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Le vélo est-il dangereux?

Le vélo, c’est dangereux!

Inutile de les persuader du contraire, les anti-vélos ont des arguments.

Alors ont-ils tort ou raison? Ne nous voilons pas la face: les militants de la cause sont souvent peu convaincants dans leur démonstration du contraire. Et je suis de ceux-là.

Le vélo est une mobilité fragile

Alors faisons un peu appel au bon sens; oui le vélo est une mobilité fragile puisque nous n’avons aucune protection face à l’adversité. Car circuler en France dans un univers contraint et diffus suppose d’accepter un univers de conflictualité, de voisiner avec des usagers en nombre et en mode disproportionnés. D’ailleurs les cyclistes le reconnaissent, c’est un cyclisme de masse qui fera notre rapport de force, qui fera ralentir les flux, et qui nous donnera légitimité et priorité dans le spectre des usagers.

Oui, mais en attendant, les cyclistes sont largement minoritaires et notre part modale en ville plafonnent à 3% dans la plupart des métropoles.

Le mouvement cycliste dans son ensemble est animé de bons principes militants indiscutables. Oui, le vélo est bon pour la santé, oui, c’est un antidote à la sédentarité, oui il est une réponse parmi d’autres aux questions de pollutions environnementales, aux engorgements urbains, aux mitages fonciers des extra-communalités, des hyper-zones commerciales, à l’impossible adéquation des transports collectifs avec les flux croissants de population,…

Le vélo reste dangereux en terme d’accidentalité

Mais dans les faits, le vélo reste dangereux en terme d’accidentalité. Pourquoi ne pas le reconnaître? et pourquoi s’opposer à des mesures conservatrices comme celle du port du casque et d’autres protections passives sur son vélo? On ne devient pas forcément un robocop parce que l’on porte un casque, des gants, des chaussures fermées ou des vêtements de protection. Si l’on vient à chuter malencontreusement, avec ou sans tiers en cause, on ne le regrettera pas.

Le tort militant

Ne pas défendre notre intégrité de cycliste avec des protections passives, c’est le tort des associations militantes. Nous ne sommes pas dans un milieu clos et réservé comme si nous disposions d’infrastructures en propre semblables à celles d’autres pays. Il n’existe pas en France de Direction du Vélo auprès du Ministère des Transports capable de faire prospérer le vélo de façon autoritaire, d’inverser les priorités urbaines dans les choix d’infrastructures. C’est un constat qu’il ne faut pas éluder: le vélo ne sera jamais qu’une réponse mineure aux questions plus générales de mobilités urbaines. Nous n’avons pas les moyens d’inverser une tendance contraire à nos politiques, à notre culture qui repose sur le tout voiture. Pourquoi le nier: la France s’engage massivement vers de nouveaux types de voitures sur la base de l’électricité, plus tard de l’hydrogène. Mais pas vers le vélo autrement que subsidiairement.

Je ne suis pas fataliste. J’observe le mouvement depuis de longues années.

Faire du vélo en ville n’est pas facile. Vouloir démontrer le contraire est une illusion. Les écueils sont de trois ordres:

  • les jeunes générations ne connaissent pas le vélo ou à tout le moins s’en détournent et restent culturellement peu séduites par ce mode de déplacement. On en connait les contraintes: le stationnement aléatoire, les efforts physiques peu valorisés, la complexité des itinéraires dans des flux partagés, les actes de vandalisme associés
  • les infrastructures totalement inadaptées à ce mode de transport que les collectivités tentent à la hâte de construire pour rassurer les nouveaux postulants face aux questions de distanciation sociale
  • l’incroyable escalade des comportements violents au volant encouragés par les véhicules mis sur le marché: plus gros, plus lourds, plus rapides, plus meurtriers.

Trois facteurs qui ne vont pas encourager les mobilités douces! Rien ne sert d’instaurer des zones 30 ou des zones de rencontre (20) dès lors qu’aucune police n’est en mesure de les contrôler sans indulgence.

Alors, le vélo est-il dangereux?

Oui, le vélo est dangereux. Particulièrement en ville. Car c’est en ville que le cycliste est confronté simultanément à l’ensemble des problématiques:

  • des publics cyclistes parfois peu au fait des règles, des comportements à adopter, des risques potentiels,…parmi lesquels des pratiquants occasionnels sans grande expérience, ni adresse, se défiant des prérequis avec des machines inadaptées (sans freins, sans lumières,…)
  • des lieux multiples de conflictualité entre usagers souvent au détriment des vélos: des stop nombreux imposant des efforts supplémentaires, des priorités à l’avantage des usagers motorisés, des feux non coordonnées pour les véhicules lents,
  • des ouvrages urbains truffés de malfaçons: nids de poules, revêtements disjoints, alternances de trajets trottoir/chaussée, de bordures,
  • des comportements inadaptés de la part des automobilistes: risques d’emportièrage fréquents, queues de poissons, changements de direction non signalés, priorités non respectées

Oui le vélo est dangereux. Pourquoi ne pas le dire?

Ne pas revendiquer le port du casque au motif que cela donne un image négative du vélo, je trouve cela complètement inacceptable. Ce n’est qu’un exemple actuel des postures contestables à l’égard du vélo. Mais ce qui est pire, c’est nier les risques encourus du cycliste dans un environnement potentiellement accidentogène. C’est tromper le cycliste sur les réels dangers du vélo.

Oui bien sûr que le vélo est dangereux pour encore longtemps en France. Il est dangereux pour soi et pas pour les autres. Ne pas le dire ne rend pas service à ceux qui postulent à ce type de transport et délégitiment ceux qui voudraient en vulgariser l’usage.

Épidémie de cyclistes

Ce matin, le Gouvernement donne des conseils aux cyclistes dans la presse.

C’est nouveau. On ne s’y attendait pas tellement le vélo a toujours été considéré comme quantité négligeable parmi les mobilités alternatives.

En plus de l’épidémie de Covid qui ne cesse d’inquiéter, un nouveau problème vient encombrer les bureaux des ministères, celui des cyclistes qui envahissent les villes…et son corollaire collatéral: les accidents en hausse.

Fatalement, si l’on a manqué de masques et de lits de réa, on manque aussi cruellement d’infrastructures cyclables pour faire face aux nouveaux comportements des usagers.

La France découvre que là aussi elle est en retard. Elle a tracé des pistes à la hâte en réquisitionnant des voies urbaines pour les vélos. Mais phénomène nouveau, voici que les Français découvre le B.A BA du vélo et ses prérequis: connaître tous les pièges de la circulation à vélo.

Des habitués des transports en commun, de la bagnole, qui subitement devenus cyclistes ne savent pas où se faufiler dans la jungle des cités, comment traverser des rails, comment se positionner à un carrefour, comment éviter d’être broyé par un camion, …et être attentifs à tous les dangers potentiels qui vous entourent.

Notre éducation cycliste reste à faire.

Le militant de la cause du vélo que je suis ne peut que se féliciter de cette prise de conscience subite générée par un réflexe de protection anti-Covid .

Vélo et vélo

Voila à quoi ressemble le premier vélo thaïlandais du moteur de recherche Google. La culture vélo est différente selon les pays.

A chaque pays, son image du vélo.

Je me suis laissé dire que le terme vélo n’a pas le même sens ou la même utilisation selon le pays où on le pratique.

Alors j’ai voulu le vérifier à l’aide du moteur de recherche Google en tapant vélo…

Pour ne pas que mon adresse IP influence la recherche, j’ai changé de pays à chaque fois (à l’aide d’un VPN)

Pour la France voici les images obtenues…

En France, Google vous présente en priorité trois vélos de course, puis un Cruiser, puis un autre vélo de course, et enfin un vélo de ville

Pour les Pays-Bas, en tapant fiets ce qui est l’équivalent de vélo…

Au Pays-Bas, le vélo est d’abord un vélo urbain, un Cruiser symap, une cohorte de vélo de ville…et aucun vélo de course

Je ne veux pas en rester là, je vais aller voir en Allemagne. Et je recherche Fahrrad, l’équivalent de vélo…

Fahrrad en Allemagne conduit à vous présenter deux VTT, un vélo de course et un vélo de ville pour femme qui semble démontrer que le vélo allemand est genré

Et en Thaïlande, notre premier fabricant mondial de cadre en carbone?

Vélo en Thaïlandais s’écrit จักรยาน.

En Thaïlande le moteur de recherche Google ne présente d’abord que des cadres mixtes

Pour Stein Van Oosteren, représentant de l’ambassade des Pays-Bas en France, la raison est essentiellement culturelle: «En France, le vélo n’est pas considéré comme un moyen de déplacement mais comme un loisir. Je vais vous donner un exemple: si vous tapez le mot “cycliste” dans Google ou dans n’importe quel moteur de recherche, vous allez immédiatement voir des images d’homme en lycra, entre 30 et 40 ans, sportifs, en train de faire du vélo de course. Si vous tapez le même mot en néerlandais, vous allez voir des femmes, des hommes, des personnes âgées, des enfants, qui sont en train de se déplacer, d’aller au théâtre, de faire des courses.» (source Slate)

La retraite du vélo

Une commission se penche sur nos critères de pénibilité

Un jour, il devra se retirer. De la circulation.

Avec ou sans bonus? je ne sais pas. Certains n’y ont pas droit, ils accompagnent le maître jusqu’à sa mort. Ce sont des vélos-forçats, des esclaves des bordures, du nid de poule et de la bouse de vaches dans les rayons. Des compagnons d’ivresse, porteur de Kro les jours de détresse, ils s’annoncent zigzaguant au carrefour dans un grincement de castrat. Sans- papiers, sans plaques, ce sont des sans-droits à perpétuité.

D’autres finissent attachés au candélabre…jusqu’à ce que mort s’ensuive, dépouillés de tous leurs attributs, selle, sonnette, roues. Ils finissent d’un grand coup de latte pour obtenir l’expiration finale. La délivrance.

La question du recyclage de nos vieux vélos est entière. Certaines associations humanitaires et cyclopédiques songent à les récupérer et à leur redonner une seconde vie après un bain de jouvence.

Un bain de jouvence? oui, moi aussi j’en veux bien un. Un bain de boue de Balaruc me conviendrait, avec un coup de jet d’eau propre ensuite.

La question reste donc entière. Les corps d’Etat ont pris le vélo par les cornes, ils vont lui faire avouer ce qu’il en pense. Porter de lourdes charges justifie t-il un départ anticipé? une régime spécial non avoué? fera t-il le bonheur d’une gazelle légère aux charmes évanescents?

Soyons sérieux! Mon VTT revendique le droit de partir le premier. Il en a marre. Serge, mon vélociste, me l’a dit, ton vélo ne vaut plus un clou, il faut en acheter un neuf et mettre le tien au placard. J’ai compris que pour en changer, il fallait y mettre les pouces. Au moins 27.5! Mon routier a fait le gros dos, il craint d’en subir les conséquences. En carbone inusable, il songe parfois à se suicider tellement je l’insupporte avec mes facéties, mes arrêts intempestifs, la crasse et le cambouis qui l’ankylosent pendant des semaines.

Pour l’heure il ne cotise que depuis dix ans. Sa nouvelle retraite à points lui donne encore peu d’espoir de voir le bout du tunnel. Même s’il le trouve déjà long. Alors il songe à se suicider. S’envoyer en l’air dans une ligne à haute tension et provoquer un formidable feu d’artifice en souvenir.

La bataille du rail

Quelques actions « coup de vent » sans influence sur le trafic du train Thur-Doller

Notre journal local (DNA) nous appelle à voter.

Sommes-nous impactés par le mouvement social? autrement dit par les grèves des cheminots? Force est d’admettre que l’action reste peu gênante puisque seuls 25% des « fêtards » affirment avoir changé leur programme de fêtes.

J’en déduis qu’avec trêve ou sans trêve de Noël la grève a peu d’impact. Tout le monde ne prend pas le train avant de déguster la dinde de Noël

En revanche la pénurie de carburant qui s’annonce dans les raffineries devrait autrement contrarier l’activité début 2020.

Le vélo reste une valeur sûre. Tous les commentateurs s’accordent à reconnaître que le mouvement social contre la réforme des retraites profite au vélo.

Le Figaro dispense ses conseils aux Parisiens obligés de prendre leur vélo pour se déplacer. En guise de conclusion le quotidien ajoute une dernière recommandation: La règle: soyez philosophe, car il y a de quoi s’énerver. Dites-vous qu’en milieu urbain, vous arriverez systématiquement avant une voiture pour la même distance parcourue. Si l’on tente de vous forcer la priorité, c’est désagréable, mais il vaut mieux freiner et laisser passer que d’être renversé.

Le vélo anti-grève

bourse aux vélos à Paris en prévision des journées de grève

Finalement si tout le monde allait à vélo, on ne pourrait plus faire grève. La grève telle qu’elle est perçue aujourd’hui est devenue uniquement un moyen d’emmerder le monde puisqu’elle n’est plus le fait que des transports publics. Dans notre système inter-connecté, tout dépend de tout. C’est étrange, les électriciens auraient pu couper le courant et du coup paralyser pour de bon toute l’économie y compris la recharge des Zoé, des vélos électriques et des trottinettes, mais ils n’ont pas osé. Ce qui fait dire qu’on a affaire à des grèves par procuration.

Je sais, c’est réac mais c’est ce qu’on entend dire de la part de ceux qui, de bon gré ou de mauvais gré, doivent subir les encombrements parisiens. On entend même dire que le vélo est un instrument de droite dans le sens où il formalise des comportements individualistes. Tout le contraire du transport collectif d’inspiration communiste, je présume… (le vélo est-il de droite?)

Subir. Courbant l’échine, c’est ainsi que les Franciliens ressentent le mouvement revendicatif des cheminots. Remarquez, en Province, c’est la même chose lorsque les instits n’assurent pas leur service; les parents subissent la punition de devoir prendre un jour de RTT ou de transbahuter leurs mioches chez la grand-mère.

Les revendications sociales n’intéressent plus que ceux qui sont encore en corps constitués avec de grosses machines syndicales. Sinon le prolétariat n’est plus qu’un monde éclaté corvéable à merci qui s’en fout si le jour de sa retraite en 2078, il n’a pas fait grève en 2019. C’est la grève par procuration. On la subit sans la vouloir, c’est un mal nécessaire comme la redevance télé qu’on paie sans savoir pourquoi.

Au fil des ans, le quidam ne sait plus rien de ce qui fait corps social ou société. Il ne sait plus rien sur rien. Ni l’histoire ouvrière, ni ses conquêtes, ni pourquoi, ni comment il est arrivé là.

Moi, je sais. Avec les zigzags que nous impose le nouveau monde dans nos parcours professionnels, l’instit embrasserait trois ou quatre métiers à la file sans rapport aucun avec sa formation. Le conducteur de car pourra devenir professeur de musique, puis éboueur et le conducteur de centrale nucléaire ira garder les moutons avant de devenir infirmier. Cette vision du monde professionnel qu’on voudrait nous inculquer pour casser les solidarités professionnelles de branches, je n’y crois pas. Au contraire, la spécialisation, la technicité des métiers est devenue telle qu’on nous enferme dans des compartiments étanches dont on ne pourra bientôt plus sortir…sauf à se faire déclasser gravement.

Si donc demain, le vélo prenait le relais de toutes les grèves des transports, on aurait une joyeuse anarchie pour aller bosser et tous ces habitants « pendulaires » des grandes métropoles pourraient enfin reprendre le contrôle et le pouvoir de leur ville, de leur vie.

Dans un siècle peut-être.

à lire aussi dans Cyclable, l’expérience de Francilien qui sont passés au vélo

Rouler sous la pluie est-il fréquent?

Un étude vient modérer une idée reçue: rouler sous la pluie est un frein au développement du vélo en ville.

Dans cette étude, Alexandre Trajan de la Direction inter-régionale Nord-Est, Météo-France, Strasbourg entend démontrer qu’à vélo, il est possible de simuler des trajets matin et soir, et de compter le nombre de fois où un cycliste se fait mouiller en allant ou en rentrant de son travail et constater que rouler sous la pluie est moins fréquent qu’on l’imagine

savoir qu’il pleut 115 jours par an à Strasbourg ne permet pas de dire que l’on est mouillé à vélo un jour sur trois

Selon lui, les cyclistes quotidiens affirment qu’il n’est pas si fréquent de se faire mouiller lors d’un déplacement à vélo.

S’arrêter sous un pont est parfois salutaire

Je suis aussi de cet avis pour mes déplacements quotidiens en ville, le nombre de fois où je roule sous la pluie se compte sur les doigts de la main (y compris ceux qui ont de l’arthrose!)

Dire qu’on ne prend pas son vélo par crainte de la pluie serait donc une fausse excuse.

De façon scientifique, l’étude permet de savoir combien de fois il pleut réellement lors d’un trajet domicile-travail selon le temps passé sur le vélo matin et soir.

Ainsi à Strasbourg, pour un trajet de 5km, la pluie ne surviendra que 16 fois dans l’année

Nombre annuel de trajets à vélo mouillés (axe des ordonnées) dans 16 villes de France pour des trajets d’une durée allant de 60 à 6 minutes.

Accéder à l’étude d’Alexandre Trajan

La pub vélo d’antan

Le vélo ne fait plus rêver. Imagine t-on des écrans publicitaires à la télé vantant telle ou telle marque de vélo? Non, bien sûr!

Aujourd’hui seule l’automobile se dispute les plages de pub.

Au début du siècle dernier, les affiches publicitaires étaient de véritables œuvres d’art capables d’introduire du rêve dans les scènes de la vie quotidienne.

Vous aimerez peut-être parcourir ce site de belles affiches

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Stop à la descente de bus

Dorénavant un cycliste doit, comme tous les conducteurs de véhicule automobile, s’immobiliser à plus de 5 mètres d’un autobus scolaire dont le panneau d’arrêt obligatoire muni des deux feux rouges clignotants sont activés.

C’est au Canada qu’un arsenal de lois vise les cyclistes de façon formelle. Moi ça ne me donne pas envie d’y aller faire du vélo.

A lire ici

Thann, le vélo en berne

Rue Jean Flory, à gauche le collège, à droite le lycée de Thann (68). La rentrée scolaire vient d’avoir lieu. Les bornes anti-intrusion pour les voitures sont des pièges pour les cyclistes et les piétons. Particulièrement à la nuit tombante.

Rentrée scolaire à Thann. Train, bus, voitures particulières, marche à pied, le vélo ne séduit pas. J’ai compté en tout quatre vélos pour les deux établissements voisins que sont le collège et le lycée de Thann

J’ose pointer le bout du nez une fois les élèves installés dans leurs classes.

parc à vélos du lycée: vide

Au lycée Scheurer Kestner: un vélo accroché aux grilles, aucun vélo dans le parc intérieur

un vélo devant le lycée

En face, au collège Rémy Faesch: un vélo accroché à la grille, deux vélos dans le parc à vélos

parc à vélo du collège: deux vélos
un vélo attaché aux grilles du collège

L’explication de cette faible attractivité du vélo, on la devine: des infrastructures inadaptées voire absentes et le peu d’appétence pour le vélo. J’irais presque jusqu’à dire qu’une société incapable de se mettre au vélo est une société malade. Comment aborder les grands tournants environnementaux si nos jeunes forces vives ne sont pas encouragées?

Mobilités urbaines, la foire d’empoigne

Trottinette électrique E-Twow Booster Evolution S 500 W 36 V 7,5 Ah 850 euros

Une obscure association, l’Apacauvi (« Association philanthropique action contre l’anarchie urbaine vecteur d’incivilité ») vient de rencontrer un représentant du Ministère des Transports. Cette association est dirigée par Jean-René Albertin. Sa femme, pianiste à l’Opéra, avait été percutée par une trottinette électrique en mai, et souffre d’une double fracture du bras droit.

Pierre Sansot dans « Chemin aux vents » (Payot) ne se sent pas concerné par les associations des deux-roues avec poussettes, badges et pancartes…Il ne satisfait pas de la segmentation des flux et des espaces (à chaque véhicule sa bande, son parcours)…il préfère inventer au coup par coup (ses) règles, (ses) itinéraires, « faire l’indien ».

Je suis un apôtre, au fond de moi, des espaces indéterminés, comme Pierre Sansot qui revendique une anarchie joyeuse pour les vélos.
Si vous voulez voir une trottinette foncer dans Paris à 80 km/h, c’est à partir de la minute 4

En cause les trottinettes électriques.

Très bien! Laissons les choses décanter…Les trottineurs électriques sont des geeks paresseux qui veulent arriver au bureau avant les autres tout en roulant sur les pieds des piétons. J’ai essayé une vraie trottinette: je roule avec constance au mieux à 12 km/h soit deux à trois fois plus vite qu’en allant à pied sur un trottoir. Mais avec l’électrique, la trottinette roule non plus à 12 mais à 30 voire 40 km/h. Des vitesses qui relèvent de la route et pas des trottoirs, comme on l’imagine. Le problème c’est que la trottinette électrique, à ces vitesses là, n’est nullement adaptée sur le plan de la sécurité pour se fondre dans le trafic routier. En cause son instabilité, son absence d’assise, sa fragilité face aux imperfections du sol et son freinage aléatoire. On peut s’attendre à voir les accidents se multiplier.

Mais, car il y a un mais, voici que l’Apacauvi ressort du Ministère et fait cette déclaration « plusieurs pistes [ont été abordées] , comme l’assurance des opérateurs et des conducteurs, et l’immatriculation des trottinettes et des vélos pour rendre possible les poursuites »

Conclusion: en faisant montre de s’attaquer aux trottinettes, on s’attaque indirectement aux cyclistes.

plaque cycliste suisse

Il n’y a pas de fumée sans feu. En septembre 2018, le Plan Vélo envisageait déjà l’immatriculation des vélos: « Pour lutter contre le vol, chaque vélo, neuf ou d’occasion, sera doté d’un numéro d’immatriculation. «A l’image des motos, les vélos devront faire l’objet d’un marquage, comme un numéro d’immatriculation pour lutter contre le vol. Il sera réalisé à l’occasion de ventes par des professionnels » (source)

Le danger de l’immatriculation des vélos

Gérer les conflits auto-vélo

C’est une vidéo pragmatique. L’automobiliste qui se gare sur une piste a t-il seulement l’intelligence d’accéder au dialogue avec le cycliste?

En fait quand une voiture est garée sur une piste ou une bande cyclable, son propriétaire est souvent absent et s’il est au volant il dira qu’il ne peut faire autrement…qu’il attend son fils qui quitte l’école, sa femme qui fait une course, la grand-mère impotente.

Nous n’avons pas le concours de la force publique qui se désintéresse de ce genre d’incivilité.

Bref, je laisse tomber.

Le net regorge de situations conflictuelles du même genre. Le militant du bon droit est-il légitime dans son action au point de risquer que la situation dégénère?

Retour de Hollande

Gare d’Amsterdam. On peine parfois à retrouver son vélo

Précision: on doit parler des Pays-Bas et non de Hollande. Du fait de l’importance historique de celle-ci, le terme Hollande est aussi utilisé, par synecdoque, pour désigner l’ensemble des Pays-Bas (Wiki)

C’est l’heure de faire part de mon rapport d’étonnement.

Chaussée à voie centrale banalisée. Même le bus est prié d’attendre que la voie soit libre en face pour dépasser les cyclistes. Impensable en France! Une voie sans axe central incite à ralentir

De retour de Hollande, il faut bien que le cycliste que je suis tire ses impressions d’un pays considéré comme modèle en matière de deux roues non motorisés. Convenons-en, la Hollande et beaucoup d’autres pays plats voisins inspirent tous les militants de la cause du vélo. Parfois à un point tel qu’ils agacent! En Hollande, ils font comme çi et ils font comme ça, tandis que nous, on est nuls, archi-nuls.C’est le discours entendu dont on use parfois à l’excès.

Le scooter thermique à vitesse bridée est en passe d’être supprimé à Amsterdam suite à la pollution qu’il génère (voir le blog Isabelle et le vélo)

Cette fois, je peux témoigner de visu.

Effectivement la Hollande pratique le vélo. Un autre vélo. Pas celui que l’on trouve dans nos vitrines Go-Sport, Culture Vélo ou dans les rayons de Décathlon. J’ai compris que la Hollande a une toute autre vision de l’usage consacré du vélo que la nôtre. D’abord, le vélo est urbain, pratiqué depuis des décennies avec des machines qui n’ont rien d’aérodynamique. Ce sont des machines roulantes. Un point, c’est tout! Des machines avec lesquelles la cohabitation en ville n’est pas toujours facile. A Amsterdam, le cycliste joue volontiers de sa sonnette pour dégager la voie encombrée de touristes.

Pourtant les accidents existent. Ici avec un cyclo-sportif dont la route a été coupée par un automobiliste rentrant chez lui

Ensuite le vélo hollandais semble être l’incontournable d’une citoyenneté de bon aloi: on nait Hollandais, on est donc vélo du plus jeune âge jusqu’à un âge avancé! J’en veux pour preuve que les mères de famille trimballent leurs marmots non pas dans une voiture mais sur un vélo. Un, deux, voire trois enfants sur le vélo!..et le dimanche, toute la famille est à vélo.

vélo en libre service dans le parc Kröller-Müller

Puis viennent les dispositions réglementaires en matière de voirie que l’on peut résumer ainsi: le vélo d’abord, le reste ensuite! Dans ces conditions, inutile de pleurnicher, même sur une voirie secondaire, la bagnole, le camion, ne font pas la loi, c’est toujours le vélo d’abord avec la chaussée à voie centrale banalisée (CVCB) celle codifiée chez nous par le décret PAMA du 2 juillet 2015 et que je n’ai encore jamais rencontrée en Alsace.

Dès son plus jeune âge, l’enfant est associé au vélo

Le vélo-cargo chez nous semble être encore une curiosité insolite quand la Hollande en use sous toutes sortes de déclinaisons pour transporter des colis, des enfants,…

vélo moderne à tout faire hollandais

Il faut pourtant garder raison. La Hollande est un pays plat, hyper-plat où les « grimpeurs » se retrouvent dans la forêt dApeldoorn qui culmine à…96 mètres d’altitude. La place, parfois gagnée sur la mer grâce aux polders, permet de découper de larges avenues dans les agglomérations favorables au vélo. Avec 400 habitants au kilomètre carré (le double de l’Alsace) on n’imagine pas venir en voiture dans les centres-villes et l’on en est dissuadé partout. Y compris dans les villages où stationner est un problème, y compris le long des routes où les seules aires sont réservées pour les pannes.

Cela dit, si la Hollande se prête au cyclotourisme, la pratique du cyclisme sportif tel qu’on le conçoit dans les Vosges est illusoire. Inutile également d’envisager le VTT: tout est goudronné!

Et le casque? Une curiosité pour les locaux.

Campagne pour le casque en Allemagne

La ministre de la famille Franziska Giffey participe à la promotion du casque à vélo sur sa page Facebook

L’Allemagne mène actuellement une campagne destinée à promouvoir l’emploi du casque à vélo en ville.

Tollé chez les féministes allemand(e)s, la promo pour le casque du ministère des transports met en scène une femme en tenue légère portant un casque. La campagne risque de faire un flop. Elle a au moins fait parler d’elle jusqu’en France.


Affiche de campagne « C’est vraiment moche. Mais ça sauve ma vie ». C’est curieux une affiche allemande rédigée en anglais…

En France, on n’en est pas là. Pas de campagne en faveur du casque. La FUB s’oppose depuis toujours à une quelconque obligation de porter le casque. Les raisons sont multiples; selon la FUB, le casque handicaperait l’essor du vélo en ville en obligeant les cyclistes à emporter le casque avec eux une fois le vélo stationné…

Le vélo et ses codes sociaux

Peu adapté aujourd’hui à ce type de vêtement, le vélo n’en demeure pas moins un outil d’émancipation là où on ne l’attend pas (la burqa et le burkini)

Le vélo au fil du temps a su s’adapter aux usages et aux modes. Je tente d’en citer quelques exemples

En 1914, la firme Manufrance commercialise un vélo pour dame et ecclésiastique dont la roue arrière est équipée d’un filet protégeant des vêtements flottants. On admirera la courbure du cadre et le carter de chaîne finement ajouré
Au début du siècle passé, le vélo est rapidement devenu l’allié de nos loisirs. Cueillir des marguerites et pourquoi pas conter fleurette. Le vélo cet autre outil de nos transports amoureux! On notera l’iconographie romantique et la spécialisation du vélo en fonction du sexe. La jeune femme est plutôt moderne pour l’époque avec son bermuda.
Mais le vélo est aussi vecteur d’escapades citadines au Bois de Boulogne rivalisant avec les cavaliers.On ne sait pas si le monsieur pratique la drague…la jeune femme semble attentive à la route. Attention à la jupe dans les rayons.
La légende laisserait aujourd’hui planer le doute. Car le vélo n’est pas très chic avec ses pneus ballon. On notera que ce vélo change de vitesse en rétropédalant.
Vélo et tabac, un couple peu recommandé de nos jours
Lors de la grande guerre, la bicyclette Gérard équipait les pelotons cyclistes. Démontable, on pouvait l’emporter sur son paquetage
Dans nos campagnes, il faut pouvoir gravir les côtes sévères avec le courrier.
En ville, il faut monter son vélo dans les escaliers pour être sûr de ne pas se le faire voler. Guidon et pédales pliants, selle amovible
Ressembler à une moto, on y pensait déjà! C’était le modèle bien nommé Paradox avec un bagage à la place du réservoir.
Le vélo escabeau pour aller à la maraude. La tentation de croquer la pomme est irrésistible en cas de petite fringale. La jeune femme avec ses oreilles de lapin est elle aussi croquante craquante.
A la tienne, Etienne! A cette époque là, le vélo est synonyme de joie de vivre. Il illustre volontiers les cartes de vœux et d’anniversaire
Alors là, je me pâme. Posséder une Fernand Clément, c’est le must. L’essayer, c’est l’adopter. Aujourd’hui on ne sait plus vendre un vélo comme ça. Seulement des autos. Ne nous trompons-pas: le publicitaire a perçu tous les symboles que peuvent suggérer le chevauchement d’un vélo. Le corps médical s’inquiète même des aspects néfastes du vélo (lire ici)
Peu à peu, le vélo a perdu son imaginaire érotique pour devenir un outil alternatif aux transports urbains. Il ne subsiste que le terme Gazelle pour évoquer la fougue et la légéreté.
Le cycliste en lycra a définitivement cassé le mythe du vélo poétique
Aujourd’hui l’image du vélo est victime d’un hold-up, elle n’est plus là que pour vendre autre chose
le beau vélo n’est pas forcément celui que l’on attend. Goldgénie 24 carats 322.000€
le vélo républicain ne fait pas illusion, on sait que la République est incapable d’endiguer nos pollutions
Même Sarkozy n’a pas su convaincre. Il faut reconnaître que l’élégance est discutable
Peut-être serez-vous tenté par le cyclo-nudisme à la mode Brighton! Les cyclo-nudistes ont aussi leurs codes http://www.cyclonudistes.com/index.php?op=edito

Nancy et le vélo

A Nancy le livreur à vélo ne montre pas toujours l’exemple

N’attendons pas des louanges, Nancy n’est pas au top des villes cyclables. Un reportage de France 3 vient le rappeler: la ville est la plus mal placée du Grand Est dans le baromètre de la Fédération des Usagers de la Bicyclette.

On peut écouter ce reportage audio qui témoigne…notamment de comportements pas toujours adaptés de la part de ces nouveaux usagers que sont les livreurs à vélo

https://www.francebleu.fr/player/export/reecouter/extrait?content=9ab8734b-a68e-4f71-a54c-46d6cdfff23c

Défense de rire!

C’est quand je me relève d’une gamelle à VTT que je me fais cette réflexion « maxou, t’es bourré ou quoi? »

Je jette un œil autour de moi…personne! Ouf, l’honneur est sauf. Se prendre une gamelle à vélo est toujours un déshonneur…et l’illustration d’un défaut de maitrise.

Hier encore, après la chapelle des Bouleaux, j’ai pris une ornière glaiseuse en travers et mon quintal s’est planté dans la gadoue.

Défense de rire! Seul mon cheval délesté de son opulent jockey a frétillé de joie dans la gadoue. Je lui ai vite attrapé les rênes et il a passé un sale quart d’heure.

la chute a été amortie par l’humus frais

Dring! c’est le facteur

Aujourd’hui dépannage de VAE malgré moi.

Dring!…

Quiproquo: C’est ma factrice. Je n’attends pas de recommandé?… Non, non, je ne trouve plus ma chaîne sur mon vélo!!! et vous l’avez perdue où? mais je ne n’ai rien vu tomber…Bon, garez-vous là!…je vais chercher des gants…d’un coup d’œil, j’ai vu que ce gros vélo de La Poste baignait dans l’huile de vidange. Depuis longtemps.

Oui, le moteur s’est emballé, j’ai tapé dans le mur et je me suis laissée tomber!…

Je commence à m’interroger… en même temps je constate que la chaîne a fait deux tours sur la cassette et qu’elle pend derrière le carter.

Normal que le moteur d’un VAE sans chaîne continue de tirer si vous pédalez dans le vide, lui dis-je…

Dérouler la chaine, j’y parviens. Mais la remonter sur le pédalier met le moteur en marche!…Exercice hautement périlleux sans couper le courant!

Coupez le moteur!

Je ne sais pas…

Et démonter la batterie?… oui on y parvient en levant la selle.

Maintenant, une fois la chaîne remontée, les pédales entrainent la roue, c’est bon signe.

Seul hic: il n’y a plus de roue libre…on ne peut plus arrêter de pédaler et donc on sera en traction permanente.

Je me penche sous les sacoches…j’aperçois un crochet pris dans les rayons. C’est un tendeur du porte-bagage qui a fait le tour des pignons et qui bloque la roue libre.

Avec une pince, je retire l’ensemble.

Le tour est joué. Ma factrice fait cent mètres, revient vers moi.

Tout est bien.

J’ai remis la Poste dans le droit chemin et passé avec succès ma première épreuve de mécanique VAE.

Vélo+train= galère assurée

Son vélo dans la train? d’autres préfèrent le cheval

Je viens de lire le blog de ma consœur Isabelle et le vélo. Elle y expose la situation du cycliste qui veut voyager avec son vélo. Le vélo, éternel allié incompris du train, c’est le titre de son article.

Lire l’article d’Isabelle et le vélo

Isabelle, comme d’autres cyclistes, tient à voyager en train avec son vélo. En France, la SNCF freine des quatre fers comme du temps de la diligence et souhaite ne pas trop s’investir sur le sujet. On comprend pourquoi: les vélos sont encombrants et peu au goût des autres voyageurs qui se plaignent de la place prise. Sans parler que les vélos en question sont aussi parfois source de salissures pour les autres voyageurs lorsque le train est bondé.

sVélos de travailleurs sur la ligne Mulhouse-Strasbourg

Mais passons! En France, voyager avec son vélo reste difficile dans les trains. La SNCF ne préfère pas accueillir ce genre de voyageurs qui se rendent parfois très loin accompagnés de leurs bagages. En revanche la SNCF accepte les cyclistes qui vont travailler et préconise de posséder deux vélos, un dans la gare de départ et un autre dans la gare d’arrivée comme pour le trajet Mulhouse-Bâle ou Mulhouse-Strasbourg.

Je ne suis pas en situation de prendre position face à ce problème, n’étant pas utilisateur. J’ai pourtant la vague impression que ce type de voyage reste marginal. Alors on va me dire que je ne défends pas la cause des cyclistes. Un peu, oui! Les désagréments recensés par ceux qui l’expérimentent ne m’encouragent pas à postuler pour ce type de voyage combiné.

Il faut que les consciences s’éveillent, certes.

Article de vélomaxou en relation

Moins trois

Le sport et le froid. Savoir se protéger

Ce matin temps sec mais froid.

Moins trois degrés.

La sortie vélo va être compromise d’autant que la météo ne prévoit pas de réchauffement. Avec tout juste deux degrés dans le meilleur de la journée, on pourra tenter un peu de VTT.

Le problème du vélo lorsqu’il fait froid, c’est le vent relatif qui accentue le ressenti. C’est ce qu’on appelle le refroidissement éolien très bien décrit ici.

Ainsi, par zéro degré si vous roulez à 20 km/h, le ressenti est de moins cinq degrés. Bien sûr, si vous affrontez un vent contraire, le refroidissement augmente.

Quand on prend de l’âge, il ne faut pas plaisanter avec ce supplément d’énergie que doit fournir le corps pour compenser le froid. Outre l’effort musculaire fourni, il faut aussi que le système cardio-vasculaire compense le froid qui resserre les vaisseaux. La pompe cardiaque est donc davantage sollicitée. Penser à bien se vêtir. Les cyclistes savent en général comment se protéger mains et pieds avec des équipements adaptés.

Il reste une solution: faire de la marche! En marchant d’un bon pas, le refroidissement ne sera plus que d’un degré et demi par zéro degré.

Vélo en ville, vélo bobo?

Écolo, simple, silencieux, bon pour la santé… Il a tout pour plaire. Pourtant, les Français résistent toujours au vélo comme moyen de transport du quotidien.

C’est dans le Figaro qu’on apprend que le vélo en ville est loin de convaincre face aux piétons.

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Ainsi sur des distances fétiches de moins de 4 kilomètres, il est doublé non seulement par les transports en commun mais aussi par…les piétons.

De la à considérer que le vélo n’est pas prêt de passer comme un moyen de transport compétitif, il n’y a qu’un pas.

Une autre image tenace colle au vélo utilitaire…

“Diplômés, citadins et cadres supérieurs”.

C’est le triptyque gagnant.

De quoi alimenter l’image bobo du vélo.

On n’en sort pas!

Les faits sont tenaces.

Lire l’article détaillé du Figaro

Ils étaient trois

J’ai voulu voir si le grand giratoire de Cernay, à la Croisière, était toujours occupé.

Vous le savez, je suis un passionné par notre temps.

Je m’y suis donc rendu dans le cadre de mes exercices nocturnes à vélo.

Revêtu de mon gilet jaune, cela va de soi.

J’avoue avoir été déçu, ils n’étaient que trois.

Mais ils étaient chauffés à blanc.

L’un d’eux saute de joie en voyant un cycliste approcher, il vient au-devant de moi et m’invite à rejoindre le rond avec mon vélo.

Je ne peux que m’exécuter.

J’accède aux infrastructures du camp de base…des palettes judicieusement disposées en canapé, des vieux pneus,…et les restes d’un feu de camp.

Un grand drapeau tricolore pour caresser les autos en prenant de grands risques et entendre le concert de klaxons.

Moi je suis d’Épinal,

A Épinal, c’est mieux…

Mais je bosse ici, je prends à trois heures (du matin)

Moi, je viens seulement de Thann

!!!

Hé les gars, le Monsieur il vient de Thann en vélo!…

Un autre plus timoré évite d’empiéter sur la chaussée, tandis que le troisième s’est drapé dans un drapeau tricolore qu’il tient d’une main autour du cou, une canette de bière dans l’autre main.

Une petite FIAT Panda équipée d’une sirène fait le tour du giratoire et déclenche les hourras.

Un gros bahut de 38 tonnes « Transports du Perthois » remonte la vallée, un coup de klaxon et un geste amical de la main.

Entre deux flots de circulation, je quitte le giratoire et je rentre à Thann.

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Thann-Cernay la nuit à vélo. Évitons les grands axes!

La bruine reprend à Saint-André, alors je visse ma capuche sur ma visière et j’ajuste ma vue entre les lunettes et mon bord de casquette.

Mon phare éclaire la noirceur des lieux et mes jambes tournent comme les aiguilles d’une horloge.

Sans faire tic-tac.

Justicier de la route

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La D5G où le cycliste a été agressé

 

Nous sommes mardi 9 octobre; il fait beau, la température est agréable; cette sortie à vélo va me permettre de rouler 120 km. Je suis sur la départementale D15G sur la route de Collex (CH) et Gex (F), à la hauteur de Versonnex. Pas de trafic. Tout est calme. Puis, soudain, un motocycliste, tout de noir vêtu, s’approche de moi. Je me demande bien pourquoi. Et à travers son casque intégral dont je ne peux même pas voir le visage, il me parle de piste cyclable. Je reste impassible; je ne comprends pas. Veut-il faire la police? Cela dure une dizaine de secondes; il est tout près de moi. Je roule à ce moment à 30 km/h environ. Puis je lui dis: «Va, passe ton chemin!» Et là, il m’assène un violent coup de poing qui m’expédie à terre. Je chute lourdement. Puis gros coup de gaz et le voilà parti. Un véritable assassin en puissance. Évidemment, impossible de relever l’immatriculation de son véhicule.

Derrière moi, une voiture avec un couple de Genevois a vu toute la scène. Monsieur se précipite près de moi, m’aide à me relever. Mais leur vue était focalisée sur ma personne et le motard avait depuis longtemps disparu. Donc aucune identification possible.

L’automobiliste m’a proposé de me ramener à la maison. Diagnostic: fracture de la clavicule et côtes cassées plus diverses plaies. J’ai été opéré vendredi 12 et ai pu regagner mon domicile.

Voilà la triste fin de ce mardi 9 octobre. A vélo, un accident peut certes arriver, mais se faire expédier au sol volontairement par un fou de la route, c’est ignoble. Et qui dit qu’il ne répétera pas son geste. Je comprends mieux pourquoi un grand nombre de cyclistes ont opté pour le VTT.

(témoignage rapporté par un confrère Centcoliste)

Le conflit d’usage à la mode française

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Elle peut pas prendre sa bagnole comme tout le monde, celle-là!

Ce matin dans la Presse, une offensive anti-cycliste de FR3 Nouvelle Aquitaine intitulée

A vélo, tout n’est pas permis

C’est le titre choisi par la rédaction de FR3 pour rappeler que le vélo ce n’est pas l’anarchie joyeuse chère à Pierre Sansot et qu’il y a des règles.

Ah bon?…

giratoire pour cyclistes, une invention vosgienne

Il faut bien appâter le lecteur avec des sujets de société qui clivent.

C’est à la mode.

C’est étrange, j’avais commis aussi un article similaire en 2015 vis à vis des piétons qui prennent toute la largeur de nos bandes.

piste cyclable: le piéton est-il roi?

Cette fois FR3 caresse clairement les automobilistes dans le sens du poil en rappelant que le cycliste est aussi « amendable » s’il franchit les feux rouges ou les stop sans s’arrêter.

Comme quoi, nos conflits d’usage (bel euphémisme!) ne cessent de croître!

135 euros euros par ici, 35 euros par là,… l’arsenal de contraventions pour les cyclistes, rarement appliqué, devrait donner du baume au cœur des conducteurs coincés dans les embouteillages qui pestent contre notre relative impunité.

En ma qualité de « professionnel du vélo en ville », je n’approuve pas tous les comportements comme celui qui consiste à user des trottoirs pour s’épargner une rue étroite ou un feu trop long…ni celui qui consiste la nuit à se déplacer sans lumière.

Reste ceux qui traversent aux feux avec les piétons, ils devraient descendre mais ils ne le font pas par commodité. En Allemagne, c’est prévu. En France pas encore…

En Allemagne, on peut traverser sans descendre du vélo. Pas encore en France. Ceux qui osent traverser sans descendre font hurler les automobilistes. Pourquoi?

Mais j’ai bon cœur: comment ne pas pardonner à une petite grand-mère à vélo d’utiliser le trottoir pour rapporter ses courses de l’Aldi et ainsi lui éviter de se faire renverser à un carrefour par un abruti sans foi ni loi!

Le législateur comprend doucement que conduire un vélo, ce n’est pas comme une auto.

Doucement la loi progresse en notre faveur avec le Tourne à Droite aux feux et de le Double Sens Cyclable dans les sens uniques.

Il reste pourtant quelques féodalités, celles des maires rétifs à tout changement dans leur commune et qui ne comprennent pas que les dos d’âne et les stop(s) à chaque carrefour sont des handicaps pour le vélo.

lire l’article de FR3 Nouvelle Aquitaine (c’est quoi ça Nouvelle Aquitaine? un truc venu d’Amérique?)

Vous aimerez peut-être aussi mon billet consacré au train+vélo en Alsace

 

CADRes Mulhouse, un site rénové

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Avoir un site internet accueillant, c’est un gage de vitalité.

Le CADRes de Mulhouse vient de renouveler ses contenus pour le plus grand bien des visiteurs.

aller sur le site du CADRes Mulhouse

Je sais, Facebook focalise l’attention et capte les regards, mais rien ne remplace un site concis, détaillé, tenu à jour, avec des rubriques.

C’est la vitrine d’une association.

Beaucoup de sites cyclistes (et pas seulement) tombent en désuétude, le webmestre est aux abonnés absents, les autres s’en fichent; c’est souvent le signe que l’association capote…ou vieillit mal.

Je pense en particulier à un grand club du Haut-Rhin où tout est proposé, rien n’est imposé dont les forces vives font à présent défaut.

Ainsi, on trouve sur sa page d’accueil

  • sa section jeunes VTT qui renvoie à des informations datant du mercredi 2 avril 2014
  • la liste de son Comité élu à l’AG du 6 février 2016

Monsieur le maire de Thann

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Monsieur le Maire de Thann: faites respecter les règlements municipaux à l’aide de votre police!

Je n’entends pas m’ériger en redresseur de tort, ma modeste personne ne m’y invite pas et je n’ai pas l’allure d’un rambo capable d’impressionner.

Le vélo oui. Mais pas partout.

Il se trouve que cet après-midi, j’ai fait la remarque à deux ados de ne pas entrer sur leur vélo dans le parc de jeux des tout-petits où se trouvaient des familles avec jeunes enfants dont mon petit-fils.

Normal, on est mercredi et il fait beau.

L’un d’eux a obtempéré en maugréant.

L’autre a continué sur sa bécane.

Je l’ai poursuivi et je l’ai fait descendre de son vélo au milieu des parents médusés…et impassibles.

Très surpris, le jeune est revenu vers moi me cracher dessus alors que j’avais le dos tourné.

Deux jeunes mères sont venues me confirmer la chose en regrettant que les jardins d’enfants soient squattés par des ados désœuvrés. Les hommes baissaient la tête. Comme s’ils n’étaient pas concernés.

Ainsi j’ai pu observer la frilosité de la population face aux incivilités.

Pour un peu, j’étais l’empêcheur de tourner en rond.

Notre société est devenue amorphe au point de supporter n’importe quelle incivilité.

La faute à l’État de droit complètement inadapté aux crapuleries de notre monde moderne.

Faudra t-il se constituer en milice et donner raison aux réactionnaires de tout acabit?

J’ai vérifié: les parcs de jeux pour enfants sont bien interdits aux véhicules et vélos dès lors que le cycliste a plus de 10 ans.

L’accès et le stationnement de véhicules sont réservés au personnel de service de la Ville de Thann. Tous les autres véhicules sont interdits, y compris les motos et les scooters. Les cyclistes de moins de 10 ans sont autorisés dans le parc en respectant piétons et aménagements, et uniquement sur les allées.

Problème, personne n’est là pour assurer l’ordre

J’ai écrit au maire pour la forme car je ne me fais pas d’illusion, il y a longtemps que nos élus ont quitté le terrain.

Que faut-il faire?

Rien diront la plupart puisque intervenir revient à faire de vous un justicier et au surplus à vous faire casser la gueule.

Alors laissons-nous faire!

On s’étonnera ensuite que le populisme progresse.

Monsieur le Maire de Thann: faites respecter les règlements municipaux à l’aide de votre police!

Comment avoir une chaîne propre?

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Un cadre sale, ce n’est pas grave.

Mais une chaîne propre est indispensable.

Vous pouvez « la prolonger » de 25 à 30% en l’entretenant.

J’ai tout essayé.

Rien à faire, je n’ai jamais eu une chaîne propre sur mes vélos.

Mais j’ai enfin trouvé la solution.

Je vais vous la décrire.

Notez qu’une chaîne propre signifie moins d’usure (en plus de faire beau).

Vous le savez tous, une chaîne accumule toutes sortes de scories microscopiques qui viennent se loger sous les rouleaux des maillons et l’usent prématurément.

Parmi les différentes méthodes, il y a les plus simples….

  •  le pinceau et le dégraissant type essence ou white-spirit. Sacrilège! ces produits sont à proscrire: ils attaquent le pneu et la peinture du cadre.

 

…et les plus élaborées

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le nettoyeur de chaîne, un bon outil, mais les bombes ne sont pas données

  • comme le nettoyeur de chaine auquel il faut adjoindre une recharge de dégraissant.

ça ne fait pas tout et la recharge est vide épuisée.

Finalement j’ai opté pour une solution mixte…

  • le dégraisseur + le pétrole

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pétrole désaromatisé. A 4 euros le litre, une chaîne nickel pendant des mois!

Le pétrole a un double avantage: il est gras et peu cher.

Je remplis donc le dégraisseur de pétrole et je mouline la chaîne dans les deux sens pour bien dissoudre le cambouis…je vide le jus sur un essuie-tout…et je recommence.

et après?….

Après, je passe un coup de jet d’eau sur la chaine en la faisant tourner pour bien évacuer tous les résidus…et ensuite je sèche au compresseur pour évacuer l’humidité.

A la place du compresseur, on peut prendre un sèche-cheveux.

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un coup de jet d’eau sur la chaîne pour évacuer le reste des impuretés

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sécher la chaîne au compresseur pour évacuer les gouttelettes d’eau entre les maillons, puis achever d’essuyer au Sopalin

Je sais, ça parait artisanal, mais c’est efficace.

Avec un pinceau, on peut aussi badigeonner la cassette de pétrole, puis le jet d’eau, puis le séchage.

Et enfin…huilez votre chaîne avec de l’huile fine.

Il faut que l’huile pénètre dans les axes de maillons et dans les rouleaux…sans en mettre trop!

Faire tourner la chaîne en même temps que vous huilez

Évacuez le surplus éventuel avec un chiffon ou un essuie-tout.

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Une chaîne de VTT propre et huilée durera plus longtemps

autres articles sur les chaînes…

https://velomaxou.com/2016/02/28/la-ou-il-y-a-de-la-chaine-2/

https://velomaxou.com/2013/08/21/la-chaine-du-bonheur/https://velomaxou.com/2013/08/21/la-chaine-du-bonheur/

https://velomaxou.com/2011/02/20/une-chaine-nickel/

https://velomaxou.com/2016/03/01/monter-une-chaine-shimano/

 

 

Les potins du lundi

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Regarder dans le rétroviseur

Soyons lucide, Vélomaxou est sur le déclin.

Je ne sais pas si ce désamour frappe tous les blogueurs, mais force est de constater que les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Depuis 2014, Vélomaxou perd chaque année de l’audience.

188000 pages vues en 2014, puis une lente érosion.

Elle semble stabilisée aujourd’hui. Je pense arriver à 140.000 pages en cette fin d’année.

Mais il est vrai que je produits moins d’articles: près de 800 en 2014 et moitié moins aujourd’hui.

En revanche, et c’est réconfortant, mes visiteurs sont toujours fidèles.

65000 en 2014 et 57500 à l’heure actuelle (8 octobre)

audience
Une lente érosion des pages vues mais un lectorat qui se maintient

Le parti pris de ce blog est d’embrasser tout le spectre du monde cycliste à l’exception de la compétition.

Je garde cette ligne même si mon regard citadin est moins aiguisé depuis que j’ai quitté l’agglomération mulhousienne.

Mais je continue d’aimer tous les vélos, je devrais dire tout le vélo pour être encore plus universaliste.

Le soir à la veillée, j’ai pris l’habitude de parcourir ma ville quand le tohu-bohu de la circulation s’est calmé. Un exercice qui pourra surprendre.

Je rejoins le centre-ville et souvent je longe la Thur au pied du Rangen pour le retour.

Il faut un phare puissant car c’est le noir total en cette période de l’année et je ne suis pas nyctalope sur ce chemin où je rencontre parfois un monde interlope.

Une sombre silhouette à l’approche, on se frôle, et le reste d’une effluve ensuite…

Les coureurs à pied se projettent avec leur frontale sur la tête, je les vois de loin arriver comme des feux follets.

En haut des vignes, derrière les lambeaux de brumes, les feux des vététistes ondulent à l’orée du bois.

On allait voir ce qu’on allait voir

Effectivement on a vu.

Depuis le défilé de cette jeune caste diplômée des hautes études autour du président Macron, les choses ont bien changé.

Notre roi semble nu.

Il semble à présent se raccrocher aux branches du torrent médiatique qui déferle autour de lui.

Trempé jusqu’à l’os dans sa chemise blanche, il n’a trouvé en face de lui qu’une petite frappe pour lui tenir la main et nous adresser un doigt d’honneur.

Comme beaucoup, j’ai mal à la France.