sautent d’un continent à l’autre pour un oui, pour un non, c’est bien de cela qu’il s’agit, non?

Entre vous et moi, j’ai peine à croire que les États inféodés au monde capitalisme seront capables d’arrêter quoi que ce soit du péril qui gagne. Puisque l’autre modèle reste à inventer après la disparition des idéologies alternatives.

Arrêter le transport aérien, arrêter les mastodontes marins qui commercent sur nos océans, arrêter le dumping sur nos emplois, arrêter la délocalisation de nos fabrications essentielles, arrêter ce monde de la bagnole et des camions qui tuent notre bio-diversité, qui pillent nos ressources, …redécouvrir la vertu et la nécessité de disposer de services d’intérêt général déconnectés du marché comme nos hôpitaux, valoriser les métiers du service public, pas seulement avec des médailles,…est-ce bien cela que nous comprenons après ce séisme épidémique?

Allons-nous aller demain vers un monde plus juste qui cesse d’avilir les plus pauvres de la planète?

Je me demande vraiment si cette pandémie sera capable d’initier une nouvelle ère de transformation de nos rapports entre l’homme et sa planète terre. Si cette pandémie est là c’est d’abord en raison des désordres écologiques causés par l’homme et des mésusages de son capital humain et animal.

Un virus qui met en question nos mobilités…et nos libertés publiques

les nouvelles mobilités urbaines vont-elles révolutionner les transports?

C’est un boulevard qui s’ouvre devant ceux qui s’intéressent à nos mobilités. Le virus, la maitrise de sa propagation, mettent en cause la façon dont nous nous déplaçons et dont nous vivons.

Avec le confinement de la population, le gouvernement a tout arrêté, tous les moyens de transport, avions, trains, bateaux, automobiles et…vélos. Les vélos n’étaient pas explicitement dans le texte alors le Ministère de l’Intérieur s’est empressé de faire la chasse aux cyclistes. Interdire la circulation à vélo, tout le contraire de ce qu’il fallait faire. Les cyclistes au quotidien dont je suis s’en souviendront longtemps de cette bourde de l’État.

Résultat: les citoyens ont redécouvert des villes silencieuses, dénuées de pollutions et font l’expérience de nouvelles formes de travail plus respectueuses de l’environnement, moins énergivores en transports tout en suggérant de nouveaux choix de vie.

Le virus est d’abord une affaire urbaine: il touche en priorité des populations rassemblées, au travail, dans les transports, dans les lieux commerçants, culturels et cultuels.

Bref, le Covid-19 s’attaque d’abord à notre modèle de développement ainsi qu’à ces flux incessants de transports planétaires.

Dés lors, le refuge devient la campagne, une forme d’autonomisation de la production et des échanges plus respectueuse de la nature. Vaste programme qu’on peine à imaginer dans un monde qui a fait fausse route avec la mondialisation!

Les potins du lundi

Souffrons-nous du syndrome de la cabane?

Y’a pas k’le vélo dans la vie!

C’est vrai, vouloir s’astreindre à un seul hobby présente des contraintes. Il fait de vous un inconditionnel obtus et fermé à toute autre forme d’activité, de passe-temps. Il faut donc conserver en soi une grandeur d’âme capable de vous intéresser à ce qui peut paraître futile, dénué d’intérêt ou encore trop cador pour ses petits neurones.

D’abord, nous les blogueurs, on est mal placés pour parler d’ouverture d’esprit. Voici ce qu’on dit de nous sur Wikipédia …

Bien que la plupart des blogueurs hésitent à donner une définition claire de leurs intentions, les blogs servent principalement à l’auto-représentation, se formant alors autour des affects et des idées propres à leur(s) auteur(s). Utiliser un blog représente en effet un moyen de définir son identité, particulièrement une identité en ligne. C’est pour cette raison que la presse et l’opinion populaires sont parfois amenées à fustiger ce qu’elles considèrent comme l’égocentrisme des blogs.

Égocentrique le blogueur? Pour sûr puisqu’on ramène « notre science » depuis des années sur la toile. J’en ai presque honte. Mais dans notre corporation des communicants en ligne, on passe un peu pour des has-been car des influenceurs en lien avec le marché beaucoup plus in nous dépassent de loin et aussi des youtubeurs virtuoses qui excellent sur leurs chaines.

Pourquoi dire cela en préambule à mes potins du lundi? Parce que j’ai beaucoup appris de ce confinement sur la vie de nos contemporains qui se sont souvent réfugiés dans une forme d’ascèse, de privations du corps et de l’esprit. Comme une punition, cet enfermement nous a permis de vivre autrement et de réfléchir sur le monde.

Plus de temps pour reprendre des lectures abandonnées et plus de temps pour se réapproprier des espaces « come-back »: ranger des images, inventorier des peintures délaissées, construire des albums de voyages,…en panne de lectures, j’ai franchi un nouveau cap de la merdouille électronique. J’ai acheté une liseuse et pire! une kindle de chez Amazon. Moi quand je veux un bouquin, c’est tout de suite, alors je me suis affranchi des livreurs. Qui peut me le reprocher? et avec quels arguments? les libraires?…complètement dépassés par le virus, pris à la gorge. C’est triste pour eux mais ce n’est pas moi qui vais aller à Mulhouse, le cluster, pour trouver un livre qu’on devra commander. Alors j’attends les objections…Je sais, c’est perfide, mais c’est factuel.

La vie semble avoir repris ses droits. Les jeunes, leur insouciance, les éclats de rires, les jeux de ballons, les rodéos à vélos,…bas les masques!

La maladie? quelle maladie?

C’est un truc de vieux, on l’a compris. Les journalistes insistent toujours sur les plateaux pour faire dire aux sachants à partir de quel âge on est « comorbide« ? 50, 60, 70 ans? rassurés d’entendre qu’ils sont peu menacés, pas encore assez vieux.

Mais qui sont ces imbéciles encore capables aujourd’hui de se faire prendre par le virus? Une sorte d’euphorie succède à l’enfermement. Une pandémie? où ça? 30.000 morts, à peine! Alors tout ce cirque pour ça!

Oui, la France semble renaître. Pas toute la France!

Les moins jeunes comme nous ont compris qu’ils emmerdaient le monde avec leurs comorbidités, leurs gros bidons enflés comme des bibendums bardés de tuyaux que des petites infirmières retournent toutes les douze heures en tirant sur des alèses.

Il existe une partie de la population qui souffre en silence d’une nouvelle maladie, la maladie de la cabane.

  • la peur de la contagion
  • l’anxiété de retrouver le rythme exigeant de la réalité
  • le fait d’avoir découvert que la vie simple à la maison est agréable

Des Robinson, ils veulent rester des Robinson sur leur ile de 6 km2.

Arrivé en haut de la côte de Sternenberg, à la cote 364, le blockhaus

Il est minuscule, dissimulé au coin de la forêt. On y installe sur son toit en pointe diamant un mini promontoire et ce qui ressemblera à une table d’orientation. Mais ne c’est pas tout, l’accès à l’intérieur de l’édifice est pourvu d’un escalier en bois et d’une porte fermée à clé.

J’interroge des promeneurs…oui, le blockhaus va servir d’abri aux touristes de passage, on pourra même dormir à l’intérieur!

Dormir dans un blockhaus! Voila de quoi ravir tous les malades du syndrome de la cabane. Dormir dans une cabane en béton au bord de la D32.5, et grimper sur le toit pour voir si Anne arrive, quel bon plan l’été prochain!

Un blockhaus converti en abri touristique à Guevenatten à la cote 364

Des malades de la cabane, j’en connais. La convalescence est balbutiante. Redécouvrir la rue après deux mois de confinement rigoureux est un supplice. Le masque ne suffit pas. Il faut en plus accepter de côtoyer ses semblables qui sont tous perçus comme potentiellement porteur du germe de la maladie. Les malfrats le savent, eux qui crachent opportunément sur les policiers pour instiller la peur.

En marge des dégâts de la catastrophe économique engendrée par le virus, il faut maintenant compter en plus sur le handicap de gens désocialisés qui ne savent plus vivre. Comme avant.

Les potins du lundi

Paris n’est pas Amsterdam. Pas encore.

Les Parisiens vont-ils se convertir ce matin au vélo en ce lundi 11 mai, jour de reprise de l’activité?

Toutes les conditions sont réunies ou presque. D’abord l’offre de transports en commun est réduite au minimum alors que la distanciation sociale exige que les voyageurs observent le non-confinement à bord des voitures de RER et de trams.

Curieuse façon d’éviter le chaos en restreignant l’offre!

Ensuite, l’autre handicap de taille sera le temps. S’il pleut sur Paris, difficile de prendre son vélo.

Et le dernier écueil sera évidemment qu’il n’y a pas de garages à vélos en nombre pour assurer qu’on retrouvera bien sa monture le soir au retour. La spécificité française, on le sait, c’est le vol et la dégradation de nos vélos. Le vélo a été tellement déprécié au fil du temps qu’il est perçu comme un chose rétrograde, bonne à détruire ou à capter pour ses besoins personnels sans autre forme de procès.

De bonne heure et de bonne humeur à vélo

La pratique du vélo demande un apprentissage mais aussi des prérequis. Les pouvoirs publics ont tracé à la hâte des voies temporaires pour les cyclistes, octroyé une prime de 50 euros pour remettre sa bécane en état, il ne reste plus qu’à attendre de voir si le pari est réussi. Du coté des vélocistes, on traine les pieds, le dispositif de 50 euros leur semble compliqué…il faut dire que le cœur de métier des commerçants en cycles, ce n’est pas le vélo urbain mais le vélo loisir et sportif. Il faudra donc se rabattre sur les enseignes généralistes comme Décathlon ou Go-Sport. Le comble!

Remettre la France au boulot après deux mois de chômage en pratiquant la distanciation sociale (Toulouse)

On ne peut passer sous silence l’épisode confinement qui a duré près de deux mois et mis près de la moitié de la France à l’arrêt.

Le confinement, ne l’oublions pas, n’était qu’une façon de ralentir la contamination en France par manque de masques et de lits d’hôpitaux…et de personnels. Des pays voisins ont choisi de ne pas confiner avec parfois de meilleurs résultats. On pourra donc se demander si le confinement et son corollaire, un chômage massif, était bien nécessaire. On n’a pas encore mesuré l’ampleur des dégâts. L’explosion du chômage qui va se poursuivre, les dépôts de bilan et une économie en berne pour peut-être plusieurs années. Sans parler du coût humain qui atteint déjà 25.000 morts et de nombreux rescapés souffrant de graves handicaps.

On sait que les gestes barrières peuvent nous sauver la mise, comme le respect de la distanciation sociale, le port du masque, l’évitement de zones de chalandise encombrées,…mais tout dépend de la façon dont nos comportements latins vont savoir se discipliner…

Je vois en ville des comportements absurdes de gens qui bavardent entre-eux sans se protéger…sont-ce ceux-là qui peuplent nos urgences?

Il est clair que cette distanciation, les réflexes de peur, les comportements à risques ne vont pas favoriser la convivialité puisque l’on sait que le virus tue, est très contagieux, difficile à soigner.

Cependant, j’entends des bavardages de rue qui relativisent le danger. Ce n’est jamais qu’une grippe continuent à dire certaines personnes.

Distanciation sociale et « restez chez vous! »

Introduire de la distance face à une fléau épidémique.
Toutes les civilisations y ont été confrontées dans l’histoire

Je ne sais pas qui est à l’origine de ce terme de distanciation sociale instauré lors du confinement et qui nous viendrait des anglo-saxons sans avoir la même connotation. Il a été ravageur dans sa traduction car il va bien au-delà de la distanciation physique que nécessitait l’absence de barrières comme les masques. Mais cette mise au pas sanitaire sur la société implique toutes sortes de conséquences ravageuses dans nos rapports humains. Pas seulement ceux du quotidien avec le marquage des sols dans les lieux publics, le retour des hygiaphones disparus depuis au moins cinquante ans dans les services publics, mais aussi une distance planétaire en éloignant les peuples et leurs rapports culturels et économiques.

Voyager en avion? non ce ne sera plus comme avant puisqu’un arsenal de réglementations sanitaires, comme la quarantaine, des avions moins remplis donc aux billets plus chers seront mis en place pour aller d’un pays à un autre.

La distanciation sociale à l’épreuve de notre quotidien

Mais la distanciation au quotidien pose tout de suite à court terme la question de notre rapport quotidien au travail, dans les transports, à l’école, dans les milieux sanitaires…et dans le sport et les loisirs.

On ne sait pas quand on pourra assister en live à un concert , si les sports collectifs et de contact pourront à nouveau se pratiquer, ni combien de temps vont durer les prescriptions d’interdits.

Une autre traduction du « restez chez vous! » ou la parcellisation de l’espace public

Notre rapport à l’autre modifié

De la distance physique modifie donc en profondeur notre relation à l’autre sous une injonction qui n’est plus d’ordre politique mais sanitaire. Le pouvoir sanitaire a cette particularité de ne pas être contrôlé démocratiquement en situation d’urgence. Ainsi l’on voit s’étaler au grand jour dans les médias des controverses médicales dont personne ne sait ni qui, ni comment elles seront tranchées.

Faudra t-il dès lors élire nos représentants infectiologues, épidémiologistes qui pèsent un peu plus chaque jour sur notre mode de vie quotidien.

Le pouvoir sanitaire a pris le pas sur le pouvoir politique lui-même tétanisé par l’ampleur de la catastrophe. On l’a vu chaque jour dans les prises de décision hasardeuses à l’égard de la population depuis le début de l’épidémie.

« Restez chez vous! » a été le pire slogan du pouvoir sanitaire par son pouvoir anxiogène. Le citoyen était devenu sujet, un peu comme le patient tout offert au pouvoir médical. Derrière se cachait en fait une incompréhension, une panique scientifique des soignants qui ne savaient pas pourquoi un tel flux de malades survenaient ni comment l’endiguer en l’absence d’un protocole de soins cohérent.

Gardez vos distances

Ce qu’il faut admettre c’est que la distanciation sociale et le « restez chez vous » sont deux concepts qui conduisent en France à des réflexes xénophobes très dangereux pour la suite de la cohésion sociale. Les pauvres d’un coté, les riches de l’autre! pour résumer. On l’a vu lors de l’instauration du télétravail: d’un coté les métiers du front-office et du back-office qui ont su rester à la maison grâce à l’informatisation des tâches, la télémédecine, le téléenseignement, les métiers de l’assurance, de la comptabilité, le télémarketing,… et de l’autre tous les métiers « de terrain » les plus exposés: conducteurs de bus, caissières, infirmières, agents de propreté,…

On a vu aussi les effet ravageurs de ce confinement forcé sur les écoles où la distanciation s’est conclue par une différenciation de traitement entre ceux qui possédaient un ordinateur à la maison et ceux des enfants qui n’en avaient pas.

Quand un mot d’ordre sanitaire devient art de vivre (Québec)

Un contrôle policier renforcé sur les libertés individuelles

Les populations les plus fragiles dans les quartiers aux logements exigus ont pris de plein fouet les conséquences de l’épidémie. La ghettoïsation reprend tout son sens en stigmatisant les différences sociales et culturelles lorsqu’il s’agit de contrôler les allées et venues des individus. Qui sont-ils? où vont-ils? à quelle distance? On ne le dit pas mais on le suppute, les plus touchés par la maladie le seront plutôt chez ceux qui n’ont pas pu ou pas su se protéger le mieux qu’il convenait. On l’a vu chaque jour rapporté dans la presse, le confinement instaure un contrôle policier renforcé sur les libertés individuelles dont le pouvoir s’est servi avec zèle et presque avec délectation lorsqu’il s’agissait par exemple de traquer des promeneurs ou des sportifs à la campagne avec l’aide de drones ou d’hélicoptères.

Entamées le 16 mars dernier, mes 42 chroniques de pandémie sont le témoignage de mon vécu de citoyen confiné. On peut les retrouver ici.

Je vais les abandonner provisoirement puisque nous allons à nouveau pouvoir profiter d’une liberté toujours conditionnelle mais moins encadrée.

On pourrait, dit-on en haut-lieu, avoir à nouveau affaire à un reconfinement si la circulation du virus se réactive et si les hôpitaux sont à nouveau saturés.

Les potins du lundi de pandémie

Pourquoi pas un voyage itinérant au tour de chez soi?

Bon alors on passe bientôt de 1km à 100 km le 11 mai si tout va bien! On va se sentir renaître et pousser des ailes.

On passe donc d’un univers géographique de 3 km2 à 31.000 km2 soit à la louche 10.000 fois plus. Les cyclistes auront de quoi faire, eux qui ont été injustement punis.

Les rives du Doubs? oui, c’est possible

J’ai regardé la carte. Depuis chez moi je peux m’échapper jusqu’à Strasbourg, jusqu’à l’entrée de Besançon, jusqu’à Vesoul où j’irai voir ta mère, jusqu’à Epinal et même Vittel.

Sans oublier le massif vosgien dans sa totalité ou presque!

Il est peu probable que je fasse 200 km aller et retour dans la journée, ça n’est plus à ma portée et ça ne m’amuse plus.

Partir à vélo depuis l’Alsace, le choix ne manque pas, malgré les frontières encore fermées

Il reste cependant un large choix autour de chez soi dès lors qu’on n’a plus de contrainte horaire. Et pourquoi pas aussi envisager un voyage itinérant dans ce grand rond qui pour nous en Alsace est amputé de l’Allemagne et de la Suisse?

La Haute-Saône, c’est bien aussi
Les Vosges nous offre un choix inestimable de coins à visiter
Epinal-Charmes par la Voie Verte
Un raid à Strasbourg? pourquoi pas si les pistes cyclables sont rouvertes!

Les potins du lundi de pandémie

La distanciation sociale accélère la différenciation sociale

La défiance envers l’Etat est à son maximum en France. C’est un chercheur qui le dit, si la France doute autant de son personnel politique, c’est à cause des classes sociales. L’Union de la Gauche ne serait donc pas morte, pas complètement. L’anticapitalisme continuerait de fracturer la société civile, sans le dire. On ne sait pas qui tire les ficelles. Peut-être des Insoumis rêvant d’un Grand Soir devenu chimère? ou des Gilets jaunes en mal de ronds-points?

Ainsi donc l’énorme classe moyenne enflée comme une grenouille renfermerait des émules de Georges Marchais, des gauchos héritiers d’Arlette, et aussi à l’autre bout de l’échiquier des nostalgiques du Petit-Clamart. Au milieu resterait un magma déculturé élevé au biberon du consumérisme béat.

C’est très réducteur.

En France, le confinement a été plutôt bien appliqué mais mal accepté contrairement à d’autres pays. Simplement parce que l’Etat parle à ses citoyens comme à des enfants ignares. Il est vrai qu’on souffre aussi depuis cinquante ans d’une population exogène qui peine à rejoindre nos standards. Terrain scabreux!

Si nos politiques trinquent, c’est tout simplement parce qu’ils sont mauvais. Et ce n’est pas l’épisode corona qui va redorer leur blason.

La France qu’on ne cesse de nous présenter comme une grande nation a, hélas, montré ses fragilités dans bien des domaines. Notamment l’inadaptation de son administration centralisée à conduire le dispositif de crise. Le confinement généralisé, les milliards de pertes de notre économie resteront les témoins douloureux des erreurs commises. Oui, on ne va manquer de se comparer à d’autres pour dire qu’on a fait au moins aussi bien. Mais on se gardera d’admettre que notre voisin allemand a fait beaucoup mieux.

En Alsace, pas de pic, un plateau haut. Je n’arrive pas à imaginer 1000 lits de malades dans le Haut-Rhin et …571 agents hospitaliers en arrêt maladie mercredi 22 avril

En Alsace, on flirte toujours avec deux mille hospitalisés « corona ». C’est dire qu’on n’arrive pas à faire baisser « le plateau » de la contamination. On n’empêchera pas le doute de s’installer chez les confinés. Comment est-ce possible qu’il existe encore autant de gens atteints par la maladie alors que nous sommes confinés?

Faudra t-il une commission d’enquête pour lever le doute? pour savoir pourquoi on peut devenir malade malgré les gestes-barrières? les solutions hydro-alcooliques? le lavage de mains? les masques artisanaux? l’obligation de restez chez soi? les attestations de déplacement dérogatoire?

« Six baguettes et la caisse, vite fait! »

Vélomaxou, on t’a reconnu

Oui, on risque fort le 11 mai d’être en Alsace les dindons de la farce, c’est à dire de faire l’objet d’une surveillance renforcée et d’un déconfinement partiel quand d’autres régions seront libres.

Quand je rentre chez mon boulanger avec un masque sur le nez, on me regarde bizarrement comme si j’allais commettre un hold-up, « Six baguettes et la caisse, vite fait! » et je repartirais en trombe en faisant crisser les pneus de mon vélo.

Le masque qu’on va nous recommander ces jours prochains risque de faire un flop. Car son usage sera mal compris outre qu’il est malcommode à porter. Et en outre, on risque d’en retrouver un peu partout éparpillés dans la rue et les commerces. Bonjour la contamination!

Je n’ai que les symptômes des vieux agriculteurs

Les médecins qui ont depuis longtemps régulé l’accès de leur patientèle avec la prise de rendez-vous obligatoire et refusé d’accepter de nouveaux patients se plaignent à présent de ne plus voir leurs habitués.

J’en suis un modeste représentant car j’ai la trouille de cette médecine expéditive. Je suis revenu aux années 50 où l’on allait au bistrot du village téléphoner pour faire venir le médecin dans sa Traction Citroën. Dès que je voyais sortir de la sacoche les grandes boites en alu qui contenaient les aiguilles hypodermiques, j’avais envie de sauter par la fenêtre du jardin. C’est à dire qu’on ne va plus chez son médecin pour un oui pour un non. On préfère attendre. Surtout moi, avec mes maladies imaginaires dont aucune, pour l’heure, ne montre d’intérêt pour la science. Accéder au statut de malade, personne ne le souhaite. Je n’ai que les symptômes des vieux agriculteurs perclus de rhumatismes à l’aube de leurs soixante-ans. J’imagine que je paie des décennies de VTT, je veux dire de Vélo Tout Temps ou du Vélo Tout l’Temps si vous préférez. La mécanique articulaire du corps, c’est comme ces bielles dont la régule coule par suite d’un mauvais lubrifiant.

Arrêter d’aller à Phuket?

Reprendre goût aux restos, aux coiffeurs ne va pas être simple. Encore moins pour les foir’fouilles, les manifestations sportives et culturelles. Tous ces endroits où par principe il y a du monde risquent de perdre ceux qui craignent la contamination.

Et l’avion? il me semble inimaginable d’envisager un vol sans prendre un risque maximum. L’Etat est devant un dilemme avec Air France. Injecter des milliards dans les compagnies pour les sauver de la faillite, c’est tout ce qu’on a trouvé en attendant.

Paton Beach Thaïlande

En attendant quoi? soit qu’on trouve un vaccin salvateur soit qu’on change de modèle de développement et qu’on arrête d’aller à Phuket passer ses vacances. Utopique? sans doute.

Les potins du lundi de pandémie

Je t’aime maman

Même les blogs souffrent de la crise pandémique. Je joue franc-jeu avec mes lecteurs: l’audience de vélomaxou est en chute libre et je pourrai, moi aussi, déposer le bilan à court terme.

Encore un mois et j’en aurai terminé si le virus ne me croque pas avant.

Vélomaxou en chute libre

Avec 5400 vues en mars 2020, vélomaxou enregistre son plus mauvais score depuis 2012

Inutile de tergiverser, lorsqu’on sort de son domaine, on perd de l’audience. J’imagine que tous ceux qui parlent de sport ou de loisirs de plein air sont touchés par le confinement. Sauf peut-être les sports de méninges comme les échecs ou le sudoku.

Confinement oblige, il faut meubler le terrain, préparer la sortie de crise. Il est vrai que l’Etat n’a pas aidé le vélo dans sa gestion. Trop de têtes d’œufs assurément dans les ministères. Le vélo aurait pu être un allié de la distanciation sociale en évitant les transports en commun, éviter que les gens se concentrent dans les quartiers en ouvrant le champ libre aux pistes cyclables aux voies vertes. Non au lieu de ça, l’État a fait tout le contraire jusqu’à interdire toute randonnée aux marcheurs et cyclistes…et pire en pourchassant à motos les usagers des pistes cyclables ou en hélicoptère les vététistes dans les cols vosgiens. C’est la France des villes qui doit donner le la à la France profonde. Y compris dans les zones en désertification.

En France on arrête tout. Même le vélo!

Je le dis sans retenue, on a des nuls au pouvoir. Comme si la France était indécrottable vis à vis de ses voisins. Attendons de voir la suite avec le déconfinement et une probable différenciation selon l’âge et les territoires.

L’usage immodéré de la planète par l’humain

Las! Philippe, le premier ministre, vient nous annoncer que demain ne serait pas encore comme avant. Il a mis deux heures hier pour ne rien dire d’autre.Pour un gouvernement sans âme, sans imagination, il est difficile de changer de modèle. Le changement ne pourra donc venir que d’en bas.

J’imagine peu à peu le profil de mes prochaines années, les adaptations à mener pour tenir compte des dangers potentiels de la contamination. Une méfiance vis à vis de l’autre, une distance naturelle, l’absence d’effusions inopportunes, une retenue de nos enthousiasmes, la perte des valeurs collectives, un renoncement à la fraternité…

Puisqu’il faut l’admettre, le virus est inattaquable et vient sanctionner un usage immodéré de la planète par l’humain, cette exacerbation de nos modes de vie transcendée par le transhumanisme. Ceux qui tiraient le signal d’alarme sont restés inaudibles, on consomme trop, on tire trop sur le capital terrien, tous ces échanges mercantiles sont inutiles…Quand on va enfin venir à bout du pic, soyons-en sûr les transports aériens vont reprendre comme avant pour ne pas laisser pourrir les zincs sur le tarmac.

Pourtant le virus continue d’agiter la planète comme l’illustre l’Antonov 225 venu hier livrer à la France des masques depuis la Chine. Les Chinois sont encore nécessaires à notre survie puisqu’eux seuls sont capables de les produire en masse.

150 tonnes de masques venus de Chine et autant de CO2. Au moins!

Réinventer sa liberté

On ne sait pas encore si un vaccin pourra sauver la mise. En attendant il va falloir apprendre à vivre tout en se protégeant. Comme on a du le faire pour le SIDA.

Le coronavirus se transmet par les postillons et le contact de surfaces contaminées. C’est ce qu’on sait en attendant d’en savoir plus…

Il est manifeste que la population est exposée particulièrement là où il y a beaucoup de monde. Si on peut éviter de voir du monde, n’hésitons pas!

Pour mes vacances cet été, je vais choisir le camping le plus pourri de la France profonde. Celui où personne n’osera aller.

les potins du lundi de pandémie

Morne lundi de Pâques

« Tu n’as pas de Doliprane chez toi? »

Semaine lourde en questionnement, en doute et en hypothèses. Les tensions apparaissent parmi la population par réseaux interposés. Quand verra t-on le bout du tunnel de cette interminable épidémie?

A la frontière allemande, les Français sont mal vus dans les boutiques. Surtout s’ils viennent juste acheter du Doliprane. « Tu n’as pas de Doliprane chez toi? »

Vu de l’Allemagne les petits voisins ont montré leur incompétence face au virus. Alors qu’ils ne l’exportent pas chez nous! C’est la tonalité du propos.

Mortalité comparée. La différence entre l’Allemagne et la France est cruelle

Pourquoi nous n’avons pas su?

Outre la polémique, il faudra un jour nous expliquer pourquoi nous n’avons pas su. Pas su endiguer ce flux morbide. Le mal est fait. Oui comme le dit Elisabeth Kleinhans-Bucher dans les DNA cette semaine c’est « un gifle pour la France »…

Les Français se sont pourtant appropriés au cours de ces longues semaines d’inactivité les données de la chose. Ils ont en mémoire les faux-pas, les hésitations des sachants, les interprétations hâtives.

L’épisode des ratages, celui des élections bâclées, le manque de tests quand l’Allemagne testait tous azimuts, l’épisode des masques et la saga des tarmacs d’aéroports, l’épisode des « cinq mille lits » (25000 en Allemagne), le dénuement de nos hôpitaux, l’abandon de nos vieux, l’absurdité d’un confinement massif réprimé sans discernement 135 euros par une police zélée, l’incroyable déchirement des experts par écrans interposés sur la chloroquine, …tout cela on le sait par cœur et on pourra s’en souvenir.

Et après l’hécatombe de morts?

Il reste la suite qui ne devrait pas être moins pire. Comment sortir de cette crise pandémique dont personne ne maîtrise la fin?

On comprend la position du corps médical qui faute de traitement voudrait nous confiner jusqu’à Noël. Surtout nous « les vieux » de plus de 65 ans. Du coté des politiques, on sent que les épaules du Président sont de plus en plus fragiles face au désastre.

mortalité le 12 avril (source Franceinfo)

Oui Orwell est pour demain

…il va falloir décider de la suite. Et remettre la machine en marche avec les incroyables inconnues qui continuent de peser. Comment vont se comporter entre-eux les infectés, les guéris, les non-infectés, …et les faux-guéris?

L’arsenal dont nous disposons faute de moyens, faute de tests massifs, c’est un système policier. Fliquer tout le monde selon son statut et grâce à nos téléphones portables.

Oui Orwell c’est pour demain. Parmi le personnel politique, tout le monde fait le gros dos de crainte qu’on lui reproche plus tard d’avoir aggravé le problème. C’est la France en lambeaux.

Les potins du lundi de pandémie

Le pouvoir nous a menti par omission rien que pour emmerder les cyclistes

Je me suis trompé. Faire du vélo dans le cadre du cas 5 de l’attestation de déplacement dérogatoire n’est pas interdit. Sinon comment expliquer qu’on puisse faire un jogging et ne pas pouvoir prendre son vélo?

Jusqu’alors les cyclistes devaient se conformer à l’usage utilitaire du vélo obtenu après plusieurs réclamations auprès des ministères concernés (intérieur et transports).

Un logo résumant les choses (ci-dessus) était même publié le 28 mars

Mais plusieurs signaux m’ont alerté depuis le 28 mars…

D’abord le blog d’Isabelle et le vélo qui a bossé la question et qui aboutit à cette conclusion (aller sur le blog d’Isabelle)

En résumé, ce qui est interdit c’est le sport cycliste en groupe, parce que on peut sortir une heure par jour (quand on est à la maison) pour de l’activité physique, à condition d’être seul ET dans un rayon de 1 km de son domicile.
Donc le vélo est autorisé poursedéplacer ou faire un peu d’actIvité physique.
Le vélo n’est pas plus interdit que l’auto, la course à pied ou le bus.
Les limites portent sur distance, taille du groupe, motif et durée, pas sur le moyen utilisé.

…ensuite le blog de Girauflée des Murailles qui approfondit le sujet sur le plan juridique…

Le 5e critère, celui de l’activité physique est restreint sur le plan spatial – il est mentionné que le déplacement doit s’effectuer dans un rayon d’un kilomètre – et temporel – il ne doit pas excéder une heure. En revanche, rien ne change pour la dénomination : l’activité physique n’est pas détaillée. La seule condition à respecter consiste en la solitude de l’exercice. Puisque tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, on peut donc faire du basket, du foot, de la course à pied, du saut en hauteur, de la danse jazz, du vélo… à condition d’être seul.

…et enfin l’article du journal DNA du dimanche 5 avril qui présente le vélo sport/balade/ autorisé pendant une heure et dans un rayon d’un kilomètre SEUL.

J’ai cru à une blague ou à une erreur et j’ai même écrit au journaliste pour lui dire qu’il s’était trompé…surtout que nombreux sont les cas de cyclistes verbalisés rapportés par les journaux.

Et alors, qu’est-ce que ça change?

Cela signifie que dès lors on peut faire du vélo autour de chez soi pour peu qu’on ne dépasse pas le rayon de un kilomètre. Si on habite la ville, on peut profiter du trafic réduit qui nous laisse beaucoup de place dans les rues.

Si l’on habite une grosse bourgade de 8000 âmes comme moi, on peut construire une circuit mixte avec quelques chemins de champs.

J’en trace un de 9 km pouvant être parcouru deux fois dans l’heure et dans chaque sens…

Reste le plus difficile: arriver à convaincre la police si on vous arrête…

Les potins du lundi de pandémie

Bruegel l’Ancien 1568

Un écran blanc comme celui d’une chaine télé sans programme. Ceux-là n’ont perdu ni l’odorat, ni le goût. Ils on perdu la vue.

Subitement, l’ophtalmo ne voit plus, son patient non plus. Puis la secrétaire, puis le voleur de voiture, puis le policier, puis la prostituée,…

Il sont au début une vingtaine qu’on met en quarantaine forcée dans une caserne désaffectée, derrière des barbelés, gardés jour et nuit pas des soldats armés.

On les craint. On dépose les repas aux pieds des escaliers et ils doivent ramper dans les couloirs, dans les chambres communes pour trouver un lit, aller aux toilettes, partager leurs pitances sans risquer de s’exposer aux tirs des soldats.

La peur engendrée par ces nouveaux pestiférés incite les gardiens à tirer dans le tas s’ils viennent à vouloir sortir. On leur balance une bêche pour enterrer leurs morts.

Des bus chargés de cargaisons entières de malades continuent d’arriver. Devons-nous tuer les chauffeurs potentiellement infectés s’interrogent les autorités?

Écrit en 1995, L’aveuglement de José Saramago préfigure notre pandémie et le basculement des valeurs humaines entre les hommes dans un univers carcéral d’évitement.

C’est notre deuxième lundi de confinement. Un confinement chez soi qui nous laisse dans l’incertitude de la maladie. Puisqu’en chacun de nous plane le doute de voir apparaître les premiers symptômes.

On peine à imaginer le retour des bals du samedi soir, les fêtes traditionnelles alsaciennes, les rencontres sportives, les stammtisch autour d’un verre de bière, les rencontres amicales, amoureuses,…les sorties à vélo.

Les potins du lundi de pandémie

Après la découverte d’un foyer de Covid-19 à la Porte Ouverte de Bourtzwiller (Mulhouse), le sous-préfet a autorisé à nouveau les rassemblements religieux ce week-end à la condition qu’il réunisse moins de vingt personnes. Difficile à avaler.

Une semaine déjà.

Voila une semaine que nous sommes en résidence surveillée. Difficile pour un peuple libre! C’est pour notre bien ne cesse t-on de nous répéter. A ceux qui en doutent, on leur oppose les morts. Les médecins sont devenus les prescripteurs du confinement. Alors c’est qu’ils ont raison puisqu’eux seuls savent.

Bien sûr qu’il y a lieu d’être mécontents. Mais c’est pour notre bien si l’on est infantilisé au point de ne pouvoir émettre une quelconque objection à cet état de dépendance et à ces diverses restrictions qui se renforcent.

Relativisons car on nous dit que le pire est encore à venir. L’histoire ne nous a rien enseigné, elle est trop lointaine, elle date d’un siècle et la grippe d’alors avait causé des millions de morts. Un siècle plus tard, nos progrès scientifiques ne sont pas encore parvenus à trouver la parade à ce genre de pandémie.

On dit que c’est l’homme qui cause ces dérangements. Ce phénomène remonte au néolithique : chaque fois que l’homme a modifié les sols, a commencé à défricher les écosystèmes pour le développement de son agriculture, il s’est retrouvé exposé à de nouveaux micro-organismes qu’il n’avait jamais rencontrés auparavant. » lit-on dans Médiapart.

La science cherche; elle cherche avec fébrilité comment se débarrasser de ce virus planétaire en forme de couronne trouvé en l’année 2019, le Covid-19. Alors attendons! On ne peut rien faire d’autre que d’attendre les développements de la pandémie et constater les atermoiements de nos dirigeants qui peinent à conduire le pays dans la bonne direction. Président, ministre, soignants, un job pas vraiment enviable en la circonstance.

Les potins du lundi

Cinque Terre (Italie), le séjour du Club des Cent Cols compromis

Au moins cinq vélos d’écart

Ce matin je toussote. Comme à l’accoutumée. Mais je me sens anormalement chaud; vite le thermomètre…36,2. On n’échappe pas à la crainte.

Je vais sortir le VTT en vitesse avant qu’on soit définitivement confiné à la maison. Car il en est question comme en Italie. Sortir à vélo est hautement pathogène dès qu’on est à plusieurs car les vagues de morve et de crachats qui volent sont une (sale) habitude des cyclistes sur route. A VTT, il faut garder les distances, au moins cinq vélos

C’est pas juste!

Les clubs commencent à allonger la liste des défections sur leur calendrier. Je ne parle pas du foot, je parle des clubs cyclos qui ont déjà retenu des dates pour y effectuer un séjour. Mon club local Etoile 78 de Vieux-Thann vient d’annuler ses trois jours de la Pentecôte dans le Doubs. Rien de trop grave. Pour mon autre club des Cent Cols, c’est le séjour d’une semaine en Italie à Cavi di Lavagna (Ligurie) 4 au 11 mai qui est compromis.

Nous sommes en discussion avec les hôtels pour voir les options possibles et les conditions, notamment financières, dans lesquelles ces options peuvent être mises en œuvre. Ce n’est pas simple, les enjeux sont très importants (un séjour comme celui là, c’est un enjeu de plus de 75 000€) et le CA va prendre des décisions au mieux des intérêts du Club et de ses membres dès que nous aurons tous les éléments nécessaires.

Ainsi pour rester dans un domaine secondaire comme celui du sport et des voyages d’agrément, on voit tout de suite concrètement jusqu’où conduisent les conséquences de l’épidémie de coronavirus.

Les conséquences ne sont pas pour les sportifs capables d’attendre des jours meilleurs, elles sont pour les entreprises hôtelières et de voyages.

Ce matin, la frontière allemande sera fermée avec pour conséquence qu’on ne devrait plus pouvoir aller pédaler coté allemand du Rhin ni faire ses courses à DM à Neuenburg.

Grande première de la saison cyclo dans le Haut-Rhin, les 100 km d’Urschenheim samedi 14 mars ont été maintenus mais pas de départs groupés comme à l’habitude…

Les 100 km d’Urschenheim en 2012

Cette année, les nouveautés et adaptations apportées nous permettent de maintenir notre manifestation et de respecter les précautions afin d’éviter la propagation du Covid-19.

En effet, la randonnée ne se fera pas sous la forme habituelle d’un peloton groupé et encadré mais sera un parcours fléché.

Du coté des Randonnées de Printemps du mois de mars à Mulhouse, le club de Sausheim s’est conformé aux consignes préfectorales: L’organisation du brevet de printemps du samedi 14 mars est annulée suite à l’arrêté préfectoral.

Edouard Philippe pique une colère

Le gouvernement a donc choisi de serrer de deux crans supplémentaires la ceinture des libertés publiques en fermant les commerces, après les écoles, en s’apprêtant à réduire l’offre de transports en commun et à limiter les déplacements personnels. C’est que les Français ont du mal à comprendre l’enjeu des restrictions imposées, il n’y a pas « suffisamment de prise de conscience par les Françaises et les Français de l’importance de leur rôle face au virus ».

Il est demandé à tous les Français de ne sortir de chez soi que pour faire des « courses essentielles » ou un « peu d’exercice ». Traduction: je peux encore aller à l’Aldi acheter du RonRon et faire du vélo ou du jogging. Cela ne préfigure en rien ce que pourrait devenir cette restriction de circuler si les autorités venaient à nous délivrer des « laisser-passer » comme en Italie. Irons-nous jusque là?

Ce matin j’ai trouvé dans ma boite à lettres une pub déposée dans la nuit

A emporter ou à la livraison, si vous craignez de sortir, la pizza livrée à domicile. Les pizzerias trouvent une porte de sortie pour remédier à la fermeture de leur restaurant.

Le mal est invisible

Il y a à la base le coté « fleur bleue » de ceux qui aiment braver les interdits comme avec les radars…et aussi l’invraisemblable inculture de la population en terme d’hygiène individuelle et collective.

Un de mes amis constatait que sur un marché, s’il observait un espace d’un mètre avec son prédécesseur devant un étal, aussitôt la place dans la file lui était prise. C’est bien la preuve qu’une partie de la population est insensible aux conseils donnés.

Il n’est pas facile d’établir un parallèle avec des restrictions analogues dans notre histoire contemporaine. Seuls les plus âgés pourraient se souvenir de la dernière guerre, de l’absence de carburant obligeant à monter des gazogènes sur les voitures, des cartes de rationnement, du couvre-feu…et du marché noir

Vingt litres de gasoil par semaine. Est-ce imaginable aujourd’hui?

Les potins du lundi

le parti du vélo va t-il l’emporter?

Élections? vous avez dit élections?

L’abstention massive est à craindre aux prochaines élections municipales. Le coronavirus sera passé par là.

Je n’irai pas voter, mon vélo non plus, car la crainte sera grande d’être contaminé, lui et moi. Certains porteurs sont asymptomatiques (peut-être moi-même?), ils sont atteints sans forcément le savoir. Je plains les assesseurs.

C’est l’intérêt supérieur de l’État qui est menacé. Réussir dans la maîtrise de l’épidémie est en effet une exigence majeure pour le gouvernement. En décidant de braquer tous les projecteurs de l’actualité sur l’épidémie de coronavirus, plus rien d’autre n’est plus important que la garantie de l’intégrité des citoyens…mais on continue de maintenir les élections. Difficile à expliquer.

les bubons, et qu’on en finisse!

Reconnaissons que le Haut-Rhin s’est particulièrement distingué ces derniers jours à la suite de l’assemblée évangélique de Bourtzwiller à partir de laquelle la contamination s’est propagée massivement. Jusqu’en Guyane et dans les rangs de l’Assemblée Nationale. Mulhouse s’est ainsi taillé une belle réputation dont elle aurait pu se passer et les promoteurs de cette manifestation ne semblaient pas désolés d’une telle publicité au lendemain de leur prestation. Ce n’était plus le partage de la bonne parole mais le partage du coronavirus.

« Après tout, on n’en fait pas tant pour la grippe saisonnière »

Les plus incrédules à la dangerosité du coronavirus commencent à se poser des questions. « Après tout, on n’en fait pas tant pour la grippe saisonnière! » ne suffit plus à convaincre qu’on en fait trop face au Covid-19

Alors la bonne nouvelle, elle est pour la République en Marche (LRM) qui n’a pas encore commis de faux-pas dans la gestion de la crise épidémique. Au moins le désastre de la réforme des retraites aura servi d’apprentissage et permis la mise sous le boisseau pour un temps de la calamiteuse loi sur les retraites. Pourvu que l’épidémie dure!

Méfions-nous cependant de cette mise au pas autoritaire et dérogatoire à l’état de droit (confinement, quarantaine) de la société au nom de son bien!

Dimanche prochain il restera à découvrir les effets de l’épidémie sur les élections.On peut s’attendre à des abstentions massives. Surtout de la part des vieux électeurs les plus fragiles au virus (dit-on) et aussi de la part des plus fidèles aux bureaux de vote et au conservatisme républicain.

Relativisons, dans nombre de communes comme la mienne, le résultat du vote ne changera en rien notre destinée quotidienne puisque les deux listes en présence sont issues de la précédente mandature et appliqueront les mêmes recettes. Il y a donc une forte similitude dans les programmes.

N’en voulons pas trop à l’Alsace, sa représentation politique est conforme à un conservatisme qui ne place pas en tête les enjeux sociétaux.

Le bien-être, l’environnement, le dynamisme,…trois thèmes fourre-tout qu’on décline à l’envi dans toutes les communes de France.

A Thann les deux listes protagonistes achèvent leurs campagnes à fleurets mouchetés à coups de tracts distribués dans les boites à lettres qui auront bien du mal à convaincre ceux qui ne s’intéressent pas à la vie municipale. Ne parlons même pas des communes où seule une liste est en présence, comme à Illzach! A quoi bon aller voter si une alternative un tant soit peu radicale n’est pas présente?

Demain nous partagerons les agitations puériles de la cité, l’air de rien.

Les potins du lundi

Vélo à la con. On pourrait lancer un concours d’objets à la con

Je pourrais intituler ce billet « les conneries du lundi ».

Le con, c’est toujours l’autre. Et jamais soi. Sauf lorsqu’on s’impute, sans le dire, à soi-même le qualificatif .

Quel con je suis! se dit-on après avoir commis une faute impardonnable.

Exemples appliqués aux cyclistes:

– remonter la chambre trouée

– oublier de décaler la chaussure à l’arrêt (con à moitié pour en avoir été victime plusieurs fois)

– freiner dans les montées ( profondément con, je vous l’accorde )

– oublier son téléphone en haut du col après un selfie (j’en connais)

– je vous laisse le soin de trouver d’autres conneries « à la con »

Si je parle des cons ce matin, c’est tout simplement parce que Philippe Bilger sur son blog m’en donne l’idée.

Cette dérision de l’être est tout à fait en concordance avec l’air du temps. Il suffit de se coller à l’actualité quotidienne pour se convaincre que, oui, la valeur connerie est en hausse dans tous les registres sociaux, économiques et politiques.

Il faut admettre que sur ce chapitre des cons, on pourrait écrire non pas un mais plusieurs livres tellement notre monde moderne inspire la connerie. Les députés décomplexés ne sont pas en reste puisque dernièrement l’un d’eux, Meyer Habib, a traité ses consœurs de « petites connes ».

Je ne connais pas le député Meyer Habib, mais je crois deviner une consonance alsacienne dans son patronyme, ce qui ne l’excuse nullement.

Comme on le voit, notre représentation politique n’hésite plus à voler très bas…comme notre cher Griveaux qui a su joindre le geste à la parole.

Je me demande si l’on ne pourrait pas suggérer d’instituer une confrérie des cons. On pourrait ratisser large parmi les prétendants. Dans toutes les professions. Et tenir des assemblées de cons annuelles afin d’élire les meilleurs représentants.

Modestement, je suis obligé de reconnaitre que dans ma sphère de blogueur, la connerie est bien représentée, mais c’est une connerie un peu ampoulée, patentée. Ce qui rassure, c’est qu’on est con sans le savoir.

Je ne parle pas des réseaux sociaux comme Tweeter ou Facebook: ici les freins sont lâchés, on peut y trouver toute la connerie humaine réunie. C’est même fâcheux car autant de connerie fait peur à tous ceux qui ne maîtrisent pas les rudiments de la connerie élémentaire. On devrait afin de postuler préparer un brevet de connerie sanctionné par l’État.

En haut-lieu, les maitres ès connerie se précipiteront pour donner corps à ce nouveau sésame dans un domaine où ils excellent pour la plupart.

Les potins du lundi

J’en ai pour deux minutes (image d’illustration) Nulle question ici dans la dénomination « vie
privée » d’une plaque d’immatriculation d’un véhicule photographié
dans la rue sans son conducteur au volant.

Hormis les services de l’État, nul ne peut
donc identifier qui est le propriétaire du véhicule immatriculé
5792 ZF 68 et porter atteinte à sa vie privée à travers ce
blog
.

Il n’y a rien de plus exaspérant pour un cycliste qu’un automobiliste qui se gare sur une piste cyclable.

D’autant que les conducteurs sont les premiers à pester contre les cyclistes qui n’utilisent pas les fameuses pistes souvent très mal entretenues.

Samedi, justement une voiture garée sur la piste à Merxheim. La dame attend à bord, le monsieur avait un besoin urgent. Bien stationné au beau milieu de la piste, je longe la voiture tout en faisant « boum-boum » de la main sur la carrosserie. Aussitôt, monsieur reprend le volant en klaxonnant, pas content. Il faut s’attendre au pire…je m’y attends. Je sais que si je dois affronter des vociférations, j’y répondrai, des coups? je me défendrai proportionnellement. Ce genre de situation, il faut la prévoir avant. Finalement l’auto me dépasse. Tout en klaxonnant rageusement j’ai droit à un doigt d’honneur. Puis plus rien. L’auto disparaît. Il ne faut pas jouer les Rambo car cela peut très mal finir. Je le sais. Le problème c’est l’impunité face aux incivilités qui rongent la citoyenneté. Stationner sur une piste cyclable c’est en principe135 euros.

Ici en Alsace, on peut prendre du recul, de la distance face à la vie politique parisienne.

Un certain Griveaux, celui qu’un Gilet jaune avait tenté de déloger en défonçant le portail de l’entrée de l’hôtel de Rothelin-Charolais avec un chariot élévateur, est aux prises avec un olibrius russe du nom de Piotr Pavlenski qui s’était cloué les testicules sur les pavés de la place Rouge pour protester contre le régime Poutine. On dit que chez ses amis politiques, d’autres se sont aussi « amusés » à colporter l’affaire.

En 2013, Piotr Pavlenski s’est cloué le scrotum devant le mausolée de Lénine sur la place Rouge. Cette action constitue une « métaphore de l’apathie, de l’indifférence et du fatalisme politique dans la société contemporaine, habituée à rester le cul assis devant la télé », explique l’artiste

L’affaire est croustillante et permet de relancer une campagne municipale qu’on pouvait trouver bien atone. Dommage pour le candidat LREM, il a préférer jeter l’éponge. Le problème avec les Municipales, c’est que les postulants ne savent pas quoi inventer pour épater la galerie. Alors ils brodent comme en annonçant le déménagement de la gare de l’Est en cas d’élection gagnante.

A Strasbourg, Mathieu Cahn, candidat lui-aussi, a du battre en retraite après les révélations sur un passé « gênant » : des photos érotiques.

Comme on s’en doute, le gotha du journalisme bien pensant , BFM et LCI en tête, tire à boulets rouges sur les réseaux sociaux qui se chargent de la publicité d’affaires que le bas monde n’aurait pas du connaître.

Réseaux sociaux et presse de caniveau sont un peu en concurrence dès qu’il s’agit d’exhumer des affaires peu reluisantes. Les politiques le savent et ne privent pas d’en jouer.

Il ne faudrait pas confondre vie publique et vie privée disent en cœur ceux qui pensent que la politique est un champ clos…ajoutant que la morale n’a rien à voir avec la vie politique. Comme les costumes de François Fillon par exemple…ou comme Mitterrand avec Mazarine…ou comme Giscard à l’heure du laitier.

Chacun appréciera et s’interrogera pour savoir si on peut en même temps briguer les suffrages des Parisiens et filmer son zizi en érection sans aucune conséquence sur son avenir politique.

Nos politiques tombent toujours un peu plus bas à un tel point qu’ils ont rejoint le caniveau. Les caniveaux, les cyclistes les connaissent… ainsi que toutes les scories qui y gisent.

Les potins du lundi

Royer Voyages. Huit jours en Chine 1499 euros, virus compris. Profitez-en!

Les mecs ont la trouille.

Ceux qui exercent des responsabilités dans le domaine sportif sont particulièrement visés. Un vent de dénonciations d’abus sexuels et de viols envahit le paysage sportif. Heureusement les femmes et les jeunes à vélo sont peu nombreux dans les clubs.

Après le cinéma, c’est au tour du sport…en attendant que d’autres dévoiements de la nature humaine se révèlent dans les médias, la santé, la police, l’armée, la grande distribution.

Méditons avec Aragon.

L’avenir de l’homme est la femme. Elle est la couleur de son âme. Elle est sa rumeur et son bruit. Et sans elle, il n’est qu’un blasphème (Le fou d’Elsa)

Les Contamines contaminés

A Contamines, les vacanciers « inquiets » après l’annonce ce cinq cas de coronavirus 2019-nCoV dans la station de ski (France Info)

A la veille des vacances d’hiver, la station des Contamines est contaminée par le coronavirus. Ça fout un choc aux vacanciers qui pensaient se payer un bol d’air pur sur les cimes plutôt que rester enfermés en quarantaine dans une piaule de ferry-boat.

Le virus prospère insidieusement sur la planète sans qu’on sache ni comment l’arrêter ni comment s’en prémunir autrement qu’en portant un masque en papier crépon. Notre gouvernement conseille d’éviter d’aller en Chine, dès fois que l’idée nous viendrait d’aller voir là-bas manger une cuisse de chien.

Le danger du monde moderne, ce sont nos grandes métropoles mondialisées. Je les fuis. N’allons pas nous balader là où il n’est pas nécessaire d’aller.

Il reste que cette épidémie pose la question philosophique de notre devenir commun et aussi celui de notre disparition si la pandémie venait à bout de l’humanité entière.

Heureusement, nous n’en sommes pas là. Espérons que le modèle politique chinois ne nous cache pas une part de la vérité!

Les potins du lundi

Hiver pluvieux pour le vélo

L’œil en coin

C’est un réflexe conditionné. Tout cycliste arrivant face à vous a droit à un regard vers le bas. Je veux dire vers le pédalier. Est-il électrique ou pas? Même les marcheurs nous croisent d’un air soupçonneux!

Nous sommes encore en France devant un phénomène nouveau, celui de l’essor du vélo électrique, appelé communément VAE. En Allemagne, le VAE est complètement abouti et la plupart des cyclotouristes du troisième âge voyagent avec l’assistance embarquée.

Pousser sur le bouton lumineux et sélectionner la puissance mise à disposition sur votre vélo. Le vélo électrique révolutionne le rapport de l’humain à la machine

Les « musculaires » ne seront bientôt plus qu’une minorité tant l’assistance est plébiscitée. Il faut en convenir, l’assistance électrique attire aussi un nouveau public pas forcément adepte du vélo « ordinaire » et qui y trouve un nouveau moyen de parcourir la campagne et ses côtes nombreuses le long des sous-collines vosgiennes.

Du coté des marchands, c’est l’euphorie. Mon vélociste est encore tout étonné de voir débarquer dans son échoppe des couples d’inconnus repartir chacun avec des VTT électriques de bon prix. De bons prix? et comment! un VVTAE se négocie au moins à trois mille euros et plutôt cinq mille pour peu que l’on souhaite de la qualité renforcée. Des retraités riches. Assurèment, l’Alsace n’en manque pas. Macron va s’en occuper.

Elections, pièges à cons?

Mon maire sortant se représente. Contre son premier adjoint qui a fait sécession. Pourquoi pas! Lorsqu’un couple se désunit, il divorce. A Thann, le divorce est donc consommé. Une question d’argent qui divise comme dans bien des ménages une fois que la vaisselle est en miettes.

Mon maire sortant se plaint amèrement dans sa dernière gazette www.thann-nouveauxhorizons.fr d’avoir découvert un déficit de fonctionnement de 50.000 euros plus un emprunt de 400.000 euros contractés en 2013 pour couvrir d’autres remboursements d’emprunts que nous devions solder dès 2014.(sic)

En cause l’ancienne municipalité qui aurait laissé une ardoise impayée…sans le dire. La ficelle est un peu grosse. On peut tout au plus y voir un coup de griffe en direction de l’équipe adverse déjà aux affaires en 2013.

Match nul, balle au centre! Thann a toujours 8 millions de dettes pour 8000 habitants; il n’y a donc rien à attendre de neuf lors de la prochaine mandature.

Attendons la suite du feuilleton électoral…

Nos maires sont-ils de droite?…ou de gauche?…ou de droite et de gauche?…

Le ministre Christophe Castaner avait trouvé un moyen commode de masquer la déconfiture annoncée de LREM aux Municipales en supprimant la couleur politique des listes dans les communes de moins de 9000 habitants. Retoqué par le Conseil Constitutionnel. Il faut dire que nombre de maires préfèrent ne pas afficher leur couleur politique, c’est plus facile pour ratisser les suffrages des uns et des autres.

Moi je reste attaché aux valeurs. Celles de gauche notamment. Les maires qui se camouflent avec des faux-fuyants du genre « Sans étiquette », je m’en méfie. On en voit bien le résultat avec LREM qui revendique n’être ni de gauche, ni de droite alors qu’elle assume jour après jour des positions de droite, pour ne pas dire franchement réactionnaires comme avec les retraites et les Gilets jaunes qui sont matraqués par une police politique à tout-va.

Honte à Aurore Bergé

Aurore Bergé, l’archétype du Macronisme en Marche
les députés LREM qui ont voté contre le congé de 12 jours

Aurore Bergé, cette députée LREM que j’exècre lorsqu’elle se trémousse sur les plateaux de télé a voté contre le congé de douze jours aux parents d’enfants morts.

Les potins du lundi

L’autoroute une barrière à faune et cyclos. Passerelle bienvenue. (Montpellier)

La phrase du jour

« On ne remet pas sans cesse en cause l’élection d’Emmanuel Macron mais sa faible représentativité par rapport aux votants comme aux inscrits aurait dû naturellement conduire ce dernier vers une politique qui, plutôt que de cliver, aurait rassemblé.(Ph Bilger).

Le discrédit est tel dans l’opinion qu’il semble que l’usage du mot LREM est proscrit dans les tracts des prochaines Municipales.

Histoires autoroutières

Rentrant du sud vendredi, je me suis trouvé sur une autoroute remplie de camions et de voitures. Vitesse réduite de 20 km/h sur toute la vallée du Rhône et même au-delà sur l’A40. En cause la pollution. Les micro-particules du diesel qui se combinent parfois avec le sable venu du Sahara.

des camions peu pollueurs?

Pas de punition pour les camions, ils peuvent continuer à rouler sans être limités et donc inquiétés. Ils pollueraient 10 fois moins que les voitures! (source). Méfions-nous donc des idées reçues. En bon citoyen, j’ai adapté ma vitesse. Tant est si bien que j’étais coincé derrière un train de camions la plupart du temps. Incapable de doubler tant la restriction de vitesse est inobservée par ceux qui se constituent en file de gauche permanente.

Il faut en conclure que les mesures de limitations sur route ne sont pas respectées dès lors qu’on invoque la pollution. Pourtant les panneaux lumineux mentionnent que des contrôles radar ont lieu. Sans effet sur les comportements.

Observons que les automobiliste se sentent très peu concernés par les questions de pollution dès lors qu’ils ne sont pas contraints autrement que par des alertes peu dissuasives. La conscience écologique a ses limites.

L’autre slogan des sociétés autoroutières qui ne manque pas d’à propos, c’est cet affichage « grèves: pensez covoiturage »

En voiture, avec des personnes qui vivent la grève comme vous, vous pouvez discuter, échanger, partager une expérience… Vous verrez, vous arriverez au travail le cœur plus léger ! (site Vinci autoroute)

Martinez et la CGT seraient donc de précieux alliés du covoiturage dès lors qu’ils bloquent les transports en commun. On imagine alors d’autres formules tout aussi briseuses de grèves…

Contre la CGT, covoiturez!

Martinez, non! covoiturage, oui!

Je vous laisse en deviner d’autres.

Derrière les sociétés d’autoroute, on devine la patte du gouvernement qui tente de contourner la gène des manifestations. Piètre manœuvre!

Une prune à 10 euros

Ils sont sympas les Allemands. Ils m’ont gratifié le jour de l’An d’une prune de 10 euros Schützenalletunnel à Freiburg au motif que je roulais au-dessus de 50 km/h. Vitesse retenue: 57.

C’est involontaire de ma part car en principe j’ai l’œil rivé sur les panneaux.

Chez les Allemands, les limitations sont parfois diaboliques aussi, on passe de 120 à 50 sans toujours s’en rendre compte…et la traversée de Freiburg est désormais entièrement à…30km/h et truffée de radars.

Il est pressé

Rouler sur la bande d’arrêt d’urgence ou comment s’affranchir des bouchons

Le monsieur est pressé. Il arrive derrière moi, me double par la droite et se positionne pour doubler un train de cinq camions…un véhicule est en train lui aussi de doubler devant moi…pas de problème! il prend la bande d’arrêt d’urgence et double les cinq camions. Ces nouveaux comportements font de la route une jungle.

A la bretelle de Burnhaupt, la voiture est sortie puis, hésitante, a repris l’autoroute vers Belfort. Peut-être avait-il oublié sa belle-mère à une station?…

Les potins du lundi

Cycliste, un sous-citoyen au quotidien semé d’embûches

Cycliste au quotidien? si vous l’êtes, alors vous méritez une décoration dans ce monde de brutes.

Parfois je m’interroge sur mon identité cycliste. Nous en avons tous une, mais laquelle?

Se situer dans la galaxie cycliste, c’est une question de repères. Cette question là pourra paraître futile, voire iconoclaste pour ceux qui ne pratiquent le vélo qu’à titre sportif.

J’ai été de ceux-là, le dimanche matin. Et rien d’autre. C’est dire si je dois tout à ma première pratique du vélo, le vélo sportif. Et encore: je n’ai jamais été tenté par la compétition. J’exclus l’enfance où l’on avait tous un apprentissage intuitif du vélo contrairement à aujourd’hui.

Au dehors de cet environnement cycliste en club d’une ville provinciale le dimanche matin, rien ne nous prédisposait à un autre usage du vélo. Ni les voyages, ni les transports quotidiens pour l’école, les courses, le travail. Encore moins la fédération de cyclotourisme qui imprimait sa marque, son style, ses sorties, et même ses types de vélo calqués sur la compétition, le triple plateau en sus. Du tourisme autour du bourg et c’était tout.

Imaginer un autre monde, celui du vélo « utilitaire », du vélo porte-charges avec porte-bagage, c’était impensable. Cela n’appartenait qu’à la ruralité pour porter la marmite ou à la grande ville pour se défier des encombrements et alors même que les questions de pollution et d’environnement étaient ignorées. Le vélo est aujourd’hui totem de tous ceux qui se réclament d’un meilleur air et d’une meilleure santé. Il n’est hélas parfois qu’un alibi pour rallier une noble cause. Je pense aux élus en quête de suffrages, on connait la musique.

Du coté des grands voyageurs, un champ clos de passionnés souvent méconnus.

Est venue l’heure de la contestation de notre espace sur la route avec le VTT. Un façon de se dérober à l’envahissement et à la suprématie du monde automobile. Finalement le VTT a été un révélateur de nos fragilités sur la route. Non, le vélo routier n’a jamais atteint sa légitimité au pays du tout-voiture. Encore aujourd’hui, on en souffre. Aucun complexe commercial, par définition hors la ville, n’a fait une place au vélo. Les axes structurants sont d’abord pour la voiture. Et on en a encore pour au moins cinquante ans. Il est donc illusoire de revoir les centres-villes retrouver leurs commerces et leur dynamisme attractif en dépit des intentions pieuses des candidats-maires qui vont se présenter dans quelques semaines à nos suffrages.

Cycliste des villes et des champs? oui je m’en contente. L’âge venant, je me sens de plus en plus en insécurité sur la route. La semaine dernière, j’ai été frôlé par une voiture à la sortie de Bollwiller. J’ai eu le souffle coupé tellement elle est passée près de moi. D’habitude, je tente d’estimer le mètre qui nous sépare…ici pas possible! Du vélo routier dans les zones peuplées est devenu de plus en plus anxiogène. Le cycliste n’est pas lui non plus à une incivilité près, lui qui frôle bêtement les groupes de piétons sur les voies vertes sans prévenir, ni ralentir.

Un dernier mot pour dire que je prends aussi le volant et que je m’aperçois que les comportements des automobilistes sont beaucoup plus agressifs au volant de leurs puissantes et confortables autos. Toute opportunité de doubler est bonne à prendre. On n’attend plus derrière le vélo, on le frôle comme si le cycliste était inhumain.

Cycliste au quotidien? si vous l’êtes, alors vous méritez une décoration dans ce monde de brutes.

Les potins du lundi

Pourquoi cette illustration?

Est-il nécessaire d’ajouter de la gravité aux choses graves? Je veux parler en ce début d’année des sujets qui vont continuer d’empoisonner notre quotidien, nos projets de vie.

D’abord les retraites et cet incroyable imbroglio auquel nous assistons impuissants. Bien sûr que le gouvernement n’a pas choisi la bonne méthode, bien sûr qu’il a préféré le pourrissement face à la rue et au mécontentement…à présent se pose la question, est-ce que la légitimité démocratique du président élu avec 20% du corps électoral peut justifier la démolition de notre modèle social? poser la question c’est un peu y répondre. Il faudra bien enfin soumettre cette question à une consultation populaire après qu’on aura toutes les clés en mains. Comme savent le faire nos voisins suisses.

Ceux qui ne sont pas politisés, par non politisés, j’entends les citoyens qui n’ont un avis sur rien, un peu comme les cerfs du Moyen-Age, ceux-là s’en foutent de l’avenir des retraites ou de la planète. Mais tout de même, voila une politique qui refuse d’assumer la vérité sur sa mission: accompagner le déclin de notre pays et détricotant une à une ses conquêtes sociales.

Ce que le gouvernement refuse de dire, c’est qu’il veut diminuer le niveau des retraites au moyen d’un artifice, un système universel injuste qui va mélanger toutes les professions entre-elles et leurs spécificités. Pas seulement les retraites de demain mais aussi les retraites d’aujourd’hui en les confondant dans une caisse commune.

Maxou, arrête de brailler, tu nous rends sourds!

J’ai cette rage au cœur de ne pas accepter que notre génération du baby-boom livre à ses successeurs une France qui décline partout. Notre déclin est-il une fake-news de ceux qui comme moi ne voient que le verre à moitié plein?

Non! Il suffit de constater que notre pays qui a occupé pendant longtemps la cinquième place des nations a rétrogradé à la septième place du point de vue du PIB…Voila une donnée qui a sa consistance incontestable plutôt que nos routes pourries, nos délinquances assumées, nos services publics taillés en pièces, nos politiciens goinfrés, nos mômes illettrés,…

la régression continue en 2018 avec moins 0.5 point. L’Allemagne recule aussi à cause de ses bagnoles truquées…et malgré ses centrales au charbon.

L’autre sujet d’ampleur, c’est la dérèglement de la planète au niveau environnemental

Ce ne sont pas trois cyclistes à Thann qui vont chercher leur pain qui changeront quoi que ce soit à notre sort collectif. Le plus « bel » exemple actuellement ce sont les incendies de l’Australie, après ceux de la Californie. On en est réduits à exfiltrer les populations par la mer pour les sauver du brasier. Tous les ingrédients du cynisme politique australien sont réunis: un gouvernement qui défend ouvertement des centrales au charbon face au défi climatique et qui refuse de voir l’évidence: la planète est en grand danger.

Trump, Bolsonaro et les pays d’Europe de l’Est comme la Pologne choisissent délibérément des politiques contraires au secours de la planète.

Sommes-nous mieux lotis en France? La France se hâte lentement. Elle a cédé sur la hausse des taxes sur le carburant face aux Gilets jaunes et pour autant elle ne prend pas la défense des mobilités douces intra-urbaines.

Le baromètre des villes cyclables a mis en évidence des retards importants en terme d’infrastructures cyclables dans nos villes. Il suffit pour s’en convaincre de voir le nombre de points d’insécurité recensés.

Mon troisième sujet est de l’ordre de la futilité

Celui de l’usage de notre vélo de loisir. Je lis avec curiosité l’étalage des scores élogieux de l’année écoulée des uns et des autres de mes confrères sur les réseaux sociaux. J’ai été de ceux-là, je le suis moins. L’âge aidant, je fais profil bas vu que je constate année après année une moins grande appétence pour la performance.

Je pourrais aussi afficher mes dénivelés et mes vitesses comme ceux qui sur Strava se confrontent à distance via l’application de compétiteurs.

Cela dit, nos grands compétiteurs amateurs suscitent toujours l’admiration lorsqu’ils affichent des palmarès étourdissants annuels de plus de 20.000 km sur un vélo.

L’un de nos compétiteurs locaux va s’attaquer au Cap Nord en 2020. Un sacré défi!

Et moi, et moi et moi?

Je n’ai encore rien inscrit sur mon agenda cycliste. Trop d’inconnues pèsent encore avec cette crise d’arthrose diffuse qui fait penser à la polyarthrite rhumatoïde…

Je n’irai donc pas au prochain séjour des Cents Cols en Italie qui demande trop d’investissement physique.

Mais un voyage à sacoches me semble plus accessible. Je vais opter pour le Bikepacking et vendre mes sacoches.

je vends mes sacoches Topeak. Elles contiennent 22.6 litres, pèsent 1160 gr auxquels s’ajoute le porte-bagage 1100 gr soit au total 2,260 kg pour un coût de…154 euros. Je les solde à 50 euros avec le porte-bagage, elles sont en bon état.

Pourquoi deux Rubik’s Cube en illustration?

J’en ai résolu un après beaucoup de mal, alors je n’ai pas voulu le « casser ». J’en ai donc un nouveau, celui de droite, en cours de résolution. Vous voyez, il faut d’abord construire une face entière tout en respectant les couleurs adjacentes qui doivent former un T. A partir de là, on retourne l’ensemble et on résout l’étage central avant de finir le troisième niveau.

A lire ici: Le parcours du combattant pour acheter un Rubik’s Cube

Le Rubik’s Cube (ou Cube de Rubik) est un casse-tête inventé par Ernő Rubik en 1974, et qui s’est rapidement répandu sur toute la planète au cours des années 1980.(Wiki)

Je dois dire que j’ai une patience infime et que j’ai horreur de perdre aux jeux de hasard et donc je n’y joue pas. Mais le Rubik’s Cube semble appartenir plutôt à un jeu de logique qui fait appel à la déduction dans un espace à trois dimensions. Bref, c’est un truc à vous donner parfois le vertige et à vous casser la tête.

Un conteur à vélo

Thierry Crouzet est-il un conteur à vélo? J’ai du mal à le définir. Il vient de passer à Mulhouse, mais il est venu je crois en voiture. Son carnet de route mérite le détour

Les potins du lundi

Pendus aux grilles du train. La mobilisation n’aura servi à rien (maternité de Thann)

C’est le dernier lundi de l’année 2019.

Il n’y a pas eu de trêve de Noël, le maelstrom de grèves contre la réforme des retraites a tout éclipsé. Ceux qui comme moi restent chez eux n’ont pas eu à se soucier de leurs voyages vers la famille ou les pistes de sports d’hiver mais le climat social a pourtant touché l’ensemble du pays.

On pourrait dire que la France profonde se fait oublier, elle ne demande rien d’autre qu’un minimum de services, car les services fondent encore le socle de notre bien commun républicain. C’était tout le sens de l’action des Gilets jaunes l’hiver dernier.

Ces années passées, on a fait plutôt le gros dos. Une à une, la disparition de commodités rurales ont ponctué notre quotidien: des classes qui ferment, les urgences de l’hôpital, la maternité et le mois dernier la Poste de Vieux-Thann. Dans la périphérie mulhousienne, on note aussi la fermeture de la Poste de Sausheim cette année.

Smiling woman holding a naked baby in a hospital room

Les maires? ils ne peuvent rien, les intercommunalités non plus. On l’a vu avec la disparition de la maternité de Thann. Les banderoles dans les villages n’auront servi à rien.

La machine de l’Etat broie impassiblement tout sur son passage sans qu’on puisse s’en offusquer. Et pourtant l’argent continue de manquer, nous dit-on, en dépit des efforts de rationalisation dont le monde rural fait les frais!

Le 24 décembre 2018 dans mes potins du lundi, j’évoquais une affaire trouble

Cette femme décédée aux urgences de l’hôpital Lariboisière, à Paris le 18 décembre.

Voici un drame incroyable tel qu’il est rapporté par la presse et qui pose un problème propre à alimenter la rumeur: on serait en danger à l’hôpital.

Cette personne amenée par les pompiers vers 18h45 a été retrouvée morte le lendemain matin à 6h20.

L’enquête a t-elle avancé? on ne le sait pas. Un an après, les hôpitaux publics sont toujours confrontés à une crise sans précédent dont on peine à voir une issue.

Voila qui illustre notre déclin et 2020 ne s’annonce pas meilleur.

Les potins du lundi

Le fameux capital-travail à l’épreuve

J’ai travaillé pendant trente-sept ans sans discontinuer dont un an de service à la nation. J’ai eu cette chance de profiter d’un emploi stable et rémunérateur et de l’ascenseur social qui fait tant défaut aujourd’hui. J’aurais volontiers accepté de continuer à travailler avec des aménagements, histoire de me projeter en douceur vers la retraite. Non, cela n’était pas possible, il fallait dégraisser les effectifs. J’observe que la nouvelle donne sociale consiste à précariser le monde du travail, à brouiller les perspectives de promotion, à détruire les conquêtes ouvrières au nom d’un mondialisme sauvage dont on ne voit pas d’autres finalités que l’enrichissement de fortunes déjà florissantes. Le fameux capital-travail!

Les retraités font le dos rond. Depuis que le débat autour de la réforme des retraites s’est instauré, ceux qui profitent déjà de l’ancien système observent le match « syndicats-gouvernement » sans savoir qui va l’emporter. Les sondages d’opinion font florès chaque semaine pour mesurer l’aptitude des uns et des autres à poursuivre le combat. Triste démocratie!

Quand je dis ceux qui profitent de leur retraite, j’inclue aussi ceux qui profitent peu, à savoir les femmes aux carrières hachées, tronquées et mal payées. Mais aussi les indépendants, petits artisans, commerçants et agriculteurs. Au total ça fait pas mal de monde. Et parmi eux des professions qui ont très peu cotisées dans leurs caisses de retraites et dont on se demande bien comment elles vont pouvoir cotiser au taux du fameux système unique.

Une philosophie de comptoir

La philosophie du gouvernement c’est de dire « on va rendre le système plus juste ». Comment? en redistribuant les parts du gâteau vers ceux qui ont le moins…et donc en prenant dans la poche de ceux qui ont le plus cotisé…voire en puisant dans les caisses particulières. Vouloir d’un trait de plume rayer cinquante ans de conquêtes sociales au nom d’un égalitarisme sournois, c’est une philosophie de comptoir sans en mesurer les implications directes. Le plus déplorable dans l’histoire, c’est cet affolement dans les sphères du pouvoir qui le conduit à publier des simulateurs de retraite complètement dénués de réalisme. Le comble de l’amateurisme ! ce que veut le futur retraité, c’est savoir quand il va partir et avec combien d’argent. La perspective de la retraite à points, c’est justement de brouiller les pistes en ne sachant pas combien on va toucher étant entendu que la valeur du point variera d’année en année.

exemple de la variation d’une petite retraite à points Ircantec sur trois ans

Comme la génération du baby-boom d’après 50 est venue à présent grossir les rangs des « papys-boomers », il y a trop de bouches à nourrir et donc on va rallonger l’âge du départ. La philosophie du monde du travail, c’est aussi de profiter d’une seconde vie à la retraite et donc de partir alors qu’il est encore temps. Le temps du temps libre. Pourquoi les nouvelles générations devraient-elles payer pour des vieux devenus trop nombreux?

Personnellement, je trouve la solution contestable car elle a pour objet de charger un peu plus la barque vers ceux qui peinent à trouver des boulots rémunérateurs, stables dans un marché du travail incertain.

Il serait donc préférable d’amputer la retraite de mieux nantis en sachant que le retraité en moyenne touche 110% de ce que touche son homologue encore salarié; ainsi la charge inter-générationnelle serait mieux répartie. Perspective inenvisageable puisque l’électorat de Macron repose d’abord sur les retraités.

Ceux que l’on dit régaliens

Nous en sommes donc là. Un bras de fer qui va reprendre en janvier à cause d’un projet bâclé, mal ficelé et dont le principal ordonnateur (JP Delevoye) est sur le point d’être poursuivi par la justice pour conflit d’intérêts. La crainte est grande qu’en voulant instituer un régime unique, nous assistions à la naissance de 16 millions de régimes individuels. Déjà certains régimes sont mis entre parenthèses, trop délicats à mettre dans la rue?, ceux des policiers, ceux des militaires, ceux que l’on dit régaliens. Mais pourquoi pas aussi ceux qui nous éduquent, ceux qui nous transportent, ceux qui assurent la desserte de l’électricité sur tout le territoire, ceux qui raffinent le pétrole et le transportent dans des oléoducs? On le voit le régalien dans une société moderne est vaste et va bien au-delà du simple maintien de l’ordre.

Ce qui est assez croustillant dans les escarmouches pro et anti-réforme, c’est de voir le gouvernement tirer à boulets rouges sur ses services publics (SNCF, RATP, enseignants, EDF, …) et qui s’étonnent ensuite de les voir défendre becs et ongles leurs statuts.

Les services publics nés de la Libération ont toujours leur raison d’être, ils sont les moteurs d’une économie régulée…on voit bien les désordres engendrés lorsque la machine se grippe et les Parisiens privés de poudreuse à la montagne (quel scandale!) en sont la conséquence la plus directe…sans parler de la nouvelle société de familles redécomposées outragées que des trains spéciaux ne soient pas disponibles pour convoyer leurs progénitures à Noël!