Nehmen Sie die zweite rechts


Je pars.

Sans conviction.

Madame Météo annonce la pluie.

Ce sera donc des boucles concentriques autour de la maison.

« Vous avez demandé le SAMU, ne quittez pas!… »

Bon, je me suis planté, c’est pas le 112.

Je fais le 17.

J’ai les gendarmes en ligne…

Un tas de goujon en travers de la route, plusieurs caisses, aux abords de Peugeot Mulhouse.

« Si vous ne me dites pas précisément où, je ne peux rien faire… »

Je marche sur le bas-coté jusqu’aux panneaux…

« Intersection D39-D55… »

Le temps s’assombrit, je tourne vers Rixheim.

Une légère bruine, puis à nouveau le temps sec à l’Ile Napoléon.

La dame tire sa clope en me faisant signe de m’arrêter.

Une allemande perdue à Mulhouse.

« Euroairport?… »

C’est que je ne spräche pas Deutsch, moi!

Mulhouse est un nœud autoroutier où échouent tous les perdus de l’autoroute.

Je fais des grands signes à droite, à gauche, pour mieux mimer l’itinéraire.

Comprend-elle?

Je ne sais pas, mais elle regarde sa montre qui témoigne d’un signe d’impatience devant tant d’approximations.

Les autos ralentissent croyant que je fais la circulation avec mon gilet jaune.

Elle reprend son volant, allume une deuxième clope et démarre.

Puis je reprends mon itinéraire en boucle, en attendant la pluie.

Finalement, elle est là, à deux pas de chez moi.

Devant le panneau informatif, un allemand qui grelotte.

« Je cherche Carrefour »…

Cette fois, c’était moins compliqué.

Mon Mnsieur parle le français mieux que moi l’allemand.

« Nehmen Sie die zweite rechts! »

La pluie redouble.

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