C’était juste un tour de chauffe.
Il ne fallait pas tarder en chemin sous peine de se transformer en glaçon.
Le long du grand canal, peu de promeneurs pour admirer les canards.
Je croise juste un enragé du vélo qui rentre au plus vite vent dans le dos.
Le gel a cette particularité de durcir les sols meubles.
Les chemins boueux redeviennent donc praticables à la condition de bien suivre les ornières laissées par les engins forestiers.
Je pars me réfugier en forêt en fuyant cet épouvantable vent de nord-est qui déferle sur l’Alsace.
Quand les grandes plaques de verglas sont en vue, je sors de l’ornière.
Patatras!
Je tombe d’abord sur l’épaule puis je fais un roulé-boulé de judoka sur mon sac à dos.
Vu de loin, je dois ressembler à un culbuto planté dans la vase les quatre pattes en l’air.
Défense de rire!
Je me relève…un peu gras, et je reprends mon chemin.
Dans la branche vent arrière du retour, j’ai le temps d’admirer le Blauen tout de blanc vêtu.
Je rentre à temps, ma roue se dégonfle.
