
On n’a plus vingt ans, dit l’autre.
Alors qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui?
Un Blauen, ça te dirait?
?!!!!
On n’aime pas décevoir.
Commençons pas prendre la direction…on verra au pied du mur…
Arrivés à Neuenburg, on s’interroge…
Par Kandern ou par devant? (par devant, ça veut dire montée directe avec 8 à 10 km de côte terrible) (voir le profil)
Finalement on prendra Kandern; avec l’option de court-circuiter le Blauen à Kandern.
Secrètement, on rumine…est-ce que je me dégonfle?
A Kandern:
allez va pour le Blauen!
Il faut des munitions, entendez des ressources.
A Marzell, on est déjà liquéfiés. La fontaine crachouille un mince filet d’eau.
« Kein trinkwasser ». La petite plaque gravée sur cuivre est très discrète.
On s’en fout, on fera le plein quand même!
20° au compteur.
On aimerait avoir de quoi se débarrasser de tout ce qui nous encombre: la veste, le casque, les gants…avant de s’engager dans le mur à la sortie du village.

Au carrefour du Blauen, on a encore un examen de conscience à faire.
Se peut-il qu’on n’ait pas la force de faire les trois derniers kilomètres avant le sommet?
On s’y engagera avec 7 km/h seulement. Un train de sénateur, quoi!
Au loin dans la brume, les Alpes toujours aussi majestueuses.
Une heure quinze plus tard, nous étions aux portes de Mulhouse
93km/1100m/et 20 tout rond de moyenne.
On n’a pas été ridicules même si « j’ai tout mis » comme on dit, c’est à dire mon 30X26.

