Les petits potins du lundi


La fête foraine est triste.

Une institution populaire qui traîne derrière elle des milliers de souvenirs d’enfants.

J’y suis retourné cette semaine pour y accompagner ma petite fille.

Cela faisait vingt ans que je n’y avais pas remis les pieds.

Une institution, oui. Mais aussi une entreprise commerciale florissante si j’en juge par le gigantisme de certains manèges.

Chaque année à pareille époque, le long de l’autoroute à Mulhouse, on aperçoit la grande roue qui illumine le ciel à la nuit tombante.

Une féérie gratuite pour ceux qui passent…mais pas donnée pour ceux qui y participent.

Jour des enfants, le mercredi est à demi-tarif mais le ticket reste encore cher.

Les forains venaient jadis dans les écoles déposer des tickets à petits prix, c’était leur façon d’encourager les familles à venir à la fête.

Je me suis gardé d’embarquer dans ces immenses manèges aux bras articulés qui vous propulsent à quarante mètres de hauteur plus vite qu’une fusée, puis qui vous laissent mariner la tête en bas quelques secondes avant de vous redescendre.

J’ai aussi évité la barre fixe, celle où on doit rester pendu au bout des bras deux minutes sans la lâcher.

En revanche j’ai tâté mes forces au chamboule-tout, cette attraction du pauvre faite de boites de conserves.

Deux euros.

J’y ai cru quand, à ma dernière pelote, il ne me restait plus que deux boites debout côte à côte.

Espoir perdu: ma dernière pelote mal ajustée est venu se loger en dessous de l’étagère.

Alors j’ai tenté ma chance à la carabine à air comprimé.

Trois plombs. Trois ballons qui s’agitent au fond d’une cage. Trois euros.

Trois détonations et mes trois ballons toujours en pleine forme.

Quel mauvais terroriste je ferais!

Le plus agaçant, ce sont les pinces à nounours, cette grosse pince à sucre qui se balade derrière une vitre sur un champ de peluches.

Un euro, deux parties.

Il n’y a pas de période probatoire pour les débutants: avant même d’avoir compris ce qu’il convenait de faire, mes deux parties étaient perdues.

J’ai su, mais un peu tard, que ces pinces sont limitées en courant..et que par voie de conséquence elles lâchent leurs proies avant d’être gagnées (lire à ce sujet cet article)

Après avoir distribué une dizaine d’euros aux camelots de la foire, j’ai préféré observer le jeu des loteries.

Il y a cinquante ans, les loteries subvenaient au redressement national, on y gagnait des kilos de sucre Beguin-Say.

Aujourd’hui, on y gagne des iphones 6.

Trois jeunes joueuses déterminées à gagner devant moi.

L’une d’elles sort de sa poche 250 euros qu’elle aligne devant le commerçant; l’autre présente sa carte bleue.

Une mise de 500 euros au total!!

Puis nos trois concurrentes déroulent avec avidité les papillotes …

En moins d’une minute, elles constatent qu’elles ont tout perdu.

500 euros volatilisé en moins d’une minute!

L’une d’elles semble éperdue, les deux autres se mordent les lèvres.

Le commerçant fait mine de compatir.

La fête foraine est triste.

les loteries foraines à condition d’offrir exclusivement des lots en nature, d’une valeur maximale égale à 30 fois la mise initiale qui ne peut excéder 1,5 euros (décret n° 87-264 du 13 avril 1987) (source DGCCRF)

Voici un autre récit de ce genre de jeu de foire qui ressemble fort à une arnaque

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3 réflexions sur “Les petits potins du lundi

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