Je déteste rouler en club


cliché vélomaxou

« Je déteste rouler en club » me déclare ce cyclo rencontré alors qu’il astique son vélo devant chez lui.

C’est provocateur.

Je n’en suis moi-même pas revenu.

Oui, j’en ai parfois ras la casquette des sorties dominicales encadrées, mais enfin faut quand même assumer sa camaraderie, son désir de vivre et  de pédaler ensemble dans la campagne environnante.

Mais le promeneur solitaire existe.

On l’est tous. Plus ou moins.

C’est la première fois cependant qu’un cycliste me déclare aussi catégoriquement son aversion pour le rouler en club.

Oui, il a plusieurs VTT rutilants dans son garage; on le devine, c’est un pratiquant averti et vraisemblablement passionné de vélo.

Presque un esthète du fait cycliste.

Mais il ne roule jamais en club et me dit le détester.

Le club, c’est pour lui un repoussoir, une sorte de répulsif physique.

L’idée d’adhérer à un club ne lui est jamais venue; et pour cause, rouler en club serait une atteinte à sa liberté, voire même contraire à ses choix personnels.

Il faut donc l’admettre: rouler en club est une aberration pour certains cyclistes de route ou à VTT.

Pour s’en convaincre, parcourons les berges du canal de Dannemarie ou de Niffer: les cyclistes esseulés sont là.

Esseulés ne veut pas dire forcément malheureux, même si on les croise le regard perdu au loin et indifférents à notre présence si ce n’est ce léger rictus d’agacement de nous voir ainsi occuper toute la piste en grands conciliabules tout en criant « vélo! vélo! ».

Car celui qui arrive en face n’est en fait qu’un vélo, pas un cycliste.

Bref, un prolongement désincarné de celui qui pédale en face de nous.

Une forme de déconsidération qui pourra être prise pour du mépris.

Après tout chacun est libre de pratiquer son vélo de loisir comme bon lui semble.

Il ne sert donc à rien d’essayer de convaincre ceux-là de rejoindre les rangs d’un club, ils sont par principe opposés à tout système collectif ou associatif.

Le collectif est pour eux une absurdité, une sorte de mode passéiste à laquelle s’accrochent des soixante-huitards attardés.

Cette façon d’être si elle est respectable traduit l’évolution de nos nouveaux modes de vie.

Jouer perso serait devenu un art de vivre.

Ainsi le club ne serait plus qu’un pourvoyeur de parcours sur Openrunner dans lequel on puiserait à sa guise…

Rouler seul devient donc une affirmation de soi, une expression du moi.

C’est le credo de l’homme moderne.

Ainsi va notre société.

PS:

1/ on ne peut qu’être partagé sur ma perception des choses dès lors que la plupart d’entre-nous s’exercent aux deux situations avec plus ou moins de réussite.

2/ mon illustration est volontairement neutre: il n’y a pas de cycliste sur cette route du lac Salagou dans l’Hérault. Pour tout vous dire, je l’ai parcourue seul…et j’aime bien aussi mon club.

autres articles en relation…

où va le cyclotourisme de club?

clubs, l’offre cousue main

clubs cyclos, à la recherche du second souffle

3 réponses sur « Je déteste rouler en club »

  1. Pour moi la question ne se pose plus.
    Je possede une randonneuse(randocycles) roues de 650/32.
    J’ai passé 75 anset roule allegrement vers 76.
    Le club, les concentrations c’est pour les 30/40 ans équipés dernier cri. Leur slogan c’est la moyenne.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s