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Les potins du lundi

Epandage agricole

Faut-il observer un recul de 5 mètres ou 10 mètres par rapport aux habitations pour procéder à l’épandage des pesticides? C’est le débat de la semaine. Depuis qu’un maire a voulu interdire à proximité de son école et des habitations, la justice a tranché fissa. Le Gouvernement s’est ridiculisé en se basant sur ce qui est écrit sur les fûts des fabricants de produits. Il suffit de se promener dans la campagne pour comprendre que 5 ou même 10 mètres n’évitent pas que le quidam de passage se prenne une giclée de glyphosate lorsque le paysan (mal)traite ses champs avec les grandes rampes de son pulvérisateur attelé à son tracteur agricole.

Nous les cyclistes sommes aussi les victimes de ces pulvérisations qui dépassent largement les contours du champ au gré du vent. Certains exploitants arrêtent leur dispositif le temps qu’on passe, mais d’autres font semblant de ne pas nous voir.

Il existe pourtant une réglementation très précise en matière d’épandage qui curieusement semble inconnue des maires …

Les épandages sont soumis à de fortes contraintes horaires et météorologiques: en cas de vent supérieur à 20 km/h, ou en pleine journée, il est fortement déconseillé ou interdit d’épandre. « Quelle que soit l’évolution des conditions météorologiques durant l’utilisation des produits, des moyens appropriés doivent être mis en œuvre pour éviter leur entraînement hors de la parcelle ou de la zone traitée. Les produits ne peuvent être utilisés en pulvérisation ou poudrage que si le vent a un degré d’intensité inférieur ou égal à 3 sur l’échelle de Beaufort. » (Le seuil de 3 est dépassé lorsque vous pouvez voir les feuillages bouger à l’œil nu). Ce même texte interdit la pulvérisation à moins de 5 mètres des cours d’eau visible sur une carte au 1/25000. (Référence : arrêté du 12 septembre 2006 3  – article 2 notamment)

Traitement de la vigne au Rangen (2008).

Les vendanges ont commencé en Alsace.

Je me penche sur cette profession discrète qui fait parfois des miracles avec sa trésorerie sans qu’on sache toujours s’il s’agit de l’opération du Saint-Esprit.

Non, le Saint-Esprit n’a rien a voir là-dedans. L’affaire Albrecht restera dans les annales judiciaires de la profession pour attester du contraire.

Je traverse le nuage de pulvérisation en restant en apnée le plus longtemps possible

Il s’agit tout simplement de se mettre d’accord entre viticulteurs pour savoir combien on va donner de tours de vis au pressoir. Si vous pressez moins, vous aurez moins de nectar et si vous pressez plus, vous en aurez….plus. Vous avez compris. Viennent s’ajouter à cette règle les conditions sanitaires, l’ensoleillement, la pluie,…

Cette année 2019, conditions idéales. L’Association des Viticulteurs d’Alsace s’est donc réunie à huis clos, c’est à dire portes fermées, pour décider démocratiquement (?) qu’on allait faire pisser la vigne à 80 hectolitre à l’hectare. Soit le rendement maximal. Le résultat, on le devine

  • on produit plus de vin de qualité moyenne et donc on en vend plus dans les supermarchés
  • corrélativement le cours de l’hectolitre perd de sa valeur s’il conduit à une mévente auprès des acheteurs

Ne parlons pas d’entente illicite sur les prix, les viticulteurs sont des gens bien.

Ce sera donc 80 hl/ha, bien que l’Alsace peine à vendre 920 000 hl et ses milliers d’hectolitres de vins stockés dans les caves. (DNA 2 septembre 2019)

Cernay chemin du réservoir, un terrain propice vient de voir le jour, même si le chemin en a souffert

Nous les cyclistes qui sillonnons les chemins viticoles reculés, on voit que chaque friche dans son plus profond recoin ne tarde pas à trouver un espace propice à planter quelques arpents supplémentaires. On comprend pourquoi.

Ne l’oublions-pas: la vigne française concentre à elle seule 20% des pesticides alors qu’elle n’occupe que 3% des surfaces agricoles cultivées.

Article en relation:

https://velomaxou.com/2019/07/05/le-glyphosate-a-la-vie-dure/

Braves viticulteurs!

Au péril de sa vie, ce viticulteur cultive sa vigne pour que vous puissiez boire du bon vin.

Il arbore une tenue étrange, comme s’il s’agissait de décontaminer une zone dangereuse…

On comprend mieux pourquoi la profession délivre des médailles d’or aux bons crus.

Si le viticulteur se protège, le cycliste de passage respire les aérosols à pleins poumons.

NB: Les accidents du travail et maladies professionnelles en viticulture et vinification ont des taux fréquence et de gravité élevés, supérieurs à la moyenne du secteur agricole (source)

Je respire, tu respires, nous respirons

vélomaxou-traitement du vignoble
Thann

Avec le printemps, les traitements agricoles reprennent.

Les produits phytosanitaires ne sont pas inoffensifs.

Le premier d’entre-eux étant constitué des pesticides.

Les pesticides, outre qu’ils se propagent dans l’eau et dans les
terres, se propagent aussi dans l’air.

L’air que nous respirons.

« Pendant l’épandage et suivant les conditions
météorologiques et les modes d’applications, de
25 % à 75 % des pesticides ne se déposent
pas sur les zones traitées, ce taux pouvant
même atteindre 90 % sur des sols humides. »
(source GREPPES)

Les agriculteurs sont les premiers à devoir
se protéger de ces produits qu’ils répandent sur leurs cultures. Il
semble désormais avéré que les produits dispersés sur les cultures
induisent aussi des désordres cellulaires et neurologiques sur les
êtres humains dont la maladie de Parkinson.

Quid des cyclistes qui gambadent dans la campagne?

On n’en sait rien!

Bouchez vos narines et pressez sur les pédales!

Poutant il n’est pas rare de se retrouver dans le sillage d’un
épandage agricole malgré nous.

Il suffit d’un léger souffle pour que le nuage vaporisé par les
épandeurs arrive jusqu’à nos narines (puis nos poumons), notre
peau, nos muqueuses, nos yeux.

Des produits pas anodins.

Randonner dans le charmant vignoble d’Alsace présente aussi des
risques…comme dans la plaine où le maïs prédomine.

Les viticulteurs y utilisent insecticides, fongicides et herbicides comme le
Folpel, un fongicide anti mildiou.

La plupart de ces produits sont classés cancérogènes et en tous
cas toxiques.

masque Respro City