
C’est une nouvelle.
La vieille dame a pris l’habitude de laisser sa porte ouverte.
Depuis sa modeste cuisine, elle aperçoit les voyageurs poindre à l’horizon.
C’est pour elle son seul lien avec la civilisation et pour tout dire sa gourmandise: découvrir quel inattendu personnage viendra animer son quotidien.
Seule à l’entrée du village, sa demeure surplombe l’étroit chemin vicinal.
Les lamelles occultantes multicolores flottent au vent léger. Un flottement suffisant pour laisser voir qui va là depuis la porte de la cuisine grande ouverte.
Il est déjà presque midi à l’horloge du clocher et un joyeux soleil illumine le vallon.
J’ai du la surprendre la veille dame, pendant qu’elle achève de dorer dans la poêle une tendre escalope de veau.
C’est la dernière fois, lui dis-je, en arrivant sans crier gare sur mon destrier et encore essoufflé par l’effort.
Non, la vieille dame n’est pas surprise; elle est habituée.
Des cyclistes attablés inopinément, elle en a vu des dizaines.
Alors elle ajoutera encore une fois une assiette à sa table et l’on causera.
On causera de la vallée assommée par la moiteur du temps, des rustines posées à la hâte sur l’étroit chemin par les préposés et des modes qui parviennent à petits pas de la capitale.
Puis l’on s’accordera une pause silencieuse sur le banc qui jouxte la maison à l’ombre d’un vieux poirier.
C’est la dernière fois, lui dis-je alors que j’attrape ma bécane.
Perdue dans ses songes, la vieille dame est encore au milieu du chemin quand j’aborde le haut du vallon.

Pourquoi c’est la dernière fois ???
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C’est la dernière fois… que je passe. Voyons!
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Voyons, voyons … dois-je comprendre ce qui est écrit ? tu n’y passeras plus jamais ? Comment en être sûr et pourquoi une telle affirmation ?????
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C’est pourtant simple : on passe, on repasse, on trépasse, et là, c’est vraiment la dernière fois !
Maxoouuuu . . . . ne nous laisse pââaas !
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Alors adieu Maxou … je ne t’oublierai pas.
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