Étiquette : les potins du lundi

Editorial

Les potins du lundi

Commencer par balayer la planète devant chez soi

Les chercheurs trouvent parfois à bon escient. Ainsi l’usage des écrans peut à la fois nuire au cerveau en développement des enfants, au cerveau adulte « attiré par des sources d’informations plurielles et volatiles », avec le risque à terme de développer anxiété et dépression, et au « cerveau social », avec la menace d’un isolement. (C’est dans les DNA du 17 mars)

Plurielles et volatiles, voici notre cerveau qui risque de s’égarer là où on ne voudrait pas à cause des écrans. On pense tout de suite à cette tuerie de Nouvelle-Zélande où un esprit fragile s’est cru autorisé à déclencher un carnage à l’aide d’une théorie stupide.

Je cherche des exemples avec mon esprit mal tourné…

Des sources plurielles?…quelles sont vous sources diront les braves gens qui ne comprennent pas toujours tout du vécu quotidien. Mes sources sont sur l’ordi Monsieur le Procureur, je ne peux pas toutes les détailler tellement elles sont multiples mais ce que je sais, c’est qu’elles échappent à votre entendement, à votre compréhension de l’état du monde. Tiens, par exemple, regardez ces jeunes qui défilent pour le climat et qui poursuivent l’État, quelles sont leurs sources? pourquoi n’ont-ils pas le cerveau social rêvé par tout État totalitaire?

Si l’on s’en tenait uniquement à la parole publique, des sources réputées nécessairement fiables, pourquoi alors nos données climatiques seraient-elles si déficientes? pourquoi les mers se rempliraient-elles de plastique, de pétrole où la Méditerranée est devenu un vaste dépotoir? pourquoi nos villes seraient toujours plus irrespirables? pourquoi nos récoltes autant corrompues de pesticides et notre eau si chère à nettoyer avant de la boire?

Nos États semblent impuissants à dire la vérité et à mettre en œuvre les correctifs qui s’imposent. Alors nos sources plurielles et volatiles risquent encore longtemps de plomber le moral de la République.

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Les potins du lundi

De la neige en hiver, certains s’en étonnent. Jusqu’à Trump qui y trouve une occasion de plus de railler le réchauffement climatique.

Chez nous, en France, la neige provoque aussi son lot de déconvenues chez ceux qui ne comprennent pas cette intrusion météorologique dans leur quotidien.

Les milliers de camionneurs qu’on bloque à titre préventif alors que chez nos voisins, disent-ils, tout se passe très bien même avec deux mètres de neige.

Bloquer est devenu une affaire de précaution.

Par précaution, Monsieur, je vous empêche d’aller manifester car vous pourriez commettre un délit. Ça rappelle un peu le délit de sale gueule. Finalement, chez nous, on ne sait plus trop comment accepter notre liberté citoyenne tout en la restreignant. Nous sommes en liberté surveillée. Comme le lait sur le feu.

En démocratie seules les violences policières sont légitimes. Et en dictature?

Si vous n’êtes pas content, adressez-vous à votre maire ou à votre député! C’est ça la démocratie représentative, vous élisez un inconnu ou un notable avec du bagout et il décidera pendant cinq ans, voire plus, ce qui est bon pour nous et ce qui l’est moins. Il fera même plus, il votera des lois qui seront supérieures à toutes nos objections.

En France, les lois émanent le plus souvent des propositions du gouvernement et les députés ne sont là que pour dire amen. C’est ce qui se passe en ce moment. Très peu de lois émanent des députés eux-mêmes et la plupart des amendements sont retoqués. On peut donc dire que cette démocratie est confisquée par l’exécutif.

Ce genre de délégation de pouvoir a assez duré, nombre de Français ne sont plus d’accord pour l’accepter. Alors ils manifestent et le font savoir tous les samedis. C’est pénible pour tous ceux qui pensaient être débarrassés pour cinq ans de tout engagement politique. C’est pénible aussi pour le service d’ordre obligé de faire des heures sup mal payées et fiscalisées à coups de flash-balls et c’est pénible pour la France qui se raidit, une France qui se recroqueville au nom d’un bien-pensance institutionnelle dont le concept craque de partout. Il faut que ça tienne, alors on rafistole, on bricole des lois d’exception, on racle les fonds de tiroirs pour que le peuple d’en bas se calme.

On ne sait pas encore par quoi remplacer notre représentation, vu que les gens de la base ne veulent être représentés que par eux-mêmes.

A mon humble avis, il n’y a qu’une assemblée constituante qui pourra nous sortir de l’impasse, mais il faut encore que les esprits murissent…que les gilets jaunes s’en chargent et que Macron consente à partir un peu plus tôt avant le chaos généralisé.

La neige fait donc son œuvre. Elle va tenir au moins jusqu’aux vacances de février et les stations de sports d’hiver vont pouvoir afficher complet aux remontées mécaniques et empocher la manne bienfaitrice de la classe moyenne sup. D’ici là, d’aucuns pensent que le calme sera revenu sur les ronds-points et que tout repartira comme avant.

Comme avant.

Les potins du lundi

Confiance en la presse: une image vaut parfois mieux qu’un long discours

Ayez confiance!

Les journalistes se sentent mal aimés. Et ils le font savoir… dans la presse. Je serais tenté de dire dans leur presse. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Ils ont même lancé une enquête, pas de police, d’opinion. C’est l’enquête du baromètre annuel Kantar de référence sur la confiance dans les médias.

En cause, la confiance. Près de six personnes sur dix pensent que les faits rapportés dans notre journal quotidien ne sont pas conformes à la vérité. Ce n’est plus de la confiance, c’est de la défiance.

Les professionnels de la profession sont comme on l’imagine affligés qu’on puisse ainsi mettre en question leur travail qui consiste à rapporter des faits, les hiérarchiser, les vérifier…et lorsqu’ils en ont le temps les commenter.

A qui la faute de cette défiance?

Chacun aura une explication. Les journalistes invoquent en premier lieu l’internet qui colporte de fausses informations, les fameuses « fake news » et les réseaux dits sociaux comme Facebook accusé de propager par algorithme de fausses nouvelles. C’est de bonne guerre d’invoquer l’autre média qu’est la toile pour ne pas voir ses propres défauts et la façon dont les comités de rédaction pointent plutôt telle info qu’une autre. Il ne faut pas être grand clerc pour constater le pilonnage des partis radicaux que sont le RN de Marine Le Pen et la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Si tout le monde joue au journaliste, où va t-on?

Si la presse est devenue tant décriée, j’ai ma petite idée. Insipide, mono-colore, dupliquée, inféodée aux puissances d’argent, complice des lobbys et du pouvoir politique, la presse ferait bien de faire sa propre autocritique. Le dernier plus beau exemple en date de cette complicité, c’est la campagne électorale européenne menée tambours battants par Emmanuel Macron dans les territoires, baptisée pompeusement Grand Débat, et relayée abondamment par les médias publics. Ce n’est pas moi qui le dit, tout le monde en parle, c’est la presse qui a fait gagner Macron aux dernières élections de même que c’était déjà la presse qui a pris parti contre le non au referendum de Maastricht et contre la volonté du peuple. Est-ce que je désinforme en disant ça? Mais la presse écrite n’est pas en reste. Ainsi Marianne (pour ne citer que celui-là) , l’hebdo qui se veut citoyen avec à sa tête Natacha Polony. Il vient d’être racheté par un oligarque tchèque du nom de Kretinsky qui fait des affaires dans le monde de l’énergie. Mais Marianne a semble t-il encore des difficultés puisqu’il lance des appels quotidiens à ses lecteurs pour l’aider à traverser une mauvaise passe financière. Je ne parle pas de la presse régionale Grand Est qui est toute entre les mains du Crédit Mutuel. (lire l’article)

La presse reste un outil bourgeois au service de la bourgeoisie.

Ainsi quelle presse met en question aujourd’hui ouvertement le dogme libéral mondial qui opprime les peuples alors même qu’elle en est l’obligée? quelle presse met en cause l’inféodation du monde politique au capitalisme qui détruit la planète? Certainement pas nos journaux locaux d’information écrits ou télévisuels. La presse reste un outil bourgeois au service de la bourgeoisie. Il existe entre média et politique une connivence, une perméabilité qu’on aurait tort d’ignorer. Mêmes cursus, mêmes écoles, mêmes parcours mondains, et parfois conjoints dans la vie privée. Quand une information parait, il faut toujours la décrypter et apprécier son potentiel parti-pris. Je me méfie aussi de la presse particulièrement dans les moments de tension sociale car elle choisit vite son camp.

Les gilets jaunes l’ont bien compris en créant leur propre chaine d’info avec Vécu. Il n’y a rien d’étonnant à ce que les journalistes fassent l’objet d’intimidations au contact des gilets jaunes…eux au moins savent dans quel camp sont les journalistes.

Les potins du lundi

Dix gilets jaunes flottent au vent autour du rond-point, les dix morts depuis le début du conflit, me dit-on…

J’y passe en rentrant de temps à autre lorsque c’est ma route.

Le grand rond-point du Pont d’Aspach s’est transformé. Je ne suis pas expert mais on me dit que ce mouvement est installé pour durer. D’ailleurs des constructions discrètes ont pris le relais des barrages filtrants. Elles sont en terrain privé comme au rond-point du Nouveau Monde à Soultz qui serait devenu un lieu de rencontre appelé « le petit jaune ». Le militant qui m’aborde ne ressemble pas à ceux du début. Il m’accueille. Avec jovialité. Et me propose une photo avec mon vélo sur le grand giratoire.

Dis à tes copains qu’il faut venir nous voir. Des dizaines de voitures passent en klaxonnant comme au premier jour et les petits enfants à bord nous font coucou de la main.

Un observateur expert, Philippe Corcuff, juge qu’un confusianisme s’est installé parmi les Gilets jaunes. C’est le développement de domaines où circulent des passages entre des thèmes de gauche, de droite et d’extrême droite. Ce ne sont pas les extrêmes qui se rejoignent : le confusianisme peut être présent chez des gens modérés dit-il dans Médiapart.

Je l’ai senti dès le début, la gauche radicale à laquelle j’adhère ne se retrouve pas dans cette confusion des genres, cette porosité de thèmes contraires. L’effondrement des valeurs de gauche, son émiettement, nous oblige à vivre dans un brouillard idéologique. Étrange cohabitation! Il est vrai qu’on ne peut pas demander aux gilets jaunes de rejoindre une culture politique faite de trahisons et de compromissions néo-libérales depuis trente ans. Au moins.

Il faut donc vivre avec ce fameux brouillard des idées, celles qui incarnent un besoin de justice, de renouveau démocratique et d’autres franchement réac., pourtant rares, que l’on découvre sur les ronds-points.

La France en friche (filature Ziegler, Buhl vallée du Florival) saura t-elle renaître?

Le mouvement semble déterminé. Insensible au Grand Débat qui tente de récupérer les modérés. Ce qu’ils veulent eux, c’est le départ de Macron.

De l’autre coté, le raout à répétition de Macron avec les maires ressemble à une campagne bis. Les maires qui s’exposent dans ce jeu avec Macron prennent à leur tour le risque de se couper de la base sociale qui s’exprime. C’est en campagne qu’il est bon Macron. Il sait entortiller son auditoire sans jamais mettre en cause son credo libéral. Ses recettes sont connues d’avance, ses chiffres implacables qu’il assène comme des vérités de l’ordolibéralisme de Bruxelles. Regardez le Brexit! dit-il, c’est ça que vous voulez? comme pour nous convaincre qu’aucune alternative n’est jouable. Attendons de voir!

Les potins du lundi

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Le nouveau logo

La FFVélo a tenu son AG annuelle les 1 et 2 décembre derniers.

Ses conclusions filtrent doucement dans les régions…et ici

Après les soubresauts internes entraînés par la divulgation subite de son changement de nom, la FFCT a réglé ses comptes en famille car beaucoup d’adhérents n’ont pas compris pourquoi il fallait changer FFCT en FFVélo.

Pour ne pas fâcher les anciens attachés à la tradition, on leur a dit que la FFCT reste comme avant mais que le sigle FFVélo c’est pour attirer du monde. Ce double langage n’est pas de très bon aloi. Comment expliquer cette duplicité aux nouveaux venus?

Les explications filtrent une à une dans les régions car le site de la fédé affiche toujours être en maintenance

L’intranet est fermé pour maintenance jusqu’à courant décembre.

Merci de votre compréhension.

Pour le COREG Centre-Val de Loire, l’information a été perçue comme une révolution: le séisme de l’annonce de la FFvélo. Il faut dire que la communication au niveau fédéral a surtout été mal maîtrisée (restons gentils).

En attendant on aura droit à un compte-rendu « soft » de l’AG dans Cyclomag…

On s’attendait à des débats sur les sujets « chauds » : nouvelle identité visuelle, numérisation… Ils ont eu lieu. On attendait des nouveautés, des propositions. On les a eues, avec en particulier le projet en direction des jeunes visant à faire évoluer le modèle existant, pour le rendre plus lisible à l’extérieur et susciter l’envie et le besoin de venir dans un club « FFVélo ».

Le gravel fait son apparition parmi nos activités avec les brevets « Graveline ». Le souci d’accueillir la jeune génération, les familles, les femmes qui ne demandent qu’à nous rejoindre mais n’osent pas se lancer, a été présent tout au long du week-end.
La participation de deux jeunes présidents de clubs venus nous faire partager leur expérience a été « une bouffée rafraîchissante » selon les mots d’un congressiste.

Bref la FFVélo tente de reconquérir un jeune public en s’ouvrant davantage sur le monde du vélo.

N’est-il pas déjà trop tard?

Mulhouse territoire vélo

Mulhouse nouveau bassin Hector- Renato Montanaro

On apprend dans Cyclomag que Mulhouse vient de renouveler son label avec la FFVélo.

Mulhouse est une des villes clés de ce territoire, au croisement de plusieurs Eurovéloroutes. Elle a d’ailleurs été labellisée « Ville Vélotouristique » pour la première fois en 2012. Renouvelée au niveau de l’intercommunalité en 2015, Mulhouse Alsace Agglomération redemande ce label en cette fin d’année 2018 !

J’avais consacré un billet en 2012 quand Mulhouse avait adhéré au label de la FFCT.

Je vous laisse découvrir tous les atouts qui valorisent Mulhouse et le vélo dans Cyclomag.

Les cyclistes locaux apprécieront.

Les potins du lundi

logojpgJe sais que ce billet, comme d’autres, ne satisfera pas l’appétit de mes lecteurs plus attachés à l’actualité du vélo qu’aux faits-divers qui jonchent notre quotidien.

Pourtant ce fait-divers là devrait intéresser plus que d’autres dans la mesure où il représente à mon sens une virgule, un point-virgule(?), de notre histoire contemporaine.

Qui sont les Gilets jaunes?

J’avoue avoir eu du mal en stationnant sur les ronds-points avec mon vélo à comprendre l’origine et le parcours des gens rencontrés, même si je ne suis pas dénué, je pense, d’acuité pour comprendre l’autre, celui qui adopte un comportement inhabituel dans la rue et qui brandit en étendard quelques slogans vindicatifs qui devaient sourdre dans les esprits au fil des derniers mois passés.

L’IFOP y répond…

« Sociologiquement, il s’agit prioritairement d’employés,
d’ouvriers, d’indépendants résidant en zone rurale ou péri-urbaine. Politiquement, ils se recrutent préférentiellement dans les rangs des électeurs de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon mais aussi des abstentionnistes.
Nous sommes donc en présence d’un noyau actif de quelques dizaines de milliers de gilets jaunes qui se relaient sur les barrages routiers depuis plus de deux semaines. Autour de ce noyau militant gravite un halo, objectivement assez large de 20% de la population qui s’identifie à ce mouvement (et qui peut par exemple manifester son appartenance à la cause en mettant en évidence son gilet de sécurité fluorescent sur le tableau de bord). Enfin, à ce halo jaune, viennent s’agréger près de 50% des Français qui soutiennent et ont de la sympathie pour le mouvement. »

La démocratie représentative est en danger

Telle qu’elle est pratiquée dans nos vieilles institutions, on est en droit de s’interroger sur la pertinence de notre démocratie.

Dans un Pays comme la France où la prééminence du pouvoir exécutif écrase le législatif, le citoyen lambda a de quoi se sentir démuni avec ces échéances de consultations périodiques et ponctuelles qui consistent à donner un blanc-seing à des gens qu’on estime être capables de gérer pour nous les affaires courantes de l’état…et de prévoir souvent l’imprévisible.

Mais le handicap est de taille pour nos gouvernants: la souveraineté de la nation est fortement sous contrôle de Bruxelles où siègent les grands lobbys économiques et financiers de la planète décidant là-bas ce qui est bon et moins bon pour nous ici.

Curieusement les Gilets jaunes ne revendiquent pas plus de démocratie représentaive, au contraire ils veulent juste reporter l’échéance présidentielle à sept ans au lieu de cinq!

Ce qu’ils veulent les Gilets jaunes, c’est le départ de cette caste nouvelle et condescendante à leur égard et du pognon, pour le dire trivialement.

Le problème, c’est qu’on n’est sûr de rien et que le remède pourrait être pire que le mal.

Dès lors que l’État n’a plus d’argent et qu’il ne peut plus comme du temps de Pinay faire fonctionner la planche à billets avec l’Euro, les marges de manœuvre sont inexistantes.

Notre représentation politique est largement discréditée

Il y aurait beaucoup à dire sur ce président monarque, celui-là et les précédents, auquel on confie peut-être trop imprudemment les clés de la maison France sans un amortisseur constitutionnel clairvoyant.

Aussitôt élu, on allait voir ce qu’on allait voir!

« Je suis votre chef » dit-il aux armées aussitôt élu, comme pour s’en convaincre face au général De Villiers.

Voila qui était de mauvais augure pour la suite.

Après le Sarkozy bling-bling du Fouquet’s, Jupiter sur son Olympe!

N’oublions pas que la représentativité de Macron repose sur une fragilité démocratique, un scrutin à deux tours où la légitimité de l’élu pose problème quand les choses se passent mal, c’est à dire lorsqu’on est mal élu.

C’est le cas avec l’ex-candidat Macron.

Moins de 24% des suffrages exprimés au premier tour. A peine 2% de plus que Marine Le Pen!

Il faut s’en souvenir pour comprendre la fragilité du pouvoir en place.

Et au second tour?

Emmanuel Macron a été élu par seulement 43,6% des électeurs inscrits, alors que le total de l’abstention et des votes blancs et nuls a atteint 34%.

Du coté des élus de la République, on se retrouve avec une pléthore de jeunes députés sans expériences de terrain profitant de la vague de dégagisme impulsée par Macron, souvent issus des beaux quartiers, et plutôt surdiplômés.

Et maintenant?

Et maintenant que tous les « gagne-petits » de la France laborieuse sont descendus dans la rue, qu’est-ce qu’on fait?

Les chaînes d’infos en continu déroulent leurs images insurrectionnelles et, étrangement, aucun homme ou femme politique n’est là pour commenter. Ni de droite, ni de gauche.

C’est la fuite de nos politiques.

Ni Mélenchon, ni Le Pen ne veulent prendre part aux débats.

Comme on les comprend!

C’est donc la rue qui gouverne, ou presque.

Au point que notre ministre Castaner songe à l’état d’urgence!

Du coté des maires, c’est la grogne

Contestés dans leurs pouvoirs par les regroupements territoriaux, malmenés par Macron, assaillis par les citoyens, ils n’ont plus qu’un choix, battre en retraite.

Du coté des syndicats de travailleurs, le mépris de classe affiché par le pouvoir est patent. Le désaveu du monde du travail à l’égard de ceux censés les représenter achèvent de les plonger dans le discrédit.

Que reste-il face à ces élections fragiles qui confisquent tous les pouvoirs?

La rue!

Et c’est cet incroyable magma protéiforme impénétrable constitué par ce qu’il est convenu d’appeler « mouvement gilets jaunes » qui prône une sorte de démocratie directe et horizontale sans l’aide d’aucun relais qui prend le leadership.

C’est ce que nous appelons une prise de pouvoir 3.0 le smartphone à la main.

« Macron démission », c’est le slogan insistant entendu.

Il reste à attendre la réponse du pouvoir…

Ça ne va pas être chose facile à quelques enjambées de 2019 avec son lot de mauvaises nouvelles, encore une hausse des carburants et le fameux prélèvement à la source. Une source qui se tarit.

 

Les potins du lundi

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L’avant-garde n’est pas toujours à notre goût

Faut s’méfier!

L’artisan se laisse parfois gagner par les méthodes du grand commerce.

Ton vélo en pneus de 26 ne vaut plus rien! combien? 200? 300 euros?

Ce n’est pas qu’une affaire de pneu, c’est une affaire générationnelle.

Nos commerçants en cycles préfèrent vendre du neuf quitte à mécontenter les moins jeunes attachés à leur machine.

Que Machin se débrouille avec sa machine! c’est un peu dans l’air du temps.

Enfant des années 50, notre taille moyenne est de 1.70m et le vélo de 26 pouces nous convient parfaitement. C’est une affaire de proportion, pas de marketing.

Mais les standards américains sont passés par là.

Les jeunes hommes d’aujourd’hui sont plus grands de 4 à 8 cm en moyenne et acceptent mieux les vélos de 27.5 pouces.

Tout le monde aura un 27.5 sinon rien

Je proteste, évidemment.

C’est comme pour les bagnoles.

Au prétexte qu’elles n’ont pas le dernier gadget à la mode, elles décotent.

Surtout celles au gasoil.

A partir de là, deux attitudes: soit je vends vite fait, à vil prix, soit je garde…

En vendant, on entre dans le circuit infernal de ceux qui changent pour changer.

Vous allez alors devenir un roi de l’actif circulant et vous contemplerez votre beau vélo neuf au pied du lit chaque matin.

Eh vous là, qu’est-ce que vous faites?

Moi je fais circuler mon actif, mon vélo tout neuf. Celui que je revendrai vite fait l’année prochaine.

A quand les vélos en crédit-bail?

En gardant, on devient gardiste comme ceux qui collectionnent les bons vins.

Remarquez gardiste, je l’étais déjà avant, puisque chacun sait que les cyclistes sont des avant-gardistes qui s’ignorent.

Le gardiste collectionne parfois des tas de ferraille. Comme moi. Une nouvelle sagesse qui consiste à mettre en avant tout ce qu’on a laissé derrière.

Je pourrais terminer ce billet du lundi avec l’insignifiance du type qui raconte sa vie sur un vélo…et qui ne sait faire que ça.

Je ne le ferai pas.

Il me faut revenir sur cet épisode de contestation des Gilets Jaunes.

Beaucoup préfèreraient griller les étapes; j’en connais parmi mon entourage qui aimeraient voir se dissoudre en silence ce phénomène qui entrave la bonne marche de leur idéal climatique.

Le Plan Climat et ses promoteurs veulent continuer sur leur lancée comme si rien ne devait enrayer le rythme immuable des réformes vers un univers décarboné.

Ni Trump, ni la Chine, la France toute seule est sûre de sa vérité.

Le grain de sable, hélas, est venu des Gilets Jaunes.

On ne sait pas encore si la société qu’on dit aujourd’hui libérale pour ne pas dire capitaliste (ce gros mot), va abandonner quelques lambeaux de pouvoir d’achat aux travailleurs.

Pour le pouvoir en place, le désaveu est patent.

Il n’a que ce qu’il mérite après tant d’humiliations et de régressions subies par le monde du travail.

La France profonde est devenue une sorte de tiers état où personne ne la représente dans aucune institution et qu’on peut taxer à volonté.

La faute à qui?

Ne soyons donc pas étonnés si la rue devient un nouveau théâtre de revendications et de protestations.

Pour l’heure, cette révolution qui ne dit pas son nom effraie le beau monde des ministères et les élites médiatiques , mais ce n’est rien à coté d’une vraie révolution comme celle de 1789 où les ingrédients sont pourtant identiques:

  • des caisses vides
  • une contestation large
  • une élite discréditée
  • un président, roi des riches