Le lundi de Pâques, c’est le dimanche bonus pour beaucoup.
Dans les siècles passés, toute la semaine suivant le dimanche de Pâques était fériée. En 1802 Napoléon a estimé que c’était trop et ramené la semaine fériée à un seul jour, le lundi. La CGT a laissé faire sans réagir?
Une semaine fériée, on rêve!
J’ai pris mes pompes à mon cou et j’ai fait le tour du Rangen, la vigne pentue qui surplombe la ville. La course à pied c’est un succédané du vélo et même un damné succès un lundi de Pâques. La mise en œuvre est facile, la course est vite finie vu que je me limite à cinq kilomètres.
Inquiétante déclaration du médecin fédéral de la Fédération de Cyclotourisme, François le Van: « Avec l’âge et la surcharge pondérale…le cyclotouriste est plus exposé que le sédentaire car il s’entraîne constamment, et le jour où survient l’accident, les conduits sont bouchés à 90% et il fait un infarctus massif » (Cyclotourisme N°598 janvier 2011).
Jean dans l’ascension de la route dite des Américains à la Bresse
C’est dur à admettre. On peut avoir l’âme d’un cycliste militant, les jambes d’un grimpeur accompli, l’indéfectible besoin d’enfourcher sa bécane au moins une fois chaque semaine et se retrouver entre les bras du monde médical sans l’avoir demandé.
J’en ai été le témoin actif puisque mon cardiologue qui prône tant l’activité physique a détecté une pathologie cardiaque chez moi qui correspond à des artères athéromateuses.
Pas n’importe quelles artères, celles qui entourent et nourrissent le cœur (le muscle cardiaque) et qu’on nomme artères coronaires.
Elles sont au nombre de trois:
l’artère interventriculaire antérieure (IVA)
l’artère circonflexe
l’artère coronaire droite
Un score calcique de malade de 611!
C’est au scanner qu’on a détecté ce score peut enviable de 611 qui qualifie la quantité de plaques athéromateuses qui tapissent mes coronaires. Un score qui ne doit pas en principe dépasser 100. Ce score est qualifié de risque élevé pouvant conduire à un infarctus du myocarde. Bref à une crise cardiaque!
Tout droit à la coronarographie
La coronarographie va confirmer les dégâts. Moins graves qu’attendus mais pourtant redoutés.
Dans les cas aigus, la coronarographie détecte des sténoses des artères (des rétrécissements) qui débouchent immanquablement sur la pose de stents (des ressorts) ou un pontage coronarien.
Dans mon cas, je suis ressorti de l’examen avec le diagnostic de « maladie cornarienne non obstructive ». Autrement dit des coronaires avec sténoses non significatives. Cela dit je suis ce qu’on appelle un patient asymptomatique qui ne souffre pas d’essoufflements à l’effort, ni de de douleur thoracique. Autrement dit un cycliste/malade qui s’ignore! Je crois que nous sommes nombreux dans ce cas, plus qu’on le pense au fur et à mesure que l’âge avance.
Je m’en sors plutôt bien avec un Score SYNTAX=0 (terme technique dont je ne connais pas l’échelle)
La suite sera perte de poids, baisse du mauvais cholestérol LDL (à diviser par 2), régime alimentaire dit méditerranéen, 150 mn d’activité par semaine… sans oublier un traitement médicamenteux à vie à base de statine et d’aspirine.
C’est une perspective pas très coercitive qui est à ma portée. Avant même d’apprendre mon état cardiovasculaire, j’avais entamé un régime visant à réduire mon surpoids. J’ai déjà perdu 9 kg en trois mois (100gr/jour).
Tout ce laïus pour dire qu’on peut faire du vélo depuis quarante ans et souffrir malgré tout d’une maladie cardiaque qu’on ignore souvent…en dépit du fait que je suis suivi par un cardiologue tous les ans avec électrocardiogramme et test d’effort depuis plus de vingt ans.