Catégorie : course à pied

Stille Nacht

Je passais par là guidé par la musique.

Mais il n’y avait que moi pour écouter. L’animation de rue n’attire pas en cette année de pandémie. Alors j’ai repris mon jogging et après mon heure de sport, je suis rentré à la maison.

Ce genre de mec me rend fou

J’étais au km 2…et par zéro degré, je commençais à être chaud derrière ma burqa

Par chance la RN est au rouge.

Je traverse l’avenue au bonhomme vert en courant. Le bonhomme passe au rouge avant que j’atteigne l’autre coté.

Un type pressé démarre, me klaxonne et me montre du doigt le signal lumineux qui est passé au rouge..

Ça m’a gâché le retour car je me mets à « psychoter » tout le long du chemin. Je me fais un film, je rejoue la scène.

Je bloque la bagnole et je lui dis « si tu descends, je te pète la gueule ». C’est mon coté voyou qui prend le dessus, c’est irrésistible. Peut-être un effet de restant de testostérone? Une fois à la maison, je redeviens civilisé. Ma femme l’a échappé belle.

Vendredi, j’ai manqué deux fois l’accident.

Une fois en traversant le passage piéton, l’automobiliste a été surprise par la célérité du vieux joggeur et de sa parade, coup de frein brutal dans mes pompes et barre à gauche tout le long de la carrosserie. Ouf!

Et une autre fois sur le trottoir, la portière de la Kangoo qui s’ouvre sans crier gare. J’ai frotté la porte tout du long en la retenant de la main.

Le jogging, réflexion faite, est aussi dangereux que le vélo.

Je classe en « humour », mais n’y revenez pas!

Le COVID rend-il fou?

Aujourd’hui, j’ai couru sans m’éloigner du quartier. Tant et si bien que je recroisais souvent les mêmes personnes qui devaient me prendre pour fou

Le Covid rend-il aussi fou?

Des questions comme celle-là, on doit en lire partout sur la blogosphère.

Nous sommes nombreux à marcher, voire à courir dans mon quartier. C’est un phénomène nouveau lié au Covid. Parfois les gens sont accompagnés de leur(s) chien(s) et arpentent les rues, les ruelles, les impasses, plusieurs fois par jour. Certains semblent désœuvrés, ils marchent sans but, …et moi je cours. Forcément, on se reconnait à la longue. L’univers canin est omniprésent. Je n’ai jamais vu autant de gens promener des chiens. A vélo, j’ai renoncé sur les pistes à vociférer: je m’arrête. « Ô excusez-moi, il n’écoute pas ». Le chien divague, c’est naturel. Je tente un « qu’il est beau! », le maître prend son chien dans les bras… « il a deux mois, mon bébé » . Je le caresse sur le museau et le chiot mordille aussitôt mes gants. Puis je reprends ma route.

J’attribue mon besoin de courir et donc de « tourner en rond » provisoirement comme une conséquence de l’interdit de la puissance publique sur l’individu qui perd son libre arbitre d’aller et venir là où bon lui semble. En temps normal, non je ne courais pas, l’idée ne me serait pas venue. Maintenant je cours. C’est le bon coté du Covid puisqu’il nous pousse à entretenir notre santé, dit-on. Voire! Actuellement, je me déglingue surtout les guibolles. On verra à la fin…

Verbaliser nos ressentis, ça soulage aussi

BHL s’est aussi penché sur la question

Songeons que depuis le début de cette épidémie, j’ai atteint ce soir 499 km de course à pied dans mon quartier! Une attitude de fou penserons-nous. D’ailleurs, les braves gens que je croise le long des trottoirs, de ma génération pour la plupart, semblent compatir, je le lis dans leurs regards. Et je découvre en même temps cette population confinée du troisième âge si problématique avec ses comorbidités.

9411 pas dans l’heure! un truc de dingue.

Oui je suis un bougeux qui ne tient pas en place et aussi un scribouilleur à mon heure. Il faut bien équilibrer!

Mais je m’interroge, la pandémie rendrait-elle aussi fou? Les psychiatres alertent.

“Le corps est l’objet favori de notre contemporanéité, il faut en prendre soin à tout prix car on n’en a qu’un, qui est voué à vieillir, et il faut vivre à tout prix, car notre chance d’exister, c’est maintenant”, commence-t-il. Or le coronavirus “vient bouleverser ces représentations, il est la menace d’une maladie qui nous rappelle que notre corps est voué à disparaître et que nous ne sommes pas immortels” psychologue clinicien Samuel Dock, co-auteur de “Le nouveau malaise dans la civilisation” dans le Huffingtonpost

Vivre à tout prix, oui, c’est ça mon problème. Et résister aux incertitudes du moment, aux ordres contradictoires et aux contraintes anxiogènes.

Et j’imagine que je ne suis pas le seul dans ce cas.

On doit dire la Covid. Je suis gêné que cette saloperie soit féminine. Encore un scrupule refoulé en moi! Un psy, vite!

Course au pain

Cette cagoule est faite pour le vélo, le tissu sous-casque est trop fin pour protéger du froid, j’y ajoute une casquette

Dès que l’occasion se présente de pouvoir sortir du rang rond, je sors.

Aujourd’hui course au pain au centre ville. Le matin est glacial avec à peine deux degrés. Je n’ai pas l’expérience d’un tel froid pour courir. Ma crainte, c’est les paquets d’air froid qu’il faut avaler.

J’expérimente ma cagoule toute neuve qui fait masque en même temps. Très utile pour respirer de l’air déjà chaud mélangé avec son propre CO2. L’inconvénient c’est qu’on doit aspirer beaucoup plus fort et plus vite pour « chercher » son air neuf.

L’autre difficulté, ce sont les lunettes qui se couvrent rapidement de buée. Alors je dois les enlever.

Les rues de Thann étaient peu fréquentées ce matin

Porter une baguette de pain chaud à la main, c’est sympa pour les doigts froids. Je passe ma baguette d’une main à l’autre.

Tourner en rond

Des paquets de nuages gris sur l’Alsace ce matin

Le gouvernement aura réussi une performance, au moins une, celle d’avoir appris aux Français à tourner en rond. L’épidémie en a t-elle été mieux contenue? les épidémiologistes vont pouvoir s’aventurer dans la Constante d’Archimède.

Comme les chiens fous qui tentent de se mordre la queue.

Mon jogging du matin

Jogging matinal

Le jogging matinal permet de commencer la journée du confiné. La vraie, pas celle de ceux qui font comme avant. Le retraité est le vrai confiné, celui dont les interdits sont les plus pénalisants.

Mes pompes chaussées, j’arpente donc le quartier en petite foulée. C’est un contre la montre. Les dames secouent les draps à l’étage, les messieurs promènent le chien.

Je m’octroie souvent la chaussée plutôt que le trottoir car c’est moins fatigant que le trottoir en pente variable, couvert de regards de branchements et rapiécés. Je prends les traversées piétons en diagonale, c’est aussi moins éprouvant que les angles droits.

Le corps une fois réglé, les jambes courent toutes seules,comme si nous pouvions consacrer notre esprit à autre chose. C’est fabuleux cette accoutumance de la machine humaine. De temps à autre, je me surprends à peiner, alors je relance les feux, puis je reprends mes songes.

J’avais écrit un 2016 un billet sur le mode hibernation du cycliste. Je pense que l’activité d’endurance à pied relève du même processus mental.

Quand l’heure de fin approche, je resserre l’itinéraire. Au bout de cinquante minutes, c’est bon, je peux passer à autre chose.

Finalement, le jogging, c’est une hygiène de vie comme une autre. J’ai été dépassé par une jeune femme sur sa trottinette électrique. Elle avait une silhouette un peu…enveloppée et je me suis dit que nos maux sanitaires venaient en partie de là. Mon jugement n’a aucune valeur morale, mon prochain fera comme il veut.

Confinement agréable et utile

Une profusion de choix d’itinéraires autour de la chapelle de Leimbach
J’ai expérimenté le VTT confiné https://www.openrunner.com/r/12231059

Comment optimiser votre journée sportive pendant le confinement?

Gardons-nous de tenter de déroger à la règle. Il s’agit de rester dans les limites du toléré. D’ailleurs quoi qu’on en pense, je suis toujours resté légaliste. Ancien garde assermenté, j’aurais du mal à expliquer pourquoi je ne respecte pas la règle…même si nous sommes souvent tentés de contester cet arbitraire qui veut qu’un type dans les vignes sur son vélo serait plus contaminant à trois kilomètres qu’à un kilomètre de chez lui.

Je vous encourage à signer la pétition pour ouvrir notre champ à cinq kilomètres ici

Donc reprenons: ce matin VTT plus jogging. Tout à fait légal.

Du terrain propice au VTT à la sortie de la ville

Je rédige successivement

  • une attestation de déplacement dérogatoire K6 « déplacement bref lié à l’activité physique » (1km/1h)
  • une attestation de déplacement dérogatoire « achat de première nécessité » (non limité en temps et en distance)

J’affiche mon cercle de rayon 1km sur le GPS du VTT et run!

C’est très marrant parce qu’on se prend au jeu d’essayer toutes sortes de chemins tangents à la limite. Il m’arrive de faire demi-tour (pour la forme) car déborder un peu ne serait pas grave.

Aujourd’hui les abords des vignes sont gadouilleux

En même temps je surveille le chronomètre car je « consomme » mon temps imparti plus vite qu’à mon goût.

Je commence par monter derrière chez moi. J’ai de la chance, je suis tout de suite dans les vignes de Leimbach et je circonvole autour de la chapelle Notre-Dame Auf der Heiden

Je redescends en ville mais c’est moins bien car les virages de rue sont délicats avec le sol mouillé.

Et pour finir je vais tester le bois des Bouleaux à Vieux-Thann. Planté dans les orties et les ronces

Au bout de 14 km, retour à la maison.

Changement de pompes, sac à dos, rédaction attestation cas 2 achat de première nécessité, je repars

Arrivé en ville, achat de ron-ron.

5 km de jogging pour l’achat de première nécessité Pour le jogging, mon score reste désolant, je n’arrive pas à quitter le mode diesel

Au total deux heures de sport individuel

Culture physique

Les bois fument encore après la nuit pluvieuse. Quand je suis arrivé là, j’ai accompli la moitié de mon jogging. Il ne me reste plus qu’à descendre le long de la rivière et des vignes. Il fait bon, mon pas est équilibré et je peux même m’exercer à pousser les feux en profitant de la pente légère.

Jusqu’où mon corps va t-il me permettre d’aller? s’interroge ce matin Laure Adler dans les DNA qui publie « La Voyageuse de nuit » .

Il est vrai qu’à 70 ans, on commence à porter certaines cicatrices de la vie, s’inquiète t-elle.

Je ne sais pas quel est le bon mot.

On dit souvent qu’on va faire sa gym, cultiver le développement régulier du corps, l’accroissement et l’équilibration de toutes les forces de l’organisme

La gym est devenue tellement tendance qu’on y va comme on va faire son marché. Moyennant finances depuis que d’habiles marketeurs se sont mis sur le marché.

Pour moi, nulle question de payer pour faire ma gym, j’ai eu assez de mal à la gagner pour ne pas la dépenser dans des salons. Je suis radin, c’est vrai. Gagner sa gym? oui, réussir à se convaincre qu’il fallait ne pas s’installer dans l’oisiveté.

Et en plus l’idée de tressauter sur un tapis roulant derrière une vitre me semble le comble de l’hérésie. L’air serait-il plus pur derrière une vitre qu’au dehors? pas sûr!

Non moi ce que je veux, c’est du live, du transport, aller de A à Z plus le retour de Z à A.

Môme, j’en ai bavé avec la gymnastique corrective quand j’étais au CP. Un moniteur en survêtement ressemblant à un adjudant de casernement (peut-être l’était-il?) nous conduisait au bout de la ville, à pied, et on nous étirait le long d’une échelle fixée au mur comme on dépouillait des lapins écorchés.

Je n’ai plus jamais aimé la gym connotée à la torture.

J’y reviens avec le confinement Covid en pratiquant cette discipline marginale qu’est le jogging. Marginale car peu encadrée de prérequis, il suffit de courir, point barre.

A mon âge, j’ai le sentiment de faire de la culture physique comme un supplément nutritionnel, une nourriture du corps en complément de celle de l’âme et de l’esprit.

Ambition vraisemblablement excessive.

Alors ce matin cultivons notre physique, la tête devrait pouvoir suivre!

Courir avec un diesel

J’ai un regret, c’est de ne pas avoir de chaussures de jogging imperméables. J’évite donc les jours de pluie. Aujourd’hui on l’attendait mais elle n’est pas venue. J’ai donc mis en marche mon diesel à pinces. C’est une aventure, il fume pas longtemps, juste le temps de déboucher les injecteurs. Je pars pour un run pépére….lisez ici, ça me convient bien.

Mais je ne me sépare pas de mes instruments de base; je veux toujours avoir des références, comme avec le vélo.

Se décider au jogging à la fin de la journée demande un certain courage. Il faut le vouloir. L’exercice est court et les préparatifs ne sont pas aussi longs qu’avec le vélo. Au bout de cinq kimomètres, j’en ai assez. Je suis donc rentré plus vite à la maison. Faut quand même faire attention aux carrefours et aux traversées de rue en biais.

Je suis toujours ébahi de voir mon rythme cardiaque au retour du jogging. La montée dans les tours est instantanée. J’ai deux pauses cardiaques à la traversée de la RN66, l’une après le km 2 et l’autre après le km 4.

Il est vrai que sur cette distance, je tente un peu d’allonger la foulée. J’arrive à descendre le kilomètre à 6 minutes 45 au lieu de 7’30 ». Mais la contrepartie c’est la hausse du rythme cardiaque. Tout est affaire de compromis.

Mardi gris pas gras

13km500 à vélo pour une petite course de 5 euros, ça le valait bien.

Je les connais mes amis qui se réfugient devant la télé. Le mardi est gris, alors à quoi bon sortir le vélo?

C’est un argument qu’est pas faux.

J’ai donc biaisé. Je suis allé chez Crocky avec mon vélo de ville. Crocky, c’est un genre de Gifi, une foir’fouille comme une autre.

Il me fallait du Velcro autocollant pour barrer mon sac à dos de bandes fluo. J’ai donc pris la route habillé comme un technicien de surface. En passant devant la déchetterie, les préposés me faisaient un signe amical de la main. Comme si j’étais des leurs. Chez Crocky, la dame a cherché son Velcro…Enfin on l’a trouvé. Puis elle est partie chercher son mètre à l’autre bout de la surface…Lorsqu’elle est revenue, j’étais encore là, stoïque, car en chemin elle était détournée par d’autres acheteurs qui cherchaient des rubans, de la toile vinyle , des boutons à pression et même des rideaux bonne femme colorés. Enfin la mesure! Tiens mes ciseaux ne sont pas là…elle repart…lorsqu’elle est revenue, j’étais encore là. A attendre mon Velcro. Les ciseaux ne coupent pas fort, ils sont rebelles. Donnez-les moi, madame, je vais essayer…à deux, nous y sommes arrivés. 2.50 le mètre de crochets, plus 2.50 le mètre de boucles.

Quand je suis sorti de Crocky, il tombait des hallebardes. Je me suis appliqué à viser la route en baissant la tête…ce qui me permettait de voir, « de visu », par dessus mes lunettes dépourvues d’essuie-glaces.

A la maison, mon pantalon de jogging ressemblait à une serpillère.

Mon jogging du jour en forme de cœur

Je ne voulais par rester sur une mauvaise impression. Ce matin, j’ai découvert dans la presse locale que mon jeune voisin a accompli une performance: il a couru le 10 km en 32 minutes soit aussi vite à pied que moi à vélo pour aller à Crocky! Alors j’ai compris que je devais encore persévérer en course à pied.

DNA 29 septembre

La pluie ayant cessé, j’ai donc chaussé mes pompes de sept lieues. Et je puis parti courir. Au retour j’ai découvert un parcours en forme de cœur et je me suis dit que j’avais cette chance de pouvoir courir un peu. Après 40 minutes de course, je suis arrivé chez moi avec 6 km au compteur.

J’avais mis les boosters pour atteindre le kilomètre en 6 minutes 30.

Enfin de la fraîcheur!

Jogging décentralisé dans la fraîcheur matinale avec 16°C.

Le tour du lac ce matin. Une heure et quinze minutes en petite foulée me suffiront pour aujourd’hui. J’ai dépassé les 400 km. C’est une fierté même si j’ai croisé un septua en débardeur beaucoup plus fringant que moi.

Je suis parti d’Aspach, j’ai grimpé jusqu’au lac par la forêt. Puis j’ai fait le tour en commençant par la digue. Un kilomètre sans une âme à l’horizon. Puis je suis revenu par le sentier spongieux recouvert d’écorces fraîches. C’est trop mou, je longe la bordure. Puis je descends au collecteur et je remonte à l’autre bout de la digue. Retour par la digue et descente à Aspach.

Dix kilomètres tout rond. Content de mon tour. L’arthrose de mes genoux, j’évite d’en parler, j’essaie de vivre avec. Mais après dix bornes de jogging, évidemment la douleur est un peu plus aiguë derrière les rotules pour le reste de la journée. Les phalanges, c’est très supportable, mais les genoux c’est plus critique.

Il faut apprendre à vivre avec. Le toubib m’a prescrit du Diclofénac. Savoir que j’en ai, ça me rassure. Je ne sais pas s’il existe des clubs d’arthrosiques…

J’ai des amis cyclos qui ont des prothèses de hanches, ils ont du avoir autrement plus mal que moi.

Jogging, mon sport par défaut

Je m’aperçois que mon appli a dérapé au premier kilomètre, la trace n’est pas la bonne, d’où le pointillé. J’ai du être volé sur mon score…

Quand la fin de la journée approche, j’éprouve parfois le besoin de racheter ma paresse. Alors je cours. Ce soir j’ai pris la route de Roderen jusqu’à la piste cyclable en bas de Leimbach. Terrible de devoir courir sur le bas coté de la route dans les hautes herbes et les orties! Un fois arrivé à la ZI d’Aspach/ Vieux-Thann, je rentre.

Sur mon appli MiFit, le compteur affiche 369 km. J’ai du mal à le croire. J’ai commencé en février 2020. Juste pour voir à quoi ressemble le jogging qui est tant pratiqué.

Une simple curiosité.

Le 20 février, j’ai acheté des pompes de coureur. 123 euros la paire! plus chère que mes pompes de vélo. Le vendeur m’a rassuré, « avec ça vous allez faire au moins 1000 km!… »

1000 km, me dis-je, je ne suis pas prêt d’y arriver. J’en ai déjà fait le tiers.

Faut pas croire, le jogging, c’est difficile et je galère. Au bout de 45 minutes et 6 km je n’en demande pas plus et j’ai bien conscience d’avancer comme une âne. Je sais qu’un compétiteur en 45 minutes court le double de distance, mais comparaison n’est pas raison. Je n’ai plus l’âge de rentrer dans ce genre de considération. J’aimerais bien me décentraliser plutôt que de tourner toujours dans le quartier mais il faudrait que je trouve où garer mon vélo…

J’ai des amis qui ne comprennent pas ce sport alors même qu’ils sont cyclistes. Je dois reconnaître que le jogging est autrement plus exigeant sur le plan physique. C’est un sport debout alors que le vélo est un sport assis. Dès que vous « traînez » une surcharge pondérale, le jogging vous le fait payer à la puissance 10.

Reste que sur le long terme, le jogging doit vous déglinguer le squelette plus vite qu’à vélo..

Vide spatial et temporel

La passerelle est en bois. Si les piles sont généreuses, c’est parce qu’un train y passait il y a un siècle

Ne vous inquiétez pas si je dois intellectualiser des choses simples comme l’ennui.

Ce matin, j’ai démarré la journée en zigzag, c’est à dire sans savoir quoi entreprendre. Entreprendre, c’est facile pour un entrepreneur. Mais pour un oisif comme moi, un retired ou un self-employed comme me désigne Facebook.

Donc ce matin, je sens que je vais rater ma journée. Par temps de canicule, il ne faut pas « se rater » le matin car l’après-midi difficile de « se refaire ».

Je compte mes journées, mes jours, comme si j’avais un calendrier d’activités à assumer. Chez moi, tout est noté, transcrit. C’est pas une vie!

Comme je sais que le grand coté de mon existence est derrière moi, raison de plus pour ne pas louper un jour qui vient.

Celui-là, ce matin, partait en vrille. la vrille étant un zigzag dans l’espace si on veut bien me suivre.

Entre les travaux ménagers, la lecture, la mauvaise herbe, le barbecue à nettoyer, la peinture, les polémiques sur Facebook, je ne sais plus où donner de la tête.

Quand on commence comme ça, on arrive à midi et on a encore rien fait.

A dix heures, je suis vide. Vide comme une batterie déchargée. Finalement ne rien faire, c’est fatiguant aussi. Je ne sais pas répondre à deux questions fondamentales qui reposent sur des adverbes interrogatifs

  • quand?
  • où ?

Faites le test! si vous ne savez pas quoi faire, dites-vous quand? et où ? dans cet ordre.

Si vous sentez l’urgence temporelle de faire quelque chose en répondant à quand? faites le tout de suite. Surtout s’il est déjà dix heures et que le soleil chauffe.

Ensuite où ?

Je n’ai plus beaucoup de temps pour réfléchir…

Le vélo? c’est mort avec deux heures devant moi, je vais faire un aller-retour au lac. Pas envie.

Alors où ? je saute dans la voiture et je file faire un jogging à Sentheim planqué dans la forêt. Je traverse Lauw tout trempé de sueur et je me réfugie à nouveau le long de la Doller à l’ombre.

Six kilomètres suffiront. Je suis dans « mes constantes ».

45 minutes. Mon espace temps a été correctement utilisé. Je suis rasséréné. Au moins jusqu’à demain.

Comment vous dites? je devrais voir un psy?…j’y songe.

Non, je ne suis pas ami avec tout le monde

Faut pas croire, on n’est pas devenus tous amis parce qu’on est sur Facebook.

Le réseau Facebook qu’on dit social est facilement irritant pour peu qu’on y trouve des thèses à l’exact contraire de celles que vous défendez. Et en plus, je ne parle même pas de ceux qui colportent n’importe quelle nouvelle bidonnée pourvu que ça amuse la toile. L’ortografe nivo maternelle supérieure? faut faire avec. Quand mon mental correcteur plante, je zappe.

C’est pourquoi de temps à autre…

  • je me fais virer de certaines listes tellement je suis pénible et intègre vis à vis de moi-même comme la liste FB de Pascal Bride alias « BridoUltra« . Pascal Bride est un grand cycliste mais ses émotions à deux balles m’irritent. C’est plus fort que moi.
  • j’abandonne certains groupes franchement à l’opposé de mes orientations politiques comme « nous sommes 16 millions de retraités » qui est très orientée facho, gilets jaunes
  • je réfléchis à me barrer de « Gravel Bike France » tellement ils sont chiants avec leurs questions à 5 balles
  • et pire, je vire de ma modeste liste des emmerdeurs qui pensent pouvoir s’essuyer les pieds sur mes convictions et à qui en plus je devrais dire merci. Dehors!

Ce qui fait dire à une de mes petites nièces que j’adore « tu râles tout le temps ».

Comme elle a raison!

Les plus paranos parmi les groupes, ce sont les groupes de vigilance du quartier de Tartempion. Ceux-là se sont constitués en milice Facebook et ça flippe dur toutes les nuits dès qu’un chien aboie. Ceux-là aussi, je les quitte.

Bon ça c’est fait.

Aujourd’hui jogging. Quel vilain mot!

Le jogging pour les vieux est-il ringard?

J’ai fait dix bornes après avoir mijoté une bonne partie de la journée. Vélo? rien? VTT? rien?…ce sera un jogging. Brutal: déshabillé en 10 secondes, en tenue en 20 secondes. Pas le temps de changer d’avis.

Et run!

Au bout de cinq bornes, je rallonge. Le métronome interne fait dong-dong-dong. Je le respecte dans les montées en faisant patiner l’embrayage comme si j’appuyais sur la pédale…et je débraie dans les descentes.

Le jogging pour les vieux, une ringardise à la mode

C’est clair, je fais grand-père avec mon score. Les mômes se marrent dès que je les ai croisés.

Être sportif à partir d’un certain âge, ça vous décote. C’est comme celui qui a trois plateaux, ça fait ringard. (lire l’article)

Sudoripare

C’est un nom étrange sudoripare. Il me rappelle les sciences naturelles à l’école avec le derme, l’épiderme et la transpiration.

Les glandes sudoripares fonctionnent à fond les manettes quand je fais mon jogging. Ce matin encore, 13° au thermomètre, je me pèse au retour….1 litre de sueur!

Autant que si j’avais monté le Hundsrück en quatrième vitesse à vélo!

Et mon appli Yazio est avare, elle ne m’accorde royalement que …425 kcal brûlées. Alors même qu’une heure de vélo est comptée à l’identique ou presque avec 485 kcal.

J’ai un vrai respect pour ceux qui courent car j’ai découvert combien le jogging mobilise de potentialités physiques. C’est vrai, courir rend le vélo plus facile.

Je me suis habitué à un format de jogging facile, pourrait-on dire, qui tient en une heure sur des sols revêtus urbains.

Aujourd’hui, j’avais de bonnes sensations avec 8 km en 58 minutes. Je ne cherche pas à faire mieux. Mon cardio s’est stabilisé à 133. Je crois que ce sera ma norme.

Je pousse un peu sur les pédales pour mon dernier km rien que pour voir…étonnamment il m’en reste un peu sous la semelle. J’en suis presque surpris.

Good Move

C’est vexant un temps comme ça. On attend une éclaircie toute la journée, et elle ne se produit pas.

J’ai sacrifié ma balade du soir à vélo en ville et j’ai chaussé les baskets.

Good Move dit l’appli. Courir après le diner et juste avant la nuit, je ne l’avais pas encore fait. On croise peu de monde, on voit les lucarnes allumées à travers les fenêtres. Koh-Lanta? Peut-être!…

Je suis d’une nullité crasse à l’égard de ce genre d’aventures télévisuelles. Claude, Inès et Naoil se disputent le titre du meilleur aventurier de « L’île des héros ».

Je n’en saurai pas davantage. Dans le passé, j’aimais bien regarder La Chasse au Trésor avec Philippe de Dieuleveult juste pour les hélicos, mais c’était il y a quarante ans.

Croisé un joggeur, une voiture de gendarmerie. C’est tout.

Quand j’arrive à la maison, l’imper en plastoque a fait son œuvre. Je suis mouillé dedans et au dehors. Une sudisette qui je l’espère favorisera mon sommeil.

J’ai dépassé mes 300 km de jogging. Bien arrosés avec la pluie.

Talon-pointe

S’évader tous près de chez soi pendant une heure

Talon-pointe, c’est une technique automobile pour pilote de course.

Pour moi, ce sera ma façon de courir en utilisant mes pieds. Une technique humaine de marche à pied et de course qui remonte à la nuit des temps.

Ce matin, pour délaisser un peu le vélo, j’ai couru 8 kilomètres.

Un truc qui me pompe à fond. Quand je rentre je suis liquéfié, la casquette ruisselle. Et je ne suis plus bon qu’au clavier.

Déjà 287 km avec mes pompes HOKA. Je suis un petit joueur, un petit grand-père qui n’en mène pas large dans les rues. Mais j’en suis pourtant fier. Mes scores sont dorénavant stabilisés et connus. Je cours le 8 km en un peu mois d’une heure avec un cardio moyen de 132. Sur le dur! sur chemin cabossé, c’est beaucoup plus difficile; je n’ai pas vraiment encore tâté ce terrain qui me semble accidentogène pour les chevilles…

Je vais en rester là sans chercher à faire mieux. Avec presque trente ans de plus que les quadras, inutile de tenter de les accompagner, ils sont beaucoup trop forts pour moi.

287km pour mes pompes HOKA. Les coussins mous en orange commencent à s’user. Le vendeur estime la tenue à 1000 km…on verra. Je pense avoir une légère pronation car l’usure est plus visible à l’intérieur du pied

Je regarde mes semelles…je vois que les coussins amortisseurs au centre de la courbure plantaire s’usent plus vite que les crampons avant et arrière.J’imagine que c’est normal.

Pourquoi courir?

Courir dans sa ville, un exercice physique qui tient en moins d’une heure lorsque l’emploi du temps est serré

J’ai parcouru un peu plus de 280 km à pied depuis que le Covid nous a confiné à domicile. Je me demande à présent si continuer à courir est utile. A quoi ça sert de courir? La première réponse est celle du bien-être. Un bien être corporel et mental et aussi une façon de posséder une pratique sportive pluridisciplinaire.

Parmi les inconditionnels du vélo, beaucoup ne comprennent pas la course à pied qui s’intercale entre marcher et pédaler. Or courir est une source immense de bonheur comme laisser courir sa plume, courir les chemins, courir le monde par la lecture, courir l’aventure,…

Je l’ai vérifié moi-même au cours de mes premières sorties. Trottiner à pied, c’est une façon de vaincre l’enfermement et de reprendre possession de son corps.

On m’objectera qu’on peut aussi faire du sport chez soi, c’est affaire de goût, j’ai besoin de voir du paysage défiler, de rencontrer des perspectives.

Je ne connais rien à l’académisme de la course à pied. J’ai tenté de savoir…combien de temps courir? à quelle vitesse?…j’ai constaté que la plupart des joggeurs s’en foutent un peu, la plupart ne savent même pas quels sont leur temps au kilomètre. Peu importe après tout!

Tenter de comprendre la course à pied, c’est aussi une façon de comprendre pourquoi ce sport est si populaire. Alors oui, courir c’est une façon ordinaire de lutter contre la sédentarité, un mal moderne, sans autre exigence qu’un vêtement léger et qu’une paire de chaussures adaptées.

En outre courir trois, puis quatre, puis cinq kilomètres « se loge » facilement dans un emploi du temps serré contrairement au vélo plus chronophage.

On pourra longtemps épiloguer sur les méfaits d’une respiration à grandes bouffées d’air pollué au centre des villes…mais comment faire autrement tant que les pouvoirs publics refuseront de prendre à bras le corps cette question de santé publique?

Ne pas se raconter d’histoire: courir est un sport debout contrairement au vélo où l’on est assis. L’engagement corporel est donc total lorsqu’il faut trottiner. D’autant qu’à pied la roue libre n’existe pas dans les descentes! Les prérequis sont là: tenter de courir avec un surpoids n’est guère raisonnable pour le squelette et le système cardio-vasculaire. Mieux vaut donc commencer lentement, quitte à marcher au début!

Il me reste à présent à tenter d’intercaler vélo et jogging dans un emploi du temps déjà encombré.

Jogging en semi-conditionnelle

Mi-libre, mi-prisonnier

On aurait tendance à l’oublier, nous ne sommes qu’en liberté semi-conditionnelle, c’est à dire astreint à demeurer dans un rond de 100 kilomètres…même si on n’a plus besoin d’attestation et de chronomètre.

Je n’en fais pas un drame puisque, nous dit-on, l’avenir de l’épidémie dépend de notre obéissance. Ou pas! C’est donc à nous de choisir. Ce marché tacite passé avec la population ressemble à un marchandage avec le pouvoir et aussi une façon de masquer son incompétence depuis l’origine. Vous l’avez compris, je n’ai aucune complaisance avec ces gens qui nous gouvernent. Bref, je suis un rebelle.

J’imagine qu’ils sont nombreux les Français à ne pas goûter du tout cette forme de confinement élargi pendant le week-end, ceux qui partent habituellement voir leur famille, ou dans leur résidence secondaire, ou sur leur bateau, que sais-je…

Pour ma part, nul entêtement à franchir les limites d’un rond que je considère provisoire. Il en sera tout autrement si la punition se prolonge tout l’été. Aucune crainte, le confinement de l’élite parisienne autour de la capitale va rapidement faire craquer le dispositif quand l’heure des vacances d’été va sonner.

Comme le temps est à la pluie ce matin, je me suis glissé entre les gouttes pour faire un jogging. Et je suis rentré dégoulinant de sueur. Etonnant, en 50 minutes je perds 800 grammes de flotte. Mes pieds courent et mon esprit se démène avec cette merdasse d’iphone qui ne m’envoie pas les infos que j’attends au bracelet. Je fulmine pendant le premier kilomètre et sautant comme une gazelle dans la montée du Haut-Verger.

Puis je soupire enfin en descendant la rue Kléber.

Un ersatz de marché sous confinement (Thann)

Au marché, service d’ordre. L’agent de ville me suit du regard comme s’il s’attendait que je pénètre dans le labyrinthe de barrières qui conduit aux commerçants ambulants.

Mais non, je longe la place du Bungert et franchissant la Thur, je descends le long du Rangen.

Étrange atmosphère d’une population silencieuse qui se prête à toutes sortes de salamalecs pour faire comme si tout était comme avant.

Pavlovien

Miam-miam disait Pavlov

Réflexe conditionnel ou pas, si l’on part faire du sport avec l’idée qu’une bonne nouvelle nous attend au retour, alors on est plus motivé. Par exemple, un dessert à midi qui m’attend constitué de fraises au sucre.

Théorème invérifiable par moi-même. Mais j’en ai fait l’expérience et ça a marché puisque j’ai couru plus vite.

On pourrait tout aussi bien me lâcher un molosse aux fesses tout affamé et je courrais aussi plus vite.

Donc mon théorème marche aussi.

3 mois de jogging, diagramme vitesse/cardio j’arrive à stabiliser mon cardio au-dessous de 130 et ma vitesse est passée au-dessous de 7 minutes le km

Dans le premier cas, je m’appuie sur un besoin physiologique et dans l’autre un besoin de sécurité.

A chacun sa stimulation. Je ne sais pas ce qu’en pensent les coachs ni quels besoins ils stimulent pour faire aller plus vite leurs poulains.

Je n’ai pas encore essayé la piquouse dans le derrière

Une chose est sûre, c’est que je me marre bien avec ma prose à dix sous.

Les Bangards

La cabane des Bangards à Thann

Je passe devant la cabane des Bangards*. Aujourd’hui, j’ai choisi de « rouler » lentement car l’ami Lomoberet m’a mis la pétoche en prétendant que j’allais trop vite pour mon âge.

J’ai donc réduit mon pas. Et comme la pluie s’est invitée, j’ai tourné court.

A l’origine les champs et les vignes autour de Thann étaient surveillés par quatre gardiens.

Ces gardes sont appelés « Bannwarth » en allemand, « Bangert » en alsacien, ce terme a été francisé en « bangard ». 

Chaque année, 4 bangards sont élus parmi la bourgeoisie, à raison d’un par confrérie. Cette charge représente un honneur et pour siéger au conseil de la ville, il faut avoir exercé cette fonction.

Le cirque a assez duré

Ce matin j’ai la mine pas tibulaire des mauvais jours.Je m’impose un format de jogging qui doit tenir dans l’heure. C’est idiot, je sais.

C’est ma 37eme sortie de jogging. Avec des constantes stables sur 8km. Des temps de 7 minutes à 7minutes 30 au kilomètre. Je ne tente pas plus car je « travaille » avec un cardio moyen entre 135/145. Je ne veux pas aller au-delà de 85% de la FCM qui est chez moi à 165.

Encore une fois j’ai tourné autour de chez moi comme dans un cirque où les chevaux frôlent la balustrade. Comme des milliers d’autres tournent dans leurs quartiers. Nous sommes en quelque sorte dans une zone d’attente soumis au bon vouloir des autorités.Certains découvrent même des particularités ignorées de leur quartier trop habitués à se déplacer en voiture plutôt qu’à pied.

Je me souviens du sketch de Raymond Devos où tout le monde tournait autour d’un rond-point. Et vous là, qu’est-ce que vous faites?… Comme vous, je tourne!…Il y avait l’ambulance et le corbillard qui tournaient ensemble. L’ambulance était déjà vide, comme on l’imagine, et le corbillard…occupé . Nous sommes donc sur orbite. Pas encore une orbite céleste, mais on pourrait presque l’espérer. Finalement nous sommes devenus des cosmonautes dans notre quartier, des types masqués qui tournent sans savoir où aller. Parfois, on change d’orbite, on tourne dans l’autre sens. Alors on croise ceux qu’on avait déjà rencontré la veille. Alors, comment allez-vous? on fait aller…et vous? moi y’a des hauts et des bas, je suis un peu perdu depuis que je tourne dans l’autre sens, j’ai perdu mes repères.

Mais à la fin on se lasse. Il est temps qu’on puisse vadrouiller ailleurs qu’en ville.

Aujourd’hui, je suis monté par deux fois à Leimbach par la rue Kleber.Ce qui est un peu compliqué dans les montées en jogging, c’est l’absence de dérailleur, donc il faut soit ralentir la cadence soit diminuer l’amplitude des foulées, une sorte d’adaptation du couple de pédalage et de la vitesse de rotation sur le vélo

Je me dis parfois que je vais claquer au bord de la route tellement l’exercice me semble difficile. Mais non! Le moment n’est pas encore venu. Je mesure la difficulté du jogging par rapport au vélo grâce à la quantité de sueur produite à mon retour.

Et pourtant « La durée idéale, estime Daniel Bourquin, entraîneur de demi-fond au CJF Saint-Malo, est une sortie de cinquante minutes et une heure.

C’est mon cas.

De nombreux coaches conseillent des footings tout doux, à des allures avoisinants 10 km/h.(source)

Alors là, je suis dans les choux! je tourne à 8 km/h.

Je sais que sur ce registre du jogging, les amateurs sont nombreux. Plus qu’à vélo.Je suis un peu le calimero cycliste à pied.

Chien fou

Ce matin après mes digressions pandémiques, j’ai pris la route.

A pinces.

Je suis comme un chien fou qui part dans tous les sens dès qu’on le lâche. C’est sûrement le confinement qui me tourne la tête.

Je n’ai pas le pied assuré en chemin, je me sens très mal à l’aise, j’ai peur de l’entorse. Tout mon apprentissage reste à faire sur ce terrain là

Dans la côte de Leimbach, je suis pris dans les rafales du Blosen. Je zigzague en montant le chemin dans les ornières, je souffle, je rétrograde,…

bref « je décompense sec » en perdant tous mes paramètres, le cardio, le rythme, le souffle, la vitesse, je suis tout de guingois. Un peu comme ces cyclistes désemparés dans la montée du col.

…et en plus la dame est perdue au milieu de la route, elle me demande si le chemin à droite va à Thann. S’arrêter lorsque je cours est un effort supplémentaire physique et mental
Mon Himalaya du jour

Je me rétablis dans la descente. Puis je remonte la rue des Vergers et je repars dans l’autre sens. Au km 4 en bas de Leimbach, il faut que j’assure car je ne suis qu’à mi-parcours. Je vais traîner dans les rues de Vieux-Thann, la place Fellmann et je traverse le square tout proche.

J’aborde l’avenue de Gubbio au km 7. Je suis sauf.

Ouf! c’était difficile aujourd’hui. J’arrive à 58 minutes at Home et lessivé. L’âge certainement? 244 km depuis que je me suis mis au jogging. Pour moi, ce n’est jamais facile ce truc où il faut porter son poids; ça me fait 8000 pas et j’ai les genoux qui jouent les castagnettes. 74.5kg sur la balance ce matin. En avril j’ai l’impression d’avoir atteint un plancher de verre au niveau du poids. Impossible de passer sous les 74 kg! J’ai réduit la ration journalière de 200 kcal mais j’ai faim tout le temps. Alors je bois en attendant…

Moins 9 kg, je n’arrive pas à perdre plus. Je cherche…
On va en trouver de plus en plus souvent sur le bords des routes. Celui-là semblait encore en bon état. On pourrait les recycler sur le second marché de Facebook ou du Bon Coin

Oui, je suis un chien fou en ce 1er mai. Vous l’aurez compris.

Culture physique

Je préfère courir autour de chez moi plutôt que de pédaler sur un home-trainer.

Je ne sais pas si le terme de culture physique est toujours en usage dans les établissements scolaires. Culture physique ça faisait sérieux, on se disait qu’on devenait plus intelligent en courant, en grimpant à la corde et en faisant des triples sauts.

Le problème avec la culture physique au collège, c’était lorsqu’on commençait la matinée avec; on était moins disponibles pour les autres disciplines à cause de la fatigue.

Aujourd’hui, je ne me pose plus ce genre de question, j’adapte mon emploi du temps. J’ai encore la force de composer devant mon écran après l’exercice physique.

Dès le km 4 ce matin, j’ai senti la fatigue…et je me suis demandé comment j’allais pouvoir continuer alors que j’étais à mi-parcours. Alors « j’ai travaillé » ma cadence, assoupli mon pas, visé des segments plus appliqués. Lorsque le km 6 a retenti au vibreur de mon bracelet, j’ai préparé mon itinéraire d’approche, comme ces pilotes de ligne qui affichent les paramètres de la descente. Au km 7, j’ai allongé ma dernière boucle pour être à 500 mètres de chez moi.

Top! à 7km500, j’ai entamé la dernière ligne droite après un virage sous deux alphas comme en aéronautique. Au km 8, j’étais devant chez moi. C’est la première fois que je descends au-dessous de 7minutes le kilomètre. J’ai donc l’impression que je progresse sans vraiment le chercher.

Je ne sais pas comment les runners « travaillent » leur mental mais j’imagine qu’une grande part de leur réussite est dans la tête.

Le train-train du rond-rond

Faut faire avec le confinement. Le train-train du rond-rond est parfois monotone. Je ne sais pas combien de temps on va devoir encore supporter ce manège.

Je n’ai jamais contrevenu à la règle du 1km/1 heure. Sauf si je suis déjà sorti plusieurs fois le même jour, ce qui est une entorse j’en conviens.

Mais le vélo, non! Je prends le vélo de ville et la trottinette pour rejoindre la boulangerie de temps à autre.

Ce matin j’ai croisé lors de mon jogging deux cyclistes sur route. Deux cyclotouristes camouflés équipés avec sacoches, j’en ai le sentiment. Mais pourquoi pas? Imaginez que vous habitez Leimbach ou Rammersmatt où il n’y a pas de commerces, rien ne vous interdit d’aller faire vos courses à vélo à Thann et d’en revenir ensuite. Si le confinement dure, on devrait tous aller habiter la campagne.

Cycliste entrant dans Vieux-Thann route de Roderen

Evidemment c’est tentant, mais il faut être suffisamment persuasif pour éviter une prune de 135 euros car ce matin les voitures de gendarmerie sont sur le pied de guerre pour chasser le touriste.

Notre route 66

Quel lecteur perspicace saura reconnaître les lieux?

Elle va devenir mythique, notre route 66, si elle ne l’est pas encore

Une fois passé le col de Bussang, nous voici dans le département des Vosges

C’est par là que l’exode devrait avoir lieu. Puisque fuir l’occupant a été déjà testé dans le passé, pourquoi ne pas récidiver face à l’ennemi invisible qui persiste à nous décimer.

Il ne faut pas croire à la décroissance du virus. Le jeune médecin et pasteur Jonathan Peterschmitt, membre de la Porte Ouverte, cette communauté évangélique qui a défrayé la chronique refuse qu’on stigmatise à outrance sa réunion évangélique…et indique que de nombreux enfants souffraient alors « d’une épidémie « grippale » inhabituelle [qui] circulait dans les milieux scolaires du secteur, augmentant l’absentéisme de manière très nette »

Puis en comparant la situation avec notre voisin allemand, le médecin s’étonne…

« Nous avons sensiblement le même niveau de contamination mais une mortalité 4 fois plus élevée. La différence se trouve peut-être, au moins en en partie, dans la différence de prise en charge des malades. La médecine de terrain est sinistrée, j’exerce dans un désert médical selon les critères de l’ARS et pourtant je ne suis qu’à 15 minutes de Mulhouse »(DNA 20 avril)





La RN 66 y mène

Oui, c’est par la RN66 que nous allons partir dès que l’occasion nous en sera donnée.

Le docteur Dominique Petit est venu de Cagnes-sur-Mer renforcer les soignants et que déclare t-il dans les DNA de ce matin? que la situation est désastreuse…

Cette route nationale 66 n’est pas difficile à vélo.

Avant le déclassement de 1972, elle possédait également un tronçon de Bar-le-Duc à Épinal ; de plus, certaines cartes du XIXe siècle attestent que le tronçon de l’actuelle route nationale 57 d’Épinal à Remiremont a appartenu un temps à la route nationale 66. (Wiki)

Je l’accommoderai à ma sauce. A partir d’Epinal elle devient la D166 jusqu’à Neufchâteau, puis la D966 jusqu’à Ligny-en-Barrois. 256km jusqu’à Bar-le-Duc.

Gondrecourt-le-Château

Le parcours est pittoresque et passe par Contrexéville, Neuchâteau, Domrémy-la-Pucelle. Les « Vouthon » sont des grimpées gratinées. Puis après Gondrecourt-le-Château, c’est relax le long de la vallée de l’Ornain jusqu’à Bar-le-Duc.

Ce matin j’ai donc préparé ma fuite par la RN66 déserte

Vieux-Thann RN66

Activité physique individuelle

Je suis assez fier d’avoir encore des clichés sympas à ma portée lors de ma balade

Activité physique individuelle. C’est comme ça que c’est écrit sur l’attestation.

C’est devenu une habitude. J’ai à présent mon parcours attitré. C’est le plus long qui épouse les contours de mon champ de jogging autorisé. Je ne réfléchis plus où aller.

Ce qui me plait c’est le cliché sympa à prendre. Ils sont rares. Alors je sors l’objectif, cli-clac, c’est dans la boite, je veux dire sur la pastille de silicium.

Aujourd’hui j’ai du faire face à une chaleur inhabituelle qui m’a obligé à puiser dans mes ressources. Chut! ne le répétez pas, j’avais un cardio moyen de 148 dans l’heure. Le vibreur, calé à 146, n’a pas arrêté de me rappeler à l’ordre. Mon compteur m’octroie royalement 713 kcal d’énergie dépensée. Pour moi c’est aussi difficile sur le plan cardio que de monter le Hundsruck à vélo.

Finalement je suis un petit joueur dans la discipline. Un bon quart d’heure après la douche, mon corps continue de ruisseler. J’éponge.

Aujourd’hui j’ai réussi à faire tenir 8 km dans l’heure. Quand je suis au bout de ma rue, je regarde mon bracelet…7,75 km…c’est bon il reste 250m.

Carré rond

7km dans un carré le long de mon rond

Que nous reproche cette distance qui nous rapproche de nous-mêmes
C’est elle qui nous entraîne si loin de nous vers nous
C’est elle que l’on n’observe qu’en observant notre ombre
Reportée sur le monde
La distance est l’ennui
Gravé dans la matière

(A bonne distance-Laurent Delabesse)

Sept kilomètres en carré dans un rond de deux kilomètres de diamètre. Je ne compte plus. J’avance comme un automate sans âme.

Quand j’arrive devant chez moi, je consulte ma montre. Il reste dix minutes de sortie autorisée. Je reprends. Pour ne rien laisser du temps libre au confinement.

Finalement ce quartier est devenu une ile.