La comptabilité bobologique


Pluie en Alsace ce matin.

Les Aoutiens venus prendre leurs vacances chez nous seront déçus.

J’en profite pour ranger mes paperasses.

Je tombe en arrêt sur un avis des sommes à payer que m’a adressé l’hôpital local.

Six euros et quatre vingt dix centimes très exactement.

Une escarbille dans l’œil un samedi après-midi et une urgence ophtalmique où j’ai été très bien reçu et soigné.

Rien à dire.

En bon citoyen, j’ai voulu payer en sortant….« la trésorerie est fermée monsieur, on vous enverra la facture par la Poste… »

Soit!

Six euros et quatre vingt dix centimes.

J’ai par expérience une certaine notion de ce que coûte la saisie, l’édition, l’envoi d’une facture pour avoir travaillé chez un des premiers facturiers de France.

Entre 9 et 15 euros actuellement

Je dois payer à l’administration publique moins de la moitié que ce qu’elle a déjà dépensé pour recouvrir ma dette.

Mais ce n’est pas tout, vous allez voir la suite de l’histoire…

Au moment de payer, je n’ai que deux solutions:

– me déplacer à la trésorerie de l’hôpital distant de 4 km, ça pourrait être plus pour une personne éloignée à la campagne…

– faire un virement ou un chèque

Me déplacer? ne pas y songer, j’ai bien d’autres chats à fouetter; faire un virement? nécessite de créer un nouveau destinataire de virement sur mon compte postal (une manœuvre compliquée pour un particulier)…il ne me reste plus que la solution chèque.

Le coût de traitement d’un chèque par les banques est encore controversé, la Cour des Comptes parle de 15 à 40 centimes pour la banque. On sait par ailleurs que certaines tentent de faire payer les chèques aux utilisateurs qui y ont recours trop fréquemment; mais il faut y ajouter le coût du traitement par la trésorerie de l’hôpital et le timbre qui me servira à l’expédier…Bref, un système complètement archaïque!

Pour finir mon histoire, je reçois trois semaines plus tard une lettre énigmatique de la Direction Générale des Finances Publiques qui ressemble étrangement à celle d’un PV routier…

Ouf! c’est l’attestation de paiement du comptable public qui m’informe de la réception de mon règlement de 6.90 euros, sous réserve d’encaissement est-il précisé!

On se sait jamais des fois que mon chèque soit sans provision…

La morale de l’histoire?

Je ne sais pas chiffrer exactement le coût du recouvrement exact de cette créance, mais on imagine que le bilan final de cette opération doit représenter deux à trois fois le prix de la prestation. Pour ne pas dire plus. Mieux vaudrait donc l’abandonner plutôt que de la recouvrir…surtout si la dette reste impayée.

On a dès lors une image de ce que coûte la bobologie des tous les hôpitaux de France et de Navarre au lendemain de week-ends surchargés…

L’administration française a encore de grands pas à faire pour sortir de sa bureaucratie coutumière et de ses déficits endémiques. N’oublions pas que les prestations sociales représentent le tiers du PIB du pays: un gouffre!

Mon service municipal des eaux a fait des progrès (sans trop en faire parler): il a réussi à ajouter parmi ses moyens de paiement au dos de la facture… le télépaiement sur le site budget.gouv.fr: un moyen simple et instantané qui marche 24h/24 sans se déplacer, sans chèque, sans timbre.

On se demande pourquoi l’hôpital local ne sait pas faire de même.

 

Une réflexion sur « La comptabilité bobologique »

  1. M’étant occupé à une époque du traitement informatique de la facturation des consultations externes à l’hôpital de Mulhouse, je peux te dire que les sommes inférieures à x francs (j’ai oublié combien de francs …) n’étaient pas mises en recouvrement parce que cela coûtait trop cher à recouvrer. Aujourd’hui, je ne sais pas ce qu’il en est.
    C’est vrai que le télépaiement par CB via internet a aussi mes faveurs mais je pense que tous les organismes ne le mettent pas en place pour une raison de coût initial (sachant que chacun a sa propre informatique à mettre en place et maintenir… Et puis, si tu n’utilises plus de timbres, la Poste va encore augmenter ses tarifs d’affranchissement (bien qu’à mon avis, la baisse de revenus liée au courrier soit largement compensée par l’augmentation des revenus liée aux colis du fait de l’explosion des commandes via Internet.) !

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