Il a gagné son pari

Boris sait faire people avec son vélo à la main. Il a réussi en remportant massivement les législatives. Le Brexit aura bien lieu. Il reste à solder les comptes avec Bruxelles…et ça promet d’âpres négociations.

La retraite suisse

Travailler en Suisse, une valeur sûre. Même à vélo

Et chez nos voisins suisses, c’est quoi la retraite?

Cycliste, je suis fréquemment amené à côtoyer des cyclistes frontaliers, c’est à dire des amis français travaillant en Suisse.

Quel est leur système de retraite?

Il est totalement différent de la France. En Suisse, la retraite est à la fois par répartition et par capitalisation. On cotise pour soi et pas pour la génération déjà en retraite. On se constitue une rente tout au long de sa carrière et cette rente prélevée par les employeurs sur le salaire est versée sur des placements financiers qui rapportent plus ou moins d’intérêts en fonction de la conjoncture.

Ainsi, en Suisse, il y a trois piliers d’assurances qui se juxtaposent:

  • un pilier de répartition appelé AVS obligatoire (Assurance Vieillesse et Survivants). La rente constituée repose sur les cotisations salariales en fonction des revenus, des années de cotisations et de bonifications liées à l’éducation des enfants. En Suisse, l’âge légal de la retraite est fixé à 64 ans pour les femmes et à 65 ans pour les hommes. La perception de la rente AVS peut être anticipée de un ou deux ans. La prévoyance professionnelle offre la possibilité de prendre une retraite anticipée (l’âge minimal est fixé à 58 ans). Une perception anticipée de la rente entraîne évidemment une réduction de celle-ci.
  • un deuxième pilier de capitalisation aussi obligatoire appelé Prévoyance Professionnelle qui peut faire l’objet d’un versement en capital lors du départ à la retraite ou même avant pour financer l’achat de sa maison
  • un troisième pilier facultatif constitué d’une épargne individuelle si vous avez encore les moyens de cotiser et que l’on ne touche qu’en capital lors du départ.

Il faut donc faire attention à la façon dont on gère sa rente, prélever le capital disponible diminue d’autant la rente mensuelle.

Le système est-il plus juste?

En Hollande l’âge de départ est à 67 ans et la retraite par capitalisation est gravement menacée par les taux bas des placements financiers de l’épargne salariale

Difficile à dire car une partie de l’épargne par capitalisation dépend des cours financiers de l’épargne. L’épargne individuelle constituée est peu redistributive comme en France et le taux de pauvreté des plus de 65 ans approche les 10% en Suisse. Étonnant pour un pays réputé pour sa richesse avec un PIB par habitant qui la place au 9eme rang des nations (France 23eme rang) ! Aux Pays-Bas où la retraite est composée uniquement des revenus de fonds de pension, des années de taux bas, voire négatifs, accompagnés par une montée du nombre de retraités, en raison du vieillissement de la population, sont en train d’ébranler le système de retraite néerlandais, présenté jusqu’alors comme un modèle par tous les défenseurs de la retraite par capitalisation. (Médiapart)

Pour nos amis frontaliers travaillant en Suisse et vivant en France, le taux de change suffit cependant à rendre la retraite attractive pendant encore de longues années. Ils sont nombreux cependant à ne pas attendre 65 ans pour prendre leur retraite et préfèrent partir plus tôt (pour faire du vélo) moyennant un malus. En effet en attendant l’AVS à 65 ans, on tape en attendant son déblocage dans la rente de Prévoyance Professionnelle.

Le vélo anti-grève

bourse aux vélos à Paris en prévision des journées de grève

Finalement si tout le monde allait à vélo, on ne pourrait plus faire grève. La grève telle qu’elle est perçue aujourd’hui est devenue uniquement un moyen d’emmerder le monde puisqu’elle n’est plus le fait que des transports publics. Dans notre système inter-connecté, tout dépend de tout. C’est étrange, les électriciens auraient pu couper le courant et du coup paralyser pour de bon toute l’économie y compris la recharge des Zoé, des vélos électriques et des trottinettes, mais ils n’ont pas osé. Ce qui fait dire qu’on a affaire à des grèves par procuration.

Je sais, c’est réac mais c’est ce qu’on entend dire de la part de ceux qui, de bon gré ou de mauvais gré, doivent subir les encombrements parisiens. On entend même dire que le vélo est un instrument de droite dans le sens où il formalise des comportements individualistes. Tout le contraire du transport collectif d’inspiration communiste, je présume… (le vélo est-il de droite?)

Subir. Courbant l’échine, c’est ainsi que les Franciliens ressentent le mouvement revendicatif des cheminots. Remarquez, en Province, c’est la même chose lorsque les instits n’assurent pas leur service; les parents subissent la punition de devoir prendre un jour de RTT ou de transbahuter leurs mioches chez la grand-mère.

Les revendications sociales n’intéressent plus que ceux qui sont encore en corps constitués avec de grosses machines syndicales. Sinon le prolétariat n’est plus qu’un monde éclaté corvéable à merci qui s’en fout si le jour de sa retraite en 2078, il n’a pas fait grève en 2019. C’est la grève par procuration. On la subit sans la vouloir, c’est un mal nécessaire comme la redevance télé qu’on paie sans savoir pourquoi.

Au fil des ans, le quidam ne sait plus rien de ce qui fait corps social ou société. Il ne sait plus rien sur rien. Ni l’histoire ouvrière, ni ses conquêtes, ni pourquoi, ni comment il est arrivé là.

Moi, je sais. Avec les zigzags que nous impose le nouveau monde dans nos parcours professionnels, l’instit embrasserait trois ou quatre métiers à la file sans rapport aucun avec sa formation. Le conducteur de car pourra devenir professeur de musique, puis éboueur et le conducteur de centrale nucléaire ira garder les moutons avant de devenir infirmier. Cette vision du monde professionnel qu’on voudrait nous inculquer pour casser les solidarités professionnelles de branches, je n’y crois pas. Au contraire, la spécialisation, la technicité des métiers est devenue telle qu’on nous enferme dans des compartiments étanches dont on ne pourra bientôt plus sortir…sauf à se faire déclasser gravement.

Si donc demain, le vélo prenait le relais de toutes les grèves des transports, on aurait une joyeuse anarchie pour aller bosser et tous ces habitants « pendulaires » des grandes métropoles pourraient enfin reprendre le contrôle et le pouvoir de leur ville, de leur vie.

Dans un siècle peut-être.

à lire aussi dans Cyclable, l’expérience de Francilien qui sont passés au vélo

Cycliste malgré tout

Cycliste enrhuBé

J’ai abandonné l’idée de manifester aujourd’hui contre la réforme des retraites. Je délègue mes pouvoirs de nuisance. Le Français est un rouspéteur, c’est pour ça qu’il manifeste dès que l’occasion se présente. Finalement, je prends la mesure pleine et entière de mon statut de retraité avec ses pathologies habituelles de vieux.

Remarquez qu’ici, en Alsace, on fait le gros dos face au mécontentement. On attend que l’orage passe. L’Alsacien n’est pas gaucho pour deux sous, même trois. Le désordre de rue, il aime pas, l’Alsacien. C’est un atavisme ancien auquel il s’accroche. Un vieux fonds de social-chrétienté l’anime; prendre des coups sur la tête depuis Paris? non, ça ne lui fait pas mal. Il ne sent rien. Sa retraite en miettes, façon puzzle, dans quarante ans, après avoir voltigé de gros boulots en petits boulots au nom de la flexibilité libérale? non, ça ne le dérange pas.

Moi, pour l’heure je traine ma carcasse d’un bout à l’autre de la ville, médecin, pharmacien, maison. Maison, pharmacien, boulanger, radiologue. Je n’ose pas sortir mon mulet de campagne.

Le vélo sert à tout. Même malade, je ferme les écoutilles qui enserrent mon cou, un bonnet d’âne sur la tête bien enfoncé et je roule. Oui, ça racle dans la pente. Gober de l’air froid, la trachée se plaint. Devant la pharmacie, une contorsion. Pour sortir mon gant de la main, le doigt arthrosé (je ne sais pas si ça se dit) n’est pas content quand on lui tire dessus. Je me tourne face au mur pour ne pas montrer mon rictus.

Le sirop, il n’est pas gratuit. Le collutoire non plus. Si c’est pas remboursé, c’est que c’est pas efficace, me dis-je…la pharmacienne hausse les épaules comme pour acquiescer.

Puis elle ajoute, je vous fais six pour cent de remise! Bon reconnaissons l’effort salvateur.

Oui parce que vous ne savez pas, en plus de ma crise d’arthrose qui me fait mal partout, j’ai attrapé une rhinopharyngite. Chez moi rien n’est simple. D’abord un mal à avaler puis rhinite abondante, puis toux et sensation de bronches enflammées…et après, tout en même temps! Tas de mouchoirs au pied du lit, quand y’en a marre, je me lève. La nuit est foutue.

Mais le vélo me transporte malgré tout. Celui de la ville. Quand j’aborde les bordures, je trace un segment bien droit et oblique, ce qui me permet de décramponner la main droite douloureuse du guidon. J’évite la puissance qui fait avaler de l’air froid comme un carbu de turbo. Autrement dit, je presse mou.

Bref je suis devenu une Gordini avec un moteur de deux chevaux sous le capot.

Je ne vous oublie pas.

Les potins du lundi

Rouler dans la boue, le gravel bike s’inspire parfois du cyclo-cross. C’est pas Gravel ça 😂 il faut un tracteur Ça tiens pas dans la merde, mais ça roule sur le dur 🤣 les membres du Gravel Bike se taquinent entre-eux

L’amateurisme en question

Gravel Bike, encore un anglicisme à faire bondir. Le groupe Gravel Bike France sur Facebook rassemble tous les adeptes de la formule qui consiste à rouler sur des chemins plus ou moins cyclables avec des vélos de route à gros pneus.

J’ai de la sympathie pour eux car derrière cette découverte d’une nouvelle pratique, les membres du Gravel Bike France sont en proie parfois à des expériences déroutantes. Quels pneus? quels freins? le Gravel Bike France de Facebook est devenu un banc d’essai qui suscite parfois la tendresse tant les adorateurs font preuve d’amateurisme en la matière tout en oubliant que le VTT répond déjà à la plupart des sollicitations.

Cet amateurisme là est réconfortant car il montre que le vélo attire de nouveaux adeptes…et je ne pense que du bien d’eux, pourvu qu’on roule.

800.000!

En revanche, au Gouvernement, c’est le grand n’importe quoi. Même les adorateurs macroniens sont dans la crainte: leur poulain ne va t-il pas capituler en rase campagne avec sa réforme des retraites?

Nous étions donc 800.000 à manifester contre la réforme des retraites jeudi 5 décembre. Le nombre n’est pas contesté. J’ai fait presque 50 km à vélo pour m’y rendre! Mais le mouvement du 5 décembre a entrainé de curieuses répliques qui risquent de se propager jusqu’à Noël.

On annonce que mardi, ça recommence. Chouette!

Oui, c’est vrai, se réjouir n’est pas de bon ton à quelques jours des fêtes de fin d’année.

Le projet du gouvernement semblait séduisant. Sur le papier. Beaucoup y ont senti l’arnaque. Réduire les différences entre les régimes au nom de la justice sociale, favoriser les carrières hachées, prendre en compte les petits boulots,…oui c’est de bon ton.

Mais on découvre jour après jour l’énorme complexité du système à mettre en œuvre pour rapprocher des régimes fort différents. Comme si nous avions eu affaire à des amateurs. Comprendre que les enseignants vont avoir des pensions rétrécies, que les CRS vont devoir bastonner les Gilets jaunes sur les ronds-points jusqu’à 64 ans,…tout cela n’avait pas été pensé, hiérarchisé. Où sont les simulations? les modèles de transition? je crains que le gouvernement navigue à vue.

Des amateurs. Oui on a bien des amateurs au pouvoir. Des apprentis-sorciers? peut-être! Dans ce cas il va falloir beaucoup d’incantations pour convaincre le bas peuple.

3600 trottinettes hors d'usage

Extinction-rebellion, le mouvement social écologiste qui revendique la désobéissance civile en s’appuyant sur des actions coups de poing non violentes a saboté le 5 décembre 3600 trottinettes électriques.

Dans un communiqué le mouvement précise le sens de son action…Contrairement à leur image de mode de déplacement « doux » et « vert », les trottinettes électriques sont une catastrophe écologique. En raison de leur production très énergivore, de leur faible durée de vie, et de la nécessité de les transporter tous les soirs pour les recharger, elles émettent en moyenne 202g de CO2 [1] par passager et par km parcouru. Cela représente 25 % d’émissions de gaz à effet de serre de plus qu’une voiture en voyageant seul, et 40 fois plus qu’un trajet collectif en tram ou métro par km parcouru [2].

Leurs batteries au lithium sont produites dans des conditions destructrices pour la nature et les êtres humains [3], et ne sont pas forcément recyclées.

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