Les petits potins du lundi


Ça eût payé…mais ça ne paie plus aurait dit Fernand Raynaud.

Un ami cyclo m’en parlait l’autre jour.

A quoi bon se faire suer le burnous à flécher les routes pendant des heures si ça ne nous rapporte plus que des clopinettes?

Il constatait amèrement le déclin d’une formule qui faisait le bonheur des clubs en remplissant la caisse pour une bonne partie de l’année.

En 2011, les quatre randonnées de printemps recueillaient…175 participants (voir l’article) mais le mauvais temps était grandement en cause.

Triste constat: le calendrier des randos n’attire plus les foules de cyclotouristes.

Le phénomène s’est amplifié au cours des dernières années.

On ne rentre même pas dans nos frais! se désole un organisateur .

Il faut reconnaître que la situation est morose depuis que les gros bataillons de cyclotouristes, présidents en tête, ne viennent plus à l’invitation des voisins.

L’année suivante, on se venge…

Puisqu’ils ne sont pas venus à notre sortie, nous on n’ira pas à la leur…

En 2015, un beau parcours vosgien proposé par le SREG Mulhouse au départ de Munster a réuni…15 participants! De quoi décourager définitivement les organisateurs.

Ce jeu puéril ne doit pas cependant masquer une cruelle vérité: les randonnées de clubs n’attirent plus.

Première cause de cette désaffection: les forces vives qui animaient le mouvement ont vieilli et le modèle n’a été ni suivi ni renouvelé.

Deuxième cause: les jeunes générations s’exonèrent de tout cadre contraignant dans la pratique du vélo.

On part sur son vélo quand on veut, où on veut et avec qui l’on veut…quand ce n’est pas tout seul.

Troisième cause à ne pas négliger: les cyclos ont peur de rouler en groupes sur les routes avec le trafic automobile croissant et peu respectueux des cyclistes.

Restent ceux qui essaient encore d’y croire en se rendant aux invitations en traînant les pieds mais qui font un autre parcours ou qui le quittent en cours se défiant des ravitos, des pointages et autres tampons, vestiges d’une tradition surannée.

Du coté des clubs, les volontaires ne se bousculent plus non plus.

A 3 euros l’inscription, le club pouvait être content lorsqu’il récupérait 1000 euros avec 300 participants; on avait de quoi payer les friandises.

Divisé par trois, le nombre de participants peine à couvrir les frais.

Si bien qu’on arrive à présent à des annulations, purement et simplement, la veille du jour J si par malheur la météo s’annonce mauvaise.

Tout n’est pas forcément gris dans les organisations de clubs; ceux qui ont su tirer leur épingle du jeu de ce marasme sont les clubs innovants comme l’ACTF Guebwiller et dans une moindre mesure Loisirs Rixheim Vélos.

Ceux-là ont misé sur le VTT, la pratique qui séduit les jeunes générations et qui vous exonère des dangers de la route.

En 2015, en dépit d’une météo capricieuse, l’ACTF Guebwiller attirait…772 participants dont…586 vététistes!

La messe est dite.

Ceux qui veulent renouer avec des organisations conviviales n’ont qu’une voie, celle du VTT.

Les autres, ceux qui veulent attirer des cyclos de route n’ont plus qu’à se tourner vers les cyclosportives dont on connait les prix d’engagement.

Mais on est déjà loin du cyclotourisme.

C’est un autre débat.

 

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5 réflexions sur “Les petits potins du lundi

  1. Dans le fond de ce propos tout est dit , mais je persiste a penser que si les clubs cyclotouristes ne confondaient pas cyclo sportives et cyclo tourisme , a savoir des moyennes de 24.25 ou des randos a 100 ou 120 kms il y aurait des candidats !! autour de moi j’ai fait des propositions , mais quand j’annonce les distances on fait grise mine !!!

  2. Je me suis déjà exprimé sur ce sujet sur ton blog…Perso, comme tu le soulignes dans ton article, je n’ai pas besoin d’une organisation pour faire du vélo sur route. Je prends la carte, je planifie ma distance,je prends mon sac avec mon ravito perso, et je pars. Je lance un sms ou un mail à 2 -3 potes; s’ils veulent venir on se retrouve sinon je pars seul!
    Certes les rassemblements VTT regroupent plus de monde parce que cela demande une meilleure connaissance du terrain et des chemins. Ensuite les organisations permettent de passer à des endroits qui sont négociés avec l’ONF et les propriétaires, chose que nous ne pouvons pas légalement faire en privé.
    Peut-être que pour relancer les randos sur route, il faudrait proposer autre chose que simplement un circuit; les marches gourmandes fonctionnent bien; pourquoi des randos dans le même style ne fonctionneraient-elles pas? des randos caritatives, les bénéfices au profit d’associations, proposer des circuits plus en direction des familles sur des circuits avec découverte du patrimoine culturel ou gastronomique local…..
    Quant à la médiatisation, les clubs ont oublié que facebook, tweeter et internet existent! et que les newsletters pouvaient inonder les boîtes mails. Quand on voit la qualité des site et de la fraicheur des infos, on se dit que c’est mort!
    Enfin, mea culpa, je propose et lance quelques critiques,mais honnêtement, étant actif, je n’ai pas le temps de proposer mon aide..Et c’est vrai que cela demande dur temps libre. et Je félicite tout de même les personnes qui malgré tout s’investissent et tentent de sauver leur club.

    • Certes beaucoup d’idées nouvelles dans tes propositions.
      J’y souscris.
      Il est manifeste que la com des clubs à cinquante ans de retard pour s’adapter au monde moderne et donc pour toucher un public jeune.

    • Avons tenté au VC Jura Bouxwiller la cyclo-découverte ainsi que proposé des parcours dans le Jura suisse « profond », sans succès. Peut-être sommes-nous trop décentrés ?

  3. OK avec Sigma68.
    J’ajouterai que souvent les parcours route proposés manquent de « cuisse » ; évidemment pour un circuit partant de Mulhouse par ex. on se retrouve tjs sur les mêmes routes. Moi, j’aime bien découvrir de nouveaux horizons, des petites pistes inconnues. A cet égard, l’an dernier, la Rhinoise (organisée par le club de Rhinau) était fantastique avec un circuit proposé en Allemagne. De même pour celle proposée par les SREG à Munster l’an dernier. Après, c’est vrai que si on veut de la nouveauté, il faut probablement augmenter les distances, et là, on rebute aussi un certain nombre de participants potentiels.
    Autre exemple , le brevet de randonneur de l’Oisans : le plus grand circuit ne fait que 123km; j’hésite à me déplacer aussi loin pour aussi peu de km… même si on est du côté du massif des Ecrins.

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