Catégorie : Les chroniques cyclo-citoyennes de Maxou

On ne s’interdit rien.Si le cycliste pédale avec ses pieds, il réfléchit avec sa tête.

Carte grise vélo, l’imposture

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Le cycliste va t-il trinquer à l’impôt Macron?

Retour de bâton cruel pour la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB).

Elle a cru bon vendre son Bicycode qui peine à convaincre au Ministère des Transports.

Aussi sec, Elisabeth Borne, la ministre, a inscrit l’obligation de pucer les vélos neufs dans sa loi d’orientation des mobilités (LOM)…avec l’idée d’y graver aussi les vélos anciens dans les deux ans.

Le Bicycode, c’est un gravage de votre bécane qui doit permettre (en principe) d’endiguer les vols de vélos. Surtout les vélos neufs qui freinent parait-il le développement du vélo en ville. A Strasbourg, on dit qu’un vélo neuf est volé dans les huit jours. Ce qui fait les choux gras d’un second marché lucratif sur les sites de vente internet (lire mon billet du 24 juillet 2014 à ce sujet )

Le problème c’est qu’aucune étude sérieuse ne vient démontrer l’efficacité du dispositif.

Bicycode, faut-il y croire?

Pas de chance pour la FUB, les médias y ont vu une occasion de montrer du doigt une taxe de plus assimilable à une carte grise dont on s’acquitterait en achetant un vélo.

C’est FR3 Occitanie qui dès juillet a parlé de carte grise pour les vélos

Aussitôt levée de boucliers chez les cyclistes (si,si, j’en connais qui « râlent ») et aussi ceux qui considèrent plus largement que l’overdose de taxes est atteinte à tous les niveaux avec la politique Macron.

Il est vrai que ce dispositif à fait tilt en particulier chez les automobilistes pour qui les prix de l’essence et les péages urbains envisagés ont clairement montré la volonté taxatrice du gouvernement tous azimuts.

En effet qui n’a pas un vélo au fond de son garage!

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Une loi d’avril 1893 instaura une taxe annuelle sur les vélos en France ! Mise en application à compter du 1er juin 1893, cette loi fixait à 10 francs français la redevance pour la possession d’un « vélocipède ou appareil analogue ». (source)

Imaginons 25 millions de vélos à 10 euros la taxe vélo, ça fait tout de même 250 millions dans la poche de l’État impécunieux.

Du coté des cyclistes, ce qui fait le plus jaser, c’est qu’on puisse se retrouver dans un fichier national dont on ne sait pas à quoi il pourrait servir plus tard…

Dans le passé, il faut s’en souvenir, on a déjà taxé les vélos, mais aussi la possession de chiens et…de pianos au domicile.

Les pianos aussi…

La France tire sur les pianistes. L’impôt sur le piano a été promulgué en 1893 en France. Plusieurs raisons à cela : qui pouvait s’offrir un piano était plus à l’aise que la moyenne, les fraudeurs faciles à détecter… et l’instrument était assez répandu. A 10 francs par piano, l’impôt a rapporté 5 millions en 1893. Cet impôt sur le luxe a disparu au début du XXe siècle. (source)

 

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Nuitamment

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Avant le coucher, tisane? promenade du chien? carré de chocolat?

Non, vélo!

J’enfile ma chasuble rétro-réfléchissante et je pédale.

Ce soir là, j’ai fait quinze bornes.

Je quitte l’agglo et aussitôt la masse d’air se fait frisquette sur mes jambes nues.

Mon phare assure un champ de vision suffisant.

Le seul écueil viendrait des bas-cotés si un animal surgit.

Justement dans le virage, je dérange un renard qui s’éclipse le long du Leimbach.

A Aspach, je coupe le phare, je redeviens urbain sous les lampions.

Puis je pousse jusqu’à Cernay.

Le long de Saint-André, les voitures s’écartent et ralentissent, preuves que je suis vu.

Je passe sous le tunnel de la gare.

La remontée à Vieux-Thann par la piste de la Thur est sinistre.

J’ai mis la capuche, ma burqa de cycliste intégriste.

Pour agrandir mon champ de vision dans les virages, je progresse en dent de scie le long de la courbure.

Le mieux serait en plus le phare de casque.

 

 

 

Saint-Dié-des-Vosges, clichés

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Un peu d’Eole, un peu de Calder, beaucoup de ferraille. Je ne sais pas qu’en penser
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J’adore ce télescopage de choses hétéroclites, ce panneau Michelin, cette évocation de la guerre, ce deux roues abandonné et ce museau de TGV déjà antique
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En attendant le train, un jeu de croquet sous les arceaux?

J’ai arpenté les rues, longé la Meurthe.

Remontant la rue Thiers, j’ai contourné la cathédrale pour monter sur les hauteurs.

Mais je n’ai rien vu.

Des voix de femmes s’échappaient là-haut près de l’orgue, puis les premiers accords d’un cantique ont raisonné.

Reconstruite après 1944, l’édifice est massif. Il pourra rassurer les chrétiens.

Le Festival de Géographie est terminé.

Je ne verrai rien du petit jardin chinois encore signalé le long du fleuve.

Le long du quai Sadi Carnot, j’emprunte la passerelle face à la rue Maurice Jeandon.

Aussitôt les canards rappliquent dans l’espoir d’une friandise.

Cyclistes et chasseurs, vigilance!

A VTT aussi, il faut être reconnaissable

Un vététiste tué par un chasseur samedi 13 octobre.

L’information fait le tour des réseaux sociaux et déchaîne les passions.

Tel qu’il est rapporté par la Presse, cet accident met le monde du vélo en émoi.

Un vététiste britannique, qui dévalait un chemin à la lisière d’un bois sur la commune de Montriond, en Haute-Savoie, a été mortellement touché samedi 13 octobre par un tir de fusil de chasse.

L’accident s’est produit vers 18h lors d’une battue au gros gibier organisée par des chasseurs locaux, en présence d’invités, a précisé le procureur de la République de Thonon-les-Bains, Philippe Toccanier.

Vététiste assidu, l’homme était « parfaitement identifiable » sur ce chemin fréquenté, pentu et difficile d’accès, situé à 1.350 mètres d’altitude.

En état de choc, le chasseur, âgé de 22 ans et invité de la battue, a été hospitalisé. (FR3 Haute-Savoie)

Du coté des chasseurs, on fait le dos rond. Il semble, l’enquête le dira, que des fautes ont été commises.

On ne tire pas sans discernement; comment confondre un sanglier avec un cycliste!

les accidents de chasse depuis 15 ans

Évidemment, ce drame nous renvoie à la cohabitation des usagers de la nature.

Si le vététiste est inoffensif, le chasseur ne l’est pas.

Il faut donc que les zones de chasse soient clairement mentionnées lors des battues et respectées des promeneurs et des vététistes.

J’avoue que certaines zones de chasse obligent parfois à remettre en cause son itinéraire, ce qui m’est déjà arrivé.

Que faire?

J’ai déjà parlementé avec des chasseurs à l’affût en lisière pour savoir si je peux poursuivre mon chemin. Il ne faut donc pas hésiter à se parler.

Dans le Grand Est, il existe un logiciel qui permet de connaître les zones de chasse à l’avance.

Ce site s’appelle Vigilance-Chasse. A sa naissance, je n’avais pas été séduit.

Mais je vous invite à le consulter, aller sur le site Vigilance-Chasse

A lire aussi sur Vélomaxou: la chasse aux sangliers. Une prolifération qui fait que les sangliers s’attaquent aux cultures de maïs et aux prairies d’altitude dès qu’ils sortent du bois.

Les potins du lundi

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La Belgique nous montre la voie royale, Macron s’en inspire (dessin de Kroll)

On fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

Depuis que nos ministres ont compris qu’ils étaient révocables sans préavis, certains préfèrent s’en aller avant d’attendre la sentence.

C’est le cas pour les deux derniers, Nicolas Hulot et Gérard Collomb qui sont partis en cassant la vaisselle encore intacte.

D’autres s’y sont essayés avant eux comme François Bayrou et Laura Flessel…et aussi Richard Ferrand, ministre lui aussi éphémère, devenu depuis Président de l’Assemblée Nationale.

J’en oublie peut-être et mes lecteurs sauront me le rappeler.

Oui, j’ai oublié Marielle de Sarnez, la copine politique à Bayrou…et aussi Sylvie Goulard.

J’en ai le vertige!

Au total, Macron aura donc usé sept ministres.

Attendons la suite…

Ainsi donc, ministre est devenu une fonction périlleuse qui peut vous conduire au purgatoire dès le moindre écart de conduite.

Sans indemnités?

J’en doute…il faudrait interroger Pôle Emploi pour recenser tous ces intérimaires de la politique dont on dit que certains n’ont rien à faire dans leur ministère et s’ennuient à mourir.

Achevons de plaisanter pour constater combien le job de ministre est devenu dérisoire, pour ne pas dire ringard…à un point tel qu’on a du mal à trouver des candidats pour remplacer les démissionnaires.

C’est que ministre est devenu un job éminemment casse-gueule tellement la France est ingérable.

Ministre de gauche et de droite semble être le meilleur moyen d’aller dans les décors.

C’est pourtant notre Maître des Horloges qui entend gouverner au centre…un centre fortement excentré à droite qui ne convient pas à tout le monde.

La formule semble faire « pschitt! » comme aurait dit l’autre.

Les ministres techniques (ou technos?) ont un avantage, ils récitent leur bréviaire libéral sans se soucier de rien. Ce sont évidemment des pyromanes capables de mettre le feu à l’État puisqu’ils ignorent tout de notre histoire républicaine, de nos dogmes et des institutions.

A force de s’essuyer les pieds sur les forces vives populaires, la riposte risque d’être cruelle aux prochaines élections européennes, puis aux municipales

N’exagérons-rien: la Belgique tiraillée entre sa droite flamande et sa démocratie wallonne a réussi à tenir…541 jours sans gouvernement.

Après ces considérations sur l’exercice du pouvoir d’en- haut, parler du bas serait presque trivial.

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Ma photo de la future prison est un peu ratée, mais on voit pourtant en haut à gauche trois cyclistes se diriger vers les travaux sur la piste de l’étang de Reiningue

Voici donc les travaux de notre grande prison de Mulhouse entamée le long de la route de Thann, après bien des tergiversations, sur de bonnes terres agricoles et alors même que le bassin potassique regorge de friches inutilisées et infertiles.

Pour voir comment elle sera belle, l’entreprise qui terrasse, l’a délimitée avec un filet rouge.

Y’a comme un défaut puisque la piste cyclable qui conduit à l’étang de Reiningue passe à l’intérieur.

Les cyclistes attendront donc quelques années avant de pouvoir retrouver leur itinéraire habituel.

Comme en s’en doute, pas l’ombre d’un itinéraire provisoire en attendant.

Encore une fois, cela démontre la haute considération de nos pouvoirs à l’égard du vélo.

 

 

Cycliste la nuit

Je suis le seul cycliste équipé ainsi quand je me promène le soir à Thann. J’imagine que je dois paraître ringard.

40% des accidents impliquant des vélos ont lieu la nuit. La principale raison à cela : 57% des pratiquants de la petite reine roulent mal éclairés. 

C’est la Prévention Routière qui lance ce message sur les médias.

Je ne peux que l’approuver.

Hier encore à 21 heures, un cycliste sans lumière.

Encore mieux: il aborde le feu tricolore, puis passe au rouge.

En loucedé.

Celui-là s’en fout de n’être pas vu et de griller un feu.

Deux constats: nous avons affaire à une population qui n’a aucune conscience du danger encouru et qui en outre ne craint aucunement d’être verbalisée. Et pour cause, le soir après la nuit tombée, je ne vois aucune force de l’ordre en ville.

Mais force est d’admettre que nous avons, plus qu’hier, une population qui se défie de tout, y compris des règles.

Alors à quoi bon s’en offusquer!

La nuit nuit

Les potins du lundi

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Regarder dans le rétroviseur

Soyons lucide, Vélomaxou est sur le déclin.

Je ne sais pas si ce désamour frappe tous les blogueurs, mais force est de constater que les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Depuis 2014, Vélomaxou perd chaque année de l’audience.

188000 pages vues en 2014, puis une lente érosion.

Elle semble stabilisée aujourd’hui. Je pense arriver à 140.000 pages en cette fin d’année.

Mais il est vrai que je produits moins d’articles: près de 800 en 2014 et moitié moins aujourd’hui.

En revanche, et c’est réconfortant, mes visiteurs sont toujours fidèles.

65000 en 2014 et 57500 à l’heure actuelle (8 octobre)

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Une lente érosion des pages vues mais un lectorat qui se maintient

Le parti pris de ce blog est d’embrasser tout le spectre du monde cycliste à l’exception de la compétition.

Je garde cette ligne même si mon regard citadin est moins aiguisé depuis que j’ai quitté l’agglomération mulhousienne.

Mais je continue d’aimer tous les vélos, je devrais dire tout le vélo pour être encore plus universaliste.

Le soir à la veillée, j’ai pris l’habitude de parcourir ma ville quand le tohu-bohu de la circulation s’est calmé. Un exercice qui pourra surprendre.

Je rejoins le centre-ville et souvent je longe la Thur au pied du Rangen pour le retour.

Il faut un phare puissant car c’est le noir total en cette période de l’année et je ne suis pas nyctalope sur ce chemin où je rencontre parfois un monde interlope.

Une sombre silhouette à l’approche, on se frôle, et le reste d’une effluve ensuite…

Les coureurs à pied se projettent avec leur frontale sur la tête, je les vois de loin arriver comme des feux follets.

En haut des vignes, derrière les lambeaux de brumes, les feux des vététistes ondulent à l’orée du bois.

On allait voir ce qu’on allait voir

Effectivement on a vu.

Depuis le défilé de cette jeune caste diplômée des hautes études autour du président Macron, les choses ont bien changé.

Notre roi semble nu.

Il semble à présent se raccrocher aux branches du torrent médiatique qui déferle autour de lui.

Trempé jusqu’à l’os dans sa chemise blanche, il n’a trouvé en face de lui qu’une petite frappe pour lui tenir la main et nous adresser un doigt d’honneur.

Comme beaucoup, j’ai mal à la France.