Le casque obligatoire…pour les moins de douze ans


Elles sont pas belles nos cyclotes?

Elles sont pas belles nos cyclotes? (casque Yakkay)

Grosse colère d’Isabelle et le vélo ce matin.(lire son article)

Elle vient de découvrir le décret imposant le port du casque pour les cyclistes de moins de douze ans.

On s’y attendait un peu.

Mais dans sa rage, Isabelle en perd son sang-froid.

C’en est fait … les enfants seront marqués d’un casque

écrit-elle.

Pourquoi cette phrase qui rappelle une période sombre? Les enfants ne seront pas marqués par ce casque; au contraire ils seront fiers de se distinguer comme on peut l’être de porter sa ceinture dans la voiture des parents.

Pour les touts-petits, dont la tête porte en premier lorsqu’ils chutent, la cause est déjà entendue puisque les parents achètent souvent le casque avec le vélo.

Non, cette obligation répugnante ne fera pas baisser le nombre de cyclistes; mais elle ne fera pas baisser non plus la gravité et le nombre des accidents.(sic)

Rien ne sert de sombrer dans le pathos pour décrire une situation qui ne fait que traduire un constat: l’extrême conflictualité de nos systèmes de mobilité contemporains. Vouloir protéger les plus faibles, piétons et cyclistes n’est pas en soi condamnable puisqu’en somme, rien d’autre de plus coercitif n’est envisageable; on l’a vu récemment avec la circulation alternée lors de l’épisode de pollution urbaine, la grande masse des usagers automobilistes réfutent ce dispositif. Il faut donc se plier à la loi du plus fort et la loi du fort, en France, c’est l’auto. Pas le vélo.

Partie en guerre contre cette mesure, une partie des cyclistes ont perdu le combat; le combat de la non imposition du casque.

Si je dis une partie des cyclistes, c’est parce qu’elle concerne prioritairement des cyclistes urbains, accessoirement des promeneurs à vélo et quelques cyclotouristes à sacoches.

Ceux-là le savent, derrière l’imposition du port du casque au moins de douze ans se profile l’imposition pour tout le monde.

Les plus anciens s’en souviennent: cette imposition du casque avait précipité la chute de l’usage du Vélosolex dans les campagnes.

Le port du casque est donc avant-tout un phénomène culturel qui se range parmi les dispositifs de prévention et de sécurité appliqués par les États à leurs citoyens. La France, on le sait, est en tête dans bien des domaines comme par exemple cette imposition (récente) de pratiquer une visite médicale pour faire du vélo à la Fédération de Cyclotourisme…une mesure qui ferait scandale chez nos voisins britanniques où la sécurité sociale est une affaire personnelle avant tout.

Un sénateur, M. Maurey, le déclarait en février dernier « le port du casque ne saurait être limité aux seuls enfants de moins de 12 ans alors que plus de 85 % des cyclistes tués ont plus de 18 ans ». (voir dans Oust-France)

Il est vrai que les opposants au port du casque ont du souci à se faire…

  1. D’abord les usagers de la route et de la rue dans leur ensemble, à tort ou à raison, estiment que le casque est un organe de sécurité pour qui tombe accidentellement sur la tête, accroché par une voiture, butant sur une bordure ou dérapant sur un sol glissant.
  2. Ils ont donc l’opinion contre eux et ensuite, ils ont aussi les relais d’opinion très écoutés comme le docteur Michel Cymes, première personnalité télévisuelle préférée des français, ou comme ces politiques qui n’ont de cesse d’attaquer les cyclistes comme Valérie Pécresse, présidente de la région Ile de France ou comme Anne Hidalgo, maire de Paris, portant le casque à Bogota…
  3. Enfin, et ce ne sont pas les moindres, les opposants au casque suscitent l’incompréhension de tous les pratiquants du vélo sportif qui appliquent les recommandations de leurs fédérations, FFCT en tête, quand ce n’est pas l’imposition comme à la FFC.
  4. On ne serait pas complet sans ajouter les organismes de prévention routière avec Emmanuel Barbe en tête, directeur de la sécurité routière, lui-même motard, qui « vient de monter sur la première marche du podium du casque pour tous » (sic). (propos d’Isabelle)

Si ce combat anti-casque là est perdu, c’est en raison aussi d’un constat, c’est que le concept de mobilité douce défendu par les cyclistes urbains masque en fait une réalité bien différente: le déplacement cycliste en ville et sur la route est devenu hautement périlleux du fait du trafic automobile croissant, de la dangerosité des comportements et de l’indiscipline généralisée des usagers.

Restent les inconnues…

  1. Le port du casque sera t-il appliqué à tous les cyclistes? et aux usagers de Vélib!?
  2. Le casque est-il fiable? aucune étude ne le démontre formellement
  3. Quelle sera l’incidence du port du casque sur le développement du vélo en ville? on peut imaginer que la mesure va poser de réels problèmes de mise en application si elle vient à être décidée.

casque Lazer Sweet

casque Lazer Sweet

Je ne prends pas position. Étant habitué à porter le casque pour mes sorties touristiques et sportives, je ne le porte pas pour les courses en ville. Cependant, en ville je me sens pourtant vulnérable tant je me déplace vite parmi les encombrements.

Un beau casque urbain ne me déplairait pas. D’autant que lors des hivers rigoureux, le casque garde votre tête au chaud.

Mes autres articles sur le casque

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18 réflexions sur “Le casque obligatoire…pour les moins de douze ans

  1. La remarque la plus percutante du billet d’Isabelle est celle-ci : « Les nations qui imposent le casque aux cyclistes sont celles qui n’ont rien de constructif à leur proposer. »

  2. Tout à fait d’accord avec toi, il faut que je fasse un effort pour le mettre pour aller en ville, car c’est là qu’il y a le plus de risques. Je vais voir avec le père Noël, un casque de ville ? Joyeux Noël Max.

    Iras-tu à TREDREZ-LOCQUEMEAU (22) en juin 2017 ?

  3. L’enfant est sous la responsabilité de l’adulte, on décide pour lui jusqu’à ses 18 ans et comme on est des parents protecteurs, on leur met un casque non ? (perso je leur met pas en hiver, le bonnet rentre pas dessous).
    Après laissons à l’adulte la décision de mettre un casque ou non sachant que la plupart des études scientifiques montrent que la pratique du vélo n’est pas en soi accidentogène. Je suis d’accord qu’elle l’est en confrontation avec les autres modes mais alors je suis assez grand pour savoir quand porter un casque ou pas.
    ça me ferait bien … de me prendre une prune parce que je me balade sans casque sur une voie verte…

  4. Joli article, merci.
    Même si je suis contre l’obligation et pour laisser la liberté au cycliste de décider (moi aussi j’en porte un pour le loisir, et moi non plus je n’en porte pas en ville), et là je prends position, je trouve ton analyse glaçante de pertinence. Oui la loi du plus fort règne, oui le plus fort c’est l’automobiliste, oui la ville est hostile au cycliste et rend les déplacements vélotaf périlleux. Oui nous avons toujours notre intégrité physique, mais au prix d’éviter plusieurs fois par jour des accidents dont nous ne serions pas responsables (mais victimes pour autant).
    Mais je ne pense pas que mettre un casque aux cyclistes fasse prendre conscience aux autres que nous sommes fragiles, au contraire ils vont croire (à tort) que nous sommes protégés.
    Mais nous continuerons à faire attention pour les éviter, avec ou sans casque…

    • Porter un casque peut-être un marqueur.
      Soit on est perçus comme des compétiteurs capables de déjouer les pièges de la route.
      Soit on est perçus comme des usagers fragiles.
      Il faudra du temps pour observer une évolution des comportements automobiles.
      Pour l’heure quand j’avance blindé de fluo, j’ai remarqué qu’on me frôle davantage comme si j’étais un cône de chantier.
      Alors, quoi faire ?

  5. « Pour l’heure quand j’avance blindé de fluo, j’ai remarqué qu’on me frôle davantage comme si j’étais un cône de chantier. » : la formule est géniale et tellement vrai ; j’ajouterais que plus je roule à droite et plus on me frise les moustaches !
    Pour ma part, j’ai choisi : je porte casque ET gants dès que je monte sur le vélo (et je me sens mal à l’aise si je ne l’ai pas ; comme pour la ceinture de sécurité en voiture !); je ne crains pas que les automobilistes, mais aussi « les piétons en mode poule » ou encore les nombreuses chausse-trapes que nos aménageurs s’ingénient à multiplier (c’est encore plus vrai avec les obligations d’emprunter les trottoirs). J’ai pas mal d’exemples autour de moi de chutes dues à des trous, des bordures de trottoir trop hautes, … et souvent lors de la chute, la bordure de trottoir (celle plus haute) n’est plus très loin du crâne !

    • Tout à fait. On voit le pro dans ta description. En France, les prises de bordure en biais sont sinistres.
      Beaucoup chutent là parmi les nouveaux usagers qui reprennent vite ensuite leur voiture une fois qu’ils ont mangé le macadam.
      Malheureusement, en France, le mal est chronique puisque les concepteurs persistent dans les mauvais choix techniques et ne savent pas construire des niveaux « zéro » pour les prises de trottoirs.Je suggère qu’il fasse des stages de l’autre coté du Rhin, c’est pas loin.
      Tu peux écrire où tu veux, aux mairies, au département, tout le monde s’en fout.

  6. « une réalité bien différente: le déplacement cycliste en ville et sur la route est devenu hautement périlleux du fait du trafic automobile croissant, de la dangerosité des comportements et de l’indiscipline généralisée des usagers. »
    Quelle réalité ?
    Les statistiques d’accidentologie montrent le contraire. Le nombre (relevé) d’accidents corporels à vélo augmente beaucoup moins que la pratique (estimée), ce qui fait que l’accidentalité baisse.
    C’est juste la perception qui évolue, peut-être un durcissement des conflits, en plus des incivilités qui touchent de plus en plus d’aménagements cyclables vu qu’avant il y en avait beaucoup moins.
    Voilà, la réalité est à manier avec précaution, y’a qu’a voir certains s’en servent pour nous mettre un casque.

    • Barnabé,

      votre commentaire était dans les spams du blog.
      je l’ai récupéré.

      on n’a pas la même lecture de notre vécu.
      les accidents n’augmentent pas? tant mieux.
      mais leur absence suffit-elle à rendre compte d’une perception?
      la quiétude à vélo, je le regrette, n’est pas ce qu’on est en droit d’attendre.
      la polémique qui s’installe entre les pro et les anti-casques est aussi une autre réalité qui ne va pas aider à clarifier les choses.
      je suis surpris de cette attitude agressive des opposants au casque qui ne donne pas une bonne image de notre mode de déplacement.
      continuons comme ça et on sera détesté de tout le monde.

  7. Les cyclistes urbains en circulation sont certes vulnérables mais beaucoup plus forts que ce qu’ils s’imaginent. Car les usagers motorisés ont un point faible : leur vulnérabilité juridique en cas de collision avec un cycliste (responsable par défaut, accident corporel donc à déclarer à l’assurance donc gros risque de malus…).

    Cette vulnérabilité est une telle hantise pour de nombreux conducteurs qu’il est assez facile de prendre l’ascendant sur eux dans la circulation, du moment qu’on sait être présent et lisible.

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