Formation au vélo


Je suis toujours aussi perplexe quand on me parle de formation à la pratique du vélo.

Je suis d’une génération où le vélo s’apprenait tout seul puisqu’il était notre seul moyen à la campagne de rallier le village voisin.

Pas de mobylette encore pour les ados.

Maintenant, je vois tous les efforts que déploient les clubs pour apprendre le vélo à nos jeunes. Et c’est méritoire, car après 14 ans, on rêve non pas de vélo mais de scooter.

En ville, les parents n’ont ni l’espace, ni le temps de se consacrer à cet apprentissage.

D’autant que beaucoup de jeunes parents n’ont plus qu’un seul réflexe, celui de la voiture, dès lors qu’il faut se rendre à l’entrainement de foot du gamin ou à la séance de danse de la petite dernière.

Donc hier, j’assiste tout à fait fortuitement dans la campagne vosgienne à un apprentissage de VTT.

Le moniteur est enthousiaste, il arbore un magnifique maillot Intermarché et commence son cours devant la dizaine d’enfants.

– Aujourd’hui les enfants, séance de dérapages…avec la roue arrière, précise t-il…

– Ouais! s’émerveillent les gamins…

Je ne connais rien à la progression pédagogique de l’apprentissage du VTT.

Déraper à vélo, c’est effectivement ludique pour les enfants…et profitable aux marchands de pneus.

Mais bon, pour moi ça ressemble à ces cours de conduites offensives qu’offrent les auto-écoles sur des circuits spécialisés.

Le moniteur passe ensuite à la démonstration…

– Pour avoir un peu de vitesse, on va prendre le chemin dans le sens de la pente…

Le moniteur fait sa présentation et s’arrête sans difficulté dans un petit nuage de poussière du meilleur effet propre à satisfaire les postulants en herbe.

Puis le premier élève s’élance…et nous fait un magnifique saut périlleux par dessus le guidon. Il a bloqué le frein, oui. Mais le frein avant au lieu du frein arrière.

Tout le monde se précipite pour relever le gamin tout étourdi qui est retombé sur le dos, on le dépose au pied d’un grand sapin.

Pour lui, la journée est gâchée.

Apprendre que le frein arrière est à droite du guidon semble être, dans ce cas, un prérequis. Le moniteur l’aura vraisemblablement oublié dans sa progression pédagogique.

 

 

4 réponses sur « Formation au vélo »

  1. Apprendre le vélo, celà parait effectivement étrange pour toute une génération qui a vécu avec dès son enfance.Moyen d’évasion & d’indépendance le vélo en tant que moyen de transport était bien plus vital qu’aujourd’hui surtout quand on vivait éloigné des centres urbains et / ou dépourvus de transport. Aujourd’hui celà revient en avant on trouve même des cours pour adultes.Etre doté d’un moyen de transport est vital aujourd’hui ne serrait ce que pour aller travailler par exemple et le vélo a cet avantage d’être économe et accessible.D’un autre côté c’est pendant l’enfance que le savoir, l’habitude et le plaisir de faire du vélo se transmet le mieux, en milieu urbain c’est pas forcement évident si les parents ne sont pas sensibilisés ni les écoles équipées…

  2. Hé oui, ça peut sembler décalé à ceux qui n’ont en fait jamais vraiment eu à apprendre : au pire a-t-on été un peu poussé par le papa ou le grand frère, puis lâché sur les routes. Le reste est venu tout seul…

    Aujourd’hui, à la campagne, ça reste vrai. Mais pour les urbains, c’est moins évident. Les parents ne faisant plus de vélo et les lieux pour apprendre en sécurité s’amenuisant, l’auto-apprentissage du vélo n’est plus aussi naturel qu’avant. D’autant qu’il y a dans nos villes des personnes qui viennent de pays où la pratique du vélo ,’est pas aussi répandue, voire interdite aux femmes.

    Se développe donc depuis quelques années des écoles vélo associatives ou des bénévoles apprennent à des ‘élèves’ la joie de circuler à deux roues. Celle de Montreuil est souvent citée en exemple comme étant la plus ancienne. En tout cas, à voir leurs vidéo leur progression pédagogique, il semble bien qu’on apprenne effectivement à s’arrêter avant d’apprendre à déraper.

    Une solidarité intéressante autour du vélo.

    http://www.veloecoledemontreuil.com

  3. Etrange pratique que l’enseignement du dérapage par un moniteur VTT. J’entraîne des enfants dans un club de vélo course et fait du VTT depuis bien 30 ans.

    Mon souci est d’apprendre aux enfants à freiner avec les deux freins sans faire déraper les roues. Le dérapage volontaire n’a aucun intérêt en technique de pilotage, C’est une perte d’adhérence. Il est proscrit dans mes cours car il détériore non seulement les pneus mais aussi le chemin. L’objectif est de maximiser son freinage en course en apprenant à doser les deux freins pour éviter le dérapage. Sur vélo course avec une route mouillée, c’est très difficile et c’est un vrai apprentissage que de freiner fort, efficacement, sans déraper… La progression pédagogique de ce moniteur est certes à revoir mais aucun l’intérêt d’apprendre aux enfants, à flinguer les pneus et les chemins…

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