L’Alsace, sinon rien


Le drapeau alsacien rot un wiss sinon rien

Encore une fois, on reparle de l’Alsace dans les gazettes locales.

Il est vrai qu’après les élections corses, les Alsaciens se demandent pourquoi ils ne pourraient pas eux-aussi profiter d’exceptions territoriales et politiques.

L’annexion de l’Alsace dans le Grand Est continue de faire parler ici entre Vosges et Rhin.

Si j’emploie le mot annexion, c’est à dessein pour rappeler que les Alsaciens demeurent sensibles à leur passé.

Nombreux sont ceux qui ne sont pas remis de cette fusion forcée dans une grande entité administrative « fourre-tout » appelée Grand Est dans laquelle ils se sentent comme des étrangers.

Là où cette réforme est passée comme une lettre à la poste, ici la mesure fait toujours débat.

Pour mieux comprendre, il faut nécessairement se rappeler l’histoire de cette région frontalière aux racines culturelles fortes et son particularisme qui fait que les générations anciennes parlent volontiers allemand ou un niederdeutsch proche des voisins bâlois ou bâdois.

Par ailleurs, vues d’Alsace, les décisions parisiennes sont souvent perçues comme imposées, jacobines comme on dit ici.

Alors le Grand Est imposé par Hollande à marche forcée est loin d’être digéré.

Un sondage vient le confirmer: 83% des Alsaciens souhaitent le retour à l’Alsace. (voir le sondage ci-dessous)

On n’est pas sorti de l’auberge.

A coté des purs et durs, il y a tous les autres, ceux pour qui l’Alsace n’est qu’une entité parmi d’autres ou ceux qui craignent de voir leurs traditions et leur histoire dissoutes.

Je pense à tous ces immigrés de l’intérieur qui ont traversé la ligne bleue des Vosges pour des motifs économiques et qui n’ont nullement envie de retourner vivre ailleurs et qui peu à peu se sont impliqués dans la culture d’Alsace.

Il reste que le iatus est tenace au point que le préfet de région est chargé de réfléchir à la fusion des deux départements alsaciens, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, histoire de recoller la porcelaine cassée par Paris.

Une démarche qui risque fort de faire un flop assourdissant puisque Haut-Rhinois et Bas-Rhinois se détestent cordialement…souvenons-nous que le 7 avril 2013, le Haut-Rhin s’est prononcé lors d’un referendum contre la fusion.

sondage réalisé par l’IFOP du 8 au 12 février 2018

 

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3 réponses sur « L’Alsace, sinon rien »

    1. Absolument.
      83% des Alsaciens souhaitent le retour à une région administrative qui n’existait pourtant encore pas il y a quelques décennies à peine… L’Alsace a-t-elle disparu ? Non. S’est-elle déplacée ? Non plus. Je dis ça alors que je suis contre ces super-régions et même d’ailleurs contre les régions « tout court ».

  1. Juste une anecdote en passant,
    Des visiteurs polonais, de passage, se demandaient pourquoi leur drapeau national était à l’envers…
    Un immigré de l’intérieur qui vit en Alsace depuis 27 ans et qui ne regrette pas la vie parisienne (Il reste toujours Offenbach)
    Au plaisir

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