Catégorie : Les chroniques cyclo-citoyennes de Maxou

On ne s’interdit rien.Si le cycliste pédale avec ses pieds, il réfléchit avec sa tête.

Les potins du lundi

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Le pont Morandi, symbole de l’euro?

Je colle à l’actualité.

C’est une facilité pour notre source d’inspiration.

Les sujets ne manquent pas.

Ainsi un viaduc autoroutier, le viaduc Morandi, contre toute attente dit-on officiellement, s’est effondré avec ses voyageurs au-dessus de la ville de Gênes causant plus de 40 morts.

Stupeur et tremblements dirait-on dans un mauvais jeu de mots

Vous verrez, quand les juges vont détricoter les responsabilités hiérarchiques des uns et des autres, on aboutira à un lampiste. Relisez Amélie Notomb!

L’Italie, la dolce vita, les plages de rêve, la mozarella, la pizza, les pastas, son cinéma far-west spaghetti, son cinéma d’avant-garde, Vittorio De Sicca, comment ne pas aimer un pays qui parle avec ses mains!

Les accidents technologiques, puisqu’on les nomme ainsi, sont fréquents dans nos sociétés développées.

On serait presque blasés de ces drames à répétition et tentés de dire « c’est la faute à pas de chance ».

Ceux qui vont accréditer cette thèse seront tous les mis en cause qui vont défiler un à un devant les micros et les tribunaux.

Pour dire que tout était prévu et qu’ils ne pouvaient prévoir l’imprévisible.

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A vélo, on ne craint rien

A force on s’habitue

Pourtant ces drames humains qu’on nomme défaillances avec euphémisme sont en fait le résultat de compromissions où se mélangent habilement incompétence, cupidité et laisser-aller.

Un juge mettra des années à démêler le vrai du faux.

N’accablons pas l’Italie: on est capable en France de faire aussi mal.

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Par exemple avec nos déraillements de trains, par exemple avec nos autoroutes dont la chaussée s’effondre sans prévenir…prions pour qu’une centrale n’explose pas!

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Ni les lois, ni les normes, ni les règles, rien n’a pu éviter qu’un modèle capitaliste qui se goinfre avec nos péages conduise à cette catastrophe.

Les économies administrées et autocratiques ne font pas mieux, direz-vous.

Je pense à Tchernobyl en URSS…aux catastrophes ferroviaires chinoises, sans pouvoir citer toutes celles que l’on nous cache.

Dommage! car on ne peut pas trouver un modèle politique supérieur sur le plan de la fiabilité.

Des simples nids de poule, notre État impécunieux ne peut les reboucher. Alors des ponts, n’y songez-pas!

Sept pour cent de nos ponts seraient dangereux et trente pour cent en mauvais état.

Il suffit de ne pas y passer.

On pourrait suggérer que l’État invente un nouveau panneau routier pour les ponts intitulé « à vos risques et périls ».

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Où est la place du vélo en ville?

Le vélo en ville. Jusqu’où?

Ce billet reprend la plupart des thèmes de l’émission de France Inter

Le débat de midi

Le vélo, petite reine ou dictateur du milieu urbain ?

Interlocuteurs en présence:

Isabelle Lesens, cyclologue

Olivier Schneider, secrétaire de la FUB

Mathieu Flonneau, maître de conférences en histoire contemporaine

Le vélo en ville est-il la petite reine tant attendue ou le méchant dictateur de nos mobilités?

A force de tourner en rond, on commence à se poser la question.

Quand je dis « on », je pense aux élus, aux décideurs et aux militants de la cause du vélo en ville…et aussi bien évidemment aux usagers du vélo eux-mêmes.

Du coté national, la cause semble entendue: on ne peut rien attendre d’un Plan Vélo vide de sens.

Isabelle Lesens dit regretter l’absence de rupture avec le passé tout en constatant des mesures floues d’accompagnement loin de conduire le vélo à une part modale de 15 à 20% en ville.

Il est vrai que la France patine depuis vingt ans au moins avec 3% de part modale dans la plupart de ses grandes villes, à l’exception de Strasbourg.

Du coté de la Fédération des Usagers (FUB) on continue d’espérer…et de vouloir accompagner les Collectivités pour la création de réseaux cohérents de pistes cyclables, en dotant les villes de moyens contre le vol de vélo, et en systématisant l’apprentissage du vélo dans les écoles.

Mais le nerf de la guerre des politiques publiques, c’est l’argent.

Bercy freine des quatre fers pour déverrouiller par exemple l’Indemnité Kilométrique Vélo (IKV) à ceux qui souhaitent aller au boulot à vélo plutôt qu’en voiture.

Pour Mathieu Flonneau, Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, si le vélo joue un rôle dans le bouquet des mobilités, il ne faut pas en attendre la panacée. Selon lui, la pédagogie repose depuis vingt ans sur un échec très large en France du report modal des mobilités en faveur du vélo.

Devant ce mur écologique, cette transition « mobilitaire », des tensions très larges apparaissent autour de ce bouquet de mobilités: la culture vélo a des limites qu’il ne faut pas nier.

Il y a des tensions, des inerties, des chemins de dépendances qui font que Strasbourg aura de la peine à atteindre 15% de part modale ajoute t-il.

Pour Olivier Schneider de la FUB, l’interrogation reste sans réponse: pourquoi, dit-il, 80% des gens veulent plus de pistes cyclables alors même que seulement 3% des usagers utilisent le vélo en ville? l’inconfort des ouvrages?… la dangerosité de l’environnement?…

La FUB revendique des efforts dans le domaine des comportements (?) et sur les infrastructures….comme par exemple imposer l’effort physique.

Agir sur les comportements n’est pas simple dès lors que l’automobile omniprésente n’a jamais autant eu le vent en poupe d’un point de vue culturel et que les démocraties libérales n’ont nullement l’intention de peser sur les choix économiques

L’automobile a t’elle été une intruse dans la ville? s’interroge Mathieu Flonneau

Non!

Au contraire, il y a eu co-construction de l’espace urbain en facilitant des trajets domicile-travail plus longs éloignant les populations des villes et transformant les modes de vie.

Ce qui parasite le débat, c’est que beaucoup de centre-ville ont changé d’affectation en devenant touristique. De ce fait les mobilités pour le vélo deviennent plus légitimes dans l’hyper-centre.

Mais le vélo perd rapidement sa légitimité dès lors que les agglomérations s’allongent.

La piste cyclable deviendrait alors plus utile dans les périphéries non conçues sur le mode « revanchard » de l’automobiliste.

Il ne faut donc pas essentialiser les comportements et nier l’intermodalité conclut-il.

Comme on le voit, les théoriciens du « tout-vélo » en ville sont loin de convaincre.

Les décisionnaires urbains sont aussi imprégnés de doutes.

On les comprend dès lors que la conception des inter-modalités est devenu un casse-tête insoluble où les enjeux divergents parasitent le débat.

 

 

Les potins du lundi

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Découvrir un chemin à vélo

Je m’étais égaré sur un chemin de liaison entre deux villages.

Un chemin, allez comprendre pourquoi, qui manquait de goudronnage à mi-parcours…comme si ces deux cents mètres de linéaire vicinal n’appartenait à personne.

Allez comprendre pourquoi!

Ce sont les hasards de mes pérégrinations qui me font découvrir des itinéraires jusqu’alors inconnus de moi.

La France est parait-il championne en chemins et routes.

Un million de kilomètres!

Et beaucoup de nids de poule depuis que la France des champs coute trop cher à nos princes.

Le tracteur vient vers moi tandis que les génisses dans le pré se mettent à presser le pas à l’annonce de l’arrivée du patron.

D’un geste adroit le paysan déverse quelques centaines de kilos d’ensilage de maïs à ses bêtes qui n’ont plus d’herbe depuis trois semaines.

Puis il arrête son moteur et l’on bavarde.

M’arrêter et échanger avec d’autres; mon vélo est un trait d’union entre ceux qui ne se parlent plus beaucoup tant les occasions manquent.

Ceux dont on dit souvent du mal, qu’on accuse de polluer la planète.

Ce paysan là va s’arrêter et prendre sa retraite.

Le lait?

Inutile de s’entêter! dit-il

D’autres font beaucoup mieux dans l’est de l’Europe ou en Nouvelle-Zélande.

En plein mois d’août, il commence déjà à entamer ses réserves de l’hiver, alors…

Alors, me dit-il, on ne fera plus de lait…et à la place on sèmera des céréales, celles avec lesquelles on nous accuse de polluer!

Sinistre perspective.

Epinal: des cyclos pas réglos?

Epinal, une semaine cyclotouriste controversée

La semaine fédérale de cyclotourisme qui se déroule actuellement à Epinal ne fait pas que des heureux.

La population semble découvrir un mouvement cycliste envahissant sans en comprendre forcément le sens.

Lu sur Facebook…

Que font-ils là?

A quoi ça sert?

Pourquoi ici?

Ils vont rester combien de temps?

D’autres plus perfides interrogent…

« comment des octogénaires osent-ils venir faire du vélo en pleine canicule? »

Bref, le grand raout de la Fédé de Cyclotouriste (FFVélo, ex FFCT) censé valoriser le cyclotourisme de masse semble rater son rendez-vous annuel dans les Vosges.

Mais la semaine n’est pas terminée…

Il n’y a pas de quoi se réjouir de telles réactions car le cycliste de loisir a au contraire besoin de valoriser son image.

Déjà les années passées on sentait que la grande messe des fervents de la petite reine dérangeait dans les bourgades et les chefs lieux de canton.

En cause la trop grande masse de cyclistes – 12000 dit-on – concentrée en un seul point.

Contrairement à l’Ardéchoise, l’autre rassemblement cyclo-sportif, qui a lieu chaque année en Ardèche, la FFVélo ne bénéficie pas de ce capital sympathie qui associe toute une population au vélo avec des relais puissants sur le terrain au niveau des communes et des associations.

La Semaine Fédérale doit à chaque fois roder ses équipes puisqu’elle se tient à chaque fois dans un lieu différent.

En 2019, ce sera Cognac.

On avait déjà vu dans les réseaux sociaux depuis le début de la semaine un certain mécontentement s’exprimer dès le lundi quand les automobilistes se rendant au boulot ont du faire face à des encombrements inhabituels dans les rues d’Épinal, préfecture des Vosges.

Cette fois, c’est le journal Vosges Matin (8 août) qui dans un article intitulé

Des cyclotouristes pas très respectueux des règles

constate le comportement de cette population à deux-roues venue de tout l’hexagone et de quelques pays voisins…

Sens interdits empruntés par les deux-roues, feux rouges grillés, non respect des cédez-le-passage et stops ou bien circulation sur les trottoirs ne sont qu’un petit florilège des règles bafouées par certains adeptes du vélo.

…et d’ajouter:

Mais la palme revient à quelques cyclotouristes qui, peut-être par mégarde, ont été surpris en train de circuler sur la RN 57 !

Encore une fois la FFVélo va devoir se poser la question du devenir de sa formule qui consiste à rassembler autant de cyclistes au même endroit sans mesurer tous les inconvénients qui en résultent.

Si l’argument économique satisfait le commerce local et les institutions – on parle de 5 millions d’euros de retombées – du coté de l’acceptation de la population, ça coince sérieusement.

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Fritz, le fou du cirque

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on débarque Fritz

En 1902, le cirque Barnum s’apprête à donner une représentation à Tours.

Les animaux voyagent sur la Loire.

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il est majestueux Fritz

Fritz devient subitement fou.

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Fritz sur son lit de torture

Il finira étranglé.

(collection sur plaques de verre)

Au revoir le vélo! bonjour le VAE!

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VAE Ikéa. Va t-on acheter un vélo avec ses meubles?

Vélomaxou vous l’annonce en exclusivité: la mort du vélo est pour bientôt.

Tant mieux!

Non, je ne plaisante pas.

Ne pleurons pas, mes amis, adeptes de la route, de la montagne et des chemins.

Non, je ne suis pas victime d’un coup de chaleur.

Oui, bientôt nous parlerons du vélo au passé.

Pourquoi pas!

On se réunira le soir à la veillée pour évoquer le bon vieux temps.

Celui de nos épopées célestes parmi les ballons vosgiens ou même nos tribulations le long de la plaine du Rhin.

Le Tour de France sera enfin devenu une ringardise, rangé au rayon des antiquités, visité par les tour-opérators avec le Mont-Saint-Michel, la Tour Eiffel, le saucisson, le béret basque et la baquette.

Le Tour de France a fait beaucoup de mal à l’image démocratique du vélo. Son élitisme a privé des générations entières d’un moyen de locomotion simple, économique, non polluant et bon pour la santé. Contrairement aux Pays Nordiques où le vélo est plébiscité dans les grands centres urbains.

Ne me dites pas que vous n’avez rien vu venir…

Mais si, on en voit partout.

Ce matin France Inter en faisait sa une.

Des types grimpaient le Galibier, comme ça, pour la frime, sans l’once d’une appétence quelconque pour le vélo.

« Oui, on a vu ça dans un magasin au pied de la montagne » disait le monsieur

« …c’était 50 euros la journée, alors ma femme et moi on n’a pas hésité. »

Le Vélo à Assistance Électrique (VAE) représentera un vélo sur deux vendus en…2025.

2025, c’est demain.

Il ne faut pas se voiler la face: en 2005, il se vendait 3900 VAE, en 2016…102000, et en 2017…255000!

Bon ne chipotons pas, si vous voyez venir en face de vous un ou une cycliste qui pédale un peu « carré » (qui ne soigne pas le passage des points morts (en bas et en haut du cycle de rotation) avec un vélo qui file à bonne allure, c’est un VAE.

Il ne faut pas s’en offusquer: si vous êtes rattrapés par trois compères un peu enveloppés qui sortent de l’auberge du Grand Ballon, à coup sûr ils chevauchent des VAE et vont faire tous les troquets de la route des Crêtes jusqu’à la Schlucht avant de redescendre frais comme des gardons au camping de Xonrupt.

Un p’tit coup de Molkenrain en passant?

Ne pleurez pas mes frères, l’heure des compétiteurs à vélo se termine.

Le vélo musculaire va mourir de mort lente.

Ne pleurez pas mes frères, nous y viendrons tous un jour

Ceux qui vont pouvoir enfin souffler, ce sont tous les militants du vélo en ville qui s’escriment depuis des décennies pour négocier des plans vélo, des double sens cyclables, des tourne à droite au feux, des sas aux intersections et qui manifestent à chaque nouvelle place de parking construite.

Du coté des vélocistes, ça regimbe un peu. Certains trainent les pieds. Pourtant le vélo haut de gamme se vend moins bien qu’un vélo électrique, et pour cause: l’acheteur n’y connait souvent rien!

A l’instar de Décathlon qui vend ses VAE comme des petits pains.

Les cycles Mannheim de Vieux-Thann en profitent pour exposer à la Semaine Fédérale de Cyclotourisme (Epinal) des VAE; il est vrai que la FFCT va jouer son va-tout si elle veut conserver encore un peu ses plus vieux adhérents.

Serge Mannheim sent le vent du vélo de course tourner. Il a conçu ce VAE avec discrétion au point qu’on pourrait s’y méprendre. (voir mon essai)

Avec la montée en puissance du VAE en ville, le match est gagné.

Le VAE, c’est d’abord le vélo utilitaire, de voyage, de balade…puis celui du VTT.

Les chiffres sont là pour en témoigner: Plus de 255 000 VAE ont été vendus en 2017, ce qui correspond à un volume de ventes doublé par rapport à 2016. Les ventes de VTT à Assistance Électriques atteignent 35 340 unités. (source Volto Vélo)

Enfin une nouvelle sociologie du vélo va naître.

Exit les coureurs du dimanche, exit les cyclo bodybuildés du dimanche, exit la FFCT ringardisée.

Il faut l’admettre, l’image du vélo de compétition va voir son étoile se ternir et c’est tant mieux.

Nos sinistres ministres vont être dépassés par le phénomène sociétal alors qu’ils sont incapables de boucher les nids de poule des chaussées et de concevoir un plan vélo.

Même Decaux a perdu la bataille avec ses Vélibs!

Ceux qui à partir d’aujourd’hui se mettent au vélo sont majoritairement des adeptes de VAE. Ils vont peu à peu peupler nos villes et nos campagnes.

Vous pouvez me croire, j’en vois chaque jour.

A VTT, et aussi en ville.

Cette nouvelle population cycliste semble complètement ignorante de nos pratiques, elle s’en défie même. Nul besoin de cycliste en lycra ou de maillot bariolé.

La tenue est civile et banale…presque de mise.

Un nouveau genre de vélo est en train de naître.

Pourra t-on encore parler de cyclisme?

Pic d’ozone

Ne pas croire que rouler à vélo à la campagne permet d’échapper à l’ozone.

La masse polluante poussée le vent atteint les sommets vosgiens ou de Forêt Noire autant qu’en plaine d’Alsace.

Mardi 7 août, la pollution atteindra le niveau global 8 (maximum 10) c’est à dire « mauvais ».

Au menu:

  • oxyde d’azote
  • ozone
  • micro-particules fines

Bonne chance à ceux qui oseront malgré tout pédaler!