Le handicap normal du bipède


L’homme présente bien.

Grand, brun, la trentaine, pantalon et blazer.

Il me hèle au passage.

Il cherche l’adresse d’une entreprise de peinture de la localité.

Ah oui, j’ai oublié de vous dire: il est à vélo.

Je l’accompagne pour le guider dans la bonne direction…

Il peine à me suivre alors que je roule piano…

A un carrefour, je lui fais signe de poursuivre dans la bonne direction.

Arrivé à ma hauteur, essoufflé, la sueur au front…

– « On met combien de temps pour aller à Mulhouse?… »

– « Comptez une demi-heure… »

– « C’est qu’avec mon vélo, je vais devoir faire le trajet tous les jours pour rejoindre mon travail, alors c’est fatigant »

Il a déjà repris sa route, zigzaguant sur son cycle trop petit et sa roue dégonflée.

Si je conte cette aventure, c’est parce que je constate fréquemment l’incapacité de nos semblables à « penser vélo » et à  « utiliser un vélo ».

En cause, l’apprentissage de la bicyclette dès la petite enfance qui n’a plus lieu. En cause aussi l’universalité du tout voiture pour répondre à toutes sortes de problématiques de déplacement urbain.

La sédentarité de l’homme moderne est devenu un handicap à un tel point qu’elle l’empêche de se mouvoir en toute autonomie autrement qu’à pied…dès lors qu’il n’a pas de voiture.

Loin de Ubu, le vélo n’est plus le prolongement minéral de notre système osseux.

Les questionnaires d’employabilité de Pôle Emploi sont là pour en témoigner; ainsi hors la possession du permis A, vous échappez à de nombreux postes.

Pourquoi ne pas imaginer se déplacer à vélo pour aller prendre un emploi en dehors des zones desservies par les transports en commun?

Le plus grave, c’est que le vélo est encore absent dans les schémas de certaines agences d’urbanisme qui pensent la ville pour nous.

J’ai souvent observé qu’une demie-heure de vélo suffit à vous « propulser » à 8km de chez vous en se déjouant des encombrements urbains.

Le hic, c’est que notre sédentarité exclut par principe toute tentative d’un nouveau nomadisme autonome.

Il faut donc encore dire tout le bien que l’on pense du vélo autour de nous.

Un ami revient de Hollande, la patrie du vélo.

Il ne m’en voudra pas si je vous livre quelques uns de ses clichés.

Images BD

Rien que pour se convaincre que le vélo en ville, c’est possible.

Mes lecteurs pourront aussi se tourner vers ce petit opuscule « L’ABC du vélo » et l’offrir à leurs amis pas encore convaincus de l’utilité de reprendre son vélo.

En somme un changement de paradigme.

Une réflexion sur « Le handicap normal du bipède »

  1. Bonjour,

    …mais, les temps changent.

    Vous, les lobbyistes du vélo, 🙂 , avez une part de responsabilité quant à ma décision de me séparer définitivement de ma voiture au profit de mes vélos.
    J’ai bien compris ou était mon intérêt.
    Se séparer de sa voiture, c’est changer de paradigme, les problèmes
    supposés trouvent très rapidement une solution.

    Mais alors, l’expliquer à mon entourage…

    Amicalement.

    J’aime

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