Col Amic-Michelbach 51 km-860m
Tel un clerc de notaire, je couche sur le papier du carnet mes exploits de la promenade du jour.
Jamais je n’ai pu me résoudre à abandonner cette comptabilité absurde témoignant de mes états de service.
Col Amic-Michelbach.
Quelle curieuse association!
Celle de mes points extrêmes de virages pour témoigner de cette incroyable vanité qui accapare le cycliste que je suis.
C’est moins pire qu’il y a quarante ans, je notais tous les villages traversés.
Depuis, j’ai simplifié.
A qui devrais-je rendre compte de mes sorties pour les authentifier de la sorte?
A personne!.. sinon à je ne sais quel dieu du sport le jour du jugement dernier…
Dans un temps ancien, le moniteur Marchand achevait son premier vol sur l’ASK13 avec de grands huit paresseux.
Par le hublot, il criait « sortez les planeurs! sortez les planeurs! » pour indiquer aux rampants que l’aérologie était bonne.
Aujourd’hui, c’était « sortez les vélos! sortez les vélos » tant il ne fallait pas manquer cette journée ensoleillée.
Effectivement, les cyclistes croisés étaient nombreux.
Je grimpe donc au col Amic par Goldbach, pas très convaincu de mon état de forme.
Une violence contre ma paresse endémique.
Je grimpe au cardio.
Et j’ai toujours en mémoire huit à huit: 8 km à l’heure à 8% de pente.
C’est mon juge de paix.
De ce coté là, la montée au col Amic est plus raide, le 8% revient souvent…et le cardio s’envole vite, hélas, me forçant à lever le pied.
Néanmoins, je suis assez content de moi quand je sors de Goldbach qui se prolonge jusqu’à l’auberge de la Sapinière, le plus difficile est fait!.
Puis à Freundstein, je n’ai plus qu’à me laisser descendre jusqu’à Wattwiller.
Partant de Thann, mon parcours est un peu court. Je l’accommode en longeant le massif, Cernay, Aspach, Michelbach, Roderen avant de rentrer.
C’était mon bavardage du jour. Celui sans lequel ma thérapie du corps et de l’esprit ne serait pas complète.
