Les potins du lundi


P2130002
Je voyage souvent incognito pour pas qu’on me reconnaisse. Ne le répétez pas! dirait Laurent Wauquiez.

Mars voit la reprise des activités cyclo-touristiques.

Les vélos sont ressortis. Les imperméables peut-être…

Les pneus sont gonflés à bloc et le moral aussi.

Les pilotes piétinent d’impatience l’œil rivé sur le premier rayon.

De soleil.

Les projets du surplus d’estime personnelle approchent doucement l’un après l’autre.

Et ceux qui n’ont pas de projet peuvent aller à leur guise sans déconvenues.

Ne le cachons pas, il y a toujours des interrogations qui naissent au dernier moment quant à la préparation de la saison. On est même tentés de parler d’impréparation tant les aléas quotidiens, climatiques, les flemmes diverses font que finalement, on ne sera pas prêt du tout.

Peu importe!

On mettra la barre moins haut et ça passera. Pourvu qu’on baisse la tête.

J’éprouve ce besoin de dire tout haut mon ressenti, prenant mes lecteurs à témoin, comme si cela pouvait exorciser une appréhension, celle du manque de ressources mentales ou physiques qui m’étreignent au sortir de l’hiver.

Mais non!

On fera avec.

Comme toujours.

Ce qui est bien, l’âge venant, c’est qu’on n’est moins tenté par l’exploit car l’on sait qu’il consomme beaucoup d’énergie, le fameux exploit, et qu’il entame un peu plus vite votre capital santé qui se déprécie d’au moins 3% l’an.

Plus vite que le livret A qui finit en peau de chagrin!

Les tendinites se réveillent facilement et sont capables de vous gâcher la saison.

Un coude droit qui coince, celui qui lève! un pied gauche qui proteste, celui des mauvais jours!

Prudence, prudence!

On est plus sensible au froid, à la pluie, à la chaleur…et à l’effort.

En un mot, on est plus douillet.

Qui ne l’est pas?

Ce serait être irresponsable de braver les limites de son corps et de son mental.

Au nom de je ne sais quelle donquichotterie du cuissard en latex on se retrouverait finalement chochotte.

Dans le passé, je me suis attaché à ne manquer aucune rencontre, aucune date du calendrier. Fidèle parmi les fidèles, je l’ai été. Époque révolue. J’ai pris le maquis.

Mais à présent, cela ne m’importe plus. Je roule « à ma main » comme on dit, ré-explorant des chemins maintes fois battus et rebattus.

Alors prenons notre calendrier de balades comme il vient et faisons-nous plaisir sans forcer.

Sans forcer le mauvais sort.

Histoire de box

IMG_4986

Free ne m’a donné que des satisfactions.

Moi qui suis un nostalgique des services publics d’antan, je dois dire que quitter France Télécom (ex PTT) pour Orange, c’était déjà m’arracher le cœur.

Mais oser passer chez l’ennemi Free, fallait le faire!

Je l’ai fait.

Depuis 2014.

Je n’ai pas de regret: ça marche!

Le Free avec son abonnement mobile à 2 balles a fait des dégâts jusque chez les crypto- staliniens.

Les prolos voulaient des bas coûts, le capitaliste décomplexé Niels l’a fait.

Première panne Free cette semaine

Après cinq heures à redémarrer les box , ma télé restait en  mosaïque; c’est à dire en rideau.

L’assistance Free n’a pu que constater les dégâts.

Vous en avez pour deux à cinq jours m’a dit contrit le télé-dépanneur Free, ajoutant perfide « faut voir Orange pour qu’il trouve sa panne ». Car Free loue le réseau Orange.

Sous entendu « avec ces fonctionnaires antédiluviens d’Orange, on n’est pas sorti de l’auberge!… »

Finalement quand y’a panne, c’est souvent la faute de l’autre.

Deux heures après, ça remarchait.

Merci Free.

Dernière minute: ça remarche plus!

J’ai comme un doute. Depuis que des types déroulent des câbles optiques dans tous le département, n’ont-ils pas dérangé ce qui marchait bien?

Monter les côtes, le talon d’Achille du cyclo enveloppé

C’est dans nos contrées, un exercice incontournable.

Heureux les cyclistes à plat qui n’ont pas de côtes, pas même une côtelette à se mettre sous la dent à moins de cent kilomètres.

Dans mes hauts faits jadis, je devais parcourir trente bornes afin d’atteindre un collinet réputé qu’on appelait la Petite Suisse. Notre seule référence alpestre dans le département!

Pour se mettre en jambes, on commençait par Sommermont.

Une jolie prairie verdoyante et deux lacets plus haut une bande blanche et les hourras des spectateurs.

Autant dire qu’on avait souvent fait demi-tour avant le col lors de la sortie du dimanche matin; trente bornes pour avoir mal aux guiboles plus trente bornes pour revenir, très peu souvent pour moi!

Comment montez-vous les côtes?

Avec méthode?… avec détermination?… avec acharnement?… ou avec essoufflement?…

J’avais un ami, Rivière, qui au Luxembourg prétendait sélectionner son braquet en bas et ne plus en changer. Il avait beaucoup de répondant dans les guiboles pour affronter tous les aléas qui pouvaient survenir au gré de l’ascension du coté de Trois Vierges.

Moi pas.

Moi, je monte la côte tout seul. Sans acrimonie.

D’abord, je la teste, la côte. Je la tâte.

Rien que pour voir comment elle réagit à mon agression.

P3170037
Kleinkembs, la côte scélérate

Puis je la travaille, je la malaxe, je la triture sous toutes ses faces.

Pourtant parfois les côtes sont sournoises, elles n’osent pas s’annoncer, elles tournent pour ne pas se montrer, elles se dérobent dans le bois comme de mauvaises femmes. Quand d’autres avouent tout. Sans rougir. Dévoilant à chaque méandre d’interminables murs sans ombre.

Un mur de 46% au moins, se dit-on, comme pour expliquer son « sur-place »!

On n’ose même pas regarder en haut de peur de perdre l’équilibre.

Joker: je descends et je mets le frein à main pour pas que le vélo recule.

Puis je proteste. Une manif improvisée en pleine côte. Je barre la route avec mon vélo comme pour signaler un danger potentiel.

Et vous là, qu’est-ce que vous faites en pleine montée?

Je manifeste!

Ma bécane acquiesce, allongée de tout son long au milieu de la route.

En fait c’est pas la côte que je teste, c’est celui qui pédale.

Car la côte est immuable.

Bien que d’une année à l’autre, il me semble qu’elle se durcisse…

(Eh oui! tout augmente de  nos jours, comme la CSG (cotisation sociale généralisée pour les amis-ricains qui me lisent assidument tous les lundis))

Je la teste en faisant semblant de ne pas la croire. Le Créateur s’est-il seulement rendu compte de son maléfice? a t-il essayé au moins de redémarrer en côte?… sans caler?…

C’est un jeu pervers et risqué.

Allo les jambes?…ici le cerveau aurait dit Magdane.

Faut mettre un peu de pression, les jambes!

Ta gueule la tête! répondent les jambes en cœur

Puis je me ravise, voyant le cardio grimper en flèche et mes guiboles flageoler.

Je rétrograde et je tente de remettre le braquet à l’heure.

Quelques dents crachotent dans la manœuvre et préfèrent prendre la poudre d’escampette.

Alors le centre nerveux cogite.

En attendant que le centre nerveux prenne position, je fais un peu de danseuse pour épater la galerie. Puis je me rassois, c’est trop fatigant la danseuse. Je déteste la danse, ça me fatigue les jambes. Surtout le slow toujours sur la même jambe.

Pente, cardio, vitesse de pédalage,… je reboote comme mes Box Free, histoire de ne pas paraître ridicule.

Y’a des voitures suiveuses qui finissent par doubler, de guerre lasse, lançant des giclées de gasoil parfumé sur ce poupou dévitaminé.

Et je chouffe le bout de la côte… (du verbe chouffer vient du mot arabe « chouf! » qui signifie « regarde! ». Il a été adopté par l’armée française lors de la guerre d’Algérie, et il y est toujours utilisé dans l’infanterie française tout au moins.)…et chez les coureurs cyclistes aux abois.

Quand tous les paramètres sont au beau fixe, la fin de la côte arrive.

C’était pas la peine de se faire suer le burnous, alors.

Les jambes ont relâché la pression, alors la bouche crache un coup de vapeur additionnée de toutes ses microparticules de gasoil.

 

 

 

Publicités

4 réponses sur « Les potins du lundi »

  1. Comment je les monte, les côtes ?
    Mal. Avec résignation…

    Pour bibi, samedi j’avais bichonné « Joe » en prévision d’une invitation chez ma fille, à 35 kms de chez moi…
    Hier matin, flotte, flotte et reflotte

    Consolation, ma fille avait préparé un pot-au-feu.
    Avec de la plate-côte..

    Commencer une saison sous la pluie, ma religion me l’interdit
    Donc le compteur toujours sur zéro
    Yen a marre

    2e consolation, la lecture de tes potins du lundi ! Bravo Maxou

    Charles

  2. Excellent !
    Particulièrement en forme le Maxou ce matin (pour la plume… à défaut de l’être pour gravir les côtes !), quelle verve !
    Mais antidéluvien ? Voilà un mot que je ne sais jamais écrire ; suis toujours obligé de vérifier mais c’est plutôt antédiluvien : du latin ante, avant, et diluvium, déluge .
    Alors dyslexique ce matin Max ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s