Œ, l’e dans l’o…


– Qu’est-ce que tu vas mettre sur ton blog, ce soir?

Jean est inquiet…on n’a fait que pédaler et notre plan est tombé à l’eau.

– Je vais dire la vérité, on s’est ennuyé avec un parcours ennuyeux…à tourner en rond comme une poule saoule autour des nimbus …

Je fais le malin sur mon vélo, mais devant ma page blanche, je suis bien obligé de composer.

L’instituteur autrefois distribuait le pensum:

« Racontez une de vos meilleures journées d’été en trois pages… »

ajoutant « vous avez une  heure! »

On s’empressait tous de tracer une marge généreuse pour réduire la peineet la taille du texte qui commençait invariablement par « Il était une fois… » ou « Par un beau dimanche d’été… », ce qui avait pour effet d’agacer passablement le correcteur.

Pourquoi avais-je la tête aussi vide dès qu’il fallait coucher ses idées sur le papier?

Pourquoi ne pas savoir expliquer que jouer au parachute avec les cornouillers était mon sport de vacances préféré? on grimpait sur le plus haut, le plus flexible, puis avec de l’élan on le forçait à plier sous notre poids jusqu’à atteindre le sol…pas toujours les pieds en premier.

Après autant d’émotions enfantines, on courait ensuite faire un razzia dans les champs de pois, égrainant les cosses l’une après l’autre en vérifiant qu’un ver ne s’y trouvait pas.

Ne fait pas l’œuf, tu sais ce que tu vas raconter

Oui, en écrivant, on trouve de l’inspiration, le liant, le fil qui rendra le récit plus ou moins cohérent et peut-être intéressant.

Quand ma grand-mère disait œuf dans l’eau, je n’entendais rien à ce galimatias grammatical.

Les linguistes disent que cette ligature est une diphtongue du vieux français qui s’est transformée parfois en monophtongue

Ah bon…Lol! dira l’autre.

Là où les allemands ont inventé le ö pour écrire östrogene, nous, on a gardé le œ dans œstrogène.

Aujourd’hui, on commencera donc par les cours d’eau et on finira par l’œuf.

D’abord, ce petit cours d’eau insignifiant appelé Quatelbach qui apporte fraîcheur l’été aux riverains des villages traversés.

Le Quatelbach à Baldersheim (vélomaxou)

Ensuite le grand canal du Rhin.

Le temps de filer en direction du vignoble allemand, le mauvais temps s’installe au loin sur les Vosges et la température chute brutalement de 20 à 13°C.

On oblique donc à Heitersheim pour faite « un tout droit » parmi les champs de spargels.

Séquence shopping aux distributeurs tout neuf d’œufs bio de la ferme de l’Ill.

distributeur d’œufs frais bio-ferme de l'Ill (vélomaxou)

Oui, on a vérifié: les poules s’ébattent dans le parc. Elles sont contentes les poules de faire l’œuf.

On peut donc avoir confiance, ces animaux là ne sont pas élevés en batterie.

1,80 € les 6 et 83 km pour nous.

On a eu les œufs et pas l’eau.

Laisser un commentaire