Les potins du lundi


Quel cycliste êtes-vous?

Une fois encore, mon billet sera largement inspiré de la sociologie du monde cyclo.

Non pas parce que ce sujet me taraude, mais parce que les années aidant, je vois rapidement évoluer les pratiques et les consciences.

Force est donc de constater que le cyclotourisme de masse n’est plus.

Celui des clubs tel qu’on le pratiquait jusque dans les années 80.

Club de jeunes? club de vieux? peu importe: nombreux sont ceux qui regrettent de ne plus y trouver la convivialité d’antan.

Chez les anciens, il y a les mêmes travers que dans les clubs plus jeunes. Les avions partent tête dans le guidon. En réalité ils font deux sorties rapides entrecoupées d’un long arrêt au bistro ! (citation relevée dans Cyclos-Cyclotes)

Par chez moi il y a aussi un club FFCT mais j’ai du mal à les différencier des FFC car leurs montures sont très semblables constate amèrement un cyclo qui a pris l’habitude de rouler seul.

A coté des clubs, une nouvelle génération de pratiquants et de pratiques est née.

Il ne sert donc à rien de s’évertuer à vouloir aller contre le changement puisqu’il s’opère naturellement.

Les clubs l’ont compris, eux qui voient inexorablement fondre leurs effectifs comme neige au soleil.

Alors, ils se recyclent comme ils peuvent en organisant des voyages, telles des agences du troisième âge, où le vélo reste souvent l’alibi.

Il est né le cyclo nouveau

Il est pragmatique et ne s’embarrasse pas de dogmes et de codes hérités du passé.

Je veux parler des usages du temps jadis dans les clubs comme partir ensemble, revenir ensemble, des codes de bonne conduite pour rouler en groupe, et de bien d’autres conventions encore.

Non, aujourd’hui le nouveau cyclo, s’il est membre d’un club, roule à sa guise avec celui ou celle qu’il a choisi et non pas avec ceux qu’on lui impose.

Le club n’est plus qu’une adresse où se croisent les derniers des Mohicans attendant la cessation d’activité.

Cette grande confusion de cohésion entre les pratiques cyclistes n’est pas facile à gérer vu que la relève n’a pas été assurée dans les temps faute de candidats et que ceux qui auraient pu faire l’affaire sont partis.

Partis où?

Nulle part ailleurs. C’est une caractéristique d’ensemble, ceux qui partent ont fait le tour de tous les clubs puis ont terminé seuls.

C’est d’ailleurs ce qui a amené les dirigeants de clubs à créer des groupes dans le but de ressouder les équipes.

Peine perdue: au bout de quelques semaines les groupes se fissurent et éclatent en miettes.

Plus membre de rien

Aujourd’hui le cyclo nouveau n’est plus membre de rien: il ne veut surtout pas s’embarrasser de contraintes et de convenances, ni faire œuvre de solidarités.

A tel point que le système fédéral de licences risque de voler en éclats.

A quoi bon être licencié, puisque je ne participe plus? c’est ainsi qu’on raisonne à présent.

La faute certainement à cet irrépressible besoin de liberté et d’individualisme qui s’est emparé des nouvelles générations conduisant à ce que la plupart d’entre-nous ne sont plus membres de rien, sauf de quelques confréries éloignées (club des cols durs, club des terrain plats,…) que l’on rencontre une fois l’an.

Dans nos régions fortement peuplées, rouler en groupe est devenu hautement périlleux vu le trafic routier et l’inconduite des usagers, leur absence de respect du cycliste qui occupe le bord de route, ce qui explique aussi en partie pourquoi on préfère dorénavant rouler seul ou pas plus qu’à deux ou trois sur des itinéraires choisis.

Le cyclo twitto

Qui n’a pas encore son adresse Twitter?

Le cyclo nouveau zappe, ni club ni calendrier de sorties. Le cyclo tendance, c’est le cyclo twitto ou SMS, celui qui fixe l’heure et le lieu de départ aux copains sur son Smartphone une heure avant et qui va faire péter tous ses paramètres sur Strava.

A quoi bon s’attacher à déterminer des pratiques cyclistes: elles sont si variées aujourd’hui qu’on ne sait plus à laquelle se référer.

En tous les cas, cette refondation du cyclisme de loisir va de pair avec la soif de temps libres, les 35 heures sont passées par là; elle devrait permettre à tout le monde de trouver son bonheur sur un vélo.

Que le coureur puisse faire sa course comme il l’entend, que le promeneur puisse s’arrêter et flâner là où bon lui semble et que le « tout chemin » rentre tout crotté une fois franchies les ornières des chemins de traverse.

Car au total, le vélo de loisir ne se porte pas si mal. Les ventes de vélo progresse en France et on ne cesse de rencontrer de nouveaux venus à cette discipline, le VAE aidant, attirés par ce besoin de nature en dehors de la ville et des affres d’un monde trépident.

@velomaxou

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