Jour : 15 octobre 2019

Pen-Hir

C’est pas beau, mais je publie quand même. Je n’ai rien fait depuis plusieurs mois et ce genre de texture bretonne est délicate. La côte rocheuse, le grès armoricain du coté de Camaret, est recouverte de végétaux aux coloris changeant et faire de l’écume à l’aquarelle n’est pas facile non plus. Vous avez les données du problème.

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Recycler l’air rapporte gros

Eolienne de Schönwald en Forêt Noire (vélomaxou)

Recycler l’air, des petits malins savent faire. J’ai vu cette semaine des champs éoliens à perte de vue qui se dressaient dans la plaine céréalière de la Marne entre Chalons et Sézanne. Plus près de nous, il existe ceux du Barrois entre Void et Ligny-en-Barrois.

On est loin des vertueuses solutions de nos écolos verts lorsqu’on apprend que tous ces énormes mâts qui surgissent dans nos campagnes ne sont que le fait de financiers étrangers venus pomper la manne des subventions accordées par l’Etat à ces aimables investisseurs.

En fait si les éoliennes se répandent ça et là, c’est tout simplement parce que le gâteau vient d’EDF qui ponctionnent ses abonnés sur les factures d’énergie…pour le redonner ensuite aux fonds de pension qui émargent dans les sociétés de l’éolien.

A propos du gâteau d’EDF, il est temps d’en profiter car cette boite née en 46 est en quasi-faillite comme beaucoup d’autres fleurons français. Bruxelles est passé par là car dézinguer une boite publique qui produit du courant peu cher, ça arrange la concurrence.

C’est ce qu’on entend dire.

Du coté des communes et des agriculteurs, l’intéressement n’est pas moindre. On parle ainsi de 30.000 euros de loyer par an pour un seule éolienne! Pour une paysannerie en jachère, le calcul est vite fait, à la place des veaux, mieux vaut élever des éoliennes.

Reste un hic: au bout de vingt ans l’éolienne est morte et le démantèlement reste à charge du propriétaire des lieux… sans parler des 200 tonnes de béton enfouis dans le sous-sol et de tous les câbles souterrains destinés à évacuer l’énergie.

Ces aimables joujoux qui produisent un mégawatt les jours de vent (20% du temps) n’ont rien à voir avec les deux tranches nucléaires de Fessenheim (1800 mégawatts/80% du temps, la moitié de la production alsacienne) qu’EDF vient d’abandonner sous les hourras écolos (500 millions de manque à gagner que l’Etat (donc nous) s’engage à verser à EDF)

Si j’ai faux dans ce minuscule billet, les verts pourront me corriger et j’en serai rouge de honte.

Facultatif, le code du cycliste

Avec le Code du Cycliste qui vient de paraître, je vous le dis tout net, ça ne donne pas envie de faire du vélo. (3 euros en version numérique et après avoir ramé avec le serveur de Dalloz modèle 1.0). D’ailleurs la France n’est plus un pays de vélo depuis longtemps et elle en paie le prix aujourd’hui dans ses espaces urbains. Sortir un code du cycliste parait donc un peu contre-productif.

Puisant au tréfonds du droit écrit de circuler à vélo, l’auteur, Ludovic Duprey rassemble les textes fondateurs de nos interdits à vélo comme pour nous menacer par avance de toutes nos incartades quotidiennes. Pourtant je le sens sympa Ludovic et un peu gêné aux entournures d’avoir commis cet ouvrage. Normal, c’est son job, le droit.

On y trouve notamment de nombreux textes en relation avec l’usage d’une remorque qui rappelle bougrement le Front Populaire et les congés payés qui témoignent d’un total décalage entre le droit cycliste et la modernité. Par exemple apprendre qu’une remorque excédant 1.30m de largeur doit comporter non pas un mais deux feux de position ou qu’il est interdit de rouler de front avec une remorque. Il est vrai que deux types qui discutent à vélo en tirant une remorque sur la nationale, c’est très fréquent.

A titre anecdotique, on apprendra aussi qu’au lieu de la sonnette, on peut disposer d’un grelot! Tiens, je vais m’en procurer un pour faire le buzz en ville…ou qu’il est interdit de se faire remorquer par un véhicule (on se souvient que, môme, on aimait s’accrocher aux remorques tirées par les chevaux) ou de faire de la publicité lumineuse sur son vélo (là je ne vois pas…)

Viennent ensuite quelques nouveautés de la dernière décennie comme le « tournez à droite » aux carrefours à feux ou le fameux « double sens cyclable » que les municipalités renâclent à généraliser…ou encore le gilet haute visibilité.

Au chapitre des peines contraventionnelles, amis cyclistes méfiez-vous de la 5eme classe qui peut atteindre 3000 euros et une suspension du permis de conduire d’un an et aussi …

  • l’interdiction d’émettre des chèques et de se servir de sa carte bancaire
  • le retrait du permis de chasse!
  • la confiscation des armes dont le condamné serait propriétaire!
  • la confiscation de la chose (le vélo) qui a servi à commettre l’infraction

Dans un long avant-propos de 18 pages, Ludovic Duprey le confesse comme à regret dans sa conclusion: j’espère que les années à venir justifieront de nombreuses mises à jour. Comme on l’aimerait aussi.

C’est dommage, des pans entiers de notre droit à pouvoir rouler sont absents de ce code du cycliste comme celui du droit de rouler à VTT sous le régime forestier et comment lutter contre toutes ces interdictions et ces panneaux dissuasifs plus ou moins abracadabrantesques que génèrent les communes pour nous dissuader d’aller là où bon nous semble avec notre bécane.

Mais la France, on le sait, est orfèvre en interdictions diverses. C’est en tous cas dans l’air du temps.

Pour vous remettre de ce pensum, je vous conseille Pierre Sansot dans « Chemin aux vents » (Payot). Il ne se sent pas concerné par les associations des deux-roues avec poussettes, badges et pancartes…Il ne satisfait pas de la segmentation des flux et des espaces (à chaque véhicule sa bande, son parcours)…il préfère inventer au coup par coup (ses) règles, (ses) itinéraires, « faire l’indien ».