Les potins du lundi


Cet homme là était possédé par le vélo. Comme d’autres le sont par le démon. Régine Deforges avait su immortaliser le vélo avec La Bicyclette bleue. Mais ici rien à voir avec le récit imaginaire ou romanesque. Quand à seize heures, deux neurochirurgiens se présentent enfin dans la salle de presse de l’hôpital universitaire revêtus de leur tenue blanche, tous les journalistes retiennent leur souffle, on allait enfin savoir. On allait de quoi souffrait le grand champion cycliste hospitalisé depuis bientôt plus de trois semaines dans ce service de haute technologie médicale.

Alors un des chirurgiens sortit de sa poche une petite chose de couleur bleue qu’on a d’abord eu du mal à distinguer du fond de la salle. Quand les feux des cameras se dirigèrent vers l’objet tenu entre le pouce et l’index du médecin, alors on a su. On a su que le champion cycliste souffrait d’une maladie jusque là inconnue, une bicycloïte aigüe du cerveau.

Un petit vélo dans la tête

L’opération relevait de l’exploit. Personne, pas même les plus grandes sommités du monde cycliste, ne sont encore en mesure d’établir comment ce minuscule objet ressemblant à un vélo de la taille d’un porte-clé a pu venir se loger dans le cerveau de notre champion toutes catégories du vélo.

Les exégètes de la chose cycliste ne peuvent s’empêcher de penser à une forme de calcification du cerveau modelant jour après jour ce mini-vélo mieux qu’une imprimante 3D sans attirer l’attention de quiconque. Alfred Jarry, notre précurseur à tous parmi les bicyclistes, considérait le vélo comme « un prolongement minéral de son système osseux ». Sans conteste, nous étions là en face d’une forme d’endomorphisme qui va longtemps préoccuper la science. Comment un homme sain de corps et d’esprit, dans la plénitude de l’âge, a t-il pu secréter un petit vélo Kinder dans ses lobes cérébraux? Peut-être va t-on découvrir un ADN du cycliste comme il existe un ADN du tueur…Alors on comprendra pourquoi brutalement à trois heures du matin, je saute sur l’ordi pour décrire le songe qui me tient éveillé!

Le monde journalistique est en émoi. Leur crédibilité est mise en question à tous propos. Normal, puisqu’ils s’affichent ouvertement en symbiose avec les pouvoirs de l’ordolibéralisme! Depuis que Facebook est devenu le premier média de la planète (2.1 milliards d’inscrits) , les gazettes font grise mine. Elles se vendent moins et celles fidèles à leur dogme peine à convaincre. C’est ainsi que le journal l’Humanité est en quasi faillite en dépit des perfusions de l’État. Alors le nouveau défi des médias officiels qui tentent de reconquérir le cœur de leurs lecteurs consiste à débusquer ce qu’ils appellent les fake-news, les fausses nouvelles qui envahissent la planète. Un lecteur de vélomaxou le faisait justement remarquer: avec les fake-news, c’est tous les jours le 1avril. Relativisons! Si Facebook est un grand propagateur de fausses nouvelles, c’est aussi parce que le monde politique a de tous temps contribué à berner ses électeurs en leur faisant miroiter de fausses promesses comme à ces pauvres Britanniques englués dans le Brexit. On va encore en avoir la démonstration avec la campagne européenne qui s’annonce.

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