Jour : 4 novembre 2019

Vous avez demandé la police?

J’ai voulu lire ce thriller par hasard parce qu’il trainait là. C’est un roman policier dont on dit du bien et Bernard Minier, ancien douanier, figure parmi les auteurs les plus lus.

L’écriture est limpide et le but recherché est atteint: on est tenu en haleine car les séquences se succèdent rapidement sans qu’on y trouve de l’ennui.

Cependant on pourrait dire que la trame policière est classique, même si l’intrigue est palpitante. A la fin, Bernard Minier remercie Frédéric Péchenard et Pascal Pasamonti, deux grands « flics » pour leur aide. On est entre gens qui s’estiment.

Lisez donc « Soeurs » si vous aimez les polars et le crime.

La plaine vosgienne

Barville, l’église

On l’appelle la plaine. Ce sont les Vosges « plates ». Celles où Jeanne d’Arc gardait les moutons. Le Vair qui prend sa source non loin de Contrexéville se jettera dans la Meuse près de Domrémy avant parfois d’envahir les villages riverains lorsqu’il déborde.

Je croque en chemin quelques vues du lointain et j’y dépose de la couleur. Juste pour avoir un souvenir.

Attignéville

Les potins du lundi

Grues cendrées en migration

L’évolution est lente.

Tellement lente qu’on ne la voit pas. Avant que l’homme ne soit homme, il a du s’en passer des millénaires…

Le vélo est aussi un mobile à l’évolution lente. Sauf pour les compétiteurs. Il est à l’image de la vie normale, de ceux qui ne veulent pas consumer tout leur potentiel physique et moral trop rapidement.

L’évolution lente du vélo

Cette évolution lente se transforme chaque fin d’année cyclotouristique en récapitulatifs divers, en palmarès, en scores,…un étalage de cols, de kilomètres, d’images, de pneus usés, de chaînes changées et pour les plus hardis de moyennes soutenues.

Le plus dur à mon humble avis va être de redescendre de ce piédestal d’estime de soi au fur et à mesure que, l’âge avançant, on va devoir constater parfois avec surprise que tous les paramètres auxquels nous tenons sont en recul. Je ne sais plus où j’ai lu que nos forces déclinent de 3% l’an. En cause, l’âge. On voit ainsi que notre potentiel physique est mathématiquement amputé de 30% sensiblement tous les dix ans. Alors notre centenaire à vélo Robert Marchand en est d’autant plus méritant qu’il ne lui reste plus beaucoup de moyens pour entraîner son vélo en haut d’une côte…sans assistance, cela va de soi.

Le monde du travail qui s’est tant donné au cours du siècle, mois après mois, voit disparaître ses acquis pourtant conquis de hautes luttes. J’entends dire que le travail de nuit ne commencerait plus à vingt heures mais à minuit…alors que la nuit tombe dès 17 heures avec nos fameuses heures d’hiver. Je sais ce que c’est travailler la nuit, je connais les troubles qui l’accompagnent, des troubles sensoriels, une fatigue accrue, des sommeils en pointillés, des relations sociales altérées. La casse du monde du travail, c’est aussi une évolution lente contre laquelle on semble démunis. Cette évolution est pour sûr une régression sociale que nous mettrons longtemps à enrayer.

Les oiseaux migrateurs ont trouvé le moyen d’échapper chaque hiver à la dureté du climat.C’est un astucieux phénomène d’adaptation qui conduit les oiseaux à migrer en fonction de nos saisons. Mais les migrations ont tendance à présent à évoluer en raison du réchauffement climatique. Certains oiseaux se sédentarisent. C’est une évolution lente qu’on constate en Alsace notamment avec les cigognes dont certaines restent l’hiver sur place. Il est vrai qu’à force de les nourrir grassement, on a pesé sur le processus migratoire.

Carte des migrations hivernales en Europe des grues cendrées. Au lac du Der dans la Marne on a dénombré le 3 novembre 2019 268000 oiseaux migrateurs, un record. La grue peut donc traverser la France en une journée. Sans l’aide de Bison Futé!

Le loup revient. Dans nos campagnes vosgiennes, du coté d’Autigny-la-Tour, les craintes ancestrales reprennent corps. On évoque sa présence ici, puis là, puis ici et là en même temps. Les plus anciens d’entre-nous ne chantent pas « promenons dans les bois pour voir si le loup n’y est pas ». Ils ont peur de voir leurs troupeaux décimés. Le retour du loup, c’est la bête du Gévaudan, un mystère qui réveille l’inconscient collectif fait de légendes et de terreur. C’est aussi une lente évolution auquel le monde moderne n’est guère préparé.

Les grandes transhumances routières se terminent aujourd’hui. Le Bison Futé va pouvoir se reposer. Pas trop puisque les vacances de fin d’année se profilent déjà à l’horizon. Les goûts des Français et de nos voisins ne sont pas prêts de changer. Prendre la bagnole ou le train chaque fois qu’on peut s’extraire des contingences du quotidien pour changer d’air, c’est une constante de la vie moderne et citadine. Puis revenir et constater que rien ou presque n’a changé le lundi matin à son bureau ou à son usine. Les mêmes voisins, les mêmes embouteillages, le même patron, les mêmes collègues…et parfois le même ennui.

Pourtant au fond de nous-mêmes, les raisons de croire en de profonds changements nous taraudent. La question climatique en tête, mais pas que! Il faut aussi constater les mécontentements qui surgissent partout sur la planète et s’interroger sur cette nouvelle (r)évolution sociétale qui ne dit pas son nom.