Humeur Mauvaise

 

Route forestière de la Harth à Grünhutte.

un dimanche après midi.

Beau temps.

Beaucoup de promeneurs à pied.

Ma femme et moi, à pied aussi.

Devant nous un père de famille, ses deux enfants et le chien en laisse qui occupent tout la largeur du sentier.

A notre hauteur arrivent un couple en vélo qui nous dépassent lentement.

« Gling, gling », un coup de sonnette de madame pour avertir les promeneurs qui nous précédent…

Pas de réaction du groupe de promeneurs…

Le chien en profite même pour traverser avec sa laisse élastique…madame à vélo manque de tomber et doit s’arrêter subitement…

Monsieur à vélo proteste mollement…

Le père de famille avec son chien et ses deux enfants :  «  vous, les vélos, vous nous faites ch… ! non seulement vous m’emm…toute la semaine avec mon camion et en plus vous venez m’emmer… içi !… »

Monsieur à vélo s’arrête, interloqué…

On va en venir aux mains…

Et puis monsieur et madame à vélo repartent dépités…

Les deux enfants pouffent de rire (« Bravo, papa ! tu les a bien mouchés »)

Moi, derrière, j’étais triste.

Un dimanche après midi dans la Harth !

 

Max

 

Anciennes digressions

 

Pratiquant le cyclotourisme depuis 25 ans de manière assidue et modeste ( 3500 km par an) au sein de la Fédération Française de Cyclotourisme (FFCT), j’ai souvent regretté que les pouvoirs publics ne s’investissent pas davantage dans le développement de pistes ou de bandes cyclables.

De son coté, ma fédération, qui regroupe 120.000 adhérents, s’implique mollement dans cette direction peut-être par crainte  que les cyclotouristes ne soient rejetés un jour sous la pression du lobbying automobile et de façon systématique vers les pistes cyclables les privant ainsi du droit d’usage de la route (routes dont la densité en France est inégalable) .

Le phénomène vététiste est d’ailleurs une préfiguration de ce qui peut arriver demain: plus de cyclistes sur les routes, les vététistes ont développé une pratique du vélo hors route moins exposée qui rend chaque jour plus légitime l’exclusivité de la route aux voitures, aux camions et aux motos.

Car ce qui déconcerte le plus l’automobiliste (que je suis par ailleurs), c’est bien le comportement du cycliste sur la route, voire sa simple présence de plus en plus incongrue.

En effet, bien que le code de la route le tolère, rouler à deux de front en vélo pour discuter avec son coéquipier(e) est devenu insupportable à l’automobiliste incapable d’imaginer que deux « types »  sur des vélos puissent le faire ralentir ou pire l’obliger à s’arrêter !

Et comment il fait l’automobiliste qui rencontre un tracteur agricole ? est-ce qu’il fonce dans la remorque de foin ?

Je ne parle pas de la dernière réglementation routière relative au dépassement des deux roues ( article R14 du code de la route) qui porte par décret 98.828 du 14.09.98 la distance de protection du cycliste de 1 mètre à 1.50 mètre lorsqu’il est dépassé car pratiquement aucun automobiliste ne respecte cette réglementation dont la presse s’est peu fait l’écho !

Pratiquement, le respect de cette nouvelle réglementation impliquerait que sur une chaussée de 6 mètres de large (cas usuels des départementales françaises) l’automobiliste ménage 0.20 m de distance de garde pour le cycliste au bord de chaussée plus 0.80 m pour le cycliste et ses bagages éventuellement plus 1.50 m de distance de protection soit au total 2.50 m et donc empiète sur l’axe médian de la chaussée pour dépasser.

Je peux vous confirmer que très rares sont les automobilistes qui respectent cette réglementation et beaucoup préfèrent nous frôler à 100 km/h lorsqu’ils croisent un véhicule venant en face plutôt que d’attendre .  

 

J’ai découvert avec bonheur que contrairement à ma région d’origine ,l’Alsace disposait de nombreuses pistes cyclables.

Malheureusement, la plupart des pistes s’avèrent impraticables soit en raison de vice de conception soit en raison d’un manque d’entretien.

Pour qu’une piste soit praticable, il faut qu’elle soit « roulante », c’est à dire qu’elle doit permettre aux vélos de rouler entre 20 et 25 km/h en agglomération (50 km/h pour les autos) sans risquer de chuter et sans arrêt obligatoire intempestif comme c’est souvent le cas au profit des autres usagers.

Faute de quoi, vous faites perdre tout intérêt et à la piste et au cycliste.

Chaque fois qu’un cycliste doit s’arrêter, comme pour une voiture, il doit consommer  de l’énergie (musculaire) en plus  pour redémarrer et reprendre sa vitesse initiale sans compter la gêne constituée par ce que nous appelons dans notre jargon «le déchaussement des cales», version moderne des cale-pieds.

Je vous propose quelques exemples :

 

Battenheim : piste cyclable récente construite dans le cadre de la rénovation de la chaussée

  • – piste slalomant entre trottoir et route: tantôt, on roule sur le trottoir et tantôt sur la route en étant obligés de franchir de nombreuses bordures fatales aux pneus de 20/26 et aux jantes de 700 mm,
  • – piste étranglée ou sans accès en sortie de pays,
  • – voitures stationnées sur la piste, portières s’ouvrant au passage des vélos
  • – panneaux de chantier obstruant le passage (pose de canalisations de gaz) en infraction avec les prescriptions de sécurité que la commune doit édicter

Baldersheim : carrefour  feux tricolores

  • – le siphon réservé aux cyclistes pour rejoindre la Harth part d’un bon sentiment mais il est peu utilisé car entouré de buissons qui masquent les cyclistes aux automobilistes tournant à droite…

 

Evidemment, la critique est facile et je ne parle pas des communes qui ne font rien ou presque comme Guebwiller qui canalise les cyclistes à l’entrée de la ville en venant du Markstein sur une succession de « stop » tous les 50 ou 100 mètres, mais je suis bien obligé de constater que certaines collectivités se donnent bonne conscience  en réalisant des ouvrages inadaptés.

Tout donne à penser qu’il n’existe pas de norme en matière de pistes cyclables et que chacun fait comme bon lui semble ! Le malheur est que nos édiles ne semblent plus faire de vélo depuis qu’ils ont quitté leurs culottes courtes ! sauf Jo Spiegel, cela va de soi.

En matière d’entretien des pistes, il apparaît que beaucoup reste à faire :

  • – en certains endroits la piste disparaît: absence de délimitation horizontale, broussailles empiétant sur la bande de roulement, engins de chantier, voitures en stationnement, panneaux ou tranchées…
  • – en d’autres endroits, la piste est devenue l’exutoire de la route: gravillons, cailloux, bouteilles de bière brisées (piste de Wittelsheim à Cernay), débris de pare brise, débris de véhicules aux carrefours, sans compter tous les animaux à poils et à plumes décimés par la route.
  • – Paradoxalement, les pistes sont non seulement moins bien «traitées» que la route mais en plus elles sont souvent de qualité médiocre: revêtement d’une moins bonne granulation que la route, mauvaise planéité, raccords mal faits, creux et bosses, regards de branchement mal jointoyés en ville, avaloir d’eaux pluviales encastrés profondément,

En conclusion, si nos élus territoriaux veulent être performants en terme de pistes cyclables, il faut qu’il raisonne non pas en km de pistes réalisées mais en taux de réussite du service rendu : en mesurant  par sondage le nombre de cyclistes utilisant les unités d’ouvrages réalisés au fil du temps et en comparant les résultats…si le taux est bas ou s’il se dégrade, c’est qu’il existe un problème !

 

J’ai bien le sentiment que ça fait beaucoup d’égards (trop ?) pour les cyclistes, mais n’est-ce pas le prix à payer par la Collectivité si l’on veut donner une place à part entière à la «  petite reine » dans notre environnement et ne pas se contenter d’ersatz qui donne bonne conscience sans toutefois répondre aux problèmes ?

 

Evidemment, mon propos n’a pas la prétention de refléter l’état d’esprit général de tous les cyclistes, je devrais dire des catégories de cyclistes, car la pratique du vélo est multiple : citadine, touristique, sportive,…mais en général le cycliste a l’œil exercé : il repère très bien les creux et les bosses de ses parcours familiers et il devrait à mon sens être davantage écouté par les décideurs  et concepteurs d’infrastructures routières. 

ce que beaucoup ne savent pas…

Le code de la route prévoit de laisser un espace libre de

– 1.50m en rase campagne

– 1m en agglomération

à tout cycliste lors d’un dépassement.

Cyclos, qui êtes-vous?

Blog de velomaxou :Vélomaxou, le blog d'un cyclo mulhousien, Cyclos, qui êtes-vous?

  « cyclos qui êtes-vous ? »

ou les enseignements d’une enquête

 

Les résultats de l’enquête conduite par la ligue ALSACE FFCT parus dans la gazette de février 2002 appellent quelques réflexions.

Cette enquête avait été expérimentée en février 2000 au sein de l’ACRM et les résultats publiés dans la gazette de mars 2000.

Cette fois, nous disposons d’éléments reflétant la moyenne des clubs de cyclotourisme alsaciens (avril 2001).

Qu’apprenons-nous ?

 

Une femme pour trois hommes pratique le vélo !

Il y a encore des progrès à faire dans les clubs pour encourager la pratique féminine ; ce constat traduit des habitudes culturelles : le vélo est encore un sport d’homme et comme dans les partis politiques il faudrait imposer des quotas pour rétablir l’équilibre…il est vrai que faire du vélo le dimanche pendant que madame repasse est tout à fait acceptable pour beaucoup d’entre-nous.

Mais les responsables du club ont aussi une responsabilité dans ce résultat en ne facilitant pas la prise en compte de la spécificité féminine : des parcours et des vitesses adaptées, des horaires acceptables, …

Faudra t-il imposer des quotas aux clubs comme dans les partis politiques !

 

Vieux, on est vieux, nous ?

Il faut l’admettre, le cyclotourisme est un sport de vieux (et de vieilles) !

Quand on constate que 65% des cyclos ont plus de 45 ans, on ne peut pas dire que le cyclotourisme est un sport de jeunes.

Même si dans nos têtes, nous avons un esprit jeune, force est de constater que le cyclotourisme ne séduit pas les plus jeunes !

Est-on prêt à l’admettre, voire à l’accepter ?

Le cyclotourisme recrute essentiellement parmi les plus de 45 ans, c’est à dire parmi « le 2eme âge ».

Faut-il s’en contenter et perpétuer une image du vélo « passéiste » ?

Pourtant, le cyclotourisme a de nombreux atouts en tant que discipline sportive, peu gourmande en équipements et en harmonie avec la défense de notre environnement.

Le problème, c’est qu’on n’est pas « fun » pour parler comme les « ados », on est incapable de véhiculer une image moderne de notre pratique cyclotouristique et de séduire le plus grand nombre.

Le débat est amorcé…

 

6 cyclos sur 10 parcourent moins de 3500 km par an

 

Il faut en être conscient : « les avaleurs de bitume » sont en minorité !

Avec 6 cyclos sur 10 qui parcourent moins de 3500 km et moins de 40 sorties par an, il faut accepter cette réalité et composer des circuits et des calendriers adaptés. En terme marchand, on dirait qu’il faut adapter l’offre à la demande.

L’effet 35heures dans les entreprises devrait permettre aux pratiquants d’être plus présents sur le vélo, l’avenir le dira.

Cependant, à l’ACRM, nous sommes de plus gros rouleurs que la moyenne alsacienne car nous étions 75% à parcourir au moins 3500km et 78% à sortir plus de 40 fois.

 

 

22, les v’là !

 

les cyclos mâles roulent à plus de 22 km/h et les féminines les talonnent de prêt.

Il y a au fil du temps, un effet vitesse qui s’amplifie et qu’aucun dirigeant n’est capable de juguler…il est indéniable que le cyclotourisme évolue au fil du temps vers une pratique plus cyclosportive….d’ailleurs, combien roulent encore avec de véritables randonneuses « garde-boueuses » éclairantes et sonneuses ?

Ce constat met d’ailleurs en question la pérennité des brevets audax qui historiquement doivent être menés avec un capitaine de route respectant scrupuleusement la vitesse de 22.5 km/h..

 

Moins 7, plus 7

 

6 cyclos sur 10 roulent dans des groupes de moins de 7 cyclos. C’est bien, pourquoi ?

Un groupe de 7 cyclos a suffisamment de dynamique pour conduire un parcours groupé : possibilité de se relayer, de se protéger du vent ; en outre il ne ressent pas les effets d’accordéon à l’arrière des grands groupes.

Il est beaucoup plus réactif face aux dangers de l’environnement routier : on se remet plus rapidement en file et on peut être plus facilement dépassé par les automobilistes et les camions.

Au sujet des files, ma théorie est la suivante : 7 cyclos en file indienne représentent un obstacle pour les automobilistes de 28 mètres de long (4 mètres par vélo)…cet obstacle pourra être dépassé par une voiture se déplaçant à 60km/h en moins de 2 secondes.

Partant du principe qu’aujourd’hui, un automobiliste n’attend plus derrière un groupe de cyclos mais passe « en force » de toute manière, on a intérêt à ne pas privilégier des groupes de plus de 7 cyclos ensemble si on veut éviter de se faire « f …. en l’air ».

En outre, j’ajouterai que les cyclos sont de moins en moins aptes et entraînés à rouler en groupe et de plus en plus indisciplinés pour se rabattre à l’approche du danger permanent des véhicules venant de l’arrière ; un groupe de 12 cyclos roulant de front est incapable de passer en file indienne dans un délai évitant d’être « serré » par le véhicule. Ajoutons que beaucoup d’entre-nous estiment qu’ils ont droit au 1/3 d’une chaussée de 6 mètres et ne s’en privent pas au mépris du danger !

 

T’es tombé sur la tête !

 

Si le port du casque est rentré dans les mœurs, il n’en va pas de même de l’avertisseur lumineux et sonore ; autrement dit, on est prêt à « se prendre » un piéton le long du canal de Niffer et à tomber sur la tête !

Plus de 8 cyclos sur 10 déclarent porter le casque mais ils ne sont que la moitié à disposer d’un avertisseur sonore. C’est pourtant un équipement peu coûteux qui permet d’éviter facilement une chute à l’approche de piétons ou des rollermens surtout lorsque nous empruntons des parcours communs.

 

                                                                                  Max                                             

la traversée de Mulhouse

Blog de velomaxou :Vélomaxou, le blog d'un cyclo mulhousien, la traversée de Mulhouse

 (chronique au journal l’Alsace)

J’ai été très surpris du courrier de votre lecteur mulhousien, et cycliste par ailleurs, qui fait état d’une critique fort pertinente de la circulation à vélo dans la ville. « Cycliste du dimanche » et n’étant pas directement concerné par cette analyse*, j’ai quand même besoin de traverser la ville du nord au sud ne serait-ce que pour rejoindre cette magnifique balade qui mène à Dannemarie via les berges du canal du Rhin au Rhône et dont l’Alsace s’est fait récemment l’interpréte.   Habituellement, j’avoue ne pas m’aventurer dans la ville et je préfère affronter avec mes roues de 23mm la bande cyclable qui longe la voie SNCF coté Ridiesheim jusquà la gare SNCF puis je prends un itinéraire non aménagé le long du canal qui me mène au pont d’Altkirch et enfin la rue du nouveau collège dont la piste cyclable débouche dans le grillage du garage Citroën!   Non,dimanche dernier, par cette journée caniculaire, j’ai choisi de traverser la ville sans détours. Il était 7h30 et je pouvais donc profiter du calme des encombrements (travaux et trafic). Après avoir traversé Illzach Modenheim et les nouveaux ronds-points en fabrication à hauteur du garage Fiat, j’arrive aux feux tricolores…là je suis invité par un panneau à emprunter les grands bassins…à mi chemin la piste sablonneuse est transformée en mare: l’arrosage nocturne du gazon a eu pour conséquence de noyer la piste et de la rendre inutilisable. Il est étonnant que l’eau puisse être gaspillée ainsi et que le système d’arrosage ne soit pas mieux contrôlé. Donc pied à terre ou plûtôt dans l’eau, ça commence bien.Il faut savoir qu’avec des pneus de 23mm de section et des cales aux chaussures, on ne fait pas demi-tour facilement quand les roues sont collées dans la boue… A la sortie des grands bassins coté centre ville, beaucoup de panneaux de chantiers mais je ne vois pas d’infrastructures vélo et j’emprunte les boulevards en direction de la tour de l’Europe, puis comme je suis dirigé vers la gare avec le nouveau plan de circulation automobile, je traverse les rues piétonnes, la place de la Réunion très agréables pour faire du vélo à cette heure de la matinée. Boulevard Kennedy, je suis invité à emprunter une bande cyclable qui aboutit à un carrefour…puis plus rien, à part un panneau à la signalétique confuse et défraîchie qui m’invite à traverser le boulevard. Bref ! la traversée du Centre ville n’est pas au point puisque qu’on ne comprend pas où nous mènent les ouvrages en place et lorsqu’ils existent, ils ne sont pas entretenus. En outre, j’observe que nos amis d’Outre Rhin qui arrive en vélo, il y en a, ce sont surtout des cyclocampeurs, rencontrent les mêmes difficultés en abordant la ville Pour compléter votre information, je vous renvoie vers mon site internet en construction qui entreprend de répertorier les ouvrages cyclables sous l’angle « coup de coeur » et « bonnet d’âne » avec photos à l’appui.   *au sujet des cyclistes du dimanche, je voudrais dire quelques mots: 1/ ils sont de loin les plus nombreux parmi toutes les catégories de cyclistes et appartiennent souvent à des clubs ou sont cyclistes isolés. 2/ ce sont ces cyclistes qui demain pourraient constituer une alternative à la circulation urbaine face aux encombrements et à la pollution 3/ actuellement si ces cyclistes fuient la ville, c’est parce qu’elle est dangereuse et que les infrastructures mises en place ne sont pas en site propre, comme à Mullheim, par exemple. 4/ il y a un problème au niveau des vélos, c’est une évidence: le vélo de route n’est pas adapté à la ville et culturellement, un cycliste sur un vélo de course n’ira jamais faire ses courses avec un vélo de course, c’est à dire un vélo sans garde boue, sans porte bagage et sans carter de chaîne.

Sortie automnale

Dimanche 26 septembre 2006.

Seulement 4 candidats au départ dans ce petit matin froid, pluvieux et venteux de septembre.

Quelques minutes d’attente supplémentaires pour attirer les retardataires…non! nous ne voyons personne nous rejoindre, même en lançant notre regard au plus loin de la route qui mène à l’Espace 110.

Partons!

Effectivement, nous partons, mais pas très loin…jusqu’à la cabane à frites!

Serge est crevé!

-« déjà! alors, y’aura pas d’histoire aujourd’hui? »

– « si, si, c’est pas fini; mais attendez! ne soyez pas pressés! »

 

Bien sûr cet abus de langage ne doit pas laisser croire que c’est « Serge qui est crevé », mais son vélo.

Donc, vélos appuyés au grillage à frites, nous commençons le démontage…

Roger tient le vélo en l’air pendant toute l’opération pour ne pas salir le dérailleur…René déballe le matériel sorti des dessous de selles (vous ne pouvez pas savoir ce qui se cache sous les selles!)…Serge et Max attaquent le pneu; il est coriace le pneu, il ne se laisse pas faire simplement même avec des démonte-pneus en plastique qui l’empêchent de gémir, il n’aime pas être opéré de bonne heure à froid.

Sans mes lunettes, j’enfile le démonte-pneu à l’envers…enfin, après un diagnostic de localisation de la fuite « à la salive », il s’avère que la chambre est crevée coté route et que le pneu semble fragilisé à la suite d’un freinage d’urgence des jours derniers où Serge reconnaît qu’il avait oublié de brancher l’ABS dans la poignée.

 

Nous repartons.

Le long du canal qui mène au Rhin, les pêcheurs s’affairent autour de leurs lignes…les petites tentes « igloo », comme des corolles de champignons se pressent ça et là l’une contre l’autre au bord du rivage.

Ici, on a fait du feu, peut-être pour se réchauffer ou pour préparer un café chaud?

Peu de cyclos à notre rencontre, juste un couple en tandem avec le « micro chien » équipé de lunettes Afflelou(p) dans un panier !

 

A la passerelle de l’écluse, pause casse-croûte.

– « Déjà! »

– « c’est que le froid, ça creuse… »

 

Un promeneur passe, accompagné de son griffon de trois mois:

– « c’est sa première sortie avec la laisse »

– « ouah! » nous fait le griffon acquiesçant, pas content d’être attaché pour la première fois,

 

On observe nos pneus tout en dissertant sur leur entretien et en émettant diverses opinions sur les marques et les fabricants:

– « moi, j’achète que de l’Hutchinson » dit Roger,

–  » j’ai un copain de Peugeot qui les approvisionne avec un bon rabais »

– « oui, mais les Hutchinson, parfois, ils ont les poils qui sortent! » observe René…

– « …alors, je les brûle tout autour avec une bougie… », ajoute t-il.

Hilarité dans le groupe…

Si votre Hutchinson a les poils qui sortent,un conseil: brûlez-les avec une bougie, votre pneu sera plus beau!

 

Après Niffer, nous nous engouffrons dans un sentier entouré de maïs encore sur pieds.

Sauf un, où les maïs sont couchés…serait-ce des émules de José Bové qui ont sévi par ici?

Nous traversons Petit-Landau.

C’est beau Petit-Landau et c’est bien entretenu.

Pas âme qui vive à l’extérieur.

Nous rejoignons la route EDF.

 

Stop, encore une crevaison!

C’est Serge.Encore lui!

Quand le mauvais sort s’acharne…Effectivement l’air s’échappe

par un interstice du pneu…

Les experts « es pneus » se concertent sur la suite à donner, nous choisissons de regonfler afin d’aller jusqu’à Bantzenheim où Roger propose de changer le pneu…

 

Serge, après avoir regonflé, se lance donc en tête à grande vitesse pour profiter au maximum de l’air emmagasiné.

René, lui, chronomètre le temps passé entre 2 regonflages pour estimer combien de fois Serge va devoir regonfler avant d’atteindre Bantzenheim distant de 11 Km…

 

Au bout de trois ou quatre regonflages, nous atteignons Bantzenheim.

Arrivés à la cour de Roger: gag! pas de clé pour entrer à la maison, Viviane n’est pas là…

Puis c’est le retour vers Illzach;

6 km avec un vent froid de face jusqu’au carrefour de la fontaine des Puits de Radbrunnen.

C’était la sortie automnale des Audax.

Déjà, au loin, nous sentions l’odeur du poulet que Paul aime tant.

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