Y’a t-il un pilote dans l’avion?


C’est le titre rêvé.

On serait tenté de l’appliquer à nos gouvernants tant ils déplaisent actuellement à l’opinion.

Mais, on le sait, la France a une mauvaise opinion d’elle-même et le pessimisme l’emporte sur nombre de sujets. (lire l’article des Echos.fr)

Au lieu de taper sur le monde politique, je vais rajouter une petite couche de pessimisme aujourd’hui sur le monde de l’entreprise.

Pour changer un peu.

Il ne se passe pas un jour sans qu’on se pose la question devant tant d’incompétences rencontrées au quotidien.

Je ne veux pas parler de ces inobservances de règles simples vécues jour après jour… l’absence totale de confidentialité du monde médical comme ces secrétaires qui dans une salle d’attente vous demandent de décliner à haute voix nom, prénom, âge, adresse et pourquoi vous êtes là…ces boulangers qui balaient la boutique et vous servent le pain mains sales et sans gants, ces clients qui éternuent dans les rayons alimentaires sans précaution et ceux qui pétrissent les fruits avant de les reposer. Ce non-respect des règles élémentaires d’hygiène par les acteurs de la relation clientèle, leur suffisance dans la façon d’exercer leur job en relation avec une patientèle ou une clientèle est certes choquante mais elle masque un mal plus profond.

Incompétence et conscience professionnelle

Je veux parler de l’incompétence professionnelle généralisée qui frappe des métiers où la technicité est fondamentale, des gestes qui mettent nos vies en question s’ils ne sont pas correctement effectués.

Bref, ce qu’on osait nommer dans le passé la conscience professionnelle n’est plus ce qu’elle était.

Les exemples fourmillent chaque jour dans les médias.

On soupçonne qu’ils ne sont qu’un maigre échantillon des affaires qui percent dans l’opinion, alors que d’autres sont tues et enfouies au fond d’un placard d’archives.

Homme et machine

Le train qui part sans pilote ou celui qu’on dirige sur une voie unique (on pense à Flaujac) alors qu’un autre arrive en sens inverse est semble t-il l’exemple le plus significatif qu’une profession emblématique par son histoire et son attachement étroit au progrès technologique du pays a oublié. Elle a oublié l’essentiel de ses règles de base qui ont fait sa réputation.

J’ai la confirmation encore ce matin que la SNCF n’est plus ce qu’elle était: elle ne trouve pas de machinistes pour conduire ses TER!

Le comble! Va t-on devoir « importer » des conducteurs de train polonais comme on le constate déjà pour le transport routier?

En plein marasme d’emploi, on ne trouve pas de candidats.

Alors les trains restent au garage pendant que les voyageurs attendent. Voici donc une profession, une de plus, qui ne motive plus. Les postulants ne veulent pas, parait-il, se farcir un bréviaire de 1000 pages avant de se mettre aux manettes d’un train.

Dépassés par la technique, nous le sommes tous plus ou moins.

Dans l’aéronautique, ce n’est pas mieux.

Le crash de cet ATR 72 à Taïwan en février 2015 en témoigne.

Victime d’une panne de moteur au décollage, le pilote se trompe de procédure et coupe le second moteur qui fonctionne correctement.

Il sera dépeint comme un héros qui a évité les immeubles avant de plonger dans la rivière.

Mais il ne faut pas chercher ailleurs qu’en France pour se dédouaner devant tant de ratages dramatiques.

Les boulons qui manquent à l’aiguillage.

L’accident ferroviaire de Brétigny sur Orge (7 morts, 70 blessés) n’en finit pas de faire des vagues sur le plan judiciaire.

La SNCF tente encore de sauver son image sévèrement écornée par cet accident alors que tout le monde sait à présent qu’elle a failli sur son cœur de métier, celui de l’entretien de ses voies sur une ligne de fort passage.

Il n’est pas nécessaire d’aller fouiller dans les organisations de grandes entreprises pour trouver des manquements professionnels graves aux règles.

Le grand n’importe quoi est partout.

Nos journaux s’en font l’écho chaque jour.

Si le garage Ferrari a pris feu à Sausheim, c’est, apprend-on, parce que l’essence d’une voiture répandue sur le sol a été pompée avec un …aspirateur électrique!

Succès garanti pour le feu d’artifice.

Qu’un mécanicien n’ait pas conscience des risques élémentaires de son métier ne cesse de me surprendre.

Mais on me dit que chez les pompiers, ce n’est pas mieux, alors!…

Les accidents au volant de fourgon-pompe dans les ronds-points deviennent légion…on devrait rétablir un chemin pompier au milieu des giratoires.

Le pire pour un cycliste, c’est évidemment de manquer de jambes.

Nous achèverons donc cette chronique du 29 février par la bévue du chirurgien qui ampute par erreur la bonne jambe de son patient.

Si, c’est arrivé! (source)

Devant tant de catastrophes, je vous recommande de rester aujourd’hui chez vous et de veiller à ne pas tomber dans les escaliers qui mène au garage.

PS: je classe cette chronique à la rubrique « humour », sait-on jamais!…

 

 

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