C’est acté, le lancer de vélo est devenu un must dans l’accidentologie de nos routes.
Il ne se passe plus une semaine sans qu’on apprenne que tel ou tel sur son vélo a été victime d’un irascible du volant.
La mort de Paul Varry, 27 ans, écrasé en fin d’après-midi boulevard Malesherbes, dans le 8e arrondissement de la capitale par un automobiliste qui avait emprunté la piste cyclable, avait provoqué l’émoi chez de nombreux cyclistes, et déclenché une mission gouvernementale contre la violence sur les routes.(lire ici)
Le vélo dorénavant vole.
Et accessoirement l’envol du vélo est accompagné du cycliste. Paix à son âme! Car malgré ses dénégations devant le juge, le lanceur de vélo peine à reconnaitre qu’il avait horreur pas seulement des vélos mais aussi des cyclistes qui utilisent SA chaussée avec excès et gourmandise.
J’ai senti poindre le danger au fil des ans. Alors je me suis mis en tête une explication, c’était la faute à ma culture de la sécurité. Dans ma boite travailler en hauteur ou dans une tranchée impliquait le port du casque en plastoque. J’avais déjà chopé le virus de la protection individuelle.
Mais sur la route, il en va tout autrement.
Le mec qui a décidé que la route était à lui, et à lui seul arrive, par dernière toi. Sournoisement. Et soudainement, il a une pulsion: se faire une équipe de cyclistes sur leur vélo en plastoque. Alors les vélos volent. Et les mecs avec aussi. Et si l’un d’eux en réchappe, une petite marche arrière adroitement exercée peut suffire à terminer le travail du type qui se tord de souffrance sur le bas coté.
Inutile de finasser avec le code de la route insuffisamment respecté par la gent cycliste, le bagnoleux vengeur a décidé qu’il allait un dimanche matin se faire du cycliste en rentrant tôt du bal de la veille.
L’alcool, monsieur le juge!
Mais non c’était un lundi matin en menant votre enfant à l’école…
Car le délit routier devient de plus en plus souvent un assassinat avec arme par préméditation tout simplement parce qu’un quidam bien sous tout rapport a décidé que la route lui appartenait et qu’en conséquence il n’a fait que son devoir citoyen en usant de son SUV BULLDOZER pour bouter le cycliste sur la piste cyclable trouée.
Moi-même, j’ai décidé de m’effacer de la route en me consacrant au VTT il ya de cela plusieurs années, considérant que la route souvent en état pitoyable sur ses bordures ne permettait plus de cycler à son aise.
Mais le fait nouveau, c’est l’agressivité du monde automobile pour lequel la valeur humaine n’est rien. Peut-être que les étudiants automobilistes devraient passer une épreuve d’humanités préalable?
En tous cas, les bagnoles foncent et visent pour passer sans lever le pied. Le cycliste n’est qu’un obstacle à négocier avec doigté pour ne pas rayer la carrosserie du SUV.
Un cycliste?… où ça?…
Papa, t’as vu le cycliste voler?
Un cycliste?…où ça?… tu as rêvé, rendors-toi . Je ne sais pas ce qu’apprennent les moniteurs aux apprentis et si le statut est adapté à l’extrême agressivité de la société.
Le mode doux que le monde cycliste nous a vendu n’est plus qu’un rêve. Rouler à vélo en ville et sur la route est devenu une roulette russe.


