toutes mes images dans ce billet sont celles d’anciennes randonnĂ©es car je n’ai plus de droits chez WordPress
Ceci est mon récit de voyage en cyclo-camping à travers Doubs et Jura en mai 2026. Un must pour les cyclistes.
J’avais annoncĂ© mon projet ici et lĂ . J’imaginais
8 jours
50 Ă 80 km
Vosges et Jura
Camping chaque soir
RentrĂ© hier plus tĂ´t que prĂ©vu, j’ai en fait modifiĂ© mon plan pour ne consacrer que 6 jours Ă ma rando dans le Doubs et le Jura.
Mes points de passage ont été:
l’Isle-sur-Doubs
Besançon
Quingey
Arbois
Morteau
Je pratique vraisemblablement pour la dernière fois de ce type de voyage Ă vĂ©lo « minimaliste ».
Pas d’assistance Ă©lectrique, pas de voiture suiveuse, pas de gite, pas d’hĂ´tel. Mais camping tout de mĂŞme, lĂ oĂą d’autres dorment dans la nature quand ce n’est pas sous un abribus.
Le Doubs
Ce qui est très Ă©tonnant avec la rivière Doubs c’est qu’on ne sait plus dans quel sens on est. J’ai commencĂ© par prendre l’EVR6 vers Dannemarie qui longe le canal du Rhin Ă la SaĂ´ne, puis commence alors le Doubs Ă la sortie de MontbĂ©liard. En fait le Doubs ressemble Ă un grand M penchĂ© d’une rivière qui cherche vers oĂą aller. D’abord le Doubs prend sa source Ă Mouthe, longe la Suisse, puis rejoint MontbĂ©liard en changeant de sens vers la MĂ©diterranĂ©e. Besançon, St Vit, DĂ´le et rejoint la SaĂ´ne vers Chalon.
Lors de mon voyage je retrouverai le Doubs Ă Pontarlier et Morteau.
Le Doubs est très prisé des cyclistes grâce à sa véloroute, ses faibles déclivités et bien sûr aussi son cadre sauvage, ses falaises de calcaire et sa quasi absence de voitures en dehors des agglomérations.
La Loue
La Loue est plus discrète que le Doubs. Mais ses paysages sont larges et paisibles, parcourus de pâturages. Je pénètre dans le Jura à Rennes-sur-Loue.
Je rejoindrai Arbois Ă la veille du 8 mai.
Ici j’expliquerai pourquoi je n’irai pas jusqu’Ă Champagnole, ni aux Cascades du HĂ©risson, ni Ă Mouthe, mais tout simplement Ă Pontarlier, puis Morteau.
Mon retour
Mon retour à Thann fut accéléré. Je vous dirai pourquoi.
Au dĂ©part de Morteau, un bus m’a conduit Ă MontbĂ©liard et je suis rentrĂ© par la vĂ©loroute6 jusqu’Ă Dannemarie, puis Burnhaupt et Thann. Point final du voyage.
Pourquoi?
Pourquoi ce raccourci dans mon voyage?
D’abord je ne suis qu’un modeste routard et je n’ai rien de comparable avec ces routiers au long cours partis explorĂ©s le monde. Sur la route j’ai mĂŞme rencontrĂ© un routard qui a « tout plaquĂ© » et qui ne vit plus que de rien. Lorsqu’il atteint une localitĂ© en soirĂ©e, il s’installe devant un Lidl ou un IntermarchĂ©, fait la manche et avec dix ou quinze euros il achète sa nourriture.
J’ai besoin d’un confort minimaliste. L’âge venant, je me suis rendu compte que je disposais de beaucoup moins de vaillance pour affronter de longues distances chargĂ©s comme un mulet et aussi pour affronter la pluie et le froid. En six jours, j’ai eu quatre jours pluvieux. De quoi ravager tout votre capital d’optimisme!
Je vais vous conter les problèmes auxquels j’ai du faire face.
Campings
J’ai successivement logĂ© dans cinq campings. Le campeur avec toile et vĂ©lo est le plus marginal des utilisateurs. Les campings connaissent nos besoins en principe: un peu de confort ajoutĂ© avec un petit amĂ©nagement pour poser son camping-gaz, une table et quelques chaises si possible abritĂ©es, des sanitaires pas trop Ă©loignĂ©s avec douches chaudes, une place engazonnĂ©e non boueuse, parfois machine Ă laver et sĂ©chage du linge.
L'isle-sur-le Doubs camping Les Lûmes
L’Isle-sur-le-Doubs en 2015 avec mon ami Prosper (camping Ă droite au stop)
prix correct 11,80€
Au bord du…Doubs.
Je visite le centre, regarde les boulistes, discute avec un campeur allemand à vélo.
De tous mes campings, le pire est celui de Besançon Chalezeule.
Géré par la chaîne ONLY CAMP, on a affaire à une exploitation commerciale qui aura de mes nouvelles. Le lendemain, je reçois ce mail:
Nous espèrons que vous avez passé un agrèable séjour à Camping de Besançon-Chalezeule. Nous vous souhaitons un bon retour et nous espérons vous revoir bientôt !
Prix honnête: 10,44€
image 2022 (j’avais un coursier lĂ©ger)
Je vous laisse (re)lire mon aventure de 2022 avec ce camping
Cette annĂ©e, j’arrive Ă 13 heures trempĂ© par la pluie. Accueil fermĂ©. Un jeune homme derrière la porte m’ouvre…« nous sommes en pause, veuillez revenir Ă 14 heures! » . Finalement je m’abrite sous une avancĂ©e de toit Ă cotĂ© du campement forain et je m’endors. A 14h, je me reprĂ©sente… l’employĂ©e prenant son service me dit « je vous ai vu dormir Ă l’entrĂ©e, il fallait venir avant, on vous aurait ouvert… » . Evidemment le jeune employĂ© Ă©tait lĂ , il n’osait pas dire qu’il m’avait renvoyĂ© une heure avant.
Mais la nuit à Chalezeule est un enfer de bruit avec voie rapide à proximité et trafic ferroviaire.
Camping Les Promenades Ă Quingey
prix excessif 17 euros
Je suis le seul campeur, on m’impose une prise pour recharger mon tĂ©lĂ©phone, ce que je refuse. A cotĂ© du camping, un club de tennis et la fĂŞte qui va durer une bonne partie de la nuit. Mais un bungalow avec plancher sous toile, table, chaises, frigo, micro-onde, et…une prise multiple (gratos). Sanitaire Ă©loignĂ© pour les prostates agaçantes .
ARBOIS, le cauchemar
A Arbois camping Au Cœur des Vignes
Je tâtonne pour trouver l’itinĂ©raire. J’ai bon. Reste 200 mètres: un mur Ă grimper. Je tĂ©lĂ©phone…c’est bien en haut de la cĂ´te? oui, mais en bas un portillon, je vais vous donner le code. Super! Je m’installe après avoir payĂ© Ă l’accueil Ă l’autre bout du terrain.
Je commence Ă m’installer lĂ oĂą j’aurai un max de soleil pour sĂ©cher mes fringues Ă©parpillĂ©es Ă terre…soudain un bruit de souffleuse comme en ont les municipaux qui chassent les feuilles. Non c’est un viticulteur qui pulvĂ©rise sa vigne.
Tout se passe bien. Sanitaire correct Ă proximitĂ©. Seul bĂ©mol, en contrebas une plaine sportive et l’entraĂ®nement des footeux. Un entraĂ®neur zĂ©lĂ© qui Ă partir de 17 heures crie ses consignes de jeu aux apprentis footballeurs. Rien de trop grave jusque lĂ . Mais Ă 20 heures les choses se corsent, il y a ce qu’on appelle la troisième mi-temps! Elle va durer jusqu’Ă plus de minuit avec force histoires « grasses », cris et hurlements et pour finir une partie de pĂ©tanque avec boules qui s’entrechoquent.
Impossible de dormir. MĂŞme en m’enfonçant au fond des tympans des boules de mouchoirs en papier.
Morteau, camping Cul de la Lune
Surprise; c’est le moins cher…et le plus accueillant.
9,21€
Au bord du Doubs. Sanitaire correct… et un chalet entier pour les campeurs! Avec canapĂ©s, tĂ©lĂ©vision, bibliothèque et tables et fauteuils pour se restaurer. Pour un peu j’aurais eu envie d’y dormir tant le temps Ă©tait devenu dĂ©sespĂ©rant. Je vous en reparlerai.
Pontarlier camping Le Larmont
A fuir!
En ville de Pontarlier, sous-prĂ©fecture du Doubs, on m’indique le camping Le Larmont. Chemin du Toulombief. Une cĂ´te raide comme la justice. Nous sommes le 8 mai. A bout de force, j’accède Ă l’accueil. FermĂ©: le personnel est en congĂ©. Exemple typique d’un camping municipal dotĂ© de fonctionnaires territoriaux. Le règlement en revanche est bien affichĂ©: prière de prĂ©senter une attestation de responsabilitĂ© civile lors de votre inscription.
On croît rêver.
Toute installation sauvage sera sanctionnée.
Je reprends mon vélo et je fuis dans la descente.
R comme resto
Je vais vous parler de restauration. Lorsqu’on pĂ©dale pendant des heures, il faut penser Ă boire rĂ©gulièrement et aussi Ă sa restauration.
En ce qui me concerne, j’avais emportĂ© une sacoche pleine de victuailles diverses dont des boites de conserve qui m’ont alourdies et que j’ai rapportĂ©es.
Par deux fois, je me suis laissĂ© tenter par le resto Ă midi. Un fois Ă Saint Vit au « Ptit s’invite » et une fois au KFC de Pontarlier.
Il faut pouvoir garer son vĂ©lo et le surveiller. A Saint Vit, un piĂ©ton m’a guidĂ© Ă ce resto du centre au coin d’une petite place. Inviter Ă visiter Saint Vit sur l’euro vĂ©lo route6, j’ai donc craquĂ© vu l’Ă©tat du temps et de mes forces, j’en reparlerai.
Ce qui n’Ă©tait pas prĂ©vu, c’est la cĂ´te de Saint Vit situĂ© sur les hauteurs…et l’itinĂ©raire vĂ©lo le plus pentu pour Ă©viter la route.
Très bien reçu avec des Lasagnes au menu.
A Pontarlier, le 8 mai tout semble ouvert, sauf le camping. J’avise un KFC et je tente l’expĂ©rience. Il faut que je vous dise que je suis peu expert en la matière, je remplis correctement mon Ă©cran digital de commande, puis au moment de finaliser, un dernier Ă©cran « numĂ©ro de chevalet »… je cherche…de quoi est-il question?… j’avise une « tĂ©lĂ©serveuse »…elle me tend un chevalet avec un numĂ©ro Ă poser sur la table que je choisirai pour ĂŞtre servi..et donc c’est ce numĂ©ro qu’il faut porter sur l’Ă©cran. Je suis sĂ»r d’avoir obtenu mon diplĂ´me de 1er degrĂ© KFC.
Reste le contenu choisi au hasard…le menu Colonel Bacon Veggie , beaucoup de trucs qui dĂ©goulinent et des pilons de poulets dans de la chapelure.
T comme temps pourri
Le pire est encore Ă venir dans le chapitre suivant, patientez!
En 2023, en plein mois d’aoĂ»t, j’avais dĂ©jĂ eu affaire Ă la pluie, mais elle Ă©tait moins froide
Sur mes six jours de vĂ©lo, j’ai eu de la pluie pendant quatre jours, lundi, mardi, mercredi…et jeudi.
Dès lors qu’il pleut, deux possibilitĂ©s: soit s’arrĂŞter, soit poursuivre. Moi je suis de ceux qui poursuivent. Une forme d’entĂŞtement qui porte prĂ©judice. D’abord revĂŞtir des vĂŞtements adaptĂ©s, veste et pantalon Ă©tanches. La veste Vaude (une bonne marque) a fini par ĂŞtre traversĂ©e, le pantalon polyester avec cache-chaussures a tenu mais les pieds ont fini par prendre l’eau par les semelles.
Le sur-casque a rempli son office, mais les gants non. J’ai eu froid aux mains. J’ai achetĂ© des gants nitrile et mis des sacs plastique sous mes chaussettes.
Rouler pendant des heures dans ces conditions sapent le moral, la vigilance et les forces musculaires.
Reste l’Ă©quipement du vĂ©lo
Un vĂ©lo comme le mien a une fragilitĂ©, il n’est pas Ă©tanche Ă l’arrière, il faudrait y ajouter une bâche. En revanche, Ă l’avant c’est bon Ă la condition de bien verrouiller les ouvrants. A l’avant ce sont les vĂŞtements et les victuailles.
Penser aussi qu’en temps de pluie, vous perdez très vite le lubrifiant de chaĂ®ne, il faudra le renouveler chaque jour.
Reste qu’une fois au camping il faut faire le bilan des effets mouillĂ©s et qui ne seront pas rĂ©utilisables le lendemain. Il faut donc isoler le sec du mouillĂ©. Le matin il faut souvent replier une tente mouillĂ©e, enfiler des chaussures mouillĂ©es.
In fine, la solution c’est d’aller Ă une laverie, tout laver et sĂ©cher. On trouve maintenant des laveries « Wash.me » adossĂ©es Ă des supermarchĂ©s dans toutes les bourgades. J’ai utilisĂ© celui de Quingey.
R comme renoncement
C’est la mort dans l’âme qu’il faut savoir renoncer Ă finaliser tout son voyage. Je sais le faire Ă temps. Lorsque j’ai Ă©puisĂ© mes forces, ma motivation, je m’interroge…Faut-il poursuivre?
Petit Ă petit je voyais mon capital musculaire en deçà de mes espoirs. Mon rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en commencĂ© en janvier a donnĂ© des rĂ©sultats puisque j’ai perdu 9 Ă 10kg mais en mĂŞme temps j’ai perdu du muscle. InĂ©vitablement l’âge aussi fait perdre du muscle et mon entraĂ®nement ne m’a pas permis d’enchaĂ®ner autant de kilomètres quotidiens que dans le passĂ©.
Question vitesse
Si je n’ai plus la force de parcourir 100 km/jour, je conserve ma vitesse qui se situe (haltes comprises) Ă 14km/h. Sur l’Euroveloroute très empruntĂ©e, j’ai Ă©tĂ© dĂ©passĂ© par des cyclo-campeurs très entrainĂ©s et aussi plus jeunes…sans parler des VAE qui tracent la route comme sur des mobylettes.
L’autre question vitesse, c’est la gestion de son allure. Savoir gĂ©rer ses dĂ©veloppements avec astuce. Ne pas aborder une pente avec un grand braquet car votre chargement va très rapidement « remettre les pendules Ă l’heure ».
J’ai cette pratique pour petits mollets:
Je divise mon triple plateau en trois secteurs de pignons arrière
petit plateau pour les « 4 grandes »
moyen plateau pour le milieu de cassette
la plaque pour le plat « vent portant » et descente sur le bas de cassette, c’est Ă dire presque jamais! si je m’obstine Ă rouler sur la plaque, j’Ă©puise mes muscles.
Le facteur poids
Les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, avec mon VTC, le poids de l’ensemble atteignait 30kg et cette annĂ©e 36kg soit 20% de plus. C’est trop!
I comme itinéraire
J’avais tout bien prĂ©parĂ© y compris mes parcours sur Openrunner. Fastoche, il suffisait de suivre sa route.
Pourtant dès le départ de Thann, je me trompe. A Burnhaupt, je file à Spechbach rejoindre la EVR6 au lieu de prendre Hagenbach. Pas trop grave.
A Chalezeule, je quitte le camping et je grimpe en haut de Besançon. Epuisant au dĂ©marrage. Je reviens au camping prendre la EVR6 qui est tout près derrière. A Osselle, il y a deux itinĂ©raires qui se sĂ©parent. Je prends le mauvais et je ne m’en apercevrai qu’Ă Saint Vit après avoir quittĂ© le restaurant. D’abord je pars « Ă l’envers » vers Besançon,…puis je retourne Ă Saint Vit et je vois DĂ´le… bizarre car je ne vais pas Ă DĂ´le… finalement c’est Ă Osselle que je me suis trompĂ©. je retourne Ă Osselle, j’ai pris du retard, il pleut toujours, je suis sur le bon chemin enfin celui de Champagnole. J’aborde la cĂ´te de Byans-sur-Doubs. A Byans, je m’inquiète…il est dĂ©jĂ 15h30…j’interroge ChatGPT pour trouver un camping…aller Ă Osselle au camping des Lacs ! me dit Chat GPT; j’en viens. Je redescends ce que je viens de monter. C’est glacial. Le camping des Lacs est fermĂ©. Je me dĂ©sespère. Chat GPT me dit d’aller Ă Quingey.
J’appelle le camping de Quingey… oui, on a de la place…il n me reste plus qu’Ă gravir la pente que je viens de descendre.
Evidemment j’ai commis des erreurs de dĂ©butant.
Tout est venu de mon GPS que j’ai du retirer du guidon la pluie venue. Si bien, que je n’avais plus l’Ĺ“il dessus pour ĂŞtre alertĂ© Ă temps.
AĂŻe comme Iphone
Venons en à ce qui a achevé mon voyage prématurément.
Il m’est arrivĂ© une chose que je n’avais pas anticipĂ©. Aujourd’hui mon Iphone me sert Ă tout comme un couteau suisse. Figurez-vous que sous l’effet de l’humiditĂ© l’Ă©cran Ă rendu l’âme. A Arbois, j’ai tout juste eu le temps de prĂ©venir chez moi de la panne imminente et plus rien.
Plus de parcours Openrunner, plus de tĂ©lĂ©phone, aucun numĂ©ro Ă appeler et donc plus de contact disponible avec personne, plus d’information, plus moyen d’appeler les campings, plus d’appareils photos…et pour couronner le tout plus de montre!
Heureusement j’avais avec moi deux vieilles cartes Michelin, une de 1988 et une de 1972.
Je quitte Arbois tĂ´t le matin, dĂ©cidĂ© Ă Ă©courter mon voyage. TerminĂ© Champagnole, terminĂ© le lac de Chalain, terminĂ© les Rousses, je file tout droit Ă Morteau. Je remercie la petite jeune fille du camping de Morteau qui me prĂŞte son tĂ©lĂ©phone pour appeler chez moi et dire oĂą je me trouvais. En appelant mon domicile la veille j’avais Ă©crit dans mon carnet de voyage le numĂ©ro de la maison.
Il fait un orage terrible sur Morteau, les grĂŞlons gros comme des billes tombent sur ma tente…je pense Ă une fuite dans le chalet dĂ©diĂ© aux campeurs. Un jeune couple contemple l’arc en ciel. Ils vont prendre le train demain matin, un des deux vĂ©los a son dĂ©railleur cassĂ©, un vĂ©lo Croix de Fer pourtant rĂ©putĂ©.
C’est alors que la jeune femme revient vers moi et me tend une feuille d’horaires SNCF…
vous avez un car SNCF demain matin qui va Ă MontbĂ©liard … »
et mon vélo?
Il prend aussi les vĂ©los…
Toute la nuit je cogite… vais-je tenter le bus dans cet enfer mĂ©tĂ©o oĂą toutes mes affaires sont trempĂ©es. Je grelotte sous ma tente, ma hanche souffre du matelas gonflable trop peu Ă©pais, je dors avec des chaussettes humides, je me tortille dans mon sac de couchage et je ne trouve plus la fermeture Ă©clair, je ne sais pas quelle heure il est… je sors au petit jour…je vais jusqu’au chalet…j’allume la tĂ©lĂ©…le journal de France Info, il est 6h30.
Je file dĂ©monter ma tente, charger mon vĂ©lo et je m’apprĂŞte Ă quitter le camping.
Un brouillard dense. Je grelotte. Où est le papillon du code pour sortir? je ne le trouve pas dans mes poches mouillées. Me voila enfermé dans le camping sans pouvoir en sortir!
Heureusement, j’avise un camping-cariste se rendant aux toilettes, je l’aborde…il rĂ©flĂ©chit…1957…me dit-il
Deux euros
Je file dans le brouillard jusqu’Ă la gare. Il est 7 heures. Le bus arrive…j’apprĂ©hende ce moment. Un type jovial, très pro. Il ne descend pas « ouvrez la soute et chargez votre vĂ©lo!… »
Il ne rentre pas.
« ouvrez l’autre soute et dĂ©poser les sacoches! »
Je monte Ă bord.
Je suis le premier voyageur. Il fait bon dans le bus. Le chauffeur me dit que dehors il fait 3 degrés.
Je demande combien je dois payer…Deux euros!
Ai-je bien compris? et pour le vĂ©lo? c’est compris.
Je vais donc voyager pour deux euros de Morteau à Montbéliard. Incroyable service public qui finance nos voyages!
La route est agrĂ©able, plus agrĂ©able qu’Ă vĂ©lo. A MontbĂ©liard, je dois me dĂ©brouiller pour descendre ma bĂ©cane et mes sacoches dans une rue passante.
Il ne me reste plus qu’Ă rejoindre l’EVR6 tout juste Ă cotĂ© et Ă pĂ©daler jusqu’Ă Thann.
J’ai le cĹ“ur gai.
Autour de moi des dizaines de vélos assemblés en groupes.
Décompte activité:
421 km/4680 m
Les traces Op:
https://www.openrunner.com/route-details/24037819
https://www.openrunner.com/route-details/24030921
https://www.openrunner.com/route-details/24037924
https://www.openrunner.com/route-details/24037853
https://www.openrunner.com/route-details/24038540
https://www.openrunner.com/route-details/24037959