L’Alsace, dépotoir à ciel ouvert?


C’est une image que les Alsaciens n’aimeraient pas voir: celle du dépotoir à ciel ouvert que constitue le bord de nos routes et le cœur de nos forêts.

En voiture, on n’a pas le temps de les apercevoir.

A pied ou à vélo, si!

Nos deux quotidiens régionaux se livrent donc avant l’arrivée du printemps en mars prochain à une nième opération de prise de conscience pour éviter que chacun jette n’importe quoi dans ses poubelles et au bord des routes.

Il est vrai que l’incinération et le tri sélectif ont du mal à faire bon ménage.

Pourquoi?

Tout simplement parce que plus on trie, plus l’incinération coûte cher; ce qui est paradoxal.

Nos décideurs ont en effet investi dans des incinérateurs gigantesques qui demandent du tonnage en masse et pour lesquels les coûts fixes sont incompressibles, personnels, énergie et ramassages…

Alors encourager le tri n’est pas simple puisque la facture d’enlèvement des ordures des plus vertueux ne baissera pas. D’autant qu’on se dirige vers une facturation au poids des végétaux apportés en déchetterie!

Le comble!

Pour compliquer encore un peu plus la situation, certaines communes facturent aussi les ordures incinérées au poids, ce qui s’appelle la pesée embarquée.

Rien de tel pour inciter les gens à jeter leurs ordures dans des circuits parallèles: chez le voisin, au bord des routes ou dans les poubelles de rue.

La pollution sauvage, les cyclistes la connaissent.

Salon dans la Hardt

Il y a d’abord les bords de route où la Direction Interdépartementale des Routes (DIREST) d’Alsace chiffrait en 2011 à 500 kg au kilomètre et par an le poids d’ordures ramassées par ses services.

J’ai compté pas moins de 38 canettes sur un kilomètre entre Bantzenheim et Munchhouse.

38 canettes vides.

La « 1664 » est en pôle position. La « Kro » arrive en seconde place. Mais le « Red Bull » tient bien la corde et revient très fort sur la tête du peloton depuis qu’on sait qu’il procure des sensations fortes.

Mais ce n’est pas tout, il faut compter aussi avec les dépôts sauvages en tous genres jetés

Orschwihr-Val du Pâtre

en lisière des forêts. Ces dépôts là sont plus difficiles d’accès aux services de nettoyage et restent en place parfois pendant des années à la vue des promeneurs, des forestiers et des chasseurs.

Les cyclistes ne sont pas exempts de reproches; il suffit pour s’en convaincre de parcourir la montagne vosgienne au lendemain des cyclosportives pour constater les déchets jetés par les compétiteurs…(voir l’article)

En mars, chaque année, le Haut-Rhin organise l’opération « Haut-Rhin propre » en faisant appel aux associations pour nettoyer les bords de route à la périphérie des communes.

Si les contributeurs à cette opération sont de moins en moins nombreux, on comprend pourquoi: aucune action répressive d’ampleur et exemplaire à l’égard des contrevenants.

Alors à quoi bon?

3 réponses sur « L’Alsace, dépotoir à ciel ouvert? »

  1. Bel article et 100% d’accord avec toi….
    Et…petites remarques allant dans ton sens…
    Sur la Comcom de Guebwiller, on a un forfait de 100kg en déchetterie par AN! Si tu apportes un vieux frigo, ça entame bien le forfait si tu dépasses cela vraiment cher…….à côté de cela, c’est 11ctm du kilo pour les déchets verts et il est interdit de brûler les branches dans ton jardin….Quant au matériel électronique (tv, ordi….) c’est aussi décompté sur le forfait de 100kg alors qu’on a déjà payé pour le recyclage à l’achat par l’intermédiaire de l’écoTaxe!!!!Vues ces conditions, cela n’incite pas les mauvais citoyens à rentrer « dans le rang »!!!! bien au contraire….Je pense que pour les plus civiliser, ils déchargerons devant la déchetterie mais d’autre ne se priverons pas de dépoter en pleine nature.A force de vouloir rendre trop strictes les règles, on va avoir un retour en arrière…..de 30 ans!!!! quand tout le système de recyclage n’existait pas….L’idée des déchetteries étaient de permettre aux gens de se débarrasser sans pourrir la nature et surtout gratuitement sur le moment (même si cela à un coût sur la collectivité). bref je ne vois personnellement pas une avancée dans ce type de mesure!! Quand aux poubelles pesées, le contribuable paye les non efforts des industriels qui ne font aucun effort sur les packaging et la surmultiplication des emballages….. Le consommateur ne consomme que ce qui lui est proposé à la vente…. Les incinérateurs devraient être financés en parti par les industriels et les importateurs de produits chinois et autres pays fabriquant à bas coût!! Les droits de douanes devraient prendre en compte le coût du recyclage et l’impact écologique de la fabrication des produits….peut-être que cela rendrait nos produits compétitifs et surtout réduirait notre coût d’incinération et de recyclage…

    1. Il est clair que notre modèle de consommation impacte directement le volume de déchets.
      Par exemple ne plus réparer ses appareils électroménagers et informatiques du fait de l’obsolescence programmée, consommer de l’eau en bouteille au lieu de l’eau du robinet,…
      Bref, les exemples sont multiples.

  2. Cyclosportives :
    Sur l’Ardéchoise, il y a une brigade « ecocyclo » qui circule le jour de la course (ce sont ess. des cyclistes qui sont sur la course/rando) : quiconque (enfin en principe) est « pris par la patrouille » en train de jeter est immédiatement disqualifié et exclu de la course….
    Perso, je n’utilise pas ce genre de produits mais bien du sirop maison dans mon bidon (cassis, mure, aspérule, …), des pruneaux, amandes, raisins secs, pâtes de coing maison, figues, dattes (je récupère les noyaux dans ma petite boîte…), éventuellement sur les parcours les plus longs une ou 2 powerbar (les plus simples), et pour la banane je ramène la peau dans un sac plastique prévu à cet effet.
    Je considère aussi que tous ces produits « boostants » ont forcément quelque chose de louche !
    Bord des routes :
    J’ai un jour perdu ma sacoche de réparation pendant une balade dans le Sundgau; le lendemain, je suis donc reparti pour le même circuit en scrutant le bord de la route et les fossés dans l’espoir de la retrouver : c’est fou ce que j’ai pu voir comme déchets effectivement (alors qu’en temps normal je n’y fais pas vraiment attention…). Mais je n’ai pas retrouvé ma sacoche !
    Eau potable :
    Je ne bois pas d’eau en bouteille : à Mulhouse nous avons maintenant une eau de très bonne qualité paraît-il; avant d’être raccordé au réseau d’eau de la ville de Mulhouse (c’est récent), j’utilisais un osmoseur pour « fabriquer » l’eau de boisson.

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