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Chronique de pandémie

Courir pour ne pas dépérir

La routine s’est installée. Chacun d’entre-nous a pris la mesure de sa nouvelle vie, ses nouvelles marques dans le périmètre du confinement.

Je pense aux malades lourdement appareillés, ceux qui sont abandonnés à des cohortes de soignants, objets de gestes intimidants dont ils ne peuvent rien voir, ni savoir et qu’on transporte parfois à mille lieues de chez eux. Se réveilleront-ils de ces drogues infligées? de cette sur-inflammation provoquée par les anticorps face à l’agression du covid? et s’ils se réveillent, comment vont-ils accepter ce monde étrange qu’ils ne connaissent plus?

Mon vélo, cet objet si futile en regard de la situation, est devenu inutile puisqu’on nous l’a interdit au nom du fameux « restez chez vous! »

un tiers de la planète arrêtée

Ce slogan construit à la hâte par les experts fera date dans l’histoire du confinement. Les soignants s’en sont emparés pour nous stigmatiser: si vous sortez, vous irez mourir à l’hôpital. C’est ce que l’on a compris. Alors pas de détails, on enferme tout le monde. Nous sommes devenus des boulets, des bourrins qui ne comprennent rien, des inutiles. Voila ce qu’on a fait de nous.

Même aller chercher son pain avec un deux-roues est suspect. Alors je m’abstiens. Certes il y a ceux qui continuent de parcourir des kilomètres dans leur garage sur un home-trainer. Je n’ai jamais imaginé être de ceux-là même si je serais tenté aujourd’hui. Mais je n’ai pas de home-trainer…et il est interdit de s’en procurer.

Des pompes pour rester debout face à l’enfermement

Heureusement, un jour sur deux, je sors courir. Le 7 février 2020, on ne parlait pas encore de l’épidémie de covid-19 et je m’étais mis à courir à courir. Par curiosité simplement.Ce sera aujourd’hui ma dix-neuvième sortie dans le quartier. Un vrai bonheur! Mieux, j’imagine, que ces prisonniers qui n’ont droit qu’à une cour.

Oui, la routine s’est installée chez les confinés. Certains se mettent à la cuisine, d’autres entreprennent des rangements de vêtements, de chaussures, de livres. Les livres sont de bons alibis au rien faire: on croit ranger la bibliothèque puis l’on s’éprend d’un polar oublié et l’on y passe des heures. Nos petits-enfants sont inondés de devoirs par le net. Ils transposent avec devoir les exercices sur un cahier quotidiennement. Les parents redeviennent des tuteurs avertis du savoir de leurs têtes blondes. Il convient d’organiser un tiers-temps entre devoirs, plein-air et jeux d’intérieur. On se demande parfois si l’enseignement magistral ne va pas être détrôné par le télé-enseignement et rendre les murs des écoles obsolètes. Il manquerait évidemment le lien social traditionnel.

Les familles en télétravail, elles aussi, se sont organisées. L’un dans la chambre d’amis, l’autre au salon. Les bandes passantes de l’internet semblent tenir le choc. Cette révolution forcée du travail à distance ne va manquer de transformer là-aussi la relation sociale d’entreprise. Là où les employeurs étaient réticents, la contrainte s’est imposée sans qu’on sache a priori si cette nouvelle forme de travail sera par la suite poursuivie.

Dans ce calme relatif du confinement, l’épidémie frappe toujours en force. 418 morts hier, le bilan le plus lourd jamais atteint! 21000 hospitalisés! Et des médecins impuissants à enrayer cet emballement de la machine humaine face à l’agression du virus dans les poumons.

Quant au Grand Est, qui a été la première région fortement touchée, il enregistrait lundi soir un total de 3 950 hospitalisations, dont 844 en réanimation, et 919 décès à l’hôpital depuis le début de l’épidémie.

Les potins du lundi de pandémie

Bruegel l’Ancien 1568

Un écran blanc comme celui d’une chaine télé sans programme. Ceux-là n’ont perdu ni l’odorat, ni le goût. Ils on perdu la vue.

Subitement, l’ophtalmo ne voit plus, son patient non plus. Puis la secrétaire, puis le voleur de voiture, puis le policier, puis la prostituée,…

Il sont au début une vingtaine qu’on met en quarantaine forcée dans une caserne désaffectée, derrière des barbelés, gardés jour et nuit pas des soldats armés.

On les craint. On dépose les repas aux pieds des escaliers et ils doivent ramper dans les couloirs, dans les chambres communes pour trouver un lit, aller aux toilettes, partager leurs pitances sans risquer de s’exposer aux tirs des soldats.

La peur engendrée par ces nouveaux pestiférés incite les gardiens à tirer dans le tas s’ils viennent à vouloir sortir. On leur balance une bêche pour enterrer leurs morts.

Des bus chargés de cargaisons entières de malades continuent d’arriver. Devons-nous tuer les chauffeurs potentiellement infectés s’interrogent les autorités?

Écrit en 1995, L’aveuglement de José Saramago préfigure notre pandémie et le basculement des valeurs humaines entre les hommes dans un univers carcéral d’évitement.

C’est notre deuxième lundi de confinement. Un confinement chez soi qui nous laisse dans l’incertitude de la maladie. Puisqu’en chacun de nous plane le doute de voir apparaître les premiers symptômes.

On peine à imaginer le retour des bals du samedi soir, les fêtes traditionnelles alsaciennes, les rencontres sportives, les stammtisch autour d’un verre de bière, les rencontres amicales, amoureuses,…les sorties à vélo.

Jogging dans l’enceinte de confinement

Je prends des chemins détournés le long des jardins.Je fais bloum-bloum-bloum et les chiens aboient.

Pour que les choses soient claires, je n’ai pas le sentiment de commettre des imprudences avec mon jogging. Beaucoup moins que d’aller faire les courses à Intermarché ou à Leclerc ou encore aller chez le pharmacien.

Les gens ont la trouille. Contrairement à hier, ils ne sortent pas. Ils ont raison d’avoir peur. Ce ne sont que des bavardages de voisinage en promenant le chien sur le trottoir. Quelques voitures furtives et trois joggeurs.

RN66 Vieux-Thann 10h30, aucun véhicule en vue. C’est comme si le monde s’était arrêté de tourner
Aujourd’hui mon parcours est presque en forme de cœur (j’ai un peu bouffé sur le rayon d’un km le long de la Thur, chut!)

Chronique de pandémie

Le confinement est prolongé d’au moins deux semaines en France

C’est anxiogène. Tourner en rond dans son enceinte de confinement sans savoir si on ne ne finira pas prématurément dans la tombe après les pires sévices de la maladie.

Les voisins se saluent de loin en loin par dessus les haies des jardins. C’est notre premier samedi de printemps? je ne sais pas mais il fait beau. On ressort les tables et les chaises qui vont sous la tonnelle, les vélos et les trottinettes des petits enfants.

Mais ils ne viendront pas.

Tout le quartier est devenu une ruche qui bêche, qui taille, qui peint, qui sème.

Le va et vient des voitures est inhabituel. Une fois, deux fois,…trois fois on prend sa voiture son attestation en poche. C’est qu’on aura oublié « un achat de première nécessité » me dis-je…

Puis le jardin aménagé, on profite du soleil, du ciel bleu vide d’avions, de paramoteurs. Les cigognes viennent en couple survoler la ville. Elles doivent ressentir l’air pur pour la première fois.

En fin d’après-midi, le premier ministre Philippe a parlé, l’air grave. Flanqué des ses experts, les professeurs Karine Lacombe et Gérôme Salomon et le ministre de la santé Véran, les nouvelles sont tombées. Elles ne sont pas bonnes: le pire est à venir.

Le virus est plus contagieux que la grippe a ajouté Karine Lacombe. Puis Philippe s’est largement exprimé sur l’engagement du gouvernement, qu’il déniait à quiconque le droit de dire que le confinement avait été engagé trop tardivement, pour rappeler que les confinés que nous sommes sont au troisième plan, derrière les soignants, derrière ceux qui sont indispensables à la marche du pays, agents EDF, transporteurs, caissières, policiers, agriculteurs. Des gens en général peu payés et dont on parle rarement comme rouages de la société sont aux avants-postes de la maladie et réclament, à corps et à cris, d’être mieux protégés.

Le ministre Véran a commandé un milliard de masques dont une grande partie en Chine. Un pont aérien va commencer dès lundi. Est-ce que la polémique née autour des masques va s’éteindre? après nous avoir tant déconseillé de porter des masques, voici qu’on risque d’en avoir trop!

Le professeur Salomon a égrené les chiffres monstrueux de la pandémie qui ne cessent d’enfler. Comme on s’en doute, le Haut-Rhin est en tête avec 325 morts le 28 mars.

Mortalité du coronavirus le 28 mars. Le Haut-Rhin en tête

Le gouvernement continue de gérer comme il peut une stratégie de confinement qui peine à faire ses preuves. La pandémie continue de se propager comme en Italie et en Espagne. Et le principe du confinement des « inactifs » se télescope dangereusement avec l’injonction à travailler de ceux qui doivent continuer de bosser. Ceux-là se doutent qu’ils participent un peu à leur manière à une œuvre de déminage.

Les jeunes élèves infirmières, et les moins jeunes déjà plus aguerries, pleurent.

Les pompes funèbres sont en flux tendus, les fabricants de cercueils n’arrivant plus à suivre, et prennent aussi beaucoup de risques, surtout s’il faut extraire une pile au lithium et un pacemaker sur un corps.

La bataille se déplace dorénavant vers les maisons de retraite. Le gouvernement recommande aux personnels de loger sur place avec les pensionnaires et de ne plus sortir. On ne compte pas. Nos vieux risquent de disparaître en nombre puisque la plupart ne sont pas admissibles à la réanimation trop violente pour des organismes fragiles.

Ce triste tableau nous interpelle. La fin de journée de samedi est morose. On s’interroge. Comment peut-on être aussi soudainement foudroyé? qui sont ces gens qu’on amène en masse dans les hôpitaux? peut-être des gens comme vous et moi? il semble que le virus frappe indistinctement la population.

Le professeur Karine Lacombe a commencé à douter lors de sa conférence que la contamination se propage uniquement par les gouttelettes expectorées et les surfaces de contact. Alors qu’on ne cesse de nous le rappeler depuis le début.

Un autre mode de contamination serait possible. Mais lequel?

Ma mère pense aux extra-terrestres. Moi je pense plutôt à une contamination par les micro-particules de pollution contenues dans l’air. Ni elle, ni moi ne sommes experts.

C’était ma 12eme chronique de pandémie.

Vélo de ville, oui!

Le vélo réhabilité comme moyen de transport. Il était temps!

Enfin le Ministère de l’Intérieur révise sa copie. Le vélo comme moyen de transport est officiellement autorisé. Le transport de soi pour aller travailler, le transport de soi pour faire ses courses.

Moyennant attestation dans les deux cas.

Et accompagner ses enfants de moins de huit ans sur les trottoirs aussi dans le cadre du K5.

Appel à témoignages…

La FUB communique:

Suite au flou initial et surtout face à des remontées de verbalisations arbitraires depuis le début de la période de confinement, la FUB souhaite récolter des témoignages de cyclistes verbalisés ou réprimandés, afin mieux mesurer l’ampleur du phénomène. Comptez sur nous pour agir en conséquence. Retrouvez le résumé de notre position sur twitter.   Si vous avez été verbalisé vous pouvez répondre au questionnaire (disponible ici), sinon nous vous invitons à le relayer largement, surtout si vous avez connaissance de telles verbalisations dans votre entourage.

Chronique de pandémie

Le corona pour les nuls. On pourra nous écrire bientôt le livre qui décrit la nullité de l’Etat dans le traitement de cette crise épidémique. On annonce déjà de nouvelles mesures coercitives face au désarroi et aux incertitudes face à la maladie qui progresse inexorablement à grande vitesse.

C’est à ça que nous sommes arrivés devant tant de tergiversations, d’impréparation, d’incompétences de nos corps dirigeants face à l’épidémie de coronavirus: mettre sous cloche la moitié du pays et ses forces vives.

On commence à comprendre pourquoi la moitié de la France est arrêtée, privée de ses libertés individuelles, liberté du droit d’aller et venir, de vivre comme elle l’entend et alors que l’autre partie est astreinte à des travaux forcés jusqu’à 60 heures par semaine décrétés par un régime d’exception et d’ordonnances.

Reprenons au début avant d’entamer la deuxième quinzaine de confinement qu’on nous annonce

Le coronavirus est détecté en France peu de temps après le rapatriement des Français de Chine et leur confinement dans des établissements touristiques notamment à Carry le Rouet.

Les fameux clusters sont localisés à Mulhouse et dans le Val d’Oise. Puis l’épidémie se met en branle et gagne progressivement tout le territoire et les pays des DOM.

Ce qu’on ne sait alors pas, c’est que nos services de santé ne sont pas prêts et manquent de tout. De personnels qualifiés, de masques, de blouses, de lits, de respirateurs. On va le découvrir au fur et à mesure. Difficile aujourd’hui de nier la vérité.

Pourquoi fermer tous les établissements d’enseignement, puis une semaine plus tard exiger le confinement de toute la population non astreinte au fonctionnement du pays? parce que nous ne disposons pas de tests en nombre suffisant afin d’organiser un dépistage massif.

Les tests de dépistage existent mais on n’a pas suffisamment. Les Allemands sont capables de pratiquer 500.000 tests par semaine et nous?

Dès lors une seule solution pour masquer l’absence de dépistage qui aurait permis d’isoler et de traiter les cas positifs: restez chez vous!

Restez chez vous et débrouillez vous!

C’est ce que le pékin moyen comme moi doit comprendre: restez chez vous et débrouillez vous, l’Etat est complètement incapable de faire face à la situation.

Confinez vous a t-on doctement expliqué devant les écrans, c’est tout simplement pour ralentir la progression inexorable de l’épidémie et faire en sorte que l’afflux de malades ne submerge les services sanitaires. Or que constate t-on? que la submersion redoutée se produit tout de même au point que nos personnels et nos équipements manquent cruellement, au point qu’il faut disperser des malades graves aux quatre coins du pays et alors même que le pic de l’épidémie se fait encore attendre.

Si par bonheur l’empirisme du professeur Rouault et de son équipe à Marseille venait à faire ses preuves, notre gouvernement pourra démissionner en bloc avant que le peuple ne le pousse dehors.

C’est à une véritable bérésina à laquelle on assiste, une bérésina sanitaire où l’on découvre jour après jour l’immense dénuement de nos services de santé, l’imprévoyance crasse de ceux qui étaient censés prévoir, le défaut de la plupart des moyens essentiels et élémentaires à la prise en charge de l’épidémie jusqu’aux écouvillons destinés à faire les test de dépistage et aux insignifiants masques en papier pourtant si utiles à la population. Le comble de l’impréparation et de l’impuissance de l’État!

Pour faire bonne mesure les hautes personnalités accèdent aux tests en douce et un million de Parisiens sont partis se mettre au vert en plein confinement. On imagine que pour eux la mesure annoncée le lundi a fuité un peu avant, le temps de faire leurs valises.

Ce matin , j’ai honte de mon pays.

Confinement et poids

Ce matin seul au monde. 7,7 km dans mon enceinte de confinement

Être confiné à la maison ne fait pas nécessairement le bonheur des sportifs.

La plupart des activités de plein air leur sont interdites. Il reste le home trainer pour les cyclistes, les poids et haltères dans le garage, les barres parallèles, les mots croisés et tous ces instruments de torture dont raffolent les gymnastes.

Mon confrère de LTD Rando 68 qui affectionne la marche « tourne » dans sa ville. Pas plus d’une heure dans un rayon de un kilomètre.

Pour suppléer à l’absence de vélo, je me suis mis au jogging.

10h17 27 mars, la nationale 66 à Vieux-Thann déserte.Les riverains respirent, je pourrais presque courir au milieu de la route
mon toubib me l’a dit « des pompes avec amorti » sur le tarmac.

Ce matin 7km700 avec mes pompes Hoka dont l’amorti fait bloum-bloum-bloum sur le macadam. Il n’y a pas grand chose à faire, les trottoirs sont vides et les rues aussi, faciles à traverser. J’ai maintenant bien intégré mon rythme de pédalage à pied avec une cadence autour de 150 pas à la minute. Plus vite, mon cardio s’emballe, alors je n’insiste pas. Bref j’ai une allure de soixantehuittard. Au fur et à mesure je gratte des secondes au kilomètre, je m’approche des 7 minutes. De quoi faire s’esclaffer les habitués de la discipline!

Age, taille, poids

Rester à la maison m’est insupportable, je dois sortir ne serait-ce qu’une heure. Quand je rentre, j’ai perdu 700 grammes sur la balance. De la transpiration et un peu de graisse. Il est donc fondamental de ne pas se laisser aller à grignoter devant la télé ou l’ordi surtout si l’on est dans un processus de perte de poids.

Mon objectif de début janvier de moins huit kilos est atteint, je l’ai donc réajusté à moins onze kilos. Pourquoi moins onze? Tout simplement pour entrer dans la zone de masse corporelle normale c’est à dire une IMC inférieure à 25.

Huit kilos, c’est presque comme si vous traîniez en plus sur votre dos un pack d’eau!

Donc moins bouffer et faire du sport pour entretenir son métabolisme, votre biochimie cellulaire.