Un blogueur poursuivi par AREVA


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Jean-Jacques Masot-Urpi est poursuivi par AREVA, le grand groupe nucléaire français.

Qu’a t-il fait de mal?

Il a publié sur le Club Médiapart un copié-collé de la Coordination Anti Nucléaire Sud-Est mettant en cause AREVA.

Plainte d’AREVA qui s’estime diffamé.

on peut lire toute l’histoire ici chez Médiapart.

On ne connait pas encore l’issue du procès, mais il faut rester très vigilant lorsqu’on est blogueur vis à vis de ce que l’on écrit et de ce que l’on publie.

Se servir d’internet pour dire tout le mal que l’on pense de tel ou tel peut se retourner contre vous.

Avec les réseaux sociaux, on peut craindre le pire…des gens trahis par le net vont parfois jusqu’à se suicider.

Un premier conseil

Ne pas se sentir investi de tous les droits lorsqu’on est derrière son ordi, c’est la première précaution à observer.

J’ai déjà, dans le passé, consacré un billet au dénigrement qui peut vous conduire devant un juge. à lire ici

Le dénigrement consiste à jeter publiquement le discrédit sur une personne ou une entreprise, par la critique de ses produits ou son travail, dans le but de lui nuire, et ce même en l‘absence de toute situation de concurrence.

Dire de votre vélociste qu’il ne vend que des vélos pourris et qu’il est infoutu de les réparer, c’est un dénigrement qui risque de vous conduire tout droit au tribunal.

C’est bien sûr une hypothèse improbable, nos vélocistes vendent des machines irréprochables et sont de fins mécaniciens. Bon là je deviens un peu faux-cul.

Les sites où l’on note son resto, son hôtel, son médecin, son prof sont devenus des défouloirs souvent lourds de conséquences: faire de son cas particulier une généralité risque détruire la réputation de celui qui est visé.

Pire! dire du mal de son patron sur Facebook peut conduite à votre licenciement pour faute grave.

Il existe aussi la diffamation  comme dans le cas exposé ci-dessus avec AREVA.

On a le droit de penser ce qu’on veut d’AREVA, mais en dire du mal sans  nuance et sans preuve pourra vous attirer des ennuis.

Idem si vous dites du mal de la Police qui vient de vous gratifier d’un PV ou tout simplement de votre voisin en l’absence de preuve.

La diffamation, c’est le fait de tenir des propos portant atteinte à l’honneur d’une personne physique ou morale.

Je passe évidement sur les injures, les discriminations en raison du sexe, de la couleur de peau ou de la religion qui sont aussi toutes susceptibles de vous conduire devant un juge.

J’ai dans le passé été amené à supprimer un billet avant qu’un juge ne s’en mêle (éventuellement) et sans même avoir été inquiété.

J’avais suggéré qu’une marque de matériel informatique profitait de son monopole pour vendre ses produits en plastique à prix d’or. Le produit n’était pas en cause mais je laissais penser que le fabricant était un voleur…

J’étais bon pour un procès en diffamation si par malheur mes propos venaient aux oreilles de qui de droit.

J’en profite pour rappeler un écueil dans lequel on peut aussi facilement tomber, c’est celui des images diffusées sur le net.

Il existe des droits d’auteur sur les images et un droit à l’image des personnes et des biens. Il ne faut pas méconnaître l’un et l’autre avant de les publier.

Piquer une photo, c’est tentant.

Assurer la promotion d’un vélo ou d’un site avec une photo de la marque ou du
site en question est admis dès lors que vous ne vous livrez pas à
une « entreprise de démolition » de celui que vous voulez encenser.

« Admis » ne signifie pas autorisation…on peut donc toujours
être rappelé à l’ordre.

En revanche, il en va tout autrement si vous publiez une photo
sans l’accord de son auteur et cela même si vous mentionnez son nom
pour illustrer un article sans rapport avec l’auteur du cliché.

L’auteur d’une œuvre a des droits. C’est le
droit d’auteur
qui lui réserve un droit moral et les
droits patrimoniaux
qui lui permettent d’accorder (ou pas)
l’usage de son image, logo, photo, création,…moyennant
éventuellement rétribution en fonction de votre audience et de
l’usage que vous comptez faire de la chose.

La plupart de mes articles sont illustrés de mes photos.

Maxou publie ses images sous licence Créative Commons.

C’est à dire que chacun peut recopier mes images en indiquant l’origine sans les modifier et sans en faire commerce.

Pour les reprises ou citations de billets ou d’articles de journaux, je les illustre souvent d’un cliché pompé. Fait condamnable, je le sais…mais comment faire autrement?

L’autre sujet plus délicat, c’est le droit à l’image des personnes et des biens.

Le droit à l’image permet à une personne de s’opposer à l’utilisation, commerciale ou non, de son image, au nom du respect de la vie privée…par exemple tel copain cycliste en charmante compagnie ne souhaite pas forcément faire  la une de votre blog ou tel autre n’aimera pas qu’on le filme montant le Grand Ballon à pied poussant son vélo.

Photographier une sépulture dans un cimetière: méfiance, car c’est considéré comme copropriété familiale. pour plus de détails…

En revanche photographier une maison est autorisé dès lors qu’on ne voit pas les occupants mais le propriétaire peut ensuite évoquer un trouble si votre photo engendre une publicité dérangeante… s’agissant des monuments, des œuvres d’art, voir ce que dit le règlement communal ou le musée.

Publier la photo d’un personne sans son assentiment est répréhensible…c’est le cas notamment lorsque vous photographiez une personne au volant commettant une infraction.

Pour tout savoir sur le droit à l’image

Pour rire un peu: le générateur d’insultes du capitaine Haddock

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