Les potins du lundi


Boris Johnson alors qu’il était maire de Londres. Méfions-nous des opportunistes qui briguent nos suffrages

Parlons vélo!

Les Municipales qui approchent font soudainement penser vélo à ceux qui ambitionnent briguer nos suffrages. Ainsi le maire de Montpellier, Philippe Saurel, vient de décider un voyage d’étude cette semaine à Copenhague. Il est sûr que le dépaysement va être total. Comparaison n’est pas raison serait-on tenté de dire; avec une ville comme Copenhague le maire de Montpellier va s’apercevoir qu’entre la capitale du Danemark et celle Montpellier, la surdouée disait Georges Frêche, il reste un abîme à franchir pour tenter de faire les premiers pas en direction du vélo.

Plutôt que de rejoindre ces latitudes septentrionales aux frais de la Princesse, Philippe Saurel aurait pu se contenter de Strasbourg qui n’est déjà pas si mal…et pourquoi pas rejoindre la capitale alsacienne sur un vélo! Avec étapes, cela va de soi.

Les Municipales sont un moment idéal pour faire parler les postulants, leur faire dire ce qu’ils ont dans le ventre et quelles sont leurs intentions concrètes d’endiguer ces débordements excessifs de la voiture dans notre quotidien. Des débordements qui ont pour corollaire de dissuader toute tentative de retrouver des mobilités douces dans nos quartiers. Car le maire qui se plaint qu’on lui arrache « en haut » ses pouvoirs régaliens garde tout de même un pouvoir de police important pour « orienter » sa cité et ses concitoyens vers moins de pollution et vers plus de quiétude environnementale. A quoi bon investir à grands frais dans la renaturation d’un parc public si l’opération ne s’accompagne pas tout autour d’une baisse significative du trafic automobile. A quoi bon un havre de paix et de verdure si un nuage de pollution l’entoure quotidiennement?

Donc c’est le moment de tester les candidats-maires avant de les élire. Je sais que la plupart sauront faire preuve de réponses de normands. N’hésitez donc pas, respectivement dans vos communes, à appuyer là où l’argumentaire semble fragile et à débusquer parmi les professions de foi toutes les hérésies contraires à la qualité de notre environnement.

  • allez-vous, oui ou non, supprimer des places de parking dans notre cité depuis qu’on sait que la voiture en rien ne favorise le commerce local? la preuve à Thann, ma ville, où les vitrines sont vides en dépit de nombreux parking
  • allez-vous, oui ou non, décider d’infrastructures favorables au vélo et définir des axes prioritaires jalonnés?
  • décider de zones de rencontre où le piéton est prioritaire?
  • actionner votre police pour faire respecter les limitations?
  • décider de zones piétonnes où la voiture sera bannie?
  • encourager l’achat de bicyclettes en aidant les citoyens?
  • protéger les traversées sensibles pour les piétons et les cyclistes?
  • engager de véritables actions de promotion du vélo en direction des écoles?

La vie de la cité passe d’abord par la reconquête de la rue par les citoyens.

Et nos retraites?

La question du devenir de la réforme des retraites a du plomb dans l’aile. Il est question d’appliquer la punition aux nouveaux entrants au travail. Si je compte vite: payer la retraite 43 ans après le début de sa vie active, ça donne 2062 au plus tôt pour la fameuse retraite à points dont personne ne veut! Imaginer qu’on puisse décider du sort de nos prochains à partir de 2062, ça me choque énormément.

Un citoyen mécontent de cette lenteur à décider de la fin des régimes spéciaux, cette incongruité du temps des conquêtes sociales disent certains, fit une remarque désabusée à la radio « alors comme ça, on va continuer à financer le déficit de la SNCF, de la RATP, de la Poste,…? » Ben oui! mais le quidam en question s’est-il un seul instant demandé qui allait financer sa propre retraite vu que sa boite vient de faire faillite et que les actionnaires sont partis en laissant la clé de l’usine sous le paillasson.

Méfions-nous donc des a priori sur le coût de nos solidarités inter-générationnelles. Car si la SNCF peine à financer ses charges de retraites, c’est d’abord parce que la France a pris le chemin du tout routier, a fermé des lignes secondaires, a sabordé le fret ferroviaire et liquidé des cohortes de cheminots dédiés à l’entretien, voire ses contrôleurs à bord des TER et ses chefs de gare en banlieue. On mettra ça sur le compte de la modernité. Attendons de voir quand le tour de la faillite des constructeurs automobiles va s’annoncer, sans parler de celle d’EDF, ce mastodonte aux pieds d’argile immolé au nom du libéralisme économique, attendons de voir qui va payer les retraites de ces milliers de salariés mis à la porte…

Gifi et consorts, la Chine en direct

Quand on entre dans un magasin Gifi ou Foire-Fouille ou Action, pour ne parler que de ces trois là, on est bluffé par le volume d’objets en plastique qui inondent les rayons. Sans parler des meubles de déco à consommer rapidement avant qu’ils ne s’écroulent.

Halloween, une source de revenus inespérés, le summum du mauvais goût dans le hard-discount (non alimentaire) est-il atteint?

Tout cela voyage par containers à travers les mers en provenance de Chine essentiellement. On a peine à imaginer comment la Chine a pu en si peu de temps s’approprier nos technologies et devenir le leader de la plupart des produits d’équipements ménagers et de loisirs.

Le « Jacques Saadé », navire propulsé au gaz naturel, jusqu’à 23.000 conteneurs ou l’art de consumer la planète encore plus vite.

Les cartons s’empilent dans les rayons des magasins. Il faut éviter les stocks et la place manque. Des petites mains s’affairent à vider les emballages que d’autres petites mains ont rempli à l’autre bout de la planète quelques semaines plus tôt et à les placer dans les rayons. Les Gifi and Co sont devenus de vastes comptoirs de Chine (la Chine pourrait très bien s’approprier ces magasins comme elle le fait pour ses matières premières en Afrique et les grands crus bordelais) . Si demain la Chine venait à perdre sa compétitivité, si l’ouvrier chinois venait à réclamer son vrai dû syndical de labeur, le consommateur occidental serait bien démuni.

Médiapart

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Une réponse sur « Les potins du lundi »

  1. « Philippe Saurel aurait pu se contenter de Strasbourg qui n’est déjà pas si mal »

    Désolé, mais non. Les infrastructures à Strasbourg ne sont acceptables que si on ne roule pas vraiment dessus, seulement quand elles tombent sous les roues. Comme je le pratique – en tant que cycliste expérimenté – lorsque j’y roule tout seul.

    Mais l’autre fois j’étais à Strasbourg avec mon jeune fils de 11 ans, et j’ai voulu jouer le jeu. Pour nous rendre au Wacken depuis la gare, puis à la Meinau pur enfin retourner à la gare nous avons tenté d’emprunter les infrastructures cyclables. Eh ben, il y a une raison que Strasbourg plafonne à 8% de part modale pour le vélo (et une bonne partie de ces cyclistes sont des étudiants), et c’est que ces infrastructures sont totalement décousues, illisibles, disparaissent, et réapparaissent, changent constamment de nature, d’aspect, de coté de la rue, sont barrées par des boulevards, des rails du tram, encombrés par du mobilier urbain, interrompus par des chantiers, bref largement impraticables.

    Pour éviter de se voir projetée sur la chaussée à la dernière seconde, de devoir traverser un carrefour en 3 voir 4 fois, de changer de coté d’un boulevard avec une attente interminable aux feux pour faire 500m, au bout on se met à rouler à contresens, à rouler sur la chaussée, même s’il y a une piste cyclable, à traverser le carrefour avec les voitures, à emprunter des bouts de trottoir, à traverser au rouge, juste pour ne pas voir son périple en vélo réduit à un calvaire.

    Non, Strasbourg n’est pas un modèle, surtout pas ! C’est à Copenhague, ou mieux encore aux Pays Bas, (et dans des villes plus petites comme Assen) qu’il faut se rendre, là ou vraiment tout le monde fait du vélo, y compris les enfants (seuls) et les personnes âgées (la vraie mesure d’une infrastructure qui fonctionne).

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