Certains penseront à un gag.
Non, ce n’en est pas un.
Le commerce automobile achève sa révolution; heureusement pour nous, les cyclistes sont encore exemptés de l’interfaçage client des grands garages.
Comment travaille une grande concession automobile comme celle de Peugeot Mulhouse?
Pour le savoir, il suffit de s’y présenter.
Ouaaah! un comptoir comme celui des embarquements d’aéroport.
Je prends place dans la file d’attente à 16 heures de l’après-midi et je commence à préparer mon baratin, histoire d’être convaincant.
Devant moi, franche rigolade avec le client qui doit être un habitué du lieu, ou un retraité de la boite.
Ça a le mérite de me stresser, c’est comme chez le médecin quand je m’attends à une mauvaise nouvelle.
Ça dure au-delà de toute espérance…Pas un regard pour la petite file qui se constitue.
Le monsieur derrière son comptoir prend les conversations téléphoniques en même temps, si bien que votre temps d’attente augmente d’autant. On appelle cela, dans le jargon clientèle, prendre l’accueil physique et téléphonique simultanément, un truc pour éviter que le mec ne foute rien et où tout le monde s’estime mal servi.
Au moment où l’on croit son tour arrivé, le téléphone sonne!
Il sonne tellement le téléphone qu’on se demande si le débordement est normal…et si un mauvais plaisant derrière une vitre sans tain ne s’amuse pas à jouer avec mes nerfs.
Le processus d’accueil client a t-il prévu aussi que le temps passé à découper les bordereaux de l’imprimante n’est pas sans influence sur le rendu de la qualité vu coté public…surtout quand ladite imprimante a décidé de rendre l’âme?
A mon avis la procédure est mal documentée car les pannes « papier » sont désastreuses pour l’image de la boite vu que l’agent semble pris de panique.
Je me demande pourquoi ces techniciens de l’accueil-client ne sont toujours pas « en zéro papier » …
Manifestement, les métiers de l’automobile n’ont pas confiance dans l’informatique.
Moi non plus.
Enfin mon tour arrive!
– Bonjour Monsieur, j’ai un bruit de roulement anormal sur ma 106?
– Pour ça faut prendre rendez-vous! vous avez rendez-vous?
-???
– Oui, pour obtenir un rendez-vous de réparation, il faut d’abord prendre un rendez-vous pour diagnostiquer d’où vient le problème.
Là le mec, il m’en bouche un coin. Y’a pas à dire, il est fort comme machine à refouler le boulot.
Vous avez vu comment il se débarrasse du client…
Bon sang, mais c’est bien sûr! Tout ce temps à attendre pour s’entendre dire ça, je manque défaillir.
Vexé, je pars sans même que l’agent tente de me retenir.
Après tout, ça ne fait jamais qu’un client mécontent de plus!
Je suis reparti chez mon petit mécanicien du quartier, il a mis ma voiture sur le pont sans délai, juste le temps de sortir l’auto qu’il venait d’achever
– Je vous prends, entre deux, vendredi pour changer votre roulement
En deux coups de clé à pipe, le problème fut vite réglé. Et pour pas cher.
Cette affaire là n’est pas sans me rappeler trois autres anecdotes qui me sont arrivées aussi avec mon auto.
Une fois, la clé de ma commande d’ouverture des portières ne fonctionnant plus, je me présente au même comptoir automobile susnommé.
Je m’attends à ce que l’agent me propose de me changer sur le champ la pile de ma télécommande vu que ma voiture a déjà dix ans d’âge.
Que nenni!
Il me propose un rendez-vous pour… un diagnostic!
Bon, j’ai décortiqué la télécommande sur la table de la cuisine et j’ai remplacé la pile.
Dans une autre concession, commençant par V et finissant par W, on m’accueille très bien.
Il y a un solennel immuable:
– 1/ l’accueil de la jolie madame qui vous prie de prendre place
– 2/ le salon d’attente avec la télé et le distributeur de café
– 3/ le technicien clientèle vient vous chercher
– 4/ on passe d’abord au peigne fin l’écran client pour voir si tout en ordre, téléphone, contrôle technique,…
– 5/ et on en vient au fait de la visite…
Ce jour là, je rends le service à un ami: son turbo s’étouffe.
La plupart des mécanos connaissent le problème: c’est une turbo-vanne défaillante.
Mais j’ai droit pourtant au grand jeu, celui du logiciel de diagnostic.
Coût de l’opération 40 euros avant de commencer et de remplacer la fameuse turbo vanne.
Le logiciel de diagnostic est fabuleux: il détecte tout. Même ce que vous savez déjà avant.
Allez, une petite dernière, avant de reprendre son vélo!
C’est dans une grande concession de la marque qui commence par un R et qui finit par un T et dont je tairai le nom.
Ma voiture s’arrête en plein carrefour sans crier gare.
C’est très déstabilisant comme situation, vu que derrière on n’attend pas pour klaxonner.
Donc je tente de redémarrer…rien ne se passe.
Je suis bon pour la dépanneuse…et pour le détecteur de mensonge de la concession.
– On n’a rien trouvé, M’sieur. C’est normal, vu que vous avez actionné le démarreur, le défaut s’est effacé tout seul
-?!!!
Le client aujourd’hui n’est plus rien d’autre qu’un être captif et incrédule balloté dans les méandres de la technostructure absconse.

Ne t’en fais pas, ça va bientôt arriver chez les réparateurs vélo.
Avec toutes les merdouilles électroniques et les commandes électriques !
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Tiens, ton coup de gueule rejoint mon coup de cœur dernier. J’avais écrit ça sur ma page Fb :
C’est drôle. Je viens d’effectuer un petit entretien sur mon vélotaf avec lequel je roule de plus en plus. Changement de plaquettes, réglages de la transmission, 2-3 bricoles. Et j’ai aimé le faire, mettre les mains dans le cambouis, m’énerver sur un réglage aussi.
Ce faisant, j’ai soudain fait le rapprochement avec la voiture. On peste quand on entend un bruit inconnu, quand on doit l’emmener au garage, quand on découvre la facture…
C’était peut-être moins le cas sur les autos anciennes, plus faciles d’accès comme peut l’être un vélo avec un minimum de connaissances, mais à l’heure de l’électronique faire son entretien voiture soi-même s’avère compliqué, et la note salée.
A l’inverse, le petit entretien d’une bicyclette est loin d’être prohibitif, et si l’on manque d’habitudes ou d’outils, on peut s’orienter vers des garages à vélos associatifs.
Je ne suis pas un extrémiste du vélo… mais j’ai trouvé ça drôle.
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Oui, c’est vrai qu’on n’a plus le temps de se pencher sous les capots des voitures, voire sous le moteur.
D’ailleurs, sous les capots il n’y a plus rien d’autre qu’un encapsulage en plastique qui ne nous dit rien.
Pour les vélos, méfiance!
La technologie est telle qu’un bricolage est souvent contre-productif.
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UBU est toujours Roi !!!!
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