Quarante ans, c’est un bel âge, la force de l’âge diraient certains.
L’âge où l’on est capable de faire jouer l’ensemble de ses savoirs, d’argumenter en fonction de ses croyances avec le recul suffisant pour tenir compte de son expérience, de son vécu.
J’ai un peu dépassé cet âge là, hélas!
Vélomaxou avec son bagou trouve toujours quelque chose à dire.
Les cyclistes emmitouflés, les charentaises aux pieds, ronronnent devant la télé.
J’ai beau sillonner les sites cyclos, rien ne se passe.
On dort.
Se convaincre qu’on est tous des Charlie? la belle affaire!
N’est-ce pas aussi une façon de se mettre la tête dans le sable? ne rien voir? ne rien entendre? et ne pas savoir?
Il est vrai qu’après le séisme qu’a vécu le Pays et les frimas de janvier, on se referme sur sa coquille, on est comme tétanisé par l’effroi du premier et engourdi par le second.
Pourtant il faut oser affronter l’adversité.
Celle des mauvais temps.
Avec mon modeste bagage de citoyenneté, je tente d’éviter les écueils comme les nids de poule sur la route, je tente de rester zen (ce n’est pas facile, j’en conviens car parmi ma génération, je sais que beaucoup rongent leur frein devant tant d’ignominie), de ne pas sombrer dans les solutions faciles et extrêmes.
L’indignité nationale, c’est celle qui frappait après guerre les collaborateurs avec la puissance ennemie.
En revenir là en dit long sur le désarroi de notre monde politique.
Après la grande messe à Charlie, les plumes se délient dans les médias atterrés.
Certaines trempées dans le vitriol, d’autres dans les circonvolutions, à la recherche du sésame qui fera reconquérir notre République par ses valeurs, celles qu’on ne doit abandonner à personne.
Verbaliser notre ressenti est nécessaire.
Je vois nos enseignants, j’en ai parmi mes amis, qui peinent à reprendre leurs marques, déstabilisés par ces jeunes qui viennent en classe par hasard, sans but ni loi et qui osent défier nos valeurs élémentaires; je vois aussi notre jeune ministre Najat Vallaud-Belkacem qui tente de reprendre la barre…Que d’efforts après tant d’errements et de compromissions à l’école!
Combien de temps allons-nous mettre pour faire reprendre le bon cap à tous ces jeunes qui génération après génération ont sombré corps et âmes, en manque de repères républicains, de devenir et d’appartenance à notre Pays?
J’ai ma petite idée: quarante ans, soit deux générations!
Deux générations à apprendre la rigueur, la lecture, l’écriture, le respect de l’autre et l’humilité.
Ce sera le prix à payer de nos faiblesses tous azimuts.
Comment? vous trouvez que c’est trop cher payé?
