Chaucidou: on y arrive doucement

La France commence à développer ce qui existe depuis des décennies chez nos voisins, la Chaucidou (chaussée pour la circulation douce). Comme ici dans la Sarthe à Saint-Georges-du-Bois.

Cette chaussée redonne de l’espoir aux cyclistes qui ont en marre d’être frôlés. Ici leur place est assurée et les autos invitées à rester derrière avant de pouvoir se croiser.

La véritable dénomination de cette chaussée est chaussée à voie centrale banalisée (CVCB). On peut en lire tous les détails ici.

Mes lecteurs le savent, de plus en plus d’itinéraires secondaires et de routes bucoliques sont envahies par le trafic routier dans l’espoir de trouver une échappatoire aux grands axes lorsque ça bouchonne. On sait ce qu’il advient de ces itinéraires, ils sont souvent munis de chicanes, de dos d’ânes dans l’espoir de dissuader les automobilistes. Les cyclistes en quête de parcours abrités en sont les premiers impactés. Les chicanes et les dos d’ânes nous mettent en danger comme on le sait.

Avec la Chaucidou, l’automobiliste sait à quoi s’en tenir, il ne battra pas un record de vitesse puisqu’il devra s’adapter à la vitesse des autres usagers et tenir compte des cyclistes.

A noter que dans mon environnement proche, je rencontre de plus en plus souvent des voitures, des fourgons qui utilisent les pistes réservées aux tracteurs et aux vélos comme sur le tronçon Leimbach-Aspach (Haut-Rhin). C’est pratique pour éviter Vieux-Thann et ses dos d’ânes.

L’avenir de la route partagée

D’abord un constat simple pour se rendre compte de la complexité du problème de la concentration routière en France…et des conséquences environnementales engendrées:

  • En 1970, le parc automobile était composé de 14 millions de véhicules
  • 50 ans plus tard, le parc atteint près de 40 millions!

L’avenir de nos routes ne va pas s’arranger pour les automobilistes. Les contraintes environnementales (bruit, vitesse, pollution, encombrements) font que la puissance publique s’ingénie à trouver les moyens de dissuader l’auto de passer par là…et même de passer tout court.

L’arsenal de moyens, on le connait. En ville, il s’agit de faire baisser la vitesse tout en déviant le trafic inutile à l’extérieur des agglomérations.

voir le décret partage de la voirie

Zone 30, zone 20, ralentisseurs, rétrécissements, chicanes, feux « pédagogiques », sens interdits, rings obligatoires,…et stationnements interdits ou payants.

Mais les élus qui croient avoir rétabli la quiétude dans les quartiers résidentiels doivent à présent compter avec les GPS qui s’ingénient à déjouer les plans de circulation organisés par les agglos. Quelle n’est pas la stupeur de certains quartiers jusqu’alors paisibles de se voir envahis par de nouveaux Bisons Futés dotés de logiciels GPS à l’intelligence redoutable capables de contourner les embouteillages!

La chaussée à voie centrale banalisée (CVCB) est un outil encore peu usité tant elle déconcerte l’automobiliste français. Le CVCB consiste à ne laisser qu’une voie aux voitures tout en aménageant deux rives cyclables pour les cyclistes. Aussi dénommée «chaucidou» (chaussée pour les circulations douces) ou Kernfahrbahn en Suisse ou en Allemagne.

CVCB aux Pays-Bas

Pour l’avoir expérimenté en tant qu’automobiliste, l’effet est immédiat. Si un véhicule surgit face à vous, vous ralentissez immédiatement et songez à vous « garer » sur la bande cyclable sans faucher le cycliste qui s’y trouve! La manœuvre est délicate et oblige à faire preuve d’attention.

Les Pays-Bas sont adeptes du genre car dans ce pays, chaque voie secondaire fait d’abord la place aux deux-roues.