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La retraite du vélo

Une commission se penche sur nos critères de pénibilité

Un jour, il devra se retirer. De la circulation.

Avec ou sans bonus? je ne sais pas. Certains n’y ont pas droit, ils accompagnent le maître jusqu’à sa mort. Ce sont des vélos-forçats, des esclaves des bordures, du nid de poule et de la bouse de vaches dans les rayons. Des compagnons d’ivresse, porteur de Kro les jours de détresse, ils s’annoncent zigzaguant au carrefour dans un grincement de castrat. Sans- papiers, sans plaques, ce sont des sans-droits à perpétuité.

D’autres finissent attachés au candélabre…jusqu’à ce que mort s’ensuive, dépouillés de tous leurs attributs, selle, sonnette, roues. Ils finissent d’un grand coup de latte pour obtenir l’expiration finale. La délivrance.

La question du recyclage de nos vieux vélos est entière. Certaines associations humanitaires et cyclopédiques songent à les récupérer et à leur redonner une seconde vie après un bain de jouvence.

Un bain de jouvence? oui, moi aussi j’en veux bien un. Un bain de boue de Balaruc me conviendrait, avec un coup de jet d’eau propre ensuite.

La question reste donc entière. Les corps d’Etat ont pris le vélo par les cornes, ils vont lui faire avouer ce qu’il en pense. Porter de lourdes charges justifie t-il un départ anticipé? une régime spécial non avoué? fera t-il le bonheur d’une gazelle légère aux charmes évanescents?

Soyons sérieux! Mon VTT revendique le droit de partir le premier. Il en a marre. Serge, mon vélociste, me l’a dit, ton vélo ne vaut plus un clou, il faut en acheter un neuf et mettre le tien au placard. J’ai compris que pour en changer, il fallait y mettre les pouces. Au moins 27.5! Mon routier a fait le gros dos, il craint d’en subir les conséquences. En carbone inusable, il songe parfois à se suicider tellement je l’insupporte avec mes facéties, mes arrêts intempestifs, la crasse et le cambouis qui l’ankylosent pendant des semaines.

Pour l’heure il ne cotise que depuis dix ans. Sa nouvelle retraite à points lui donne encore peu d’espoir de voir le bout du tunnel. Même s’il le trouve déjà long. Alors il songe à se suicider. S’envoyer en l’air dans une ligne à haute tension et provoquer un formidable feu d’artifice en souvenir.

La bataille du rail

Quelques actions « coup de vent » sans influence sur le trafic du train Thur-Doller

Notre journal local (DNA) nous appelle à voter.

Sommes-nous impactés par le mouvement social? autrement dit par les grèves des cheminots? Force est d’admettre que l’action reste peu gênante puisque seuls 25% des « fêtards » affirment avoir changé leur programme de fêtes.

J’en déduis qu’avec trêve ou sans trêve de Noël la grève a peu d’impact. Tout le monde ne prend pas le train avant de déguster la dinde de Noël

En revanche la pénurie de carburant qui s’annonce dans les raffineries devrait autrement contrarier l’activité début 2020.

Le vélo reste une valeur sûre. Tous les commentateurs s’accordent à reconnaître que le mouvement social contre la réforme des retraites profite au vélo.

Le Figaro dispense ses conseils aux Parisiens obligés de prendre leur vélo pour se déplacer. En guise de conclusion le quotidien ajoute une dernière recommandation: La règle: soyez philosophe, car il y a de quoi s’énerver. Dites-vous qu’en milieu urbain, vous arriverez systématiquement avant une voiture pour la même distance parcourue. Si l’on tente de vous forcer la priorité, c’est désagréable, mais il vaut mieux freiner et laisser passer que d’être renversé.

Le vélo anti-grève

bourse aux vélos à Paris en prévision des journées de grève

Finalement si tout le monde allait à vélo, on ne pourrait plus faire grève. La grève telle qu’elle est perçue aujourd’hui est devenue uniquement un moyen d’emmerder le monde puisqu’elle n’est plus le fait que des transports publics. Dans notre système inter-connecté, tout dépend de tout. C’est étrange, les électriciens auraient pu couper le courant et du coup paralyser pour de bon toute l’économie y compris la recharge des Zoé, des vélos électriques et des trottinettes, mais ils n’ont pas osé. Ce qui fait dire qu’on a affaire à des grèves par procuration.

Je sais, c’est réac mais c’est ce qu’on entend dire de la part de ceux qui, de bon gré ou de mauvais gré, doivent subir les encombrements parisiens. On entend même dire que le vélo est un instrument de droite dans le sens où il formalise des comportements individualistes. Tout le contraire du transport collectif d’inspiration communiste, je présume… (le vélo est-il de droite?)

Subir. Courbant l’échine, c’est ainsi que les Franciliens ressentent le mouvement revendicatif des cheminots. Remarquez, en Province, c’est la même chose lorsque les instits n’assurent pas leur service; les parents subissent la punition de devoir prendre un jour de RTT ou de transbahuter leurs mioches chez la grand-mère.

Les revendications sociales n’intéressent plus que ceux qui sont encore en corps constitués avec de grosses machines syndicales. Sinon le prolétariat n’est plus qu’un monde éclaté corvéable à merci qui s’en fout si le jour de sa retraite en 2078, il n’a pas fait grève en 2019. C’est la grève par procuration. On la subit sans la vouloir, c’est un mal nécessaire comme la redevance télé qu’on paie sans savoir pourquoi.

Au fil des ans, le quidam ne sait plus rien de ce qui fait corps social ou société. Il ne sait plus rien sur rien. Ni l’histoire ouvrière, ni ses conquêtes, ni pourquoi, ni comment il est arrivé là.

Moi, je sais. Avec les zigzags que nous impose le nouveau monde dans nos parcours professionnels, l’instit embrasserait trois ou quatre métiers à la file sans rapport aucun avec sa formation. Le conducteur de car pourra devenir professeur de musique, puis éboueur et le conducteur de centrale nucléaire ira garder les moutons avant de devenir infirmier. Cette vision du monde professionnel qu’on voudrait nous inculquer pour casser les solidarités professionnelles de branches, je n’y crois pas. Au contraire, la spécialisation, la technicité des métiers est devenue telle qu’on nous enferme dans des compartiments étanches dont on ne pourra bientôt plus sortir…sauf à se faire déclasser gravement.

Si donc demain, le vélo prenait le relais de toutes les grèves des transports, on aurait une joyeuse anarchie pour aller bosser et tous ces habitants « pendulaires » des grandes métropoles pourraient enfin reprendre le contrôle et le pouvoir de leur ville, de leur vie.

Dans un siècle peut-être.

à lire aussi dans Cyclable, l’expérience de Francilien qui sont passés au vélo

Rouler sous la pluie est-il fréquent?

Un étude vient modérer une idée reçue: rouler sous la pluie est un frein au développement du vélo en ville.

Dans cette étude, Alexandre Trajan de la Direction inter-régionale Nord-Est, Météo-France, Strasbourg entend démontrer qu’à vélo, il est possible de simuler des trajets matin et soir, et de compter le nombre de fois où un cycliste se fait mouiller en allant ou en rentrant de son travail et constater que rouler sous la pluie est moins fréquent qu’on l’imagine

savoir qu’il pleut 115 jours par an à Strasbourg ne permet pas de dire que l’on est mouillé à vélo un jour sur trois

Selon lui, les cyclistes quotidiens affirment qu’il n’est pas si fréquent de se faire mouiller lors d’un déplacement à vélo.

S’arrêter sous un pont est parfois salutaire

Je suis aussi de cet avis pour mes déplacements quotidiens en ville, le nombre de fois où je roule sous la pluie se compte sur les doigts de la main (y compris ceux qui ont de l’arthrose!)

Dire qu’on ne prend pas son vélo par crainte de la pluie serait donc une fausse excuse.

De façon scientifique, l’étude permet de savoir combien de fois il pleut réellement lors d’un trajet domicile-travail selon le temps passé sur le vélo matin et soir.

Ainsi à Strasbourg, pour un trajet de 5km, la pluie ne surviendra que 16 fois dans l’année

Nombre annuel de trajets à vélo mouillés (axe des ordonnées) dans 16 villes de France pour des trajets d’une durée allant de 60 à 6 minutes.

Accéder à l’étude d’Alexandre Trajan

La pub vélo d’antan

Le vélo ne fait plus rêver. Imagine t-on des écrans publicitaires à la télé vantant telle ou telle marque de vélo? Non, bien sûr!

Aujourd’hui seule l’automobile se dispute les plages de pub.

Au début du siècle dernier, les affiches publicitaires étaient de véritables œuvres d’art capables d’introduire du rêve dans les scènes de la vie quotidienne.

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Stop à la descente de bus

Dorénavant un cycliste doit, comme tous les conducteurs de véhicule automobile, s’immobiliser à plus de 5 mètres d’un autobus scolaire dont le panneau d’arrêt obligatoire muni des deux feux rouges clignotants sont activés.

C’est au Canada qu’un arsenal de lois vise les cyclistes de façon formelle. Moi ça ne me donne pas envie d’y aller faire du vélo.

A lire ici

Thann, le vélo en berne

Rue Jean Flory, à gauche le collège, à droite le lycée de Thann (68). La rentrée scolaire vient d’avoir lieu. Les bornes anti-intrusion pour les voitures sont des pièges pour les cyclistes et les piétons. Particulièrement à la nuit tombante.

Rentrée scolaire à Thann. Train, bus, voitures particulières, marche à pied, le vélo ne séduit pas. J’ai compté en tout quatre vélos pour les deux établissements voisins que sont le collège et le lycée de Thann

J’ose pointer le bout du nez une fois les élèves installés dans leurs classes.

parc à vélos du lycée: vide

Au lycée Scheurer Kestner: un vélo accroché aux grilles, aucun vélo dans le parc intérieur

un vélo devant le lycée

En face, au collège Rémy Faesch: un vélo accroché à la grille, deux vélos dans le parc à vélos

parc à vélo du collège: deux vélos
un vélo attaché aux grilles du collège

L’explication de cette faible attractivité du vélo, on la devine: des infrastructures inadaptées voire absentes et le peu d’appétence pour le vélo. J’irais presque jusqu’à dire qu’une société incapable de se mettre au vélo est une société malade. Comment aborder les grands tournants environnementaux si nos jeunes forces vives ne sont pas encouragées?