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C’est non!

C’est non!

Je ne participerai pas au grand débat proposé par le Président Macron.

Pourquoi?

D’abord, il faut revenir un peu en arrière. Macron a été élu avec une majorité hétéroclite. Des Français de gauche, pas beaucoup, de droite plutôt et tous ceux qui par peur du FN ont voulu lui faire barrage.

Ne pas s’étonner aujourd’hui du désastre politique, social et économique dans lequel nous sommes. C’était à prévoir. Après s’être essuyé les pieds sur tous les corps intermédiaires, Macron est en face d’un champ de ruine de la représentation démocratique et la République est à bout.

A bout de tout puisque plus personne ne croit à ceux qui sont censés la représenter. Ce n’est donc pas Macron avec son débat truqué qui va changer quoi que ce soit à la donne.

Il faut quand même une bonne dose de culot pour oser récupérer la rancœur des Français après avoir asséné pendant dix-huit mois des petites phrases assassines à l’égard de ceux d’en bas, ceux de la France oubliée obligée de se signaler sur les ronds-points.

Débat truqué?

Oui, car dans cette effervescence qu’il tente de récupérer, Macron n’a pas compris qu’il n’est plus l’homme de la situation et qu’il a définitivement rompu la confiance. Ce qui est en cause c’est la démocratie de la République et particulièrement la façon dont nous sommes représentés. Il faut donc d’abord changer notre représentation, ses règles et ses méthodes avant d’entreprendre un grand rafistolage dont personne ne sait ce qu’il en adviendra.

Rafistolage?

Oui, car dans ce débat qui vise à rassembler tout et son contraire, on ne fait pas une politique. Personne ne pourra en faire la synthèse ni ne sait comment elle sera orientée et par quelle autorité. Questions tronquées et orientées, dans sa lettre le Président de la République a choisi de continuer sur sa lancée, celle d’un libéralisme mondialisé.

Vivre et travailler au pays! Certains s’en souviennent peut-être. Ce slogan dans notre France défigurée et martyrisée n’a jamais été autant d’actualité. Il est temps de rebâtir le Pays de nos propres mains.

C’est non!

Je ne participerai pas au grand débat proposé par le Président Macron.

Les potins du lundi

En attendant le nouveau monde promis par Macron 1er

Difficile de faire l’impasse sur cette nouvelle année et sa transition chaotique avec la fin de la précédente.

Comme une coup de baguette magique, on aurait pu croire que le phénomène Gj était rentré dans le rang. Je sais, c’est facile d’accuser un pouvoir aux abois que tout le monde accuse. Y compris parmi les adorateurs de la première heure.

Non! la baguette magique s’est transformée en matraque. Le roi est nu, le roi est seul.

Le 27 janvier est encore loin. C’est à cette date que la marche de soutien à Macron organisée par le collectif « Stop, maintenant ça suffit » et le mouvement des « Foulards Rouges » doit se dérouler à 14h place de la République. 7300 participants inscrits sur Facebook.

Contre-manifestant face à un mouvement populaire est un pari risqué. Attendons de voir!…

Manifestement les mesures destinées à calmer le mécontentement de la France d’en bas, des gens de peu, de rien, dirait Macron (je ne sais plus comment on doit l’appeler cette France des ronds-points) n’auront pas suffi.

Pire, c’est dans les chefs-lieux que le phénomène s’est déployé ce dernier samedi.

Ainsi Epinal…et Colmar…

Manifestation GJ Epinal (Epinal Infos)

Un ouragan a parcouru la ville et le mobilier urbain a beaucoup souffert.

Certes on ne peut pas parler comme tentent de le faire les médias (BFM TV et LCI en tête) – et le pouvoir effrayé – de phénomène insurrectionnel ou conspirationniste…voire putschiste.

On n’en est pas (heureusement) aux sabotages qui pourraient entraver le fonctionnement de l’Etat. On n’a encore rien vu de tel. Pour l’heure, la France, ses institutions, ses infrastructures, son énergie, ses télécommunications, son industrie, ses services fonctionnent. On peut tout juste parler d’une chienlit que notre démocratie molle et très peu représentative est incapable de raisonner et d’endiguer. Surtout avec des députés recrutés sur CV!

Prenons l’exemple de Madame Claire O’petit, députée LREM de l’Eure, qui parade sur les chaines d’infos en continu et aussi aux Grandes Gueules sur RMC (une référence, en sorte). Ancienne commerçante, son CV est édifiant. Elle est passée successivement du PS, à l’UDF, au Modem, …et pas tout à fait au FN. Elle voulait surtout être assurée d’avoir une rémunération déclarera Nicolas Bay, cadre du FN. (source wikipédia) On pourrait dire que Madame O’petit est une députée marcheuse politico-compatible avec n’importe quel mouvement politique.

Force est de le reconnaître, Sarkozy avec son Karcher et son « casse-toi pov’con » est un enfant de cœur à coté de nos branquignoles d’aujourd’hui:
C’est du vaudeville. Macron dit « Qu’ils viennent me chercher », les Gilets jaunes répondent « Vos désirs sont des ordres, M. le président, on vient vous chercher ». Griveaux dit : « Soyons radicaux ». Les Gilets jaunes répondent : « D’accord. On va être radical. On va te casser la gueule ».

Se réfugier derrière l’État de droit tout en usant d’arrestations et de gardes à vue arbitraires est une bien piètre réponse de la part de pouvoirs publics complètement dépassés par le phénomène Gj.

Derrière ces escarmouches citoyennes se cache en fait une réalité: l’ingouvernabilité de la société tant la concorde s’éloigne de jour en jour. Il ne manque qu’une inconnue: quand le dépôt de bilan va t-il intervenir?

C’est aujourd’hui que la France recommence vraiment l’année avec la fin des vacances scolaires. Ceux qui reprennent le travail vont découvrir à la fin du mois leur nouveau salaire amputé du fameux prélèvement à la source. Un mauvais signe de plus pour le pouvoir d’achat. Les pensionnés, eux, ont déjà expérimenté la nouvelle formule dès le 1er de l’an.

Ah salut! comment tu vas?…

Le type dans la galerie marchande semble m’avoir reconnu, mais je ne le connais pas.

lui: Je t’ai pris pour un autre…

moi: Ce n’est pas grave, cela arrive…

lui: J’attends mon copain, pour nous le boulot est terminé. Notre camion a été renversé au rond-point par les Gilets jaunes et tout est foutu. L’assurance prend en charge la moitié mais le reste est perdu. Tiens comme t’as l’air sympa, je fais te faire un cadeau récupéré suite au sinistre, où est ta voiture?

Justement, ma voiture est là, devant la galerie marchande.

Le gars me dépose sur le siège une montre bracelet, un bracelet plaqué or (pour madame) et un flacon de parfum.

lui: Y’en a pour mille euros! me dit-il

Tu me donnes juste un petit billet de 50 euros.


Vélomaxou, la star du gilet

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En 2014, Adriana nous écrivait:

Chère Madame, Cher Monsieur,

Nous devons tous posséder un gilet de sécurité comme celui que nous vous offrons.

C’est obligatoire en voiture, indispensable pour les cyclistes…

La Croix-Rouge se signale à moi en m’offrant un gilet jaune dans l’espoir de recevoir en échange un don de 10, 22, 45 euros, ou plus si affinités.

De son coté, l’Abbé Pierre me dit « Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir. »…et me propose pour porter secours aux plus démunis de faire un don de 20, 30, 40 euros ou plus…si affinités.

Mais, Coluche du fond de son tombeau ou depuis l’au-delà me glisse à l’oreille « j’ai une petite idée, comme ça (…) si y’a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite (…) qui aurait comme ambition, au départ, de distribuer deux ou trois mille couverts par jour »…il ajoute que 30, 90, 180 euros ou plus si… lui ferait du bien pour mener son entreprise caritative.

Les jours gris, je circule en jaune comme Adriana m’y a invité

A mon corps défendant, je suis devenu une star depuis quelques jours seulement.

Une star du gilet jaune circulant à vélo.

Je dois reconnaître que je porte bien le jaune.

J’ai droit à d’amicaux coups de klaxons lorsqu’on me croise et même à des automobilistes prévenants au moment du dépassement.

L’autobus scolaire dans la grande rue de Reiningue à Wittelsheim roulait doucement à mes cotés comme pour m’accompagner vers je ne sais quelle caméra de BFM-TV.

La société du spectacle était en marche.

Les enfants aux fenêtres du bus battaient des mains comme pour me féliciter.

La baisse du pouvoir d’achat, les taxes sur l’essence, la hausse de la CSG, …rien ne pouvait plus m’atteindre, j’étais devenu malgré moi une star incontournable des gilets jaunes.

Au giratoire du monument aux morts, nul comité d’accueil, pas la moindre fanfare,…

En douce, je me suis faufilé le long de la Thur, faute de vivats.

Un tracteur agricole traversait la rivière boueuse.

Mon étoile s’est éteinte instantanément couverte de limons argileux.