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Chronique de pandémie

Ehpad, un masque abandonné dans le jardin

Ce matin, température, tension, boire un verre d’eau, regarder par la fenêtre, aller chercher le journal dans la boite, se laver les mains, le porteur peut être contaminé alors les DNA nous rassure en disant que tout est sous contrôle. Bon alors je vais aller me relaver les mains après avoir lu le journal. La parano totale!

Ce matin on va tirer à pile ou face, ma femme et moi, pour savoir lequel ira chercher du Ronron pour le chat…

J’ai trouvé une occupation picturale provisoire. Je peins des paysages issus de mes mutations professionnelles dans le Grand Est. De quoi rappeler des pans de vie.

On a oublié le fondamental

De petites choses, des indices glanés au cours de nos courtes sorties autorisées dans notre enceinte de confinement K5 en disent parfois plus long sur notre impréparation à affronter la crise pandémique que tous les discours distillés dans la presse. Comme ce masque qui traine là dans le jardin de l’Ehpad (image ci-dessus), abandonné par un soignant venu probablement fumer une cigarette hors des locaux.

Car les soignants sont de grands fumeurs. Ils s’assemblent régulièrement le long de leurs locaux par une porte de service discrète. Ils n’ont rien appris de fondamental, semble t-il, avant d’être investis de missions sanitaires. Ni que fumer tue, ni que les vaccins évitent qu’ils contaminent leurs patients!

Je ne leur jette pas la pierre. Notre système de santé est à l’image de nos comportements, de notre manque de rigueur. Ne soyons pas étonnés du désastre qui nous frappe face à l’épidémie. Et les soignants, comme les caissières de supermarchés sont les petits soldats d’un mondialisme libéral dont le dogme est de rogner partout. Alors voila le résultat, on a transféré toutes nos fabrications en Chine et on manque de tout. Sauf en Allemagne où le capitalisme rhénan a gardé ses vieux réflexes patrimoniaux: ils produisent chez eux, respirateurs, masques, gels, médicaments et tout ce qui est utile à leur survie.

Les procédures existent mais je doute qu’elles soient toutes respectées et correctement encadrées.

La France est revenue au Système D

Il y a eu l’affaire des masques. Au grand public on a dit que c’était inutile. Alors le grand public bricole ses propres protections avec les moyens du bord, du tissus, du papier, des filtres à café.

Le gel hydroalcoolique? Des producteurs d’alcool se recyclent et même la firme Weleda spécialisée dans l’homéopathie s’y met aussi.

La France retrouve les réflexes du Systéme D de 1924

Les Français sont entrés dans une phase de système D. Aujourd’hui, les recettes circulent sur les réseaux sociaux

La Cour de Justice en ligne de mire

Les DNA ce matin 26 mars. Des pages entières de nécrologie chaque jour

Reste la situation de l’hôpital et des maisons de retraite. C’est sur ces sujets que les pouvoirs publics vont avoir de plus en plus de problèmes avec leur opinion. Car il est de plus en plus avéré que la France a failli depuis de longues années avec sa politique de santé.

Le personnel, les lits, les appareils de réanimation. Ce sont les trois sujets qui vont conduire certains de nos dirigeants devant la Cour de Justice. Ils le savent déjà puisque plusieurs plaintes sont en cours.

Ce qui est d’autant plus cruel pour nos ministres, c’est de constater à nos portes que l’Allemagne est très bien préparée avec 25.000 lits de réanimation alors que nous n’en avons au départ que 5000 et qu’on s’empresse d’en rééquiper 7000 à la hâte.

Devant un tel cataclysme, on tente de sauver la face: on met un masque en s’adressant aux cameras devant un hôpital de campagne à Mulhouse pour dire que tout est sous contrôle alors que ça n’est pas vrai.

Chronique de pandémie

Assigné à résidence, terré dans mon univers de peintures. Y’a pire!

Je vous demande de vous arrêter, criait l’autre monté sur la table du meeting. C’est fait.

La France s’est arrêtée…et la veille du redémarrage n’est pas encore pour demain. Les réponses se font de plus en plus évasives. Deux semaines? deux mois?…on ne sait pas. Les épidémiologistes dont c’est le boulot aussi de prévoir l’expansion de la maladie sont de plus en plus dans le doute.

La France tourne encore par endroits mais au ralenti. Il ne reste que les grognards de la République pour monter au front. Et aussi ceux qui n’ont pas d’autres choix que de s’exécuter, les sans-grades qu’on envoie au charbon coûte que coûte .

La distanciation sociale, on connait. Ce n’est pas nouveau depuis que le communautarisme qu’on ne voulait pas voir s’est installé dans nos quartiers il y a belles lurettes.

Mais avant même cela, la distance a toujours existé entre le monde des beaux quartiers comme ces Parisiens qui ont fui le navire pour se réfugier en Nouvelle Aquitaine et les autres, ceux qui sont confinés à domicile sans pouvoir s’échapper de la nasse.

A quoi bon confiner des zones de France qui comportent 25 habitants au km2?

Oui nous sommes dans une nasse dans on resserre jour après jour un peu plus les mailles. Non la France n’est pas une et indivisible. Les mesures de confinement édictées dans les bourgs, les villages n’ont pas de sens. Mais c’est la ville qui fait loi car c’est là que se concentrent les foyers de réfractaires, d’insoumis pourrait-on dire.

Notre zone de confinement se rétrécit encore un peu plus ce matin, pas plus d’un kilomètre de chez soi et une heure par jour pour courir ou marcher.

Ma nouvelle zone de confinement K5

Il ne faut pas se voiler la face, cette pandémie révèle au grand jour les failles immenses de notre système de santé, l’imprévoyance de l’Etat et aussi le désarroi des médecins qui se succèdent sur les plateaux de télé pour dire qu’ils ne sont pas tous d’accord entre-eux sur la façon de résoudre l’épidémie. Quel tableau apocalyptique!

Nous sommes au cœur d’un phénomène sanitaire mondial qui nous échappe. Alors on laisse faire le virus. Jusqu’à ce qu’il lâche prise.

Ma petite personne importe peu face aux souffrances des malades, face aux soignants dévoués, exténués, aux jeunes mères de famille qui vont travailler à l’hôpital la peur au ventre. Tout cela j’en suis conscient mais ça ne me plonge pas dans un océan de béatitude pour autant. Alors j’observe impuissant puisque nous sommes gens de rien.

Tout le monde n’est pas malade, pas encore, même si des prédictions alarmistes continuent d’affirmer qu’il faudra plus de la moitié du pays atteint par le virus avant d’observer une décroissance.

Le politique qui a largement fait preuve de son imprévoyance avec les masques trop peu nombreux, l’absence de tests de dépistage, le manque de soignants, le manque de lits, le manque de respirateurs, tente de se rattraper en rognant sur nos libertés publiques. Après avoir rogné dans les dépenses publiques, on s’attaque maintenant à notre droit d’aller et venir. A présent ce sont les maires, à moitié élus ou défaits, qui édictent des règles de circulation dans leur ville et qui vont même comme à Nice (Christian Estrosi) recommander aux médecins les bons médicaments à utiliser au CHU.

La polémique chloroquine est passée par là avec le professeur Raoult au look qui décoiffe. Aussitôt tous les réseaux conspirationnistes du net lui emboite le pas pour dire que le gouvernement ne veut pas de ce médicament jugé trop peu cher.

En l’absence de solutions face au virus, le traitement de la pandémie n’est plus qu’un champ clos d’interdits et d’arbitraires visant à restreindre les libertés publiques.

Un vrai terrain d’entraînement pour les apprentis dictateurs.

Les argousins de la pensée unique ne vont pas tarder à m’envoyer une volée de bois vert.

Ouille!