Les potins du lundi


Dannemarie (Haut-Rhin) célèbre l’année de la femme. Taille de guêpe, silhouette filiforme, les froufous légers, les cheveux au vent, tous les clichés rejetés par les féministes

La Chine, ce grand pays de un milliard quatre cents millions habitants a t-il inspiré Dannemarie (Haut-Rhin), deux mille deux cents âmes?

C’est la question que l’on peut se poser après que Dannemarie aura décidé de célébrer chaque année un thème débattu en Conseil Municipal.

Oui, le futur antérieur me convient avec après que.

En 2016, c’était le vélo. Un thème qui a rencontré très peu d’échos au-delà du ban communal; la preuve c’est que Vélomaxou l’ignorait lui-même!

Venez en Alsace, il y fait bon pédaler!

Choisir l’année du vélo, c’était peu dangereux.

Le vélo a bonne presse chez les politiques depuis qu’ils se sont aperçus qu’on parlait d’eux dans les magazines en valorisant la commune.

En plus les cyclos ne sont pas revendicatifs, ils sont insaisissables et même insignifiants socialement parlant, sans leader identifié et ne font pas de politique, on peut donc les représenter outrageusement sur des vélos rouillés sans crainte de la correctionnelle. La première fédération cyclotouriste, débonnaire à outrance, ne s’est jamais impliquée dans les questions qui fâchent sur la place du vélo sur la route ou en ville. Normal, le cyclo FFCT est d’abord un bagnoleux qui s’ignore. Hier, j’ai renoncé à Ottrot: faire deux cents bornes en voiture pour aller pédaler au circuit des Myrtilles, c’était trop pour moi dans mon égo écolo.

Il n’y pas de syndicat des cyclo-randonneurs, on peut donc disposer librement du droit à les représenter comme on veut…sans que Facebook se déchaîne.

Dans l’imaginaire collectif, on en est resté au Poupou du dimanche, un besogneux vaporeux qui rase les caniveaux et frôle les bordures. Si ça rapporte quelques royalties au cafetier du coin, alors tant mieux!

Ensisheim et son cycliste en tuyau de poêle

D’ailleurs les communes qui exposent des vélos sont légion: il suffit d’un Tour de France et hop! les vélos sortent des greniers et sont ripolinés sur le champ. Celui d’Ensisheim, près du château d’eau, celui de Wuenheim à la cave coopérative viticole sont restés sur place. Ils servent à donner une note écolo à l’Alsace. Venez en Alsace, il y fait bon pédaler!…et depuis que la petite reine roule à l’énergie atomique, c’est encore mieux pour vendre Fessenheim.

A l’instar d’Ensisheim et de Wuenheim, la plupart des communes s’y mettent.

Ça ne coute rien et ça peut rapporter gros au commerce local. Et les pistes cyclables?… les quoi?…

Revenons à Dannemarie, sous-capitale du Sundgau (je sais, je prends des risques).

En 2017, c’est la femme qui est honorée dans les rues de la ville alors qu’en Chine, en 2017, c’est l’année du coq.

Pourquoi la femme à Dannemarie?

On ne sait pas.

C’est pourtant un sujet clivant dès lors qu’on sait qu’on doit se méfier en France de ne pas placer la femme  dans une position sociale normative et infériorisant-e. On a déjà tenté de faire la journée des secrétaires sans grand succès, vu que des secrétaires on en a de moins en moins dans les entreprises. C’est le chef qui tape lui-même son courrier. On n’est jamais si bien servi que par soi-même, na! Maintenant les secrétaires sont devenues des assistantes…sans trop qu’on sache en quoi consiste le job.

Et vous, c’est quoi votre boulot?…j’assiste!

Bon d’accord, n’insistons-pas!

D’autres communes du Haut-Rhin préfèrent donner dans l’écolo; Bourbach-le-Haut par exemple a choisi les papillons.

Bourbach a choisi les fleurs et les papillons, c’est moins risqué que la femme.

C’est beau un papillon et personne ne se sent visé.

A Dannemarie, ce sera donc la femme. Toutes les femmes d’un coup. Pas des femmes en burqa ou burkini, non, des femmes comme on peut en voir dans le magazine Fémina ou encore celles qu’un modèle machiste tente de nous imposer dans des positions lascives et plus ou moins suggestives.

Toujours est-il que les silhouettes de femmes en contreplaqué disséminées dans les rues du bourg font un sacré raffut sur les réseaux sociaux féministes des Effronté-e-s. C’est carrément du Fake News pour Dannemarie, en gros une publicité inversée qui ringardise la bourgade.

Je me demande vraiment, d’où à un moment donné, ils se sont dit en conseil communal : « bon bah très bien, le projet est chouette et coloré. Très représentatif de la femme moderne! On vote à l’unanimité pour débloquer les 5000€ ?! (je suppose que c’est le minimum?) Adjugé !! »
Non parce que même artistiquement parlant c’est médiocre..(Corbisier Gaucher sur FB)

La bronca sur le net est telle que je me suis rendu à Dannemarie pour voir de mes propres yeux de voyeur…

La parité en Alsace?…  connait pas!

Célébrer la femme en Alsace, c’était prendre un risque…disons casse-gueule…au pays de Miss France 2012. Delphine Wespiser qui en connait un rayon en terme  de promotion de l’image de la femme a t-elle été consultée? on peut en douter.

Dès lors que la région est particulièrement conservatrice au point qu’aucune femme n’a été élue députée lors des dernières législatives , on pouvait s’attendre à un loupé…

C’est d’un goût discutable, effectivement

Ces pancartes construites en contreplaqué et installées dans les rues représentent des femmes enceintes en robe courte et talons aiguilles, des danseuses de cabaret, des femmes aux bras chargés de sacs de shopping ou encore des bouches écarlates.

C’est comme ça que les féministes « les Effrontées » les ont décrites sur Facebook.

Il est vrai qu’en se lançant dans l’opération, la municipalité courrait un risque, celui de sombrer dans le cliché sexiste.

Patatras, c’est réussi!

La démocratie directe a parlé

Même la presse locale et FR3 région ont en parlé.

Madame la Première Adjointe (fleuriste dans le civil) qui s’est investie dans le projet n’a pas vu qu’avec ses figurines, elle reproduisait inconsciemment des schémas normatifs contre lesquels beaucoup de femmes se battent. La démocratie directe a parlé. On a vu à quelle vitesse les ministres et les députés dégagent dans notre monde moderne sous la pression de la vindicte populaire. C’est le dégagisme ambiant qui s’est exprimé illico-presto pour Dannemarie à travers Facebook.

Le maire, Paul Mumbach, n’en démord pas: ses figurines féminines resteront en place tout l’été.

On se souvient que Paul Mumbach, maire (SE) de Dannemarie et fondateur du nouveau parti politique « Les Fédérés », avait décidé d’être candidat à l’élection présidentielle de 2017...sans aboutir à l’obtention de tous les parrainages.

Son parti « Les Fédérés » doit à présent se coltiner « les Effrontées » de Facebook.

Gag!

Comme le dit si bien le sociologue Jean-Claude Kauffmann dans l’Alsace de ce dimanche 23 juillet: « on ne peut plus employer le terme de « genre » sans hystériser le débat, alors qu’il s’agit d’une simple notion de bon sens, évidente dans les sciences sociales « 

Publicités

Une réflexion sur “Les potins du lundi

  1. Ping : Quiddité – Cyberespace de politique féministe

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s