La France des cimetières


Les petits cimetières de la France oubliée; plus de morts que de vivants dans les villages

Aujourd’hui Toussaint.

C’est la tradition de se rendre dans les cimetières et de fleurir les tombes des défunts.

C’est aussi l’heure de constater l’effrayant spectacle du dépérissement des villages de la France profonde.

Des tombes dont beaucoup sont devenues ruines, faute de descendants encore capables de se déplacer.

Souvent terre de notre naissance, ces villages sont devenus moins que des hameaux, ils ont subi l’exode, aggravé par la décapitation due aux guerres.

L’heure de la désertification des campagnes au profit des villes a sonné très tôt.

Dans ma campagne lorraine, l’exode rural s’est produit à partir de 1850.

Nos villages éloignés des métropoles ont très peu de chances de profiter de la « rurbanisation » qu’on connait actuellement puisqu’ils n’ont pas à proximité d’eux la ville pourvoyeuse d’emplois.

Comment faire vivre des communautés de moins de cent habitants?

Depuis cinquante ans on assiste à une accélération de la mort des villages les plus fragiles.

Sans travail, sans école comment installer des forces vives?

On assiste donc à l’agonie d’un tissu rural qui n’a plus beaucoup d’atouts pour survivre avec ceux qui restent.

Ceux qui restent?

Oui, souvent des vieillards, derniers gardiens des mémoires et des patronymes d’antan, gardiens improvisés de ce qui fut la vie champêtre, celle des champs, des cultures, des traditions, et porteurs des souvenirs des bals populaires, des naissances, des communions, des mariages.

Il ne reste plus que les enterrements et la Toussaint pour redonner un peu d’animation dans la Grande Rue devenue déserte.

Ceux d’ici tentent alors d’identifier ceux qui sont partis depuis bien longtemps quand ce n’est pas leurs descendants et qui reviennent à la terre natale honorer leurs morts.

Oui, on a suppléé aux absences, on a joué à fond la carte des intercommunalités, regroupé les écoles, les curés et parfois les mairies.

Mais le onze novembre, il n’y a plus assez de porte-drapeaux pour commémorer la guerre devant le monument, alors la cérémonie est partagée entre trois villages, à tour de rôle…

Des pans entiers des maisons s’écroulent faute d’habitants et de successions et dans les cimetières, les vieux tombeaux menacent.

Des cimetières qui eux aussi deviennent des ruines.

 

 

 

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2 réflexions sur “La France des cimetières

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