L’incivilité citoyenne


cliché vélomaxou

Un ministre qui oublie de payer ses impôts, c’est presque devenu une banalité, une fois la stupeur passée.

Oublier une fois de remplir sa déclaration, ça peut se comprendre, mais trois fois successives…

Ce qui en dit un peu plus long sur l’évolution des mœurs de notre société, c’est que la réaction des pouvoirs publics se fait parfois attendre.

Les représentants de l’Etat ignorent tout de l’exemplarité publique

Ainsi, il faut devenir ministre pour que l’administration fiscale commence à s’occuper de ceux qui ont de l’entregent.

Le pauvre pékin, lui, sera sommé dans les quinze jours.

Je m’arrête là: les grands commis de l’État ne sont plus un exemple depuis longtemps en matière de rigueur et de respect des règles communes; l’ensemble des « affaires » passées et en cours sont là pour en attester.

D’ailleurs la Presse se fait l’écho fréquemment du comportement incivique de nos gouvernants sur la route.

Dans notre vie courante, l’intuition prend largement le pas sur les règles. C’est aussi elle qui gouverne sous forme d’imprécations.

Pourvu que tout se passe bien!

On montre volontiers les zones de non-droit du doigt comme pour se dédouaner soi-même de ses propres turpitudes.

C’est toute notre conduite citoyenne qui prend l’allure du grand n’importe quoi, une forme d’insouciance généralisée s’est installée dans les rapports entre les usagers de la vie publique. Tous nos codes clignotent car une logique floue ou folle s’est emparée de la société.

Estimant être trop corseté par une inflation de recommandations, le citoyen s’abandonne à son humeur du moment.

Aucun corps public ne semble plus capable d’endiguer une désobéissance civile généralisée devenue dogme.

Que fait la Police? disait l’autre…

On ne peut pas dire rien; mais la police est tellement impuissante devant ce grand refus des règles qu’elle se limite à quelques domaines faciles comme celui de l’excès de vitesse.

Face à un océan d’incivilités, que faire?

Des excès de vitesse désormais généralisés au point qu’on se demande s’il faut encore consacrer autant d’argent à poser des panneaux le long de nos routes.

Mais l’excès de vitesse n’est qu’une illustration de dérives comportementales bien plus larges sur nos routes, ainsi il n’est plus rare d’être doublé par la droite, de voir enfreint les couloirs directionnels, les feux rouges, les stop, les stationnements interdits, …

Finalement, la règle qui semble prévaloir, c’est celle du chat et de la souris « pas vu, pas pris » ou mieux encore « vu, mais pas pris »; une forme de loi de la jungle où le franchissement de l’interdit est même devenu la règle.

Et le cycliste?

Le cycliste n’est pas exempt de reproches puisque l’exemple de feux rouges franchis est quasiment systématique en ville.

On aurait tord d’incriminer les seuls cyclistes: ils ne risque « que leur vie » alors que les automobilistes délinquants risquent celles des autres.

Cette désobéissance civile ne revendique pas son nom ni sa cause comme celle des faucheurs d’OGM ou celle contre les rythmes scolaires, elle est sournoise et s’organise insidieusement dans tous les registres de notre vie commune.

Est-ce le prélude à une grande contre-réaction?

Tous les germes en sont réunis.

 

3 réflexions sur « L’incivilité citoyenne »

  1. Je ne franchis un feu rouge à vélo que si j’estime qu’il devrait être accompagné d’un « tourne-à-droite » ou « tout-droit » cycliste; ou alors lorsqu’il n’y a pas d’intersection et qu’il est là simplement parce qu’un maire psychopathe en a décidé ainsi pour briser la vitesse; ou encore parce que le piéton engagé sur ce feu « piétons » a fini de traverser. Jamais dans les autres cas !

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  2. Je ne franchis un carrefour, avec ou sans feu que lorsque je peux le faire sans danger, quelque soit le type de sucette géante ou de feu multicolore qui décore le carrefour.

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