Les potins du lundi


Unitaire

La France est redevenue unitaire, le temps d’une célébration: celle des obsèques de Johnny Halliday.

Je me souviens de mon époque adolescente où je portais autour du cou un médaillon de Johnny dans une inclusion de mauvais plastique et où les fans de la vedette criaient « au pieu Sylvie » à la gamine d’alors qui l’accompagnait tard le soir sur les scènes de province.

Johnny incarnait au début le rêve américain. Son pseudonyme ne laissait aucun doute et son inspiration musicale aussi.

Il est vrai que dans les années 60, l’imaginaire américain chez les ados était intact.

L’Amérique avait su gommer le génocide indien en une formidable épopée vers le sud à l’aide des westerns et de la légende conquérante des cow-boys.

Les cow-boys à la Marlboro.

Le tout sur fond de musique folk.

Sa première chanson: La Ballade de Davy Crockett

Johnny Halliday a su à merveille incarner chez les ados ce rêve d’Amérique, alors il se fait appeler Johnny Halliday du nom de son médecin Johnny Halladay. Jean-Philippe Smet habite enfant Londres, une enfance difficile où il s’invente une histoire.

«Arrête de dire que tu es américain, ça fait bidon et, un jour, ça va se retourner contre toi»

Johnny Stark, manager de Johnny

Le mythe est né et le conquérant du rock américain peut entamer son épopée.

Ce qui l’aide aussi, c’est la présence en Europe des troupes américaines et de leurs bases.

Oncle Sam est à nos portes, les grosses bagnoles rutilantes aussi qui impressionnent les gamins de la France laborieuse de l’après-guerre.

Depuis que Johnny Halliday nous a quittés, je découvre son immense popularité largement amplifiée par les médias…et Michel Drucker.

Une popularité qui va de la France profonde jusqu’au plus sommet de l’État.

Après je suis Charlie, je suis Johnny?

Même France Musique s’est fendu d’un couplet au lendemain de l’annonce de la mort du rocker.

C’est dire si le Pays est contrit.

Chacun s’y met de sa chansonnette.

Tout le répertoire de Johnny devenu national va y passer et la Garde républicaine est même appelée à la rescousse.

Après la rescousse, la secousse. Comme une onde de choc qui va se propager pendant des mois avec ses répliques jusqu’au fond des cantons éloignés.

Oui, c’est la France people qui est en deuil, une France larmoyante qui va traîner ses complaintes de bar en bal et de bal en bar les samedis soir.

Du coup, l’Hallidaymania a requinqué le titre Harley. La firme Harley Davidson peut remercier Johnny, elle a eu ce week-end les honneurs de Paris.

Pourtant Harley n’a rien à voir avec Johnny.

Comme le rappelle François Bonnet dans Médiapart…

les motos de Johnny, c’étaient les motocyclettes, toutes celles qui ont emballé les jeunes dans les années soixante et soixante-dix. Et là on arrive dans le sérieux.

Oui, le sérieux c’est quand on approche les Flandria, les Malagutti, les Gitane Testi et les Paloma de ces années-là.

…et François Bonnet d’ajouter le coup de grâce à propos des Harley

Qu’est-ce qu’une Harley ? Un gros bourrin avec un moteur deux cylindres en ligne, certes fiable depuis vingt ans -il ne valait rien avant, c’était de la vraie daube mécanique-, mais qui n’offre aucun des plaisirs de la moto, sauf le couple moteur.

Mauvaise tenue de route, guidonnage, freinage approximatif, lourdeur extrême, manque de pêche, planté dans les accélérations.

super-flash-paloma-1963C’est dans Moto Magazine qu’on lit…

Dans D’où viens-tu Johnny ?, œuvre majeure dont il est la vedette principale, Sylvie Vartan lui donnant la réplique. Ce chef d’œuvre, par trop méconnu, comporte aussi un grand moment de cinéma moto puisque les tourtereaux y circulent sur… une Paloma Super Flash.

Pour les connaisseurs, toutes les motos de Johnny Halliday sont là

Johnny Président!

Macron l’a évité de justesse, si Johnny avait été candidat aujourd’hui, il serait élu haut la main…Macron pouvait donc bien lui rendre cet hommage appuyé devant la Madeleine .

Si Johnny n’entre pas encore au Panthéon, il aura ses rues et pourquoi pas ses avenues à son nom, c’est ce que d’aucuns prétendent. Entre Patton et Prévert, l’avenue Halliday!

Johnny est devenu comme Tino Rossi, notre petit papa Noël à tous.

Un père.

Voila ce qu’attendaient les Français, avoir un père, un guide capable de suppléer la disparition de nos dinosaures de la politique.

Alors Johnny fera l’affaire dans le rôle du père puisqu’il en faut un.

Ses sosies apprêtés sont déjà partis sur les planches animer les bourgs de province.

La cote « Johnny » est à la hausse et sa valeur promet de belles plus-values aux exploitants de grigris et de produits dérivés.

Johnny encore! criait la rue

 

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