Chronique de pandémie

La version soft du confinement allemand (image d’archive)

Les courbes de décès s’infléchissent. D’aucuns veulent y voir le début de la fin du pic épidémique. D’autres parlent de plateau…Sous-entendu ne pas crier victoire. Un plateau en montagne peut juste constituer une halte avant de reprendre la pente ascendante.

Chaque pays a testé sa propre méthode de confinement avec plus ou mois de réussite. Champions toutes catégories, le Japon et la Corée du Sud. La France suit toujours dangereusement la courbe de l’Italie tandis que l’Allemagne avec son confinement soft s’en tire plutôt mieux que nous. Attendons de voir la suite…

L’autre grand raout

Le grand raout de Pâques en Alsace n’aura pas lieu. Il faut savoir que l’Alsace se distingue, en cette période de Pâques, du reste de la France avec le Vendredi Saint férié. Jour pendant lequel les Haut-Rhinois en profitent pour faire les magasins du Territoire de Belfort tout proche.

Cette année non!

Les Mulhousiens sont avertis: le dispositif policier est à pied d’œuvre (DNA 10 avril)

Toutes les forces de police sont mises sur le pont long alsacien de quatre jours pour confiner tout le monde. Ce matin avec le concours de la presse locale, les Alsaciens ont droit à une piqure de rappel avec le fameux « restez chez vous! »

L’avenir le dira

Fallait-il durcir ainsi le confinement pour un résultat dont les effets sur le plan sanitaire restent à démontrer? L’avenir le dira. Et au surplus, l’immense inconnue du confinement, c’est justement comment en sortir? ne va t-on pas assister à une nouvelle explosion de contamination de la part des gens qui sont restés enfermés pendant des semaines et dont les organismes ne sont pas immunisés par des anticorps?

Durcir le confinement est-il nécessaire?

Du coté de la Bruche dans le Bas-Rhin, la fermeture de la piste cyclable ne fait pas des heureux.

Cette absurdité de vouloir concentrer les gens hors des endroits de quiétude aboutit in fine au résultat contraire dans les grandes agglomérations comme à Paris où les joggeurs confinés au-delà de 19h le soir se rassemblent en nombre le long des berges.

Dans le Haut-Rhin aussi, pendant ces quatre jours de fêtes pascales on ne pourra pas courir entre 11h et 19 heures mais on pourra marcher ou promener son chien. Encore une fois tout est question d’interprétation. La différence entre marcher et courir c’est lorsque deux pieds à la fois sont décollés du sol.

Ce serait alors l’échec du confinement et de la distanciation sociales qui en quelques semaines a mis notre économie à genoux.

Le masque Vélomaxou

Dans un vieux tee-shirt. Esthétique pas terrible, mais efficace
découper dans du drap un rectangle de 38×28 arrondir les coins, plier en deux le 28 en 2×14, découper les ouïes
Insérer un Sopalin avant de plier en deux, faire une boucle avec les ouïes et tirer-vous les oreilles

Laver en machine 60° au moins et changer le Sopalin souvent

Un tour de VTT à 135 euros

Même confiné au fond des bois, ça dérange l’autorité.

Encore une fois les journaux se font les interprètes d’une application anti-cycliste délibérée des règles de confinement.

Un vététiste verbalisé au fin fond de la Hardt au motif qu’il est à plus d’une kilomètre de chez lui.

Traquer des cyclistes dans les Vosges à bord d’un hélicoptère, sonder des chemins creux en plein milieu d’une forêt Haut-Rhinoise à bord de véhicules de gendarmerie pour débusquer des fraudeurs du confinement, voila à quoi s’emploient les pouvoirs publics.

Est-ce une mesure qui fera baisser l’agitation urbaine? je ne le pense pas. Au contraire, elle vise à cadenasser la théorie de l’enfermement de toute la population sans discernement. Au nom de la raison d’Etat et sans preuve d’efficacité.

Je me suis senti comme le plus grand des criminels

Il y a manifestement un malentendu sur le concept de distanciation sociale puisque ces cyclistes ne menacent personne de contamination en s’isolant eux-mêmes dans leur loisir.

Chronique de pandémie

Buggy, transport traditionnel amish dans le comté de Lancaster, en Pennsylvanie

Je commence à comprendre avec retard que cette pandémie va durablement affecter notre mode de vie. J’y ai mis plus de temps qu’il n’y fallait. Je m’en veux presque.

On a cru pouvoir vivre comme des Amish

Les cyclistes, ces ORNI, ces Objets Roulants Non Identifiés ont cru qu’ils allaient échapper au confinement. Continuer à vivre en marge de la société sans la déranger. On a cru pouvoir vivre comme des Amish, aux cotés du « monde moderne » avec notre vélosuffisance sans vouloir importuner quiconque. Avec notre vélo, notre prolongement minéral, on s’est adapté comme on a pu en rasant les bordures et en évitant le souffle des poids lourds de la consommation débridée. Vivre un consumérisme de bon aloi sans trop se faire repérer. Sans même contester le modèle pourvu qu’on nous laisse une bande routière.

Le moteur planète s’est déréglé

Mais le virus déterré par les désordres biologiques s’est mis en branle et est venu nous rappeler à l’ordre. Les désordres biologiques, ce sont un ensemble de phénomènes dont le plus visible est le réchauffement climatique. Or c’est justement celui que la planète ne veut pas voir pour continuer de faire comme avant. Oui, nous appartenons à ce monde agité, exacerbé, vibrionnant qui soudainement devient incontrôlable. Le moteur planète s’est déréglé et on ne sait pas comment le réparer. Tous les médecins se penche sur le malade. Ils ne savent pas. Ils tentent de ralentir le flux avec peine tandis que tout l’édifice s’écroule autour d’eux.

Sept cent millions de chinois
Et moi, et moi, et moi
Avec ma vie, mon petit chez-moi (Dutronc Et moi, et moi, et moi)

Les petits Gardes rouges

L’édifice qui s’écroule? oui! Ses dogmes productivistes sont à l’arrêt et partout les PIB s’effondrent. Le capitalisme ne produit plus. Pourtant il avait bien fait les choses en pactisant avec l’ennemi communiste, en lui vendant son modèle irrésistible de croissance. Une dictature communiste avec des petits soldats qui obéissent au doigt et à l’œil aux ordres du grand ordonnateur, c’était le rêve assumé de tout capitaliste: rendre son capital hyper-productif sans l’ombre d’une revendication, sans le risque qu’un rouage se grippe et vienne affecter son rendement.

Aujourd’hui l’Europe pleure

Elle a abandonné toutes ses usines, trop chères, trop vieilles, trop peu compétitives et ses smicards affamés; l’Europe n’a plus rien. Même les Allemands prudents qui ont conservé une part de pragmatisme voient peu à peu leurs ventes de machines, de voitures sans clients.

L’Europe pleure, car son modèle va s’effondrer et son concept communautaire émet des craquements sinistres. Elle a détruit ses valeurs en vendant tous ses fleurons à l’encan misant sur ses services. Il ne reste plus que des peuples éperdus qui errent dans un océan de précarité de Bucarest à Murcia.

Un effet papillon va t-il détruire le monde?

C’est envisageable puisque l’épidémie n’est contenue qu’au prix d’un artifice qui consiste à en ralentir la progression. Si l’on est confiné, c’est seulement pour ne pas dépasser les capacités des moyens sanitaires. Mais l’épidémie est appelée à durer attendant un antidote vaccinal qui va prendre du temps. Des populations confinées, ça fait mauvais genre pour le capitalisme, elles ne consomment plus, elles ne peuvent plus prendre l’avion, elles n’achètent plus de voitures, elles ne vont plus festoyer sous les contrées exotiques, et la dépréciation de l’humain n’encourage pas à procréer. Les plus fragiles confinés en hauteur vont commencer à enjamber les parapets des balcons. C’est à craindre.

Quand le vaccin arrivera, s’il arrive, on pourra attendre les prochaines vagues de virus circulants. Les virus que le réchauffement de la planète exhumeront d’un endormissement millénaire au fond des glaciers.

Ça va mieux en le disant

Un parcours qui tient dans le rond réglementaire

Ce matin jogging. A défaut de mieux. Je suis un peu gâté de pouvoir encore faire un parcours pédestre qui comporte une part champêtre autour de chez moi . J’ai conscience de cela quand d’autres n’ont que de grands quartiers.

le petit single au-dessus de chez moi bien sympathique

Peut-être que même cette liberté conditionnelle va déranger en haut-lieu. Déjà on interdit le jogging à Paris et autour. Trop dangereux! plus facile que de s’attaquer « aux quartiers », c’est une évidence. Les joggeurs appartiennent à des catégories jeunes de CSP+ qu’on peut facilement emmerder.

Et les plus de 65 ans? ceux-là on va les confiner un peu plus longtemps que les autres. Deux mois au moins. Histoire de bien leur faire comprendre que leur statut de retraités les rend suffisamment privilégiés. Un truc qui va servir aux élections, sans nul doute.

Je suis content car tout ça va finir en quenouille contre le gouvernement.

Faut-il vendre son vélo?

Nos vélos au placard devront encore attendre avant de savoir si leur patron sortira vainqueur de l’épidémie

On sait d’ores et déjà que l’année 2020 sera une année noire pour le cyclisme

Avec la pandémie qui s’étend, nos vélos vont perdre tout attrait cette saison. Ils l’ont déjà perdu par la force des choses. Les organisations (FFC, FFVélo) qui se sont spontanément ralliées aux pouvoirs publics risquent de perdre de nombreux adhérents du fait de l’interdiction de rouler à vélo pour les balades, les courses et le cyclotourisme en général. Tant pis pour elles! Ce faisant elles ont délibérément battues en retraite sans négocier un espace de liberté pour les pratiquants seuls…et on a de quoi leur en vouloir.

Il est patent qu’aucune fédération rattachée au Ministère des Sports ne pouvait aller contre une décision qui s’imposait à tous mais on aurait pu négocier. Cela n’a pas été fait.

On peut vraiment regretter que les positions fédérales ont entrainé l’interdiction totale du vélo de randonnée y compris chez ceux qui roulent habituellement seuls. Comme c’est mon cas depuis de nombreuses années.

Pour les fans de cyclisme, c’est un coup de massue que d’être confiné alors que les beaux jours sont là et que la montagne nous attend.

Des chemins vides où l’épidémie aurait pu se propager en raison de la foule habituée à s’y masser (Soppe-le-Bas)

Grimper le Hundsrück, poursuivre par Masevaux, la vallée du Soultzbach, en quoi cela pouvait-il concourir à aggraver l’épidémie?

Se retrancher derrière un hypothétique risque d’accident qui viendrait encombrer les urgences est une construction intellectuelle de vraiment mauvaise foi. Pourtant certains de mes amis se sont engouffrés dans cette brèche…et ils y sont toujours. En quarante de vélo, je n’ consulté un service hospitalier qu’une fois. Il suffit donc d’une fois, une probabilité infime pour décider du sort de notre passion sportive.

Plus ça va, plus un report se précise pour la Grande Boucle qui doit faire une halte en Limousin avec une arrivée à Sarran, en Corrèze, le 9 juillet.

(Pascal Coste, président du conseil départemental, sur le Tour de France 2020 qui doit s’arrêter en Corrèze)

Comment peut-on imaginer que le Tour de France puisse encore se tenir en juillet alors qu’on peine encore à circonscrire la pandémie et alors même que le rassemblement sportif est appelé à rassembler des millions de gens sur le bord de nos routes? On pourra en revanche se féliciter de voir évitée la pollution engendrée par la Grande Boucle dans nos massifs.

Perspective bien dérisoire, direz-vous, en regard des milliers de morts et de la vertigineuse amplitude que prend l’épidémie en Europe et qu’on peine à contenir.

Vendre sur le marché de l’occasion?

Les entreprises du cycle comme Cycleurope ou Décathlon, comme toutes les manufactures du loisir sont lourdement impactées par le confinement et l’interdiction de pratiquer son sport favori.

Ceux qui piaffent d’impatience afin de remonter sur leur vélo risquent de devoir encore attendre longtemps et le home-trainer ne pourra pas durer indéfiniment.

243000 annonces!

Si l’on croit pouvoir abandonner facilement à bas prix sa bécane, on se trompe; ainsi le site le Bon Coin est le premier site marchand à afficher autant de vélos d’occasion avec …243000 annonces!

Sur le Bon Coin, ce vélo de route tout carbone à 9000 euros trouvera t-il un acquéreur? on peut en douter.

Soyons réalistes!

Soyons réalistes, un vélo comme celui-là n’a plus qu’une valeur sentimentale. D’un point de vue marchand il ne vaut plus rien tout carbone qu’il soit et équipé en Di2.

On ne vend pas son vélo quand le sport est en pleine déprime…sinon on le brade. En revanche on peut espérer s’en débarrasser auprès d’un vélociste lorsque le confinement cessera et à condition d’en acheter un plus moderne. Les professionnels vont avoir des stocks d’invendus et on pourra peut être repérer de bonnes affaires avant la fin de saison.

Espérons que d’ici là, la levée de notre interdiction sera intervenue.

Chronique de pandémie

Faut-il encourager le port du masque après nous l’avoir déconseillé pendant des semaines?

J’ai quitté ce matin le 68 définitivement.

Il restera attaché à de mauvais souvenirs.

Avec le temps qui passe, les incertitudes demeurent. Et les angoisses grandissent. On ne sait plus ni quand, ni comment on va sortir de ce conflit meurtrier avec la petite bête. Et nous, sociétés modernes, peinons à comprendre qu’on ne dispose que d’air comprimé pour sortir le virus de nos poumons.

L’inquiétude est grande de voir se rapprocher de nous chaque jour de mauvaises nouvelles. Et l’on se dit est-ce que je serai de ceux-là ou de celui-là, ou de celle-là? Le maire de Saint-Louis, à la frontière tri-nationale, est allé mourir à Bonn évacué en urgence sanitaire. Et nos voisins anglais! BoJo, le truculent premier ministre placé sous respiration artificielle!

Fatalement, les esprits s’échauffent face à l’attitude hasardeuse des autorités. La polémique chloroquine semble en sommeil mais les experts ont du ramer longtemps pour se mettre d’accord entre-eux sans convaincre. Alors voici venir à présent la polémique du port des masques, ce machin dont Sarkozy faisait tout pour qu’on ne le porte pas dans l’espace public.

Alors avec le masque, on est partis pour plusieurs semaines avant de savoir qui doit le porter, comment le mettre sur le nez, comment s’en débarrasser…et on se demande même s’il ne faudra pas obtenir un agrément préalable attestant qu’on en connait le mode d’emploi. Car ce que craignent le plus les experts de la pandémie, c’est que le masque nous fasse perdre la fameuse « distanciation sociale » et qu’on se mélange à nouveau au-delà de toute raison.

J’ai enfilé mon masque à poussières FFP2 pour aller au Drive hier. C’est une horreur. La respiration envoie de la vapeur d’eau sur les lunettes et je n’y vois plus rien.

Sortir oui, mais que pour les courses à hauts risques épidémiques! c’est ce que souhaitent les tenants du « restez chez vous! »

On voit au fil des jours les acteurs des réseaux sociaux se distancier. Ceux qui s’époumonent à répéter « restez chez vous! » perdent du terrain. Le slogan n’est plus porteur. L’a t-il été? Ceux-là voudraient nous confiner dans une burqa sanitaire et nous attacher au canapé toute la journée. Et surtout ils voudraient que le gouvernement supprime le fameux K5 de l’attestation de déplacement « loisir-détente » qui selon eux pervertit le concept de confinement.

En attendant, notre pouvoir qui peut peu face à la complexité de la situation tente de boucher à la hâte toutes les imperfections du confinement qui jaillissent ça et là. Les PV qui pleuvent ne suffisent pas à contenir la foule qui voit les beaux jours venir.

L’Etat aux abois qui détourne les masques de la région Franche-Comté sur le tarmac de l’aéroport de Mulhouse, voila qui en dit long sur le climat de guerre larvée que se livrent les autorités publiques face à l’épidémie.

Vous avez dit déconfinement?

Ceux qui ont parlé trop vite de déconfinement rétropédalent et donc mécontentent encore un peu plus le corps social de plus en plus suspicieux face à la conduite des affaires. Vu la complexité annoncée du déconfinement, mieux vaut en effet attendre.

La carte du déconfinement est une fake-news mais elle contribue à alimenter les rumeurs sur un déconfinement séquencé et territorial auquel s’ajouteraient des conditions individuelles selon son statut sérologique.

Ce que craignent les épidémiologistes, c’est le rebond de l’épidémie qui reprendrait avec les individus sans anticorps une fois le confinement levé. Le risque est grand tant qu’on n’aura pas une image représentative du taux de population déjà infectée par le coronavirus. Alors se dessine la question du fameux test que tout le monde attend. A commencer par les Ehpad.

On apprend en marchant.

Tournikoti de confinement

Ce matin je pars à pinces. Confinement oblige!

Ploum, ploum, ploum dans mes pompes. J’ai regardé…mes pompes pompent! elles sont montées sur des ressorts comme zébulon. Moi qui cours comme un gros lourdaud, ça amortit le choc.

Neuf mille pas dans l’heure! je suis bluffé.

J’inaugure de nouvelles traces dans le quartier et ce petit bois rue des Bouleaux à Vieux-Thann. Puis je me hasarde rue de Reiningue vers les gens du voyage sédentarisés où les chiens sont aux abois, si j’ose dire. Aucune chaine ne cassera.

Puis comme je tangente mon cercle je rentre dans le rond.

Un exercice cardiaque où je ne ressens aucune souffrance ni essoufflement. Peut-être l’effet vélo?… Faut dire que sur le dernier kilomètre je me traîne un peu. On le voit sur le graphe ci-dessus: au bout du premier tiers de run à 22 minutes 52, j’arrive à baisser le rythme à force d’être rappelé à l’ordre par le vibreur du cardio qui me dit « maxou fais pas l’con ».Le pic à 34’18 » c’est quand je monte dans le petit bois (pas longtemps mais je n’ai pas de dérailleur!)
Malgré tout sur l’heure je teins une cadence régulière.

Cela dit, je ne pavoise pas, sur mes 130 km parcourus depuis le 7 février, je « tourne » toujours le km en 7 minutes 30. J’attends de perdre encore deux ou trois kilos de surpoids, ce qui n’est pas facile vu la période d’immobilité qu’on nous inflige. Aujourd’hui, j’en ai perdu neuf depuis le 2 janvier (de 83.5 à 74.5kg)

Les potins du lundi de pandémie

Le pouvoir nous a menti par omission rien que pour emmerder les cyclistes

Je me suis trompé. Faire du vélo dans le cadre du cas 5 de l’attestation de déplacement dérogatoire n’est pas interdit. Sinon comment expliquer qu’on puisse faire un jogging et ne pas pouvoir prendre son vélo?

Jusqu’alors les cyclistes devaient se conformer à l’usage utilitaire du vélo obtenu après plusieurs réclamations auprès des ministères concernés (intérieur et transports).

Un logo résumant les choses (ci-dessus) était même publié le 28 mars

Mais plusieurs signaux m’ont alerté depuis le 28 mars…

D’abord le blog d’Isabelle et le vélo qui a bossé la question et qui aboutit à cette conclusion (aller sur le blog d’Isabelle)

En résumé, ce qui est interdit c’est le sport cycliste en groupe, parce que on peut sortir une heure par jour (quand on est à la maison) pour de l’activité physique, à condition d’être seul ET dans un rayon de 1 km de son domicile.
Donc le vélo est autorisé poursedéplacer ou faire un peu d’actIvité physique.
Le vélo n’est pas plus interdit que l’auto, la course à pied ou le bus.
Les limites portent sur distance, taille du groupe, motif et durée, pas sur le moyen utilisé.

…ensuite le blog de Girauflée des Murailles qui approfondit le sujet sur le plan juridique…

Le 5e critère, celui de l’activité physique est restreint sur le plan spatial – il est mentionné que le déplacement doit s’effectuer dans un rayon d’un kilomètre – et temporel – il ne doit pas excéder une heure. En revanche, rien ne change pour la dénomination : l’activité physique n’est pas détaillée. La seule condition à respecter consiste en la solitude de l’exercice. Puisque tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, on peut donc faire du basket, du foot, de la course à pied, du saut en hauteur, de la danse jazz, du vélo… à condition d’être seul.

…et enfin l’article du journal DNA du dimanche 5 avril qui présente le vélo sport/balade/ autorisé pendant une heure et dans un rayon d’un kilomètre SEUL.

J’ai cru à une blague ou à une erreur et j’ai même écrit au journaliste pour lui dire qu’il s’était trompé…surtout que nombreux sont les cas de cyclistes verbalisés rapportés par les journaux.

Et alors, qu’est-ce que ça change?

Cela signifie que dès lors on peut faire du vélo autour de chez soi pour peu qu’on ne dépasse pas le rayon de un kilomètre. Si on habite la ville, on peut profiter du trafic réduit qui nous laisse beaucoup de place dans les rues.

Si l’on habite une grosse bourgade de 8000 âmes comme moi, on peut construire une circuit mixte avec quelques chemins de champs.

J’en trace un de 9 km pouvant être parcouru deux fois dans l’heure et dans chaque sens…

Reste le plus difficile: arriver à convaincre la police si on vous arrête…

Dubaï-Londres sans confinement

Il est passé au-dessus de moi à 15 heures pendant ma balade K5

Je me demande parfois qui peut encore voler à bord d’un Airbus 380 en Dubaï et Londres en plein confinement. Ma naïveté est sans limites.

Comment sortir discrètement?

Si vous sortez à VTT pendant le confinement, éviter de vous faire repérer avec un gilet jaune!

Tout prisonnier est animé d’un sentiment de liberté. S’il ne l’est pas, c’est qu’il a perdu toute dignité.

Imaginons donc une fiction.

Ainsi on ne viendrait pas reprocher à un fuyard d’échapper à la justice des hommes ou à la justice divine dès lors qu’il cherche la liberté.

Dans la période de confinement généralisé que nous vivons, il est donc logique que nous cherchions à en sortir. Sauf ceux qui sont intimement persuadés que cet enfermement est nécessaire à notre bien, à notre salut.

Que ceux-là ne bougent surtout pas de chez eux!

Ils sont dans l’incapacité de comprendre que ce confinement est un artifice monté de toute pièce par le pouvoir en place pour masquer son incompétence et son impréparation depuis le début. En Allemagne et en Suisse, le vélo loisir-balade est autorisé.

La thèse du pouvoir est la suivante: confinons pour que ceux qui ne respectent pas les confinement deviennent les boucs-émissaires de l’épidémie. C’est la thèse du préfet Lallement qu’aucune loi ne vérifie.

« Ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, ceux qu’on trouve dans les réanimations, ce sont ceux qui, au début du confinement, ne l’ont pas respecté »

Comment sortir discrètement du confinement?

Evitez de faire le kéké avec votre VTT sur les chaumes des Hautes-Vosges, un hélico pourrait vous repérer

La solution voiture+marche à pied

  • je prends ma bagnole et je fonce jusqu’au bout de la ville, je la gare discrètement avec les autres voitures du quartier…puis je pars à pied dans les sentiers balisés du Club Vosgien. Qui allez-vous rencontrer? personne! ou d’autres fraudeurs comme vous qui n’auront aucun intérêt à vous dénoncer. Au premier refuge, sortir l’apéro, les cacahouètes, puis les saucisses-merguez et faire la sieste jusqu’au soir.

La solution VTT

Une fois dans les rochers, surveillez les alentours
Pour quitter la ville, ayez un alibi: prendre une attestation « achat de première nécessité » et achetez votre sandwich au dernier boulanger trouvé

je prends le VTT et je fonce à travers champs. Impossible de me rattraper, je connais tous les coins et recoins de mon itinéraire! J’ai le sac à dos et le casse-croûte. Prendre tous les bois et les tranches isolées pour mieux se camoufler.

pour le casse-croûte, préférer un chalet-refuge bien paumé où vous ne risquez pas d’être importuné

Pour les pros de la rando inter-frontalière: finalement vous allez arriver à un tunnel. Vous le franchissez, vous êtes en Allemagne. La vie est belle, le vélo autorisé.

La liberté est au bout du tunnel
Une fois la frontière traversée, filez vers la Forêt Noire

Une fois dans le vignoble, profitez de la vie!

Chronique de pandémie

Le filtre Mélitta, valeur en hausse. Faites des masques plutôt que du café!

Ce matin, logique floue avec la pandémie.

On semble sortir lentement du trop plein de malades comme s’en étonne presque le responsable des urgences mulhousiennes hier à la TV.

Il faut se garder de toute certitude avec l’épidémie: ce qui était vrai hier est faux aujourd’hui. C’est le cas bien sûr avec le port du masque par le grand public, inutile jusqu’alors et peut-être utile à présent selon l’Académie de Médecine.

Patrick Pelloux, urgentiste ou homme de télé?

On a vu défiler dans les lucarnes depuis des semaines une telle quantité d’experts qu’on ne sait plus trop lequel croire. Des experts es épidémiologie, es réanimation, on n’imaginait pas en avoir tant qui puissent consacrer tout ce temps à défiler sur les plateaux de télé en plus de leur temps à l’hôpital. Comme le professeur Karine Lacombe dont les médias raffolent…ou le professeur Raoult qui présentent tous deux l’immense avantage d’être télégéniques.

Donc nous entrons à partir d’aujourd’hui dans la logique floue. Il ne faut donc plus chercher à comprendre ce que nos doctes experts ne comprennent pas eux-mêmes

Le pic?

On ne sait plus trop s’il va être pointu comme le Mont Blanc ou rond comme le Grand Ballon. Il est même possible de s’attendre à un rebond si par malheur on lâche le confinement trop vite.

Vivre confiné, oui, mais à la longue ça lasse.

On va donc relâcher au coup par coup. D’abord ceux qui trépignent d’impatience derrière la porte, j’en connais!

Ensuite tous les autres qui oseront mettre le nez dehors bardés de certitudes, passeport en poche, masque sur le nez et qui feront quelques pas de convalescence dans le quartier pour voir si rien n’a bougé.

La biopolitique en vue…

Un nouveau concept va voir le jour dans la façon de régler nos modes vie, la biopolitique. L’Etat va prendre les commandes de notre vie privée pour mieux nous surveiller au nom de notre bien-être collectif. Il a déjà commencé dans un certain nombre de pays dictatoriaux comme la Chine avec les drones de surveillances et la géolocalisation en fonction de votre état sanitaire. La France est tentée aussi de proposer les applis smartphone pour nous sortir à titre conditionnel du confinement. Si vous êtes guéris, vous sortez, si vous êtes malades vous êtes confinés. C’est simpliste car la prise de contrôle du citoyen pourrait être sans limites avec les progrès de la cybersurveillance, bien supérieure aux traitements réservés dans l’Antiquité aux lépreux ou plus près de nous aux théories de l’eugénisme qui visaient à éliminer les malades et les déficients.

Le plus dur sera pour ceux qu’on va réveiller de réa à Dresde ou à Karlsruhe dans la langue de Goethe. On imagine qu’ils vont tout de suite aller à la case psychiatrie…

Se déshabituer à la crainte de la contamination ne va pas être simple non plus car le virus est insidieux, il peut être là au coin de la rue sans qu’on le sache ou dans les rayons des supermarchés.

En tous cas le virus nous aura mené la vie dure.

Remettre toute la société de guingois en marche promet des semaines, des mois? d’hésitations et de fausses-routes.

Les Hauts-Rhinois seront aux premières loges, eux qui ont payés le plus lourd tribut (458 morts le 4 avril) et qui vont devoir en plus vivre avec l’image de pestiférés qui ont contaminé toute la France.

Chronique de pandémie

Discussions vidéo de groupe avec Messenger. La technique appelée à suppléer le confinement

Il n’y a jamais eu de roi si haï que celui-ci. Il est dans la dernière pauvreté et la plus grande alarme. Il ne peut emprunter. Et il a tiré tant d’argent que, s’il en lève encore, il met tout contre lui. (Histoire de France de Jules Michelet au sujet de François 1er)

Le bilan humain est terrible. Il est déjà terrible avant de l’être plus encore.

J’ai regardé sur la carte de France. Certains départements ne connaissent pas l’épidémie. Tant mieux pour ceux qui y habitent. Doivent-ils aussi vivre confinés?

Six départements français ne connaitraient aucun décès du au coronavirus (carte du 3 avril)

Les experts, de moins en moins sûrs d’eux, citent souvent Séoul en exemple. Cette capitale aurait vaincu l’épidémie grâce à ses moyens énergiques, tests, gels, masques et confinement. Séoul, une aire urbaine de 25 millions d’habitants entassés les uns sur les autres. Voila le modèle qu’on aimerait appliquer à la France.

Aux Etats-Unis, plusieurs personnes infectées par le coronavirus ont été contraintes par la justice de porter un bracelet électronique pour vérifier qu’elles restaient bien confinées à leur domicile.(source)

On n’est pas tirés d’affaire. Un ministre a parlé trop vite de sortie du confinement; de quoi susciter de faux espoirs. D’après ce que je comprends, la sortie du confinement sera pire que le confinement lui-même puisqu’on envisage une sortie différenciée selon le statut sérologique des individus, les lieux d’habitations et la possibilité de vous suivre à la trace par le tracking. Autrement dit, une sorte de bracelet électronique comme pour les prisonniers.

Et nous dans nos datchas fleuries, exilés de la ville, qui nous plaignons! Un ami d’un ami est mort hier après dix jours de réanimation. Ma mère qui vit seule se plaint de ne plus voir personne et, cruel destin, son petit chat d’un an a été retrouvé écrasé au bord de la route.

La famille s’est retrouvée hier en chat sur Messenger. Chacun y va de ses petits potins avec sa bobine bien rangée sur l’écran en mosaïque de l’Iphone. Ces réunions familiales sont appelées à se développer puisqu’il faut comprendre que nous serons pour longtemps encore privés de tout rassemblement.

J’avoue faire preuve de lassitude face à cet enfermement qui ne dit pas son nom, face à cet univers carcéral qui nous prive de nos libertés fondamentales.

Il faut admettre que le bilan épidémique ne cesse de croître tout en ralentissant. C’est en soi rassurant pour ceux qui chaque matin en se levant se tâte pour savoir s’ils présentent des symptômes inhabituels.

Mais le bilan social, la dette, les projets rejetés, les usines arrêtées, les entreprises abandonnées s’accumulent de façon vertigineuse.Mon petit vélociste du quartier est fermé depuis des semaines maintenant. Il ne vend pas de vélos, il n’en répare plus. Les associations sportives ont annulées toutes leurs manifestations et il faut, jour après jour, annuler aussi les engagements de l’été qu’on espérait tenir.

Le sport défendu

Confiné dans le Livradois-Forez, j’aimerais l’être (image mai 2019). J’ai toujours fui les grands rassemblements de populations humaines, celles qui aujourd’hui concourent à la propagation de l’épidémie

A part faire le patapouf sur le tapis du salon, que nous reste-t-il d’autre?

L’État a choisi d’interdire le sport de se pratiquer, y compris les pratiques individuelles qui auraient pu sauver la mise. On pourra longtemps lui reprocher d’avoir agi sans discernement. Mais c’est l’Etat régalien dans toute sa splendeur qui balaie tous les compromis comme un rouleau compresseur. L’Etat aura tout cassé et on mettra des années à rebâtir.

Je ne vais plus sur le groupe de discussion du Club des Cents Cols qui interdit toute polémique et qui est tenu par une poignée d’irréductibles du « restez chez vous ». A quoi bon discuter avec des gens qui ont perdu toute capacité de raisonnement!

Les clubs locaux sont des astres morts. Les membres ont quitté le navire depuis longtemps. A quoi sert un club s’il n’a plus de raison d’être? On peut affirmer sans trop se tromper que la saison 2020 des organisations sportives et culturelles est morte.

Ce n’est qu’un constat mineur qui cependant va s’ajouter aux dérèglements du corps social. Attendons à voir poindre les maladies mentales et les suicides dans quelques semaines à la suite du confinement.

La contention sur le fauteuil de nos vieux en Ehpad est déjà une conséquence de l’assignation à garder la chambre, une camisole qui ne dit pas son nom pour ceux qui persistent à vouloir déambuler dans les couloirs.

Un jour en me levant, j’ai vu un drap blanc au pied de l’Ehpad, le pensionnaire s’était jeté par la fenêtre. On aura depuis verrouillé les ouvertures.

Les grand immeubles collectifs des cités urbaines vont devenir des mouroirs du confinement si l’on persiste à enfermer les gens sans perspectives de lendemain.

Il tarde que nous sortions de l’impasse.

A voir chez Vélosophe

Bois+toile 18 kg

Chronique de pandémie

On fait tout pour nous mettre des bâtons dans les roues.

Pas seulement dans les roues de nos vélos qui sont confinés depuis des semaines dans leur garage.

Hier je suis allé au Drive. La peur de prendre un PV puisqu’un commandant de gendarmerie a décidé un jour de mars d’interdire aux Thannois d’aller faire leurs courses à Cernay ou à Bunrhaupt. Trop loin selon lui. Or à Cernay on peut profiter du Drive qui n’existe pas à Thann. Le Drive vous évite d’avoir « à faire les rayons », à tripoter les marchandises.

J’ai bien tenté les paniers de légumes livrés à la maison mais aucun maraîcher sur Thann. On a fait la vie dure aux marchés et tous ces métiers de vente directe du producteur au consommateur sont maintenant arrêtés avec les produits qui dépérissent dans leurs jardins.

Au Drive, huit voitures devant les bornes interactives. On scanne et on attend au volant le coffre grand ouvert…la plupart des conductrices portent un masque. Les jeunes filles qui arrivent avec nos marchandises n’en portent pas. Une fois le coffre chargé par l’opératrice, on peut venir fermer sa malle et partir.

Cette mécanique a atteint le paroxysme de la déshumanisation. Nous sommes robotisés.

la pitance d’une semaine en décontamination pendant trois heures dans le garage

Réa

La réa, c’est comme ça qu’on dit dans le milieu, c’est là où l’on va finir par aller si plus rien ne marche dans votre corps chargé de virus.

Pas drôle du tout comme on l’imagine. On doit vous arracher vos vêtements à la hâte et nu comme un ver vous êtes sur le champ opératoire anesthésié pour ne pas voir et ne pas ressentir la suite.

A partir de là, vous êtes devenu une grosse saucisse qu’on retourne comme sur un barbecue après vous avoir enfoncé de force dans les poumons un gros tuyau d’air comprimé à l’aide d’une cuillère dont les modèles les plus sophistiqués possèdent sur le manche une caméra vidéo. Sans parler du reste, les cathéters, le tensiomètre, la pince de VO2 et j’imagine la sonde urinaire dans l’urètre. Toutes les deux ou trois heures on vient vous retourner avec ce bazar comme une crêpe. Vous êtes devenu une chose à coté d’autres choses. En Grand Est ils sont mille comme ça actuellement à endurer cette torture pendant des jours et des jours. Certes on en réchappe. Pas tous, car on se garde de nous dire quel est le taux de réussite d’un tel traitement sur des patients à la comorbidité sévère. Ni sans savoir les séquelles à court ou long terme…

On ne saura pas quel est le statut de toutes ces personnes qu’un ballet d’ambulances débarque aux urgences, quelle est leur histoire? comment ont-elles été infectées? avaient-elles des prédispositions à la maladie? ont-elles pris des risques imposés ou inutiles? Oui on sait que des personnages publics son atteints de par leurs fonctions qui les exposent davantage. Mais tous les autres?…

On sait juste que les hommes sont majoritaires et peut-être moins attentifs aux risques de la contamination que les femmes.

Hier à la télé un couple de Ranspch, village de ma vallée, témoigne. Ils sont sortis vainqueurs tous les deux. Ils racontent pour dire qu’ils ont été parfaitement soignés et heureux de revivre. Mais à aucun moment on ne saura comment ils ont pu être infectés; le savent-ils eux-mêmes? ou n’osent-ils pas avancer publiquement une explication à la TV?

Serrer le garrot

Le gouvernement fait tout pour serrer un peu plus le garrot de nos libertés individuelles. C’est son seul curseur pour ralentir la contamination et son avancée vers la conquête de l’ouest. Alors il serre, il serre toujours un peu plus. Durcissant les peines jusqu’à la prison pour les récidivistes contraventionnels. A l’approche des vacances de Pâques, toutes les polices vont traquer les candidats aux bords de mer. Les loueurs sont invités à ne pas louer. Les entrées d’autoroute sont sous contrôle. On va traquer les Français mieux que les clandestins qui franchissent les frontières.

Comme la génération du net s’en plaignait, le Ministère de l’Intérieur va sortir son appli informatisée pour les attestations de déplacement dérogatoire…

Le gendarme lira votre QR-code à travers la vitre de votre voiture et votre attestation sera accessible sur son téléphone. Voila une occasion de plus d’être fliqué intelligemment.

« Il faudra préciser votre heure de sortie, mais l’heure à laquelle vous avez édité le document sera accessible aux policiers. Cela évitera que des personnes remplissent l’attestation uniquement à la vue d’un contrôle de police, a-t-il détaillé dans les colonnes du Parisien. Et grâce au QR code, les policiers et les gendarmes n’auront pas besoin de prendre le téléphone en main, il leur suffira de scanner l’écran. » (Franceinfo)

Des voisins discrets

Mes voisins sont discrets. D’habitude, j’ai coutume de considérer qu’à partir de huit heures le matin, je suis le gardien des lieux. Tout mon quartier se vide étant seul parmi quelques rares retraités plus éloignés dans la rue.

Mais aujourd’hui que tout le monde est là, confiné, rien n’a changé. Mes voisins son terrés dans leur maison. Ils sortent un peu dans le jardin puis rentrent à nouveau chez eux. On ne les entend pas. Les consignes de distanciation sociale sont observées à la lettre. Mais hier, surprise! ma voisine fait son jogging autour de la maison…elle m’a avoué avoir parcouru un kilomètre. Tous les dix pas, il faut tourner à quatre-vingt dix degrés. Les joggeurs savent que tourner en courant est fatigant, c’est comme la torsion du corps pour regarder derrière soi avant de traverser la rue, ça fait mal.

Oui, j’ai des voisins discrets. Peut-être est-ce une caractéristique alsacienne ou celle des gens de l’Est? Personne ici, quel que soit son statut social, ne fait en sorte d’aller vers l’autre. C’est une sorte de retenue qui peut déranger et qui me met mal à l’aise. En m’installant, j’avais tenté d’apporter de l’aide en prêtant un outil de jardinage, mais on me l’a poliment refusé. Peut-être par crainte d’être redevable?… Alors j’ai choisi de faire comme tout le monde. Rester discret.

Je confine, tu confines, il ou elle confine

L’histoire se chargera d’écrire tous les scénarios de cette pandémie. Le chroniqueur modeste que je suis retient deux choses face à l’urgence de la situation.

D’abord que la médecine ne sait rien et ne peut rien face au virus: elle est démunie et n’a rien d’autre à proposer que d’insuffler de l’air dans des poumons bouffés par le virus.

Ensuite que les organisations étatiques qui gouvernent les humains n’ont qu’un mot à la bouche « restez chez vous! ». Normal, elles ont tout oublié de leur devoir de protection des citoyens, les masques, les lits d’hôpitaux, les gels, les blouses, les gants,…

Je ne sais pas si c’est mieux chez nos voisins Suisses, eux qui disposent d’abris anti-atomiques en masse dans leurs jardins depuis la guerre froide.

Avec ça démerdez-vous!

Trump attend beaucoup le retour des cloches pour sortir son pays de la pandémie. Ses téléévangélistes aussi. (cloche de Fessenheim)

Oui, il y a quelques idiots comme Trump qui attendent le retour des cloches de Pâques pour la rédemption. Mais chez nous, dans notre démocratie qui se veut protectrice, on découvre jour après jour, qu’on n’a rien prévu du tout et qu’on a abandonné des pans entiers de notre protection élémentaire au marché chinois. Ce n’est pas grave, Macron va faire un virage de 180° sur l’aile, ouvrir des lits, former des infirmières, hausser de deux crans le niveau de salaire des professionnels de santé et sera réélu haut la main en 2022.

En attendant nous sommes condamnés à subir le confinement encore quelques semaines et la remise en route de l’économie, des écoles va se faire dans un bazar indescriptible.

Comptez vos sous! l’Etat glouton va en avoir besoin après tant de ratages.

Au 2 avril, le Haut-Rhin compte 418 décès à l’hôpital. Hors Ehpad.

Seuls les chiffres des morts enregistrés illustrent l’évolution de la pandémie. Car les cas positifs sont détectés inégalement d’un pays à l’autre, vu qu’en Allemagne on teste à grand échelle et en France seulement à partir de symptômes. Malgré le confinement instauré depuis bientôt deux semaines, on voit que la France suit la courbe de l’Italie

Réconciliation

Je connais toutes les rues, les ruelles et les impasses autour de chez moi

Quand je sors pour le jogging, je sais que je vais être bien ensuite. C’est une sorte de réconciliation avec moi-même. Une façon de faire attendre, de relativiser l’attente.

L’attente de jours meilleurs où nous sortirons de cette impasse démocratique dans laquelle on nous confine.

One hundred and fifty six, l’iphone ce matin n’arrêtait pas de me rappeler à l’ordre à force de franchir la ligne jaune cardio.

Je m’en fous. J’ai passé ce matin les 114 km à pied en 20 sorties depuis que le vélo nous est interdit. J’ai des difficultés pour descendre au-dessous de 7minutes 30 le kilomètre. Le poids? ou l’âge? ou les deux? Cette relative lenteur m’interroge.

Chronique de pandémie

Parquer sa population, le rêve d’une dictature

Nous ne sommes pas au bout de nos peines. La sortie du confinement risque d’être assortie de conditions. C’est ce qu’on a appris hier d’Édouard Philippe lors de son audition devant les députés de la mission d’information sur le coronavirus, mercredi 1er avril.

Pratiquement notre fin de confinement n’interviendrait qu’au cas par cas.

Clairement, la pandémie offre une occasion aux pouvoirs politiques de peser sur les libertés collectives et individuelles en prolongeant le régime des privations au-delà de toute règle démocratique.

Il faut donc s’y opposer fermement.

Certes la fin du confinement ne sera pas avant la mi avril voire plus…d’ailleurs le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint.

Hier, 1er avril, la France a enregistré 509 morts dans les hôpitaux et 6000 malades en réanimation.Une simulation n’envisage pas une diminution de la mortalité journalière avant le 7 avril

Comment sortir du confinement?

Les experts hygiénistes commencent à laisser filtrer quelques pistes qui ne sont pas enthousiasmantes.

Selon là où l’on habite, selon notre statut sérologique, selon notre âge tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne.

Avant nous été contaminés? sommes-nous immunisés par des anticorps? sommes-nous asymptomatiques, c’est à dire porteur de la maladie sans le savoir? avons-nous été testés négatifs ou positifs au coronavirus? sommes-nous des personnes fragiles, atteintes de pathologies à risques et âgées?

Alors selon notre statut il sera possible de sortir du confinement plus ou moins vite tout en l’assortissant de mesures de traçage si vous êtes porteur du virus

C’est ce que prépare le gouvernement, une sortie du confinement par étapes. Autant de barrières dont le Haut-Rhin pourrait faire les frais en tenant compte de son contexte épidémiologique dramatique.

Dès lors, les perspectives de voir les activités de printemps se consumer les unes après les autres se renforcent.

Clairement, le vélo ce n’est pas pour demain. Franchement on habite un pays pas facile.

Franceinfo publie ce matin un article qui détaille les scénarios prévus

Chronique de pandémie

alambic Cobrelis 3 litres 105euros (existe en 5l)

Je ne sais pas qui aura la force en ce premier avril de faire une plaisanterie. Moi je m’en sens incapable.

Dans la presse de ce matin, on annonce l’arrivée de cinq millions de masques dans le Grand Est. Dommage! le mal est déjà fait. C’est incroyable que de simples bouts de papiers pliés mettent tant de temps à nous parvenir.

Quand je parle de mal qui est fait, je pense à tous ces soignants auxquels les masques ont fait défaut de longues semaines, puis à tous les autres obligés de travailler sans protections. Le mal sera aussi politique, mais c’est pour plus tard. On comprend que l’opération de « déminage » a déjà commencé avec cette propagande de Macron visitant une usine de fabrication de masques.

Si, il y a une nouvelle qui prête à sourire dans l’actualité des masques. Décathlon va offrir ses masques de plongée aux hôpitaux. Le système D en France garde ses émules.

Antoine et les membres réguliers de son groupe s’activent. « On a tous les portables les uns des autres, on se donne régulièrement des nouvelles, pour que chacun puisse poursuivre le programme. » La solitude favorisant le retour de vieux démons, le contact humain prime dans cette lutte pour une vie sans alcool. (DNA 01 avril)

C’est presque un poisson d’avril. Les Alcooliques Anonymes ne peuvent plus se réunir à Bartenheim, alors certains risquent de « replonger ». Il faudrait ajouter une case à l’attestation dérogatoire pour se déplacer aux réunions du groupe.

Picoler, après tout, je suis persuadé que certains s’y essaient. L’occasion de vider les culs de bouteilles entamées nous démangent. En liberté surveillée, beaucoup hésitent à rapporter des premières nécessités liquoreuses de crainte que la maréchaussée ne porte une appréciation de valeur défavorable au contenu de notre coffre.

Alors en attendant, on vide les restes. Mais il ne faudrait pas que le confinement s’éternise trop longtemps car on pourrait voir alors les alambics d’infortune redevenir une valeur en hausse dans les chaumières.

Vélo Malo recommande le vélo

le vélo préférable à la voiture dans les rues de la ville

A lire dans Ouest-France

Interpellé par la Brigade Verte

Ce matin, je fais mon jogging dans le cadre du K5 de l’enceinte de confinement.

Bonjour monsieur, vous avez votre attestation?

Le brigadier au volant de sa Dacia m’avait croisé au carrefour de l’avenue du Blosen et de la rue Clemenceau. Il a fait demi-tour et m’a interpellé sur le parking du stade avenue Pasteur.

Je sors mon attestation…

Vous habitez ou?…

Après mon interpellation, j’ai dépassé le cercle au coin du stade et encore après pour aller chez mon pharmacien. Pas vu, pas pris.

Accéder à votre zone K5 de confinement

Vous êtes à plus d’un kilomètre me dit-il avant même d’avoir consulté ma carte et mon cercle d’un kilomètre…

Finalement il se ravise alors que je lui montre l’endroit sur le plan.

Bon pas plus d’une heure, c’est compris!

Nous sommes clairement dans une mesure d’intimidation puisque la loi dérogatoire me permet d’être là où je suis. Il n’y a donc pas à suggérer que je sois a priori en infraction. Peu après, j’ai aperçu notre brigadier qui interviewait un autre piéton avec son cabas dans une rue adjacente.

Du coup j’ai raccourci mon parcours de jogging tout en allant en même temps chez mon pharmacien..

La Brigade Verte se déplace aussi à vélo et à cheval. On aimerait la trouver plus souvent lors des dépôts d’ordures sauvages

La Brigade Verte est une particularité du Haut-Rhin. Composée de 75 gardes champêtres communautaires, elle rayonne sur 328 communes sur les 377 que compte le Haut-Rhin.Elle est appelée depuis peu à contrôler le bon respect du confinement par les citoyens ainsi qu’à les verbaliser en cas d’infraction.

le champ d’action habituel de la Brigade Verte

En 2019, le corps de la Brigade Verte était appelé à être dissous dans le cadre de la réforme territoriale.(voir article de l’Alsace de 2014)

Il est vrai que la Brigade coûte bonbon à la collectivité, près de 8 millions d’euros dont la moitié financé par le Conseil Départemental…et l’autre moitié par les communes.

En 2016 quatre communes importantes Rixheim, Illzach, Ammerschwihr et Sausheim avaient préféré ne plus participer au financement jugeant le service trop peu efficace en regard de ses coûts.

Mais en 2020, la Brigade Verte est toujours là.

« Nous ne sommes pas en dictature, mais je ne me suis jamais autant senti en dictature. »

c’est l’avis de Thierry Crouzet face à ce que nous vivons

Chronique de pandémie

Courir pour ne pas dépérir

La routine s’est installée. Chacun d’entre-nous a pris la mesure de sa nouvelle vie, ses nouvelles marques dans le périmètre du confinement.

Je pense aux malades lourdement appareillés, ceux qui sont abandonnés à des cohortes de soignants, objets de gestes intimidants dont ils ne peuvent rien voir, ni savoir et qu’on transporte parfois à mille lieues de chez eux. Se réveilleront-ils de ces drogues infligées? de cette sur-inflammation provoquée par les anticorps face à l’agression du covid? et s’ils se réveillent, comment vont-ils accepter ce monde étrange qu’ils ne connaissent plus?

Mon vélo, cet objet si futile en regard de la situation, est devenu inutile puisqu’on nous l’a interdit au nom du fameux « restez chez vous! »

un tiers de la planète arrêtée

Ce slogan construit à la hâte par les experts fera date dans l’histoire du confinement. Les soignants s’en sont emparés pour nous stigmatiser: si vous sortez, vous irez mourir à l’hôpital. C’est ce que l’on a compris. Alors pas de détails, on enferme tout le monde. Nous sommes devenus des boulets, des bourrins qui ne comprennent rien, des inutiles. Voila ce qu’on a fait de nous.

Même aller chercher son pain avec un deux-roues est suspect. Alors je m’abstiens. Certes il y a ceux qui continuent de parcourir des kilomètres dans leur garage sur un home-trainer. Je n’ai jamais imaginé être de ceux-là même si je serais tenté aujourd’hui. Mais je n’ai pas de home-trainer…et il est interdit de s’en procurer.

Des pompes pour rester debout face à l’enfermement

Heureusement, un jour sur deux, je sors courir. Le 7 février 2020, on ne parlait pas encore de l’épidémie de covid-19 et je m’étais mis à courir à courir. Par curiosité simplement.Ce sera aujourd’hui ma dix-neuvième sortie dans le quartier. Un vrai bonheur! Mieux, j’imagine, que ces prisonniers qui n’ont droit qu’à une cour.

Oui, la routine s’est installée chez les confinés. Certains se mettent à la cuisine, d’autres entreprennent des rangements de vêtements, de chaussures, de livres. Les livres sont de bons alibis au rien faire: on croit ranger la bibliothèque puis l’on s’éprend d’un polar oublié et l’on y passe des heures. Nos petits-enfants sont inondés de devoirs par le net. Ils transposent avec devoir les exercices sur un cahier quotidiennement. Les parents redeviennent des tuteurs avertis du savoir de leurs têtes blondes. Il convient d’organiser un tiers-temps entre devoirs, plein-air et jeux d’intérieur. On se demande parfois si l’enseignement magistral ne va pas être détrôné par le télé-enseignement et rendre les murs des écoles obsolètes. Il manquerait évidemment le lien social traditionnel.

Les familles en télétravail, elles aussi, se sont organisées. L’un dans la chambre d’amis, l’autre au salon. Les bandes passantes de l’internet semblent tenir le choc. Cette révolution forcée du travail à distance ne va manquer de transformer là-aussi la relation sociale d’entreprise. Là où les employeurs étaient réticents, la contrainte s’est imposée sans qu’on sache a priori si cette nouvelle forme de travail sera par la suite poursuivie.

Dans ce calme relatif du confinement, l’épidémie frappe toujours en force. 418 morts hier, le bilan le plus lourd jamais atteint! 21000 hospitalisés! Et des médecins impuissants à enrayer cet emballement de la machine humaine face à l’agression du virus dans les poumons.

Quant au Grand Est, qui a été la première région fortement touchée, il enregistrait lundi soir un total de 3 950 hospitalisations, dont 844 en réanimation, et 919 décès à l’hôpital depuis le début de l’épidémie.

Les potins du lundi de pandémie

Bruegel l’Ancien 1568

Un écran blanc comme celui d’une chaine télé sans programme. Ceux-là n’ont perdu ni l’odorat, ni le goût. Ils on perdu la vue.

Subitement, l’ophtalmo ne voit plus, son patient non plus. Puis la secrétaire, puis le voleur de voiture, puis le policier, puis la prostituée,…

Il sont au début une vingtaine qu’on met en quarantaine forcée dans une caserne désaffectée, derrière des barbelés, gardés jour et nuit pas des soldats armés.

On les craint. On dépose les repas aux pieds des escaliers et ils doivent ramper dans les couloirs, dans les chambres communes pour trouver un lit, aller aux toilettes, partager leurs pitances sans risquer de s’exposer aux tirs des soldats.

La peur engendrée par ces nouveaux pestiférés incite les gardiens à tirer dans le tas s’ils viennent à vouloir sortir. On leur balance une bêche pour enterrer leurs morts.

Des bus chargés de cargaisons entières de malades continuent d’arriver. Devons-nous tuer les chauffeurs potentiellement infectés s’interrogent les autorités?

Écrit en 1995, L’aveuglement de José Saramago préfigure notre pandémie et le basculement des valeurs humaines entre les hommes dans un univers carcéral d’évitement.

C’est notre deuxième lundi de confinement. Un confinement chez soi qui nous laisse dans l’incertitude de la maladie. Puisqu’en chacun de nous plane le doute de voir apparaître les premiers symptômes.

On peine à imaginer le retour des bals du samedi soir, les fêtes traditionnelles alsaciennes, les rencontres sportives, les stammtisch autour d’un verre de bière, les rencontres amicales, amoureuses,…les sorties à vélo.

Grande Motte

Ça ma permis tout juste de passer une heure de l’après-midi pluvieuse.

Jogging dans l’enceinte de confinement

Je prends des chemins détournés le long des jardins.Je fais bloum-bloum-bloum et les chiens aboient.

Pour que les choses soient claires, je n’ai pas le sentiment de commettre des imprudences avec mon jogging. Beaucoup moins que d’aller faire les courses à Intermarché ou à Leclerc ou encore aller chez le pharmacien.

Les gens ont la trouille. Contrairement à hier, ils ne sortent pas. Ils ont raison d’avoir peur. Ce ne sont que des bavardages de voisinage en promenant le chien sur le trottoir. Quelques voitures furtives et trois joggeurs.

RN66 Vieux-Thann 10h30, aucun véhicule en vue. C’est comme si le monde s’était arrêté de tourner
Aujourd’hui mon parcours est presque en forme de cœur (j’ai un peu bouffé sur le rayon d’un km le long de la Thur, chut!)

Chronique de pandémie

Le confinement est prolongé d’au moins deux semaines en France

C’est anxiogène. Tourner en rond dans son enceinte de confinement sans savoir si on ne ne finira pas prématurément dans la tombe après les pires sévices de la maladie.

Les voisins se saluent de loin en loin par dessus les haies des jardins. C’est notre premier samedi de printemps? je ne sais pas mais il fait beau. On ressort les tables et les chaises qui vont sous la tonnelle, les vélos et les trottinettes des petits enfants.

Mais ils ne viendront pas.

Tout le quartier est devenu une ruche qui bêche, qui taille, qui peint, qui sème.

Le va et vient des voitures est inhabituel. Une fois, deux fois,…trois fois on prend sa voiture son attestation en poche. C’est qu’on aura oublié « un achat de première nécessité » me dis-je…

Puis le jardin aménagé, on profite du soleil, du ciel bleu vide d’avions, de paramoteurs. Les cigognes viennent en couple survoler la ville. Elles doivent ressentir l’air pur pour la première fois.

En fin d’après-midi, le premier ministre Philippe a parlé, l’air grave. Flanqué des ses experts, les professeurs Karine Lacombe et Gérôme Salomon et le ministre de la santé Véran, les nouvelles sont tombées. Elles ne sont pas bonnes: le pire est à venir.

Le virus est plus contagieux que la grippe a ajouté Karine Lacombe. Puis Philippe s’est largement exprimé sur l’engagement du gouvernement, qu’il déniait à quiconque le droit de dire que le confinement avait été engagé trop tardivement, pour rappeler que les confinés que nous sommes sont au troisième plan, derrière les soignants, derrière ceux qui sont indispensables à la marche du pays, agents EDF, transporteurs, caissières, policiers, agriculteurs. Des gens en général peu payés et dont on parle rarement comme rouages de la société sont aux avants-postes de la maladie et réclament, à corps et à cris, d’être mieux protégés.

Le ministre Véran a commandé un milliard de masques dont une grande partie en Chine. Un pont aérien va commencer dès lundi. Est-ce que la polémique née autour des masques va s’éteindre? après nous avoir tant déconseillé de porter des masques, voici qu’on risque d’en avoir trop!

Le professeur Salomon a égrené les chiffres monstrueux de la pandémie qui ne cessent d’enfler. Comme on s’en doute, le Haut-Rhin est en tête avec 325 morts le 28 mars.

Mortalité du coronavirus le 28 mars. Le Haut-Rhin en tête

Le gouvernement continue de gérer comme il peut une stratégie de confinement qui peine à faire ses preuves. La pandémie continue de se propager comme en Italie et en Espagne. Et le principe du confinement des « inactifs » se télescope dangereusement avec l’injonction à travailler de ceux qui doivent continuer de bosser. Ceux-là se doutent qu’ils participent un peu à leur manière à une œuvre de déminage.

Les jeunes élèves infirmières, et les moins jeunes déjà plus aguerries, pleurent.

Les pompes funèbres sont en flux tendus, les fabricants de cercueils n’arrivant plus à suivre, et prennent aussi beaucoup de risques, surtout s’il faut extraire une pile au lithium et un pacemaker sur un corps.

La bataille se déplace dorénavant vers les maisons de retraite. Le gouvernement recommande aux personnels de loger sur place avec les pensionnaires et de ne plus sortir. On ne compte pas. Nos vieux risquent de disparaître en nombre puisque la plupart ne sont pas admissibles à la réanimation trop violente pour des organismes fragiles.

Ce triste tableau nous interpelle. La fin de journée de samedi est morose. On s’interroge. Comment peut-on être aussi soudainement foudroyé? qui sont ces gens qu’on amène en masse dans les hôpitaux? peut-être des gens comme vous et moi? il semble que le virus frappe indistinctement la population.

Le professeur Karine Lacombe a commencé à douter lors de sa conférence que la contamination se propage uniquement par les gouttelettes expectorées et les surfaces de contact. Alors qu’on ne cesse de nous le rappeler depuis le début.

Un autre mode de contamination serait possible. Mais lequel?

Ma mère pense aux extra-terrestres. Moi je pense plutôt à une contamination par les micro-particules de pollution contenues dans l’air. Ni elle, ni moi ne sommes experts.

C’était ma 12eme chronique de pandémie.

Vélo de ville, oui!

Le vélo réhabilité comme moyen de transport. Il était temps!

Enfin le Ministère de l’Intérieur révise sa copie. Le vélo comme moyen de transport est officiellement autorisé. Le transport de soi pour aller travailler, le transport de soi pour faire ses courses.

Moyennant attestation dans les deux cas.

Et accompagner ses enfants de moins de huit ans sur les trottoirs aussi dans le cadre du K5.

Appel à témoignages…

La FUB communique:

Suite au flou initial et surtout face à des remontées de verbalisations arbitraires depuis le début de la période de confinement, la FUB souhaite récolter des témoignages de cyclistes verbalisés ou réprimandés, afin mieux mesurer l’ampleur du phénomène. Comptez sur nous pour agir en conséquence. Retrouvez le résumé de notre position sur twitter.   Si vous avez été verbalisé vous pouvez répondre au questionnaire (disponible ici), sinon nous vous invitons à le relayer largement, surtout si vous avez connaissance de telles verbalisations dans votre entourage.

Chronique de pandémie

Le corona pour les nuls. On pourra nous écrire bientôt le livre qui décrit la nullité de l’Etat dans le traitement de cette crise épidémique. On annonce déjà de nouvelles mesures coercitives face au désarroi et aux incertitudes face à la maladie qui progresse inexorablement à grande vitesse.

C’est à ça que nous sommes arrivés devant tant de tergiversations, d’impréparation, d’incompétences de nos corps dirigeants face à l’épidémie de coronavirus: mettre sous cloche la moitié du pays et ses forces vives.

On commence à comprendre pourquoi la moitié de la France est arrêtée, privée de ses libertés individuelles, liberté du droit d’aller et venir, de vivre comme elle l’entend et alors que l’autre partie est astreinte à des travaux forcés jusqu’à 60 heures par semaine décrétés par un régime d’exception et d’ordonnances.

Reprenons au début avant d’entamer la deuxième quinzaine de confinement qu’on nous annonce

Le coronavirus est détecté en France peu de temps après le rapatriement des Français de Chine et leur confinement dans des établissements touristiques notamment à Carry le Rouet.

Les fameux clusters sont localisés à Mulhouse et dans le Val d’Oise. Puis l’épidémie se met en branle et gagne progressivement tout le territoire et les pays des DOM.

Ce qu’on ne sait alors pas, c’est que nos services de santé ne sont pas prêts et manquent de tout. De personnels qualifiés, de masques, de blouses, de lits, de respirateurs. On va le découvrir au fur et à mesure. Difficile aujourd’hui de nier la vérité.

Pourquoi fermer tous les établissements d’enseignement, puis une semaine plus tard exiger le confinement de toute la population non astreinte au fonctionnement du pays? parce que nous ne disposons pas de tests en nombre suffisant afin d’organiser un dépistage massif.

Les tests de dépistage existent mais on n’a pas suffisamment. Les Allemands sont capables de pratiquer 500.000 tests par semaine et nous?

Dès lors une seule solution pour masquer l’absence de dépistage qui aurait permis d’isoler et de traiter les cas positifs: restez chez vous!

Restez chez vous et débrouillez vous!

C’est ce que le pékin moyen comme moi doit comprendre: restez chez vous et débrouillez vous, l’Etat est complètement incapable de faire face à la situation.

Confinez vous a t-on doctement expliqué devant les écrans, c’est tout simplement pour ralentir la progression inexorable de l’épidémie et faire en sorte que l’afflux de malades ne submerge les services sanitaires. Or que constate t-on? que la submersion redoutée se produit tout de même au point que nos personnels et nos équipements manquent cruellement, au point qu’il faut disperser des malades graves aux quatre coins du pays et alors même que le pic de l’épidémie se fait encore attendre.

Si par bonheur l’empirisme du professeur Rouault et de son équipe à Marseille venait à faire ses preuves, notre gouvernement pourra démissionner en bloc avant que le peuple ne le pousse dehors.

C’est à une véritable bérésina à laquelle on assiste, une bérésina sanitaire où l’on découvre jour après jour l’immense dénuement de nos services de santé, l’imprévoyance crasse de ceux qui étaient censés prévoir, le défaut de la plupart des moyens essentiels et élémentaires à la prise en charge de l’épidémie jusqu’aux écouvillons destinés à faire les test de dépistage et aux insignifiants masques en papier pourtant si utiles à la population. Le comble de l’impréparation et de l’impuissance de l’État!

Pour faire bonne mesure les hautes personnalités accèdent aux tests en douce et un million de Parisiens sont partis se mettre au vert en plein confinement. On imagine que pour eux la mesure annoncée le lundi a fuité un peu avant, le temps de faire leurs valises.

Ce matin , j’ai honte de mon pays.

Confinement et poids

Ce matin seul au monde. 7,7 km dans mon enceinte de confinement

Être confiné à la maison ne fait pas nécessairement le bonheur des sportifs.

La plupart des activités de plein air leur sont interdites. Il reste le home trainer pour les cyclistes, les poids et haltères dans le garage, les barres parallèles, les mots croisés et tous ces instruments de torture dont raffolent les gymnastes.

Mon confrère de LTD Rando 68 qui affectionne la marche « tourne » dans sa ville. Pas plus d’une heure dans un rayon de un kilomètre.

Pour suppléer à l’absence de vélo, je me suis mis au jogging.

10h17 27 mars, la nationale 66 à Vieux-Thann déserte.Les riverains respirent, je pourrais presque courir au milieu de la route
mon toubib me l’a dit « des pompes avec amorti » sur le tarmac.

Ce matin 7km700 avec mes pompes Hoka dont l’amorti fait bloum-bloum-bloum sur le macadam. Il n’y a pas grand chose à faire, les trottoirs sont vides et les rues aussi, faciles à traverser. J’ai maintenant bien intégré mon rythme de pédalage à pied avec une cadence autour de 150 pas à la minute. Plus vite, mon cardio s’emballe, alors je n’insiste pas. Bref j’ai une allure de soixantehuittard. Au fur et à mesure je gratte des secondes au kilomètre, je m’approche des 7 minutes. De quoi faire s’esclaffer les habitués de la discipline!

Age, taille, poids

Rester à la maison m’est insupportable, je dois sortir ne serait-ce qu’une heure. Quand je rentre, j’ai perdu 700 grammes sur la balance. De la transpiration et un peu de graisse. Il est donc fondamental de ne pas se laisser aller à grignoter devant la télé ou l’ordi surtout si l’on est dans un processus de perte de poids.

Mon objectif de début janvier de moins huit kilos est atteint, je l’ai donc réajusté à moins onze kilos. Pourquoi moins onze? Tout simplement pour entrer dans la zone de masse corporelle normale c’est à dire une IMC inférieure à 25.

Huit kilos, c’est presque comme si vous traîniez en plus sur votre dos un pack d’eau!

Donc moins bouffer et faire du sport pour entretenir son métabolisme, votre biochimie cellulaire.

Le vélo de ville, oui!

La culture vélo est à la peine en France. Les Pays Nordiques ont compris l’intérêt du vélo en ville pour participer au désengorgement du trafic routier ainsi qu’à la baisse de la pollution.

Le vélo est d’autant plus encouragé chez nos voisins qu’il participe à l’évitement des transports en commun et donc aux risques de contamination

Mais chez nous de nombreux cyclistes rapportent avoir été verbalisés par les forces de l’ordre et dissuadés par les municipalités.

A Carquefou (Loire-Atlantique), au bord de l’Erdre, la gendarmerie a verbalisé un homme qui utilisait un vélo pour se rendre chez son médecin, à l’occasion d’une visite trimestrielle, rapporte le quotidien Ouest-France. « C’est considéré comme du sport », argumentent les forces de l’ordre. A Brest, les pouvoirs publics estiment qu’il faut encourager les déplacements en voiture, car le vélo « donnerait de mauvaises idées à ceux qui ne travaillent pas », rapporte un témoin. (Le Monde 25 mars)

Alors enfin le Ministère des Transports tente de rectifier le tir…

« L’usage du vélo est autorisé, sous réserve que l’utilisateur soit porteur de l’attestation dûment renseignée, pour les déplacements entre domicile et travail, pour effectuer des achats de première nécessité, pour motif de santé, motif familial impérieux, convocation judiciaire, achat de fournitures ou participation à une mission d’intérêt général. » (Ministère des Transports)

C’est désespérant. D’autant que chez de nombreux confrères cyclo-sportifs, le vélo de ville ça n’existe pas.

Rouler en ville

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