Sentir sa course

Le sport et l’esprit vont-ils de pair?

J’ai au retour toujours ce sentiment de bien-être, une forme d’état second qui gomme mes angoisses. Je peux alors reprendre mon quotidien d’un bon pied avec naturel et détermination.

Chaussé neuf, je goûte à nouveau la douceur du contact avec le sol car ma foulée n’est pas aérienne comme l’est celle des marathoniens, non. Ma foulée reste celle d’un amateur venu au jogging sur le tard quand la Covid nous a enfermés dans des ronds. Alors j’ai du apprendre les prémisses au plus vite. Sans en attendre des exploits.

Sentir sa course, c’est pour moi sentir mon corps réagir à chaque pas, mettre ses sens en éveil, sentir les bois, s’exercer à anticiper le sol qui avance sous ses pieds, entendre la nature…

Mais se mettre en course procède aussi d’une prédétermination, celle de préparer son mental à accepter l’effort lorsqu’on « n’a pas envie ». Mon protocole est immuable. C’est comme ces pilotes qui parcourent une check-list avant l’envol.

Je verrouille une à une les échappatoires, la température trop fraîche, le temps trop incertain, l’itinéraire, le temps libre. En CAP, mon temps utile tient dans l’heure et donc c’est beaucoup moins qu’à vélo. Pas d’excuse valable!

Mais il reste l’état d’esprit, le moral. Se mettre en position de mettre en action son corps lorsque l’âge avance me semble plus difficile.

J’ai donc pour principe d’avoir mis en place un emploi de mon temps hebdomadaire qui me convainc que c’est le jour de la CAP.

Puis vient le temps de l’habillement. A ce stade, je recule très peu souvent.

C’est parti.

L’esprit club

Blog de velomaxou :Vélomaxou, le blog d'un cyclo mulhousien, L'esprit club

C’est quoi, au fait, l’esprit club?

Maxou reste perplexe…

Les comités ont été réélus, les licences distribuées, les
calendriers publiés.

Alors, ça roule!

Quoi demander de plus?

C’est que le club n’est plus ce qu’il était: des gens partageant
une passion, un passe-temps ou plus simplement un intérêt
commun.

Bref, une communauté!

Non, il n’est plus ce qu’il était le club; les intérêts de l’un
ne sont plus tout à fait les intérêts de l’autre et des grincements
se font entendre ça et là.

Comme ces dirigeants qui peinent à faire respecter la cause
commune et les réglements. La gestion des tensions s’est donc
invitée dans les clubs avec plus ou moins de réussite pour des
administrateurs parfois peu préparés aux contorsions sémantiques
avec leurs membres.

« Si t’es pas content, prends la porte! »

Evidemment, ce n’est pas la bonne méthode. Il faut au contraire
y mettre les formes et ébaucher des compromis.

Pas des compromissions.

Les compromis ont l’énorme défaut de décevoir les
inconditionnels, les absolutistes.

Même à vélo, on ne veut plus rouler en file indienne. Chacun
veut en faire à sa tête. Pas question de rouler à allure modérée,
ni derrière un capitaine.

Aujourd’hui, il faut « cracher le feu ». Faire impression. C’est
de bon ton dans une société qui vous avantage. Pourvu que ce soit
au péril de l’autre.

Au point que certains rechignent à porter le casque sur route,
en dépit du règlement.

C’est vrai, quoi! Porter le casque, ce n’est pas fun;
c’est même ringard aux yeux de certains compétiteurs en retraite
venus se recycler dans les clubs cyclos.

Va t-on vers la fin des clubs associatifs cyclistes, tant
l’intolérance et l’indiscipline prend le pas sur tout?

C’est la question.

Le bénévolat n’attire plus, tellement les contraintes de tous
ordres dissuadent les postulants et tellement les titulaires s’y
accrochent becs et ongles comme la profession politique.

On reste donc sur sa faim: des formules cyclos qui s’étiolent et
qui peinent à se renouveler, des « francs tireurs » qui s’ingénient à
semer la zizanie au sein des groupes.

La boucle est bouclée.

Les clubs deviennent peu ou prou des officines qui distribuent
des assurances et hébergent des coucous.