Voie verte, une cohabitation pas facile


Voie verte et véloroute, faire du tourisme autrement

Si le concept de Voie Verte est maintenant reconnu depuis près de quarante ans, son utilité reste encore sujette à caution tellement les imperfections dominent.

Pourtant les voyageurs sont de plus en plus nombreux sur les grands axes notamment sur les Eurovéloroutes, ces itinéraires qui sillonnent l’Europe.

L’Alsace est traversée par l’Eurovéloroute 5 Londres-Rome et l’Eurovéloroute 6 (EVR6) Nantes-Budapest

En août 2011, l’EVR6 a compté 20.000 passages à Brunstatt! (ouest de Mulhouse), c’est dire le succès rencontré…

La Voie Verte, rappelons-le, est une voie de communication autonome réservée aux déplacements non motorisés.

C’est à dire aux cyclistes, aux piétons, aux rollers…et parfois aussi aux cavaliers.

La Voie Verte, c’est aussi un moyen pour les aménageurs de valoriser les patrimoines, culturels, historiques ou économiques.

Problème: faire cohabiter tout ce petit monde ensemble n’est pas facile.

Les véloroutes barrées durent parfois très longtemps

Les véloroutes barrées durent parfois très longtemps (ici EVR6)

Pour le comprendre, il faut savoir que la définition d’une Voie Verte est subordonnée au bon vouloir des Collectivités Territoriales.

Le tracé, l’insertion dans le paysage, la qualité des revêtements, les intersections, tout échappe aux usagers.

Signalétique de voie verte française

Signalétique de voie verte française

Pourtant il existe un schéma national ainsi qu’un cahier des charges depuis 2001.

Aux Voies Vertes, on associe les Véloroutes plus spécifiquement dédiées aux cycles où l’on trouve en principe continuité, linéarité, sécurité… et même services!

Attention: une Véloroute est constituée de tronçons qui mêlent à la fois des voies partagées avec les modes de transport motorisés et de voies en site propre pouvant être des voies vertes aux caractéristiques elles-mêmes normalisées.

Tout cela est très théorique.

Dans les faits on est loin du compte.

Là où ça coince en effet, c’est au niveau des caractéristiques techniques des Voies Vertes.

Une voie verte qui pourrait être agréable si elle n’était pas interrompue de nombreuses chicanes (Fresse sur Moselle)

  • d’abord les dispositifs empêchant les véhicules motorisés de pénétrer, souvent multiples, aux abords des agglomérations dissuadent nombre d’usagers cyclistes à les utiliser: ces dispositifs obligent à s’arrêter fréquemment, à reprendre sa vitesse de croisière et sont en outre souvent dangereux surtout à la nuit tombante.
  • le revêtement. Il doit permettre de rouler en toute sécurité et par tous temps. Dans les faits beaucoup d’itinéraires sont sablonneux, voire caillouteux et excluent par principe les vélos à pneus fins ou les cyclo-campeurs qui salissent leurs bagages. Exclure les cyclo-randonneurs à pneus fins, c’est peut-être un parti pris de certains concepteurs.

    Voies vertes et véloroutes doivent être conçus avec un revêtement de qualité qui doit convenir à toutes les catégories d’usagers, du fauteuil roulant au cycliste avec vélo à jantes fines.

    C’est une position exprimée par un administrateur de la Fédération pour les circulations douces affiliée à l’AF3V.

    En Alsace, la plupart des clubs cyclos se détournent de ces voies dès lors qu’elles ne sont pas asphaltées. C’est dommage car ils se rabattent à la place sur des axes routiers souvent potentiellement dangereux.

    On ne serait pas complet sans ajouter que sur les voies vertes, la cohabitation est souvent difficile entre les piétons qui circulent en famille aux abords des agglomérations avec des animaux et entre cyclo-sportifs qui n’entendent pas adapter leur vitesse au contexte.

Aller sur le site de l’AF3V

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 réflexions sur “Voie verte, une cohabitation pas facile

  1. À titre d’exemple, l’EUROVÉLO 6 entre Eglisau et Teufen (en Suisse)
    Un chemin caillouteux en descente dont on se demande où il va nous mener.
    Vélos à pneu fins (vélos pour pas bien malins) s’abstenir
    En bas des cailloux, un petit paradis pour cyclistes, uniquement des promeneurs à vélo et un super petit « Kneipe » au bord du Rhin

  2. La cohabitation entre piétons et cyclistes se passerait mieux si l’on acceptait la règle selon laquelle la règle en vigueur sur les voies routières s’applique sur les voies vertes : les piétons marchent à gauche. Essayez, vous verrez que l’on passe de la gêne permanente pour tous à l’entente harmonieuse pour tous…

  3. après plus de 1500kms sur des voies vertes en France, je trouve l’article sévère.
    Il y a des imperfections, mais je trouve surtout sur les labellisations de partenaire, comme les campings qui ne sont pas assez claires et appliquées.
    sur la qualité, il faut certes militer pour la meilleure possible, mais je pense que le développement et extension sont des objectifs plus importants et prioritaires.
    sur les conflits d’usage, ne devenons pas comme les automobilistes qui pensent que la route leur appartient, même si je le reconnais j’ai beaucoup pesté sur la vélodyssée et les pistes longeant les plages et donc les familles en goguette. on est en vacances ou en loisirs sur nos vélos!

    • Sévère? peut-être.
      Pourtant si j’en crois certains avis sur la liste de discussion de l’AF3V, les positions sont parfois plus catégoriques: En optant pour des revêtements moins roulants, pour des raisons environnementales complètement infondées, ou délibérément pour se « débarrasser » des cyclistes sportifs, les aménageurs ont fait le vide.
      Il y a donc plusieurs sensibilités qui s’expriment au sein des usagers.
      Le problème, c’est que le gros bataillon des cyclistes apparentés à la FFCT se détournent de ces ouvrages…et qu’il ne reste plus que les voyageurs à sacoches l’été.
      Mais je me garderai de généraliser.
      Ce n’est qu’un avis parmi d’autres de ce que j’observe localement.
      Cordialement

      • je pratique les deux, avec et sans sacoche, vélo rando et vélo sportif. Oui on peut espérer mieux, mais je pense que la priorité reste l’agrandissement du réseau. le revêtement stabilisé a il est vrai la fâcheuse tendance à empoussiérer les vélos, ce qui amène certains à ce mettre sur une route nationale. je préfère la poussière sur le vélo que le bitume avec les camions… et quand la piste n’est qu’en stabilisé, on a quand même le choix, c’était le sens de mes propos

  4. Bonjour,
    Juste une précision à propos de la phrase : « il faut savoir que la définition d’une Voie Verte est subordonnée au bon vouloir des Collectivités Territoriales. » La voie verte est définie dans le code de la route dans l’article R 110-2 : « route exclusivement réservée à la circulation des véhicules non motorisés, des piétons et des cavaliers « . Par contre l’aménagement technique (largeur, type de revêtement,…) est effectivement laissé au bon vouloir des aménageurs, ce qui fait que l’offre est assez disparate d’un point de vue qualitatif.
    Enfin sur la cohabitation entre usagers, c’est le bon sens et le respect des autres qui doivent prévaloir : une voie verte n’est pas une piste de vitesse en tout état de cause, surtout aux jours et heures de forte fréquentation aux abords des agglomérations !
    Merci à Vélomaxou pour la qualité des articles et photos !

    • Bien sûr, le bon sens. Même s’il n’est pas présent ? Les règles -surtout de bon sens- ont toujours été utiles dans les sociétés humaines. Sinon c’est de l’angélisme, mais nous ne sommes pas des anges, je crois savoir.

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