Jour : 1 octobre 2019

Cernay, bonnet d’âne

Cernay est anti-vélos. Je le suppute. Je ne sais pas de quand datent ces panneaux mais force est d’admettre que le fonctionnaire qui a imaginé ça va à l’encontre de l’air du temps.

Obliger les cyclistes sur une Voie Verte à mettre pieds à terre est une hérésie. Personne évidemment parmi les cyclistes ne respectera cette obligation.

Alors pourquoi nous l’imposer?

Je vais vous le dire.

Tout simplement pour atténuer la responsabilité de l’automobiliste qui renversera un vélo.

Encore une fois nous assistons à une réglementation qui privilégie la voiture au détriment du cycliste. Le bon sens voudrait qu’on protège cette traversée pour les piétons ET pour les cyclistes. Or c’est justement l’inverse qu’on fait.

Pour la petite histoire, souvenons-nous que le pont Gustave Eiffel a entrainé l’interruption de la voie cyclable lors de sa construction.

En 2006, on a clairement sacrifié la Voie Verte.

Ajout de parcours

Au départ beau temps

Quand je me penche sur ma feuille blanche à l’écran, il y est écrit « ajout de titre »…alors aujourd’hui, j’écris « ajout de parcours »

Oui, je pars sans trop savoir où, ni combien, comme beaucoup d’entre nous. Je ne sais pas si les coureurs à pied ont aussi une part d’inconnu dans leur trajet.

Ce qui est bien à vélo, c’est de pouvoir compter sur des variantes. Personnellement je pars sans grand enthousiasme avec le besoin de me tester. J’ai mes prérequis…et mes faiblesses. Commencer par le plus facile? oui, c’est tentant, on se laisse glisser dans le vent sans même pédaler. Et après?…Aller jusqu’à Colmar, vent portant, c’est à la portée de tout le monde. Mais il faut revenir. Alors quand le vent est trop reposant, je biaise. Je veux dire, je prends le vent de 3/4 avant, puis de travers et je savoure déjà le temps où le vent va passer arrière. Je suis une sorte de resquilleur sans le vouloir puisque je retourne par définition à mon point de départ. Le facteur vent est décisif à vélo.

Roublard avec moi-même. J’utilise une autre astuce. Je n’affiche que l’heure à l’écran et je joue les devins. Combien de kilomètres? Il existe un seuil bas en-deça duquel je m’interdis de rentrer. Ma fierté serait altérée.

Des petites choses insignifiantes et vaniteuses.

Je le confesse.

Je rentre juste à temps

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Baïkal

Le luxe? C’est le déploiement devers moi de vingt-quatre heures, offertes chaque jour à mon seul désir. Les heures sont de grandes filles blanches dressées dans le soleil pour me servir.

Je pêche un omble de trois kilos. Je lis Bachelard près de mon feu.

Je viens de terminer la lecture de « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson. Sylvain Tesson, c’est lui qui raconte sa chute de 10 mètres en escaladant une façade à Chamonix, celle de la maison de son ami Jean-Christophe Rufin. Il dit être « toiturophile« 

Sauvé, Sylvain Tesson conserve les stigmates de cet accident avec une paralysie de la face qui me donne un air de lieutenant prussien de 1870 dit-il.

C’est un grand voyageur, un wandere(u)r.

Vivre six mois en ermite au bord du lac Baïkal, c’est là qu’il a choisi de nous emmener.

Il emporte avec lui plusieurs dizaines d’ouvrages à lire sans oublier une quantité impressionnante de vodka et de cigares et se nourrit presque exclusivement d’ombles qu’il pêche dans le lac gelé après y avoir fait des trous.

Méfiance avec les ours: on ne sort pas sans une fusée éclairante sur soi pour faire fuir l’animal!

C’est une belle expérience de vie pleine de philosophie. Et c’est très bien écrit.

Sylvain Tesson est le fils de Philippe Tesson qui a fondé le Quotidien du Médecin et de Marie-Claude Tesson-Millet, docteur en médecine